Souvenirs relatifs aux élections du département des H..... P......., en 1820 ; suivis de quelques principes propres à diriger dans les élections, et d'un aperçu sur le pouvoir social nécessaire à la France

Publié par

Impr. de David (Paris). 1824. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : jeudi 1 janvier 1824
Lecture(s) : 15
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 115
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

SOUVENIRS
RELATIFS
AUX ELECTIONS DU DÉPARTEMENT DES
H P , EN 1820;
SUIVIS DE QUELQUES PRINCIPES PROPRES A DIRIGER
DANS LES ÉLECTIONS,
ET D'UN APERÇU SUR LE POUVOIR SOCIAL NÉCESSAIRE A LA
FRANCE.
PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE DAVID.
1824.
AVANT-PROPOS.
L'EXPÉRIENCE a justifié les regrets que les
amis de la France nouvelle ont éprouvés en
perdant la loi des élections de 1817. Cette loi
n'était pas cependant la plus parfaite expres-
sion de la raison publique, dans le haut degré
de civilisation où est parvenue la France, puis-
qu'il est possible de faire mieux représenter les
intérêts généraux d'une ration, d'autant plus
jalouse de ses droits politiques, que la grande
division de ses propriétés ne lui a pas permis
d'oublier qu'elle a largement joui, pendant
long-temps, du droit de concourir à la nomi-
nation de ses Députés. Ce souvenir national est
d'autant plus naturel, que l'égalité, qui fut le
grand principe de notre révolution, est trop
entrée dans nos moeurs par l'effet même des lu-
mières répandues dans toutes les classes de là
société, pour que l'intérêt que la nation prend
au droit électoral puisse s'affaiblir, au milieu
de ce grand spectacle de réformation politique
que donne l'Amérique, pendant que l'Europe
en travail montre une partie de sa population
en possession du gouvernement représentatif;
L'histoire de notre législation constitutionnelle
dira que la loi des Elections de 1817 avait eu de
4
bons effets, en préparant une majorité nationale
à la Chambre élective.
Les départemens les plus riches en grandes
propriétés sont ceux qui ont le plus perdu de
cet utile et uniforme pouvoir électoral, déter-
miné par la précédente loi. Plus heureux sous
ce rapport que presque tous les autres départe-
mens, nous nous trouvons compris dans une
exception qui nous assure la conservation des
dispositions de la loi électorale de 1817. D'où
proviennent donc, dans ce pays, les plaintes
sur les Elections de la part des hommes les
plus éclairés et les plus intéressés par leur
fortune au repos et à la prospérité du royaume ?
Qui a empêché le voeu départemental de s'ex-
primer avec cette sage liberté qui forme l'es-
sence de toute bonne élection populaire? Plu-
sieurs obstacles qu'on éprouve dans quelques
départemens ne se font pas sentir ici, où l'éga-
lité des fortunes, et même des conditions,
rapproche et identifie le plus grand nombre des
Electeurs pour l'important objet qui les ras-
semble. L'influence de l'esprit ultramontain,
qui transforme la parole de Dieu en lugubres
et monotones discours sur la révolution, ne se
fait pas sentir dans les Pyrénées, où nos bons
prêtres prêchent la pure morale évangélique ;
et, bien convaincus que le royaume n'est pas de
ce monde, ils respectent la ligne sacrée qui sé-
pare le pouvoir spirituel du pouvoir temporel.
Les tribunaux, qui ont été ailleurs l'objet
de beaucoup trop de critiques, se composent
ici de magistrats éclairés et de sages royalistes
constitutionnels, qui aiment la charte et son
auguste auteur.
Le barreau des H. . . . P. . . . ., dans le-
quel on compte des orateurs distingués, possède
de jeunes avocats propres à honorer leur car-
rière , qui connaissent parfaitement l'heureuse
influence que le gouvernement représentatif
peut exercer sur leur succès et sur le bonheur
de la patrie.
Ce département compte aussi des hommes
distingués par leurs connaissances scientifiques
et leurs vertus , qui ont honoré leur carrière
par de longs services rendus à l'instruction pu-
blique, et même par des ouvrages où l'on
trouve des aperçus neufs, qui annoncent des
esprits supérieurs, familiers avec cet esprit d'a-
nalyse qui a présidé aux plus grandes décou-
vertes, et qui est seul capable de donner la plus
sage direction à la révolution des idées qui
occupe et travaille l'Europe et l'Amérique.
Ce beau pays, si exposé au fléau de la grêle.
6
est habité par de nombreux propriétaires, amis
de l'ordre et du travail ; dont les intérêts ont
d'autant plus de besoin d'être défendus par de
loyaux députés, que ce département se trouve
à l'extrémité des frontières méridionales, et à
deux cents lieues de cette capitale, dans la-
quelle le despotisme impérial concentra tous
les pouvoirs, même ceux des communes et des
départemens, dont il est si important de de-
mander l'organisation administrative constitu-
tionnelle.
Les habitans des Pyrénées ont reçu de la
nature une organisation physique forte qui
contribue à leur donner ce sentiment de fierté
nationale qu'on remarque en eux. L'énergie de
leur caractère se fit vivement sentir même sous
le terrible gouvernement révolutionnaire, ainsi
que le rappelle si bien la périlleuse et opiniâtre
opposition que les membres les plus courageux
des corps administratifs de Tarbes formèrent
contre les projets sanguinaires de plusieurs re-
présentans du peuple réunis dans ce pays, en
1793. Nous fûmes préservés ainsi des grandes
fureurs révolutionnaires, grâces à nos bonnes
dispositions morales, qui ont pu contribuer
depuis à rendre plus douces ici les formes de
l'administration publique, qui s'est utilement
7
occupée de la prospérité de nos établissement
d'eaux thermales pour l'amélioration desquels
elle a été bien secondée par le zèle de nos ingé-
nieurs et de nos médecins, inspecteurs de nos
eaux minérales.
Ce département, dans lequel les lois furent
toujours observées et le gouvernement res-
pecté, donna à l'état des généraux distingués
et de braves officiers et soldats.
La brillante jeunesse de ces contrées, dont
les sentimens sont si généreux, forme notre
plus douce espérance. Les heureuses idées
qu'elle inspire sont d'autant plus consolantes
au milieu des fatales divisions qui affaiblissent la
France, que la génération qui doit remplacer
celle qui nous régit, possède toutes les lumières
de la civilisation, en même temps que celle qui
date de la restauration , dont les idées et les
habitudes seront entièrement constitutionnelles,
n'a besoin que dé quelques années pour réaliser
les destinées qu'elle promet à la France.
Comment expliquer, avec de tels élémens so-
ciaux , cette contradiction entre l'opinion gé-
néral et le résultat des Élections ?
Il sera facile de démontrer que cette contra-
diction est produite surtout par une cause, lo-
cale qu'il ne faut pas confondre avec la cause
générale qui contribue à fausser les élections.
L'expérience a prouvé qu'un corps électoral a
ses maladies particulières et générales et ses re-
mèdes, ainsi que le remarque un célèbre publi-
ciste anglais.
