Souvenirs

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Impr. de Vve M. Olive (Marseille). 1864. Surian, de. In-8 °. Pièce.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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10 MAI 1863.
MARSEILLE
TYPOGRAPHIE VEUVE MARIUS OLIVE ,
Rue Paradis, 68.
1864
SOUVENIRS.
TYPOGRAPHIE VEUVE DE Mme MAHIUS OLIVE .
Hue Paradis, 68.
1864.
SOUVENIRS.
Sémaphore des 10 et 11 mai 1863.
Hier ont eu lieu les obsèques de M. Philippe
Périer Un nombreux concours de citoyens lui
a rendu les derniers devoirs.
Nous terminions ces lignes quand nous avons
appris une perte non moins douloureuse que vient
de faire notre ville. M. Alfred de Surian, ancien
député de Marseille, ancien Conseiller municipal,
membre de l'Académie, président de la société Ar-
tistique , a succombé hier à la cruelle maladie qui
depuis plusieurs mois donnait de vives inquiétudes
à sa famille. M. de Surian est enlevé à ses nombreux
amis à un âge où il est permis encore de compter
sur de longs jours.
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Retiré des affaires publiques, M. de Surian s'était
complètement voué à la cause des Beaux-Arts dont il
était, dans notre ville, un des plus fervents soutiens.
La société Artistique perd en lui un président dévoué
et les artistes un bienveillant protecteur. De moeurs
douces et distinguées, d'un caractère plein d'affa-
bilité, M. de Surian apportait dans toutes ses rela-
tions une aménité et une bonté qui, jointes à ses
lumières, le faisaient vivement apprécier par tous
ceux au milieu desquels il se trouvait.
Gazette du Midi des 41 et 12 mai 1863.
C'est avec plus d'affliction que de de surprise que
nos concitoyens apprendront la mort de M. Alfred
de Surian, notre ancien député, longtemps membre
du Conseil municipal et plus récemment de l'aca-
démie de Marseille. Encore dans la force de l'âge,
mais miné par une affection qui paralysait de plus
en plus ses forces, M. de Surian a succombé dimanche
dans sa 59me année. Les consolations religieuses
ont adouci l'amertume de cette séparation préma-
turée, si triste pour celui qui fut toujours un parent
affectueux, un homme plein de douces et aimables
qualités.
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Par cette mort, plusieurs des meilleures familles
de Provence et du Midi sont dans le deuil. La société
Artistique, dont M. de Surian était le président en
exercice, et au service de laquelle il mit toute son
obligeante activité et son goût si pur, le regrettera
longtemps.
Nous ne saurions aujourd'hui retracer les princi-
paux détails de la vie publique de notre honorable
compatriote ; disons seulement, sans crainte d'être
démenti, que la bienveillance naturelle et l'exquise
urbanité de M. de Surian désarmèrent toujours
autour de lui les dissidences, et que s'il eut des
adversaires dans la carrière parlementaire qu'il
parcourut avec honneur, il n'y trouva jamais d'en-
nemis.
E. Roux.
Sémaphore du 13 mai 1863.
Hier matin ont eu lieu les obsèques de M. Alfred
de Surian, dont nous avons annoncé avant hier la
fin prématurée. Un nombreux cortège de parents et
d'amis se pressait à ses funérailles ; le char funèbre
était précédé de trois poêles : celui de l'Académie
des sciences, belles lettres et arts de Marseille, dont
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M. de Surian faisait partie ; celui de la Société Ar-
tistique dont le défunt était président actif, et dont
les cordons étaient tenus par les membres composant
le bureau et divers membres de la commission admi-
nistrative ; enfin celui delà famille.
Dans le cortège on remarquait M. le général com-
mandant la division, M. le Sénateur, M. le Maire
de Marseille, et plusieurs de ses adjoints, un grand
nombre de membres de l'Académie et de la Société
Artistique. L'Union des Arts, dont M. de Surian
était président honoraire (section des Beaux-Arts),
était aussi représentée par une députation de plusieurs
de ses membres pris dans les diverses sections.
Au cimetière plusieurs discours ont été prononcés :
Le premier, par M. Laforet, au nom de l'Académie.
