Société nationale et centrale d'agriculture. Notice biographique sur le baron de Ladoucette (Jean-Charles-François)... par M. Eug. Chevandier

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impr. de Mme Vve Bouchard-Huzard ((Paris,)). 1852. Ladoucette. In-8° , 12 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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SOCIÉTÉ NATIONALE ET CENTRALE
D'AGRICULTURE.
NOfTICE BIOGRAPHIQUE
LE BARON DE LADOUCETTE
( JEAN-CHARLES-FRANÇOIS ),
MEMBRE DE LA SOCIETE NATIONALE ET CENTRALE D'AGRICULTURE,
DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE FRANCE,
DE LA SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT POUR L'INDUSTRIE NATIONALE , DE LA
SOCIÉTÉ PHILOTECHNIQUE ,
DE LA SOCIÉTÉ POUR L'INSTRUCTION ÉLÉMENTAIRE,
DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE, ETC.
par M. Eug. Chevandier.
M. le baron de LADOUCETTE est né à Nancy, le 4 octobre
1772; sa famille était originaire de Metz et son père avocat
au parlement de Paris.
Après des études fortes et brillantes au collège de Nancy,
le jeune Ladoucette y suivait les cours de l'école de droit,
lorsque, en 1790, la rébellion des troupes de la garnison con-
tre les décrets de l'assemblée constituante vint ensanglanter
cette ville. Il se fit remarquer par sa conduite courageuse
dans les rangs de la garde nationale, et le lendemain du com-
bat prononça l'oraison funèbre de M. de Vigneulle, lieute-
nant-colonel de cette brave milice, mort victime de ses efforls
pour maintenir l'ordre.
A l'époque de la terreur, M. de Ladoucette dut chercher
un asile en Suisse; il y resta quelques années et sut y trou-
ver l'occasion de se rendre utile à plusieurs de ses conci-
toyens. Son zèle et ses talents lui concilièrent l'estime et toute
la bienveillance de l'ambassadeur français, M. Barthélémy,
qui lui confia quelques missions, et, devenu, plus tard, mem-
bre du Directoire, voulut l'appeler à des fonctions diploma-
tiques.
Pendant son séjour en Suisse, M. de Ladoucette n'avait
point négligé la culture des lettres ; à sa rentrée en France
il fit représenter sur le théâtre de Molière une pièce en un
acte, intitulée Helvélius à Vorée, et publia, sous le titre de
Philoclès, une imitation de l'Agathon de Wieland. Ce der-
nier ouvrage avait été dédié, par lui, à Wieland, qui lui
donna l'approbation la plus flatteuse en disant : « Je n'eusse
point fait mon livre autrement, si je l'avais écrit pour des
Français. »
Helvélius et Philoclès eurent trois éditions successives.
Lorsque le gouvernement consulaire s'occupa de réorga-
niser l'administration, le premier consul nomma M. de La-
doucette à la préfecture des Hautes-Alpes.
Depuis cette époque, la vie de M. le baron de Ladoucette
présente une unité de vues, une constance de direction bien
remarquables, accompagnées d'un dévouement profond aux
intérêts généraux. Être utile paraît être sa devise. Appelé
successivement à administrer différents départements, par-
tout il apporte la même intelligence des besoins du pays, la
même aptitude à rechercher tout ce qui peut les satisfaire.
Lorsque les événements politiques interrompent sa carrière,
ses loisirs sont occupés à des travaux scientifiques ou litté-
raires, dont il a préparé de longue main les éléments et dans
lesquels on retrouve les qualités précieuses qu'il a montrées
comme administrateur. Enfin, plus tard, à la tribune de la
chambre des députés, il devient l'organe de ces mêmes
intérêts, qui ont été l'objet de sa constante sollicitude.
En arrivant dans le département des Hautes-Alpes, M. de
Ladoucette trouva le pays sans ressources et menacé d'une
affreuse famine. Quoique bien jeune encore, ilsut , par des
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mesures habiles, par une infatigable activité, prévenir en
partie la misère dont les populations étaient menacées. Il ap-
pela sur les marchés des Hautes-Alpes les grains des contrées
voisines, en assurant la liberté et la facilité de la circulation.
Des secours furent organisés par ses soins dans les localités
les plus nécessiteuses, et, grâce à son nouveau préfet, le dé-
partement échappa à la famine.
Biais il importait de prévenir le retour de maux dus sur-
tout aux difficultés des lieux et à l'état déplorable des voies de
communication, presque toutes impraticables.
Le premier soin de M. de Ladoucette fut de provoquer la
mise en état des chemins qui reliaient les différentes localités
de son département entre elles et avec les départements voi-
sins. En même temps il commença les travaux d'une route
destinée à établir des communications faciles avec le Piémont,
en traversant le mont Genèvre. Sans se laisser arrêter par les
difficultés nombreuses qui lui furent opposées par l'adminis-
tration des ponts et chaussées, il fit au département une avance
considérable de ses propres deniers, et parvint à faire approu-
ver et à conduire à bonne fin cette utile entreprise. En plus
d'une circonstance il eut à lutter ainsi pour obtenir l'amélio-
ration des routes existantes ou pour en faire créer de nou-
velles ; sa persévérante insistance lui mérita, dans les bu-
reaux de l'administration , le surnom de Grand Routier, en
même temps qu'elle lui assurait la reconnaissance des popu-
lations , dont il savait si bien comprendre et protéger les in-
térêts.
Après les routes, les torrents, qui causent tant de désastres
dans ce pays de hautes montagnes, attirèrent l'attention de
M. de Ladoucette. Il chercha à les combattre et à régulariser
le cours des rivières par des travaux qui, s'ils n'atteignirent
pas complètement leur but, prouvent au moins la sollicitude
éclairée de l'administrateur qui en prenait l'initiative. C'est
sans doute en étudiant les causes premières de ces torrents,
en les voyant se former sur les flancs appauvris des monta-
gnes dénudées, qu'il acquit cette conviction si profonde des

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