La médecine moderne, qui commence par
étudier le caractère du mal, afin de déterminer
ensuite le traitement le plus efficace, nous in-
dique l'ordre naturel des idées qui prescrit de
s'occuper d'abord à bien connaître les causes
qui ont altéré les Élections. Nous traiterons
ensuite, si le temps nous le permet, des moyens
conformes aux principes de la Charte qu'il faut
employer pour rendre les Élections utiles, et na-
tionales par conséquent. C'est ainsi que nous
désirerions terminer ce travail, que des circon-
stances particulières ne nous permettent que
d'ébaucher.
Une partie de ces idées avait d'abord été des-
tinées à servir de réponse à la lettre d'un Elec-
teur recommandable par ses vertus, qui,
n'ayant pu assister à la précédente assemblée
électorale', a cherché à connaître les intrigues
qui trompèrent d'estimables Electeurs, ce qui
fait doublement sentir le besoin de se prému-
nir contre dé pareils dangers.
Mais nos idées s'étaient tellement étendues
pour répondre aux diverses questions qui nous
avaient été adressées, que nous fûmes surpris
de voir à la fin que nous avions composé une
espèce de factum fort peu épistolaire. On s'oc-
cupait à l'abréger lorsque des amis éclairées ont
déterminé l'auteur à livrer ce travail au public,
en lui faisant partager leur conviction sur les
leçons de l'expérience que nous oublions si sou-
vent, et qu'on ne saurait trop rappeler par con-
séquent aux Électeurs, dans des circonstances
aussi importantes surtout.
Nous aurions pu être encouragés dans une
plus grande composition sur ces matières au mi-
lieu de nos recherches , qui nous ont fait re-
cueillir des faits curieux et importans par l'é-
tude particulière que nous avons faite des meil-
leures lois et tactiques électorales en usage sous
divers gouvernemens représentatifs. Mais notre
plan est trop circonscrit par l'objet de cette
brochure pour que nous puissions nous servir
de pareils matériaux. Le lecteur sentira facile-
ment au surplus , que le temps nous a manqué
pour donner même à ce petit écrit la correction
et la précision nécessaires, puisque nous n'a-
vons pu penser à celte espèce d'improvisation
de nos idées que depuis que la Chambre des
députés est dissoute.
10
Nous croirions néanmoins avoir rempli un
devoir, malgré les imperfections de cet opus-
cule, si nous parvenions à réveiller sur ce beau
sujet la pensée de quelque écrivain capable de
donner à la France une bonne tactique électo-
rale , digne des véritables royalistes constitu-
tionnels.
Ce n'est pas pour nous, mais pour ne rien
faire perdre de sa vérité à cette dissertation que
nous exposerons : qu'aucune passion de parti
n'a inspiré nos idées.
Tel est l'état dans lequel nous vivons, qu'on
est condamné à recourir sans cesse à la précau-
tion de cet avertissement, tant le funeste et aveu-
gle esprit de parti est toujouts prêt à supposer
des intentions personnelles, même dans les dis-
cussions publiques des intérêts nationaux. On
dirait, en vérité , qu'on ne sait plus parler des
choses et des principes conservateurs de la so-
ciété, puisque c'est toujours aux hommes qu'on
s'en prend ; c'est toujours à un parti qu'on les
attache, et la lague des partis qu'on nous sup-
pose. Le lecteur qui aurait besoin du stimulant
de l'esprit de faction et de la déclamation, ne
trouvera rien ici de propre à le satisfaire. Etran-
ger à tous les événemens de la révolution et à
tout préjugé et passion de parti, libre d'espé-
11
rance et de crainte, notre âme fut toujours pour
les idées d'ordre et de justice , ainsi que le sa-
vent très-bien ceux qui ont connu la modé-
ration de nos opinions politiques et notre vie
entière.
Amis sincères de la Charte, nous sommes
trop intéressés au repos de notre belle France ,
si long-temps agitée, pour ne pas repousser avec
tous les bons Français la doctrine de ces esprits
intempestifs , qui vont se servir du mouvement
général des élections pour enflammer les plus
funestes passions par leurs écrits.
Notre conscience nous dit que nous écrivons
contre l'intérêt de toute faction, et que nos
idées, entièrement fondées sur les principes de
la Charte , sont inspirées par le besoin de voir
nommer des députés propres à servir la nation
par leurs vertus et leurs talens. Nous ne saurions
donc trop répéter aux Electeurs : Soyez au roi
et à la patrie, puisque tout se réduit à ces deux
mots, et, qu'à votre exemple, tout ce qui
contribuera à donner au département de nou-
veaux députés, soit intègre et éclairé.
EXPOSITION
DE QUELQUES FAITS
RELATIFS AUX ÉLECTIONS
DES H P , EN 1820.
M. DE FONTENELLE disait que, s'il avait les
mains pleines de vérités, il ne les ouvrirait ja-
mais. On voit que ce spirituel académicien pen-
sait à la Bastille en disant ces mots. Mais il fut
plus conrageux dans ses ouvrages, quoiqu'il
vécût sous un gouvernement qui prodiguait les
lettres de cachet.
Que n'aurait-il pas dit s'il avait vécu sous un
gouvernement représentatif, dont la gloire et
le triomphe dépend entièrement de la liberté
des discussions publiques?
Il est pénible cependant d'être condamné à
parler des individus pour traiter son sujet, sur-
tout lorsque les habitudes de l'esprit nous por-
tent à nous occuper des choses et des principes
qui embrassent tout.
On sait qu'il est impossible de ne pas blesser
14
des vanités et des prétentions, en parlant fran-
chement des individus qui se mettent aux prises
avec l'intérêt général dans les Elections.
Mais la vérité et l'utilité sociale passent avant
tout. Malheur à celui qui ne voit dans les dis-
cussions d'intérêt public sur ces matières, que
des observations chagrinantes ! Que sont quel-
ques individus en comparaison des principes
conservateurs de la société?
Le candidat s'engage à ce qu'on examine ses
titres à la confiance publique, par cela même
qu'il se présente au choix des Electeurs. Une dis-
cussion franche et loyale ne peut que servir les
hommes vraiment dignes du suffrage électoral.
Ce n'est pas la faute d'autrui si quelque éligible
se présente sans titres suffisans; la règle que
doit s'imposer , sur ce sujet, tout écrivain mo-
ral, c'est d'écrire consciencieusement. L'opinion
publique, qui s'éclaire par la liberté des discus-
sions, est toujours là pour juger le candidat et
son critique.
Nous serons le rapporteur des pièces du pro-
cès, en citant autant que possible des faits con-
nus, sans trop développer, relativement à ces
individus, les conclusions rigoureuses ou favo-
rables que le public éclairé et juste a particu-
lièrement le droit de prendre.