M. Laforet a longuement retracé la vie du défunt
et a rendu un légitime hommage à ses qualités
personnelles. M. Gabriel, doyen et vice-président
de la Société Artistique, a ensuite exprimé les
regrets sincères qu'inspire à cette société la perte
d'un homme qui avait consacré ses loisirs à encou-
rager les arts et à maintenir la prospérité de la
Société Artistique.
La perte de M. de Surian sera, en effet, vivement
sentie par les artistes et les nombreux amis qu'il
comptait dans notre ville.
DISCOURS
PRONONCÉ
Juge-doyen au Tribunal Civil de Marseille.
MES CHERS CONFRÈRES ET MESSIEURS,
Jamais peut-être, dans l'Académie de Marseille,
la mort n'avait frappé des coups plus rapprochés.
On dirait en vérité qu'elle a voulu se hâter de nous
donner raison une fois de plus, et de confirmer
cruellement elle-même la décision que nous avons
prise, il n'y a pas huit jours encore, de différer, à
cause de notre deuil si récent (la perte de M. Emile
Loubon), notre fête littéraire trop prochaine, et de
renvoyer à une époque éloignée le jour où nous
pourrons dire en public autre chose que nos dou-
leurs et nos regrets.
Ces douleurs, ces regrets nés hier sur la tombe
de M. Loubon, et que la mort de M. de Surian re-
nouvelle aujourd'hui si vivement, nul sans doute
ne les ressent ici à des titres aussi nombreux et
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d'aussi vieille date que les miens. Alfred de Surian
fut, sous un toit aimé, le compagnon de mes pre-
miers jeux, puis mon collègue au Tribunal de Mar-
seille, mon confrère à l'Académie, mon président
dans une importante administration locale (1),
partout et toujours mon parent affectueux et mon
ami dévoué :
Multis... flebilis occidit,
Nulli fiebilior quam mihi.
Hélas ! pouvais-je penser, le jour où il fut nom-
mé membre de notre Compagnie, quand ma vieille
amitié accourait en toute hâte le féliciter ; quand
je me réjouissais de lui apprendre, avant tout autre,
la bonne nouvelle, et de lui adresser, avant tout
autre aussi, le compliment de la bienvenue; pou-
vais-je penser que dans si peu de temps je serais
appelé à lui dire ici, en votre nom, le premier adieu
de la séparation ?
La vie publique de M. de Surian, comme député
de Marseille dans deux législatures, comme mem-
bre de notre Conseil municipal pendant vingt ans,
je ne puis la peindre qu'à grands traits; je me bor-
nerai donc à rappeler qu'homme de convictions
profondes, il ne fut, en aucun temps, homme de
(I) La Société d'Assurance mutuelle.
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parti ; que sans jamais faire de concessions sur les
principes, il soutenait son opinion avec tant de
modération et d'urbanité, il évitait avec un si
grand soin le côté irritant des questions, qu'après
avoir parlé politique avec lui on pouvait rester son
adversaire, mais on ne devenait jamais son ennemi.
Je rappellerai encore que dans la part qu'il prit
au maniement de nos affaires, plus près de nous,
dans le sein de notre Conseil municipal, il fit preuve
d'une vive intelligence, d'un jugement droit, d'une
élocution facile, d'un dévouement infatigable,
d'une préoccupation constante pour tout ce qui
pouvait contribuer à la gloire, à la prospérité, à
l'embellissement de sa ville natale.
C'était, du reste là, pour M. de Surian une tra-
dition de famille, une charge, pour ainsi dire, de
son patrimoine, il ne pouvait oublier que Joachim
de Surian, son bisaïeul et le mien, avait rempli à
deux reprises différentes .et toujours avec honneur,
les fonctions de premier échevin ; que, possesseur
d'une grande fortune, il en fit le plus noble usage";
qu'excellent citoyen, il donna ses quatorze vais-
seaux au roi pour l'expédition de Mahon et arma
un corps de volontaires pour contribuer à la défense
de nos côtes, menacées par les Anglais; que. Mar-
seillais plein d'intelligence et d'initiative, il fut le
premier, parmi les riches négociants de cette épo-

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