Souvenirs de Bélesta. [Signé : Lucien Fournié.]

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1871. In-16, 12 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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^Set^CENIRS DE BELESTA
Je t'aime avec amour, ô superbe couronne
De monts Ariègeois, d'un éclat toujours neuf,
A tes pieds je m'incline au milieu de l'automne
Et de l'an mil huit cent soixante-dix et neuf;
Salut à vous aussi, bons parents que j'estime (i),
Je vous offre mon coeur et tout ce qui l'anime.
Je viens sous votre ciel, de splendeurs tout rempli,
Demander pour mon âme et mon corps affaibli
Des éléments plus purs, et réparer l'outrage
Des maux de la santé, bien plus que ceux de l'âge ;
(i) Madame et Monsieur Fourié, notaire à Bélesta.
Toujours passionné d'azur et de beautés,
Mes regards languissants plongeaient de vos côtés.
La fraîcheur de vos prés, l'aspect de vos montagnes,
Les cours d'eau murmurant à travers les campagnes,
Réjouissent mes yeux et me donnent vraiment,
Plus de force et gaîté que tout médicament;
Aussi vais-je parler, malgré mon impuissance,
Un langage inspiré par cette circonstance.
Pour répondre aux désirs d'amis trop précieux (i),
Me réclamant des vers, qu'ils soient plats ou boiteux,
Près des bouches de VJSers, je demande à sa source,
Jusque dans Béksta, de guider mon pinceau,
Sur, son onde et ses bords, pour en faire un tableau.
Par Lafrau (2), bien nommé, je débute en ma course.
Grands pics jusqu'aux sommets frappés d'aridité,
De tristesse couverts, affreux de nudité;
La lave et le granit tombés dans vos ravines,
(1) Les familles Hallot et Pinaud, à Bordeaux.
(2) Dénomination du lieu.
3
Disent, convulsion, déchirements, terreur;
Il me semble sentir, assis sur ces ruines,
Un feu brûlant toujours, dans ce lieu plein d'horreur;
Et vous témoins du trouble, immenses précipices,
Rochers amoncelés, menaçants de hauteur,
Dites-nous quel levier, quelles forces motrices,
A dû faire jouer l'éternel Créateur ?
Par le coeur oppressé, je descends l'éminence-
Aux sentiers dangereux, de cette résidence
D'aigles et de vautours, intrépides jouteurs,
Fondant sur la victime, en défiant chasseurs,
Lacets et traquenards, et non loin de leur gîte
Grands effets des volcans, je trouve un joli site.
Le contraste est frappant. Par d'insignes faveurs,
Les plus riches produits sont groupés en vainqueurs
Dans ce petit Éden, tout couvert de feuillage,
Où Fougax sentinelle (i), attend l'homme au passage;
(i) Dernier village avant d'arriver à ce chaos. Le chemin
carrossable ne dépasse pas les maisons.
Je fus moi-même pris par les Messieurs Pidoux,
Auxquels d'ici je donne à bientôt rendez-vous.
La cure de ce bourg d'un aspect tout modeste,
Abrite sous son aile, au culte consacré,
Un artiste pieux, qui passe sans conteste
Pour goûter la musique au suprême degré ;
Rigoureux du devoir, il aime son église,
Son talent contribue au bien qu'il réalise ;
De Flore, avec succès, il cultive les dons ;
Je remarque surtout, enfermés dans sa serre
De précieux sujets, dédaignant le parterre;
De là, je vois aussi des neiges sur les monts,
Nous annonçant l'hiver; un plus grand froid prépare
A ces charmants bouquets, une valeur plus rare.
Je quitte avec regrets ces lieux hospitaliers,
Pour suivre le courant de l'eau capricieuse,
Et sur ses bords fleuris, je ne vois qu'usiniers,
Surveillant nuit et jour la machine grondeuse,
Qu'un moteur tout gratuit, sans coûteux entretiens,
Promet de la fortune, au labeur les moyens.

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