10
Il est facile au surplus de bien connaître les
candidats dans un si petit département, où la
franchise du caractère porte les habitans à ju-
ger leurs compatriotes sans partialité, malgré
le manège des coteries. Que peut-il y avoir de
problématique d'ailleurs sur des individus qui
se sont fait connaître par leurs actions et par
leurs opinions, qui n'ont que trop varié, sou-
vent dans le même individu? Le caractère de
ces candidats est d'autant plus facile à juger
qu'il s'est bien développé pendant les trente
années de notre révolution. C'est surtout aux
époques les plus importantes, telles qu'en 1789,
1792, sous le directoire, sous l'empire, et à la
restauration, qu'il importe d'observer et de
juger les aspirans à la députation, sans oublier
la mémorable année 1815, si féconde en camé-
léons de toute espèce. Il serait facile de réduire
cette partie, à quelques questions fort simples ,
la réponse en serait d'autant plus facile qu'elle
serait la conséquence nécessaire des faits.
Mais la solution ne sera pas moins claire,
quoique cette partie de notre sujet soit naturel-
lement exposée d'une manière historique ; ce
n'est donc pas aux autres, mais à eux-mêmes
que devront s'en prendre les candidats mécon-
tens de la juste critique qu'ils ont provoquée ,
16
puisqu'elle est le résultat de leurs actions et dé
leur caractère moral et politique, par consé-
quent.
La Charte, qui a eu pour unique objet la
conciliation des deux partis dont la lutte agite
la France, ne permet de voir, par le seul fait
de son existence, d'autre division que celle de
ses amis et de ses ennemis, conformément
même à la raison publique et à la nature des
choses, qui n'établissent d'autres distinctions à
cet égard que celle qui est fondée sur la diffé-
rence des intérêts. Les nuances des autres pe-
tites divisions étant effacées et absorbées par les
deux grands partis qui affaiblissent la France,
il n'y a, en dernière analyse, que des constitu-
tionnels et des anti-constitutionnels.
Nous ne rappellerons que les candidats qui se
sont présentés en général au choix des royalistes
constitutionnels exclusivement, et qui ont été
particulièrement signalés sous ce rapport par
l'opinion publique.
Nous devons prévenir les lecteurs que nous
ne parlerons de ces individus que comme d'un
fait public qui se passa en 1820, n'ayant pas
l'intention de donner en cela la liste la plus
complète des éligibles qui avaient des droits à
l'Election. Nous devons donc aux principes
17
même que nous professons, de déclarer que nous
n'entendons chercher à exclure aucun éligible.
Nous voyons au contraire avec un véritable
plaisir que la conscience électorale est là pour
réparer les erreurs qui auraient pu avoir lieu
dans la présentation des candidats en 1820.
Personne n'a oublié le grand intérêt que la
France prenait aux Elections de 1820, après
le changement de la loi électorale qui venait de
s'opérer. On s'entretenait de cet important
objet dans les P , lorsqu'on vit venir
M. D....X, dans le mois d'août 1820. Ses amis
n'oublièrent rien pour tâcher d'emboucher
toutes les trompettes en sa faveur. On aurait dit,
à les entendre, que les célébrités passées et pré-
sentes allaient être éclipsées, si M.D....X était
nommé député.
Le public éclairé, qui a appris à se méfier
en pareille matière, après tant de déceptions
que la France a éprouvées, ne parut pas par-
tager encore l'enthousiasme des partisans de
M. D....X. Cet individu , qui avait quitté le dé-
partement depuis plus de trente ans, était peu
connu, et ne pouvait pas être proclamé d'avance
député par des hommes instruits et justes, au
milieu de ses rivaux, riches propriétaires qui
ont rempli d'honorables fonctions dans leur
2
18
pays. Le mouvement qu'on chercha à donner
aux électeurs, mit plusieurs d'entre eux dans
la nécessité de demander quelles étaient les ver-
tus publiques et les talens politiques de M. D....X,
ainsi que les preuves de dévouement qu'il avait
données à son département, dont il ne paraissait
se rapprocher qu'au moment des Élections.
Les deux partis eurent d'abord des doutes
naturels sur la bannière qu'il adopterait. Les
ultrà-royalistes se rappelaient que cet individu
avait joué un rôle peu national avant le fameux
10 août, sous l'influence de son intrigant Mé-
cène ; et que celui-ci n'ayant pu rester que quel-
ques jours ministre du Roi, le protecteur et le
protégé furent obligés de s'éloigner de Paris. Ils
vinrent alors se réfugier dans les Pyrénées, où
ils n'eurent pas malheureusement la prudence
de se faire oublier, ce qui les exposa à la réac-
tion révolutionnaire, pendant que les Ramond et
les Bergasse recevaient à Tarbes des témoi-
gnages de considération et d'intérêt, jusque
dans leur maison de réclusion.
Un grand nombre d'ultrà-royalistes, sachant
que M. D....X avait partagé leurs opinions, au
point de voir éloigner des amis de chez lui pour
cette cause, en 1816, étaient d'autant plus con-
vaincus que cet individu était de leur parti,
19
qu'il avait professé leurs idées même au pays ,
depuis 1815. M. D....X , qui voulait absolument
être député, étant indifférent sur les moyens,
pourvu qu'il réussît, étudia son terrain, et parut
décidé à se servir des constitutionnels qu'il crut
les plus forts, et peu disposés d'ailleurs à exiger
de lui des lettres de noblesse, que le parti con-
traire aurait pu lui demander.
La vérité oblige de dire que cet éligible trouva
des censeurs sévères dans le plus grand nombre
des compatriotes qui avaient été témoins à Paris
de sa conduite politique jusqu'au 10 août 1792,
ainsi qu'en 1815 et 1816 : car ils ne dissimu-
laient aucune vérité sur ses antécédens. Tel était
à peu près l'état des choses, à son égard, vers
la fin du mois d'août 1820, lorsqu'il fut joint
par M. D....S, avec lequel il avait fait un pacte
d'union, afin de réunir toutes leurs forces défen-
sives et. offensives dans cette campagne électo-
rale. M. D....S avait couru les chances des Élec-
tions quelques années avant, et on était d'autant
plus fondé à le croire découragé, qu'il n'avait
obtenu qu'une voix, quoiqu'il fût appuyé alors,
comme aujourd'hui, par l'intérêt qu'inspire aux
collatéraux un homme riche et sans enfans.
Le public paraissait peu disposé à se faire
illusion sur ce nouveau candidat, qu'on avait
20
vu trop souvent au pays comme homme du
monde, pour qu'on pût associer à la légèreté de
son caractère , l'idée grave que réveille le titre
de député. Ceux qui l'avaient connu savaient
très-bien que sa profession et ses habitudes ne
lui avaient pas permis de s'occuper de la science
législative, dont les méditations sont d'ailleurs
si peu conformes à la nature de son esprit, qui
ne peut pas supporter les fatigues des études
profondes. Exclusivement occupé depuis trente
ans de ses plaisirs et du soin de faire fortune,
il était naturel qu'il n'eût pas acquis les connais-
sances nécessaires a un bon député, puisqu'il
n'avait pensé à obtenir ce titra que depuis qu'il
avait été accablé par la douleur que lui a fait
éprouver, en 1815, la perte de sa place. Mais
désespérant du succès pendant plusieurs années,
il se lamentait en parlant de ce qu'il appelait
les éternels députés, MM. Fornier de Saint-
Lary et Figarol, que son découragement lui
avait fait déclarer inamovibles.
L'absence de toute espérance, sous ce rap-
port , le porta pendant long-temps à parler du
déchet qu'avaient éprouvé ses finances par la
perte de sa place, et de l'intérêt qu'il aurait eu,
s'il avait pu devenir député, à s'occuper à répa-
rer ses pertes, et à servir quelques-uns de ses
21
parens de Bordeaux particulièrement. On fut
d'autant plus disposé à répéter de pareils détails,
que M. D....S s'était fait peu d'amis au pays,
même parmi ses parens, dont plusieurs ne l'a-
vaient pas trouvé serviable. La notoriété pu-
blique oblige encore à dire que la fortune qu'il
fit dans la fatale expédition de Saint-Domingue,
lui a fait de nombreux ennemis. La fierté de
plusieurs de ses compatriotes avait été agréable-
ment surprise, au reste, par les séduisantes ma-
nières populaires de cet éligible, qui ne leur
avait accordé jusque là qu'un regard indifférent,
pour ne pas dire dédaigneux.
Plusieurs de nos électeurs se sont félicités,
comme d'une bonne fortune, que les Élections
aient réveillé les nombreuses et tendres sympa-
thies de MM. D....s et D....X, qu'ils plaignaient
pour le cruel éloignement qui les a séparés pen-
dant trente ans de leur beau pays, tant vanté
par eux, quoiqu'il ne puisse les récréer et les
retenir que quelques instans, parce que leurs
intérêts et leurs affections les appellent loin
des Pyrénées.
Tel était cependant l'état des choses vers le
18 septembre 1820, que les actives intrigues
de M. D....s paraissaient lui donner des espé-
rances que partagaient ses protecteurs inté-
22
ressés. L'opinion de quelques Électeurs qui
avaient été fortement travaillés par ces deux
Candidats seulement, paraissait plus favorable
à M. D....X , que son grand directeur M. La...,
déclara député le 20 septembre, en disant à
ses amis qu'il était sûr de la majorité des Élec-
teurs , et qu'il ne sentait plus le besoin de se fa-
tiguer par de nouvelles courses. On pense que
la finesse de M. La.... a pu le mettre dans le se-
cret d'un petit nombre de personnes, même en
sa qualité d'ancien agent de tant de préfets,
dont il avait eu l'heureux talent d'obtenir la fa-
veur , malgré la variété de leur caractère, de
leurs opinions et de leur système administratif.
Le public était loin d'avoir encore la certitude du
percepteur de C , malgré le tact qu'on lui
reconnaît, et qu'il a tant perfectionné par l'ex-
périence que lui donnèrent les intrigues minis-
térielles qu'il avait pu être chargé de diriger
dans le temps. L'opinion publique désignait
d'autres candidats connus par leur fortune et
par les emplois qu'ils avaient remplis dans le
département. Le séjour de quelques-uns d'en-
tr'eux à Bagnères , où M. D....X et D....s établi-
rent d'abord le centre de leurs grandes opéra-
tions , les exposèrent naturellement à toutes les
attaques qui naissent de pareilles rivalités entre
23
des hommes de passions , de principes et de ca-
ractères différons.
Il est pénible de devoir parler de fatales ac-
cusations et récriminations qui affaiblirent et
contribuèrent à faire échouer les royalistes cons-
titutionnels. Mais cela est doublement néces-
saire pour briser cette arme dont on s'est si bien
servi, en faveur de la cause opposée. C'est d'ail-
leurs la seule manière de bien fixer l'opinion
sur de malheureuses divisions qui peuvent se
renouveler chaque jour puisque les causes exis-
tent encore. MM. Dauphole et Pinac étaient re-
présentés comme des révolutionnaires, tandis
que leurs deux rivaux faisaient vanter en même
temps leur caractère moral et politique. Les
amis des premiers opposaient la constance du
caractère de M. Pinac, et ses habitudes solitaires
à la mobilité des principes , aux intrigues de
MM. D....x et D....s et à leur vie entière. M. Dau-
phole répondait par sa réclusion à la qualifica-
tion de Révolutionnaire, en se prévalant d'être
plus généreux envers M. D....X, dont la con-
duite fut contre-révolutionnaire avant le 10
août 1792 , et envers M. D....S, qu'on entendit
clabauder dans la société populaire de Tarbes,
sous l'influence du commissaire des guerres, son
protecteur, qui fut un des séïdes de Robes-
24
pierre. M. Dauphole récriminait contre d'au-
tres attaques de ses adversaires , en disant qu'il
remplissait les fonctions de député, pendant
que M. D....s moissonnait sur le sol ensanglanté
de Saint-Domingue, et M. D....X en Suisse,
sous l'administration du rapace Rapinat, qui
fit détester le nom français dans ces contrées. Il
désirait que ses superbes rivaux fissent bien con-
naître les vertus publiques qui leur donnaient
tant de droits à la confiance électorale , et de-
mandaient où et quand ils avaient acquis ces
vastes connaissances politiques qui leur inspi-
raient tant d'assurance. Il n'était pas moins cu-
rieux , ainsi que beaucoup de constitutionnels ,
de lire les savans traités de jurisprudence de
M. D...x. Aux plaisanteries qu'on faisait sur les
anciennes relations de M, Dauphole avec quel-
ques membres du directoire, on opposait la ri-
dicule importance qu'on cherchait à donner à
M. D ...x, en disant qu'il avait dîné avec M. Ma-
nuel ; on citait les lettres qu'il avait obtenues
pour se faire recommander par des étrangers,
dans son propre pays, où il est si facile de se
faire apprécier lorsqu'on jouit d'une considéra-
tion sociale, aussi réelle que bien acquise : on
n'oubliait pas les contradictions de M. D....X,
en rappelant le temps et les personnes aux-
25
quelles il exprimait sa surprise , sur la préten-
tion à la députation que M. D..,.s commença à
montrer après 1815.
On ne fut pas moins prodigue de plaisante-
ries sur ce dernier candidat, et il était impos-
sible d'oublier la comique intrigue d'un Tar-
tuffe de Tarbes, qui a cherché même à intéres-
ser l'imagination de quelques jeunes gens en sa
faveur, après avoir proclamé long-temps avant
ce qu'il appelait son égoïsme et son ingratitude.
Cette petite guerre se trouvait fortifiée par
un grand nombre d'estimables compatriotes,
parmi lesquels on remarquait de sages constitu-
tionnels de 1789, qui s'étaient prononcés en
général, dès le principe, contre MM. D. . . s
et D. . . .x, qu'ils considéraient comme des
spéculateurs du titre de Député. Des personnes
moins susceptibles et plus justes que cet Athé-
nien qui ne pouvait supporter l'épithète donnée
à Aristide, étaient fatiguées par les exagérations
des panégiristes de M D...x, qui provoquèrent
nécessairement des souvenirs parmi le grand
nombre d'individus qui avaient été faire leurs
études à Paris, depuis plus de 20 ans, époque
où M. D. . . .x, pensait à peine au titre d'avo-
cat, puisqu'il n'avait fait aucune étude métho-
26
dique sous ce rapport, par l'effet de ses précé-
dentes occupations.
On n'oublia pas de rappeler, en conséquence,
que M. D. . . . x ne fut introduit au barreau
de Paris, qu'en vertu des 300 fr. exigés par le
décret du 4.me jour complémentaire an XII, et
par la charge que lui vendit son patron Dejoly,
qui lui laissa une étude si bien organisée, qu'il
y trouva le jurisconsulte Grap, aujourd'hui
professeur à la Faculté de Droit de Paris, qui
ayant beaucoup travaillé pour. M. Dejoly, de-
vint plus nécessaire à M. D. . . .x, en faisant
tous les bons mémoires sortis de son cabinet,
ainsi que le sait très-bien le barreau de la Cour
de Cassation. Le grand mérite de M. D. . . .x ,
consista particulièrement à bien choisir des col-
laborateurs habiles, tels que M. Nicod honora-
blement connu à la Cour de Cassation, dont il
sentait d'autant plus le besoin , qu'il n'avait pu
faire de bonnes études en jurisprudence et en
procédure surtout, qui est la chose la plus im-
portante pour un avocat à la cour de cassation,
principalement occupé des affaires de forme.
Nous serions peu éloignés de penser que des
esprits un peu malins ont voulu mettre à l'é-
preuve la science des lois de M. D. . . x, en
27
lui demandant son, avis, pendant son séjour au
pays, sur des questions de droit civiles fort sim-
ples, dont il a donné la solution suivante; les
avocats de la Cour de Cassation n'improvisent
pas leurs décisions. Aussi, les rieurs dirent-ils
que les avocats des P sont de meilleurs
improvisateurs que M. D. . . . x. On aurait
désiré, pour bien connaître le mérite de M. D...x,
qu'on pût. le voir aux prises sur la jurisprudence
avec nos anciens avocats, ou avec des hommes
tels que MM. Daries, Artiguenave juge, et avec
M. Jacomet, sur la procédure.
On eût été, curieux de le voir aussi en lice
au barreau avec la brillante élocution de M. Le-
brun, la logique de M. Ferré, et la vive ima-
gination de M. Corceille, qui honore sa carrière
par de beaux actes de générosité.
Telles étaient les critiques dont on s'occupait
beaucoup trop, et qui furent provoquées par
l'indiscrétion de quelques flatteurs de M. D....x,
parmi lesquels se fit remarquer un furieux jaco-
bin de 1793, qui fut vivement soupçonné de
rendre de grands services à la police en 1815.
Rien ne fut épargné dans ce fatal procès,
puisqu'on poussa les hostiles investigations jus-
qu'à contrôler les actes financiers de M. Dau-
phole envers ses débiteurs. Les déplorables
28
passions qui se développèrent, firent naître la
satyre la plus amère; intitulée : LES FAUX
CONSTITUTIONNELS DEMASQUES PAR EUX MEMES,
on y répondait à la dernière accusation dirigée
contre M. Dauphole, et on récriminait contre
M. D. . . .x en citant le montant et la date de
quelques créances, ainsi que l'intérêt qui don-
nait le moyen de doubler le capital dans peu de
temps. Cette philippique ne traitait pas plus
favorablement M. D. . . .s, dont on rapportait
quelques anecdotes qui se passèrent à Saint-
Domingue, au sujet desquelles on n'oubliait pas
même le jugement que son patron et généreux
parent Daure porta sur son avidité. On parlait
de l'espièglerie financière qu'il fit à notre com-
patriote Dat, qu'on cherchait à fortifier dans
l'intention qu'il a manifestée de poursuivre cette
affaire.
On rappelait également son démêlé avec un de
ses païens auquel il avait fait donner une fourni-
ture d'habillemens pour les troupes, de laquelle
il voulait avoir ensuite la plus grande partie
des profits, ce qui l'exposa à la plus pénible
réaction de l'intérêt blessé, grâces à son mor-
dant et spirituel antagoniste , qui n'oublia lien
dans le panégyrique qu'il fit de cet individu. On
parlait des adulations de M. D. . . .s, qui se
39
traîna dans les antichambres de la duchesse
d'Angoulême, avant le gouvernement des cent
jours , pendant lesquels il demanda et obtint la
place de Commissaire ordonnateur de ce même
corps d'armée destiné à agir à Bordeaux contre
cette auguste princesse, dont il avait obtenu la
protection et la faveur.
On rappelait, dans cette production, le nom
de la personne qui, voyant les fortes préven-
tions qui s'élevaient contre lui, lui fit proposer
de faire une déclaration publique, à l'exemple
de son parent M. ***, en prouvant ainsi aussi
fortement que lui qu'il était au-dessus de l'inté-
rêt des places. Mais M. D. . . .s qui espérait
alors devenir intendant par un effet des régle-
mens existans à cette époque, n'eut ni le courage
ni la loyauté de suivre un pareil exemple qui
pouvait nuire à son ambition pour les places.
Tout était enfin réuni contre M. D. . . .s dans
cette philippique, dans laquelle on parlait des
malheureuses notes qui se trouvent sur son
compte au ministère de la Guerre, notes qu'il
fera difficilement oublier , dit-on , et qui s'op-
poseront par conséquent à ce qu'il soit employé,
ce qui lui fait si vivement sentir le besoin d'être
nommé député, pour obtenir cette place d'in-
tendant si désirée.
50
Nous confessons que craignant que le scan-
dale ne fût trop éclatant et ne nuisît à la cause
des constitutionnels dans les circonstances où
l'on se trouvait, nous vîmes avec plaisir, dans un
tel état de choses, qu'on engagea vivement
l'auteur à renoncer à faire imprimer la terrible
philippique, ce que ses amis n'obtinrent qu'avec
la plus grande difficulté, tant ses résolutions
sont fortes. Mais on ne put réussir à le faire re-
noncer à cette impression pour les prochaines
Élections, si certains éligibles jetaient le gant,
puisqu'il assura qu'il ferait même imprimer, en
pareil cas, des pièces justificatives, qui seraient
jointes au mémoire qu'on adresserait à chaque
électeur.
Ce spectacle de nos passions était bien propre
à attrister de bons Français; aussi en vit-on un
grand nombre qui s'affligèrent de voir que le
choix des députés se trouvait ainsi circonscrit,
tandis que le département possédait, particu-
lièrement dans la magistrature et le barreau,
des hommes recommandables. Il eut été diffi-
cile d'oublier en cela nos savans compatriotes,
qui ont honoré l'instruction publique par leurs
connaissances et de longs services.
La triste polémique et les divisions dont
on vient de parler, ne pouvaient que jeter une
31
grande incertitude sur le résultat des élections,
et disposer le public à s'occuper davantage
des autres candidats constitutionnels, tels que
MM. Darabeat, Dubernet, Dassugues; ces trois
individus n'avaient été désignés que vaguement,
parce qu'ils n'avaient exprimé aucune intention
positive sous ce rapport.
On n'avait parlé particulièrement de M. Da-
rabeat, que parce qu'il est connu pour un très-
bon esprit, et que le département n'est pas
assez riche en talens politiques pour qu'on pût
oublier un homme tel que lui. M. Dassugues
était le seul de ces trois éligibles qui eût déclaré
hautement qu'il ne voulait pas être député; il
renouvela souvent cette déclaration à Bagnères,
où il passa une partie de l'automne de 1820.
Son long séjour dans cette ville, qui fut pen-
dant long-temps le centre des intrigues des élec-
tions , la critique amère qu'il faisait de cer-
tains candidats et d'anciens amis, sa loquacité
sur des lieux communs de la politique, surtout
après la lecture des journaux, qui sont à peu
près les seules sources de sa science sociale,
étaient d'autant plus propres à jeter du doute
sur ses véritables intentions, que ceux qui le
connaissent mieux ne se sont jamais plaint de
l'excès de sa franchise.
32
Tel était l'état des choses vers le 1er octobre
1820, lorsqu'on vit paraître une lettre à un élec-
teur , qui put être piquante par cela même
qu'elle paraissait au moment des élections; elle
venait d'un homme qui s'était si peu fait précéder
par l'intrigue, que le public ignorait qu'il dût
augmenter le nombre des candidats, quoiqu'il
soit chaque jour en relation depuis vingt ans
avec nos nombreux étudians, et souvent avec
leurs respectables familles, par l'effet de ses
fonctions académiques, et quoiqu'il ait de nom-
breux et honorables parens dans notre dépar-
tement.
Cette brochure serait susceptible de critique,
et nous aimons à penser, pour l'honneur de son
auteur, qui fit de bonnes études à Paris, où il
s'occupa pendant long-temps des sciences mo-
rales et politiques sous de grands maîtres , qu'il
serait de notre avis s'il n'a pas perdu ce sage
doute de la raison , qui est nécessaire à sa vive
imagination. Mais, comme l'objet de notre tra-
vail ne nous permet pas de nous livrer à des
critiques de détail, nous restons dans les bornes
de notre sujet, en disant que cette brochure
fut lue, en général, avec l'intérêt qu'inspirent les
bons principes qu'elle renferme, et qui la ren-
dent propre à être lue aussi utilement par les
33
royalistes constitutionnels en 1894 qu'en 1820.
Nous ne pensons pas cependant que cette ma-
nière de traiter son sujet fût propre à obtenir
le suffrage des amateurs de déclamations révo-
lutionnaires, et particulièrement celui des amis
de l'obéissance passive des Turcs ou des Cosa-
ques, par cela même qu'on a bien développé
les principes de la Charte dans cet opuscule.
Entièrement occupés du triomphe des véri-
tables principes du gouvernement représentatif,
sans nous arrêter aux intérêts de tel ou tel indi-
vidu , nous tenons beaucoup moins de compte
dans cette matière, des écrits que des qualités
morales et intellectuelles qui révèlent un bon
caractère politique. Or, la vérité prescrit de
dire, en oubliant les défauts et les qualités de
cette brochure, que les hommes éclairés et
justes pensèrent que son auteur avait fait un acte
de courage civil en publiant cet écrit à une époque
où de tels actes furent rares. Ou doit dire de
plus que cet individu était celui des candidats
constitutionnels qui avait le moins de véritables
intérêts personnels à publier les sages principes
de la liberté publique, conformes à la Charte,
qu'il a toujours professés. Voilà la meilleure
réponse que ses partisans auraient pu faire aux
misérables passions qui naissent des rivalités,
3
34
au lieu de l'occuper des petites attaques de ses
rivaux, auxquelles ses amis conviennent qu'il
lui était si facile de présenter pour réponse sa
vie entière.
Ce candidat s'est trop préoccupé des pas-
sions de ses rivaux, ainsi qu'on le voit dans
les dernières lignes de sa lettre , par lesquelles il
répond aux traits d'une petite coterie, qui, ne
pouvant trouver de prise dans ses qualités mora-
les et intellectuelles, a paru vouloir juger la force
de ses organes, qui lui promettent de remplir
de laborieuses fonctions , tandis qu'on ne trou-
verait pas la même vitalité dans ses concurrens
les plus hostiles , quoiqu'ils l'aient moins usée
par l'étude que par les plaisirs.
La présence de ce candidat n'était donc pas
propre à refroidir la scène électorale. M. D....S
dut être particulièrement contrarié par cela
même qu'ils ont l'un et l'autre à peu près les
mêmes parens , et des connaissances communes
dans le département. M. D.....S aurait pu se ras-
surer cependant en voyant que son parent ve-
nait aussi tard, sans avoir travaillé les Électeurs
comme lui, et sans employer aucun de ses
moyens, vivant tranquillement à Bagnères, jus-
qu'au moment des Élections.
On reçut vers le 20 octobre une circulaire
35
qui paraissait dictée par l'intention de servir
M.D....s auquel elle était aussi favorable qu'elle
l'était peu à M. D... x , dont on mettait le carac-
tère politique en problème, par un effet de ses
antécédens. M. D....x prit l'alarme vers cette
époque, à la suite des nouvelles donnée par son
télégraphe; et M. Latapie commença à douter
beaucoup du succès de son ami. On s'aperçut
dès ce moment surtout qu'on travailla à obtenir
la protection ministérielle. Il serait trop long
de rappeler les voyages qui eurent lieu, et les
négociations qu'on entama en faveur de M. D....x,
auprès de la préfecture , avec un secret d'autant
plus grand que cela pouvait lui nuire beaucoup
dans l'esprit des libéraux, auxquels il faisait sa
cour. Cette marche mystérieuse était observée
pour les plus petites choses, ainsi que le rappelle
sa visite , tant retardée et si promise à M. Cla-
rac aîné , qu'il exécuta dans la nuit pour que
Cela ne lui nuisît pas auprès du parti constitu-
tionnel.
M. D....s, plus léger et plus vif, quoique très-
fin, se conduisit plus brusquement en décla-
mant contre les MM. Charac sur les places pu-
bliques, et finit par leur faire une visite très-af-
fectueuse lorsqu'on lui dit que cela ne lui serait
pas inutile; On doit rendre cette justice à
36
M. D...s, qu'il a comprimé sa grande vanité
pour aller voir aux P , comme à Paris,
des hommes qui avaient exprimé les sentimens
les moins honorables sur son compte, tant il est
disposé à faire de petits sacrifices, afin de parve-
nir à la députation, seul moyen qui lui reste
pour devenir intendant !
On assure qu'il ne fut pas beaucoup plus con-
séquent envers M. le premier président Figarol,
qu'il ne ménagea pas plus que M. Fornier au-
près des libéraux, quoiqu'il eût cherché, dit- on,
à se servir du parti de ce magistrat. Cela pou-
vait paraître d'autant plus bizarre que le public
savait que M. F.... cadet fut chargé pendant
quelque temps du double travail de la nomina-
tion des deux éligibles, ce qui fit dire à un
grand nombre d'observateurs , étonnés de l'au-
dace des manoeuvres sous ce rapport, qu'on
avait établi les intrigues à domicile. Le bruit
public annonça que M. le premier président fut
sacrifié au beau-frère de son frère, malgré le
jugement défavorable qu'il avait porté lui-même
sur le mérite de ce candidat. Ce dernier avait
bien recherché aussi la secours de l'autorité
ministérielle ; mais rien ne pouvait lui donner
assez de faveur pour obtenir un tel succès.
M. D....x, dont les calculs ne pouvaient être
37
troublés par aucune émotion, tant il est froid,
se pliait à toutes les circonstances. Il assista, à
la fin d'octobre, à un dîner donné par un riche
et notable propriétaire d'Ossun. Des personnes
qui observaient la direction de ses manoeuvres
vers l'autorité, pensèrent que cette réunion
pourrait bien donner lieu à un arrangement
propre à concilier les intérêts de M. Fornier
de Saint-Lary avec ceux de M. D....x, ce qui
paraissait appuyé par l'idée que le médecin,
Electeur d'Ossun , servait de son mieux, quoi-
que libéral, la cause de M. Fornier. Tel était
enfin le déchaînement des passions qu'on n'a-
vait pas encore un Collège électoral aussi tour-
menté par l'agitation de l'intrigue.
On remarqua, au surplus, un fait assez pi-
quant en voyant que les candidats constitution-
nels, dont les principes avaient été toujours
les mêmes, furent les plus calmes contre les
candidats du parti contraire. Tels furent en effet
MM.***, Darabeat, Dubernet, Dauphole et
Pinac, tant il est vrai que les véritables consti-
tutionnels, qui ne font pas de la députation une
pure spéculation , sont naturellement doués
d'une sage impassibilité! ce fait se fit surtout
remarquer à l'apparition de la brochure dirigée
contre MM. Fornier, Figarol et Clarac. La joie
38
de MM. D. . . s, D. . . .e et D. . . .x fut
telle, qu'on aurait cru, à les. voir , qu'on, venait
de remporter la plus belle victoire nationale.
Nous désirons que cette brochure, qui a à peu
près lé même objet, et qui est fondée sur les
principes constitutionnels, mette ces trois indi-
vidus dans le cas d'être trouvés conséquens dans
leurs goûts pour ce genre de critique.
M. D. . . .e, dont lés talens et les vertus pu-
bliques se firent si bien, connaître par l'art qu'il
mit à cacher ses fortes prétentions à la députa-
tion, ajouta à toutes les hostilités précitées une
dispute avec M. Fornier de Saint-Lary, dont
il chercha à faire trophée auprès des libéraux.
Mais il fit dire à tous ceux qui le connaissent
bien , qu'il ne faudrait pas une questure pour
le rendre ministériel. L'apparition de cet indi-
vidu sur la scène électorale fut plus qu'une
résurrection, puisqu'on n'avait jamais pensé
encore à lui pour la députation, et qu'on l'a-
vait laissé arriver ainsi à sa soixantième année
presque oublié dans sa solitude, où il est occupé
du fidèle culte qu'il rend à Plutus, sans autre
distraction que la petite guerre qu'il fait à ses
voisins, y compris ses successeurs naturels qu'il
a toujours craint de gâter par sa tendresse. Aussi
peut-il se vanter de n'être pas fatigué par l'af-
39
fection des habitans de son village, qui ont tou-
jours craint de le revoir maire, ce qu'il a enfin
obtenu, grâce à ses libérales démarches et à son
importunité auprès de l'autorité, malgré les
préventions contre son ancienne administration,
qui ne fut jamais accusée d'être trop paternelle.
M. D. . . .e avait proclamé jusque-là que son
âge , ses infirmités, le défaut de talent politique
ne lui permettaient pas de rechercher le titre
de député, ainsi que ses affaires qui l'enchaî-
naient sur ses foyers. Mais pour comble de bon-
heur il se trouve rajeuni au moment des Elec-
tions ; ses infirmités et surtout la goutte, que la
médecine ne peut guérir, ont entièrement dis-
paru ; il se trouve avoir acquis toutes les con-
naissances dont il se disait dépourvu ; ses affaires
au pays n'existent plus; et il veut se rendre à
Paris pour le plus grand bonheur du dépar-
tement. De pareils phénomènes étaient bien
propres à le favoriser dans les intrigues extra-
ordinaires qui eurent lieu dans les premiers
jours de novembre, et certes il paraît qu'il fut
bien secondé par ses associés. M. D. . . .e et
ses protecteurs peuvent se vanter d'avoir porté
le coup fatal, par leurs actives manoeuvres, aux
dernières dispositions des constitutionnels, en
brouillant toutes les idées et toutes les passions,
40
ce qui détruisit le dernier vestige de l'unité des
intentions des Électeurs sur les candidats con-
stitutionnels qui, plus francs que M. D. . . .e,
avaient manifesté leurs intentions d'avance
comme candidats.
Il serait trop long et trop pénible de dérouler
le tissu de cette intrigue nouvelle, qui n'était
pas nécessaire pour affaiblir le parti constitu-
tionnel par d'autres divisions. Cela nous entraî-
nerait encore à parler des personnes qui ont
voulu diriger exclusivement les Elections, et
certes nous sommes déjà assez fatigués de parler
autant des individus sur lesquels notre sujet
nous ramènera beaucoup trop.
Cette espèce de cahos qui avait précédé les
Elections se faisait entièrement sentir encore la
veille de la réunion de l'assemblée électorale.
Nul plan général ne se montrait pour diriger
les constitutionnels vers le véritable but. On
n'apercevait que des manoeuvres de coterie,
dont le secret se trouve connu par ce qui a été
déjà exposé : ainsi les divisions des candidats
semblaient entraver les mouvemens des Elec-
teurs qui, s'étant cependant rendus à leur
poste, avaient prouvé par là que, pénétrés de
leurs droits et de leurs devoirs, ils rempliraient
leurs belles fonctions nationales d'après leur
41
conscience et non d'après les suggestions de
quelques cabaleurs. Les causes secrètes qui agis-
saient ne permirent pas cependant qu'il y eût
de réunion régulière pour se concerter sur l'im-
portante nomination du bureau définitif de
l'assemblée électorale. Il n'y eut qu'une ou
deux réunions irrégulières, où l'on n'aperçut
pas cette masse électorale si nécessaire au triom-
phe de la cause nationale. Les directeurs ne
s'occupèrent d'abord qu'à composer le bureau
définitif des protecteurs de MM. D. . . .x et
D. . . .e surtout, et d'ennemis de MM. For-
nier, Figarol et Clarac (I). Le bureau se trou-
(I) Il est utile et convenable d'élire pour scruta-
teurs, et surtout pour secrétaires, des Electeurs habi-
tués à lu discussion des affaires, zélés à s'occuper de
la chose publique, d'un caractère à la fois ferme et
mesuré, d'une position indépendante en telle sorte
qu'ils puissent défendre avec énergie l'intégrité et la
liberté des opérations de rassemblée. Pour réussir
dans la formation du bureau, il faut avoir l'attention
de se fixer d'avance sur le nom de ceux qu'on doit
y porter. De l'intelligence et beaucoup de justice,
telles sont les deux qualités nécessaires à un membre
du bureau. L'opinion des royalistes constitution-
nels paraissait désigner, en 1820, comme très-pro-
42
vant formé dans ce sens, on fut bien forcé de
penser à une réunion pour s'entendre sur la
marche à adopter pour ne pas être vaincu par
le parti opposé. Mais qui le convoqua?.... On
fit parvenir seulement des avis sans signature à
un petit nombre d'Electeurs qu'on croyait favo-
rables aux vues du comité directeur. La voix
publique seule prévint de celte réunion un grand
nombre d'Electeurs, dont la plupart ne se ren-
dirent pas, tant le mode de convocation leur
inspira peu de confiance. Mais on put jouir au
moins par compensation d'un médecin natif des
Basses-Pyrénées, qui n'ayant pas de propriétés,
ne devait se trouver-là que pour le plus grand
soulagement de l'humanité. Ce n'est sans doute
qu'à ce titre qu'il obtint son entrée dans cette
réunion, tellement sévère, qu'on ne permit pas
d'abord la présence des candidats, afin de don-
ner plus de liberté à la discussion. On avait re-
marqué au surplus toutes les sollicitudes du
docteur en question, qu'on voyait sans cesse
dans les auberges où se trouvaient les Electeurs,
près aux fonctions du bureau définitif de l'assemblée,
MM. Darabeat, Lafeuillade, Dumoret, médecin,
Férant, Polomès, Bouvet, et beaucoup d'autres
notables Électeurs, qu'il serait trop long de nommer.
43
même dans celle du Bon-Pasteur, où l'on ne
vit pas cependant le propriétaire connu par sa
modestie et son mérite médical, ce qui fit présu-
mer que la maladie de MM. les Electeurs n'a-
vait, pas exigé encore de consultation. L'agita-
tion du médecin des Basses-Pyrénées était propre
à faire penser cependant que quelque Electeur
voisin de l'Espagne avait importé la fièvre jaune.
Mais les alarmistes purent se rassurer en ne
trouvant pas dans cette réunion Électorale M. le
docteur Dassieu, électeur, qui jouit à tant de
titres d'une haute considération sociale. On pou-
vait bien se rassurer encore en voyant la sérénité
de MM. les médecins Buron et Laffeuillade, qui
ont obtenu l'estime publique par leurs connais-
sances et leurs qualités sociales, sans oublier
cette espèce de quiétisme que paraissait mon-
trer M. le docteur Miquen, qui ne croit pas,
dit-on, à la contagion de la fièvre jaune, d'a-
près la connaissance qu'il a de l'histoire de cette
maladie. On fut entièrement tranquillisé sur la
présence aussi extraordinaire qu'inconvenante
du médecin G. . . ., en apprenant qu'il était
là en sa qualité de correspondant perpétuel de
M. D. . . .e, et pour servir également les in-
térêts de MM. D. . . ,x et D. . . .e, auxquels
il montra un tel dévouement, que sa maison de-
44
vint un centre de cabales si actives qu'elles se
prolongèrent bien avant dans la nuit, pendant
laquelle on travailla furieusement, et le tout
très-libéralement, comme on le pense bien,
puisque nul n'avait de droit à la députation,
suivant ce bureau d'esprit, que les trois fa-
voris.
On ne peut pas douter qu'après tant de mou-
vemens, de recherches et d'insomnies, on n'eût
tâché de compléter la statistique des conscien-
ces, à l'usage de MM. D e, D.....x et D....s.
Nous devons dire cependant que M. le médecin
G.... fut très-exposé, malgré la philantropie
d'un pareil travail, à d'énergiques remontrances
sur sa présence inconvenante au sein d'une réu-
nion intime d'Électeurs, qui pouvaient bien
voir en lui un indiscret tacticien qui tâchait
d'accaparer la faveur des trois oligarques,, pour
la députation, afin de s'assurer de leur protec-
tion, pour obtenir quelque inspection des eaux
minérales ou autre emploi à sa convenance.
Le public, moins passionné, vit avec peine
qu'un médecin aussi éclairé que M. G... ne mît
pas plus de noblesse et de mesure dans ses dé-
marches pour ses amis, en regrettant qu'un père
de famille intéressant, s'exposât ainsi aux traits
de ses rivaux et de ses ennemis.
45
MM. les candidats, auxquels l'entrée avait
été interdite d'abord, ainsi que nous l'avons dit
plus haut, furent enfin introduits dans la réu-
nion électorale, vers les neuf heures du soir.
Une circonstance dont on parle beaucoup, re-
lativement à cette introduction, est assez pi-
quante pour qu'on doive en dire un mot. Les
observateurs qui savaient que MM. D x
et *** étaient d'anciens voisins qui avaient eu
des relations, remarquèrent que ce dernier ne
se rapprocha pas du premier, quoiqu'il se louât,
disent ses amis, des rapports particuliers qu'il
avait eus avec lui. Il est certain que les propos
de quelques partisans inconsidérés de M. D...x
sur sa rivalité avec M. ***, blessèrent l'énergi-
que caractère de ce dernier, ce qui occasiona
de sa part des réponses violentes, auxquelles
M. D....x ne put être que très-sensible, de l'a-
veu même de ses partisans. Ce préliminaire était
indispensable pour éclaircir ce qui se passa à
leur première entrevue. M. D....x et M. *** se
rencontrèrent au passage qui conduisait à la
salle de réunion ; M. D....x, tendant la main à
M. ***, lui dit, avec une apparente émotion,
faut-il donc que deux anciens voisins ne doivent
qu'au hasard leur première rencontre?... M. ***
lui répondit, avec l'accent de la sensibilité, je
46
vous fais loyalement la guerre , sous le rapport
politique seulement, et en ma qualité d'élec-
teur; mais je m'aperçois que des brouillons ont
profilé de la différence de nos caractères pour
nous diviser. Les nombreux spectateurs de cette
scène virent disparaître ensuite subitement ces
deux éligibles , qui durent avoir une vive ex-
plication, si nous devons en juger par l'accent
passionné de M. ***, et par la manière dont ils
se traitèrent réciproquement dans cette réunion,
qui ne pouvait que leur faire sentir le besoin
de l'accord, s'ils ne voulaient pas nuire au parti
constitutionnel par leurs divisions.
Nous avons déjà fait sentir le défaut d'har-
monie et de plan, ce qui fut confirmé par une
des premières demandes faites relativement à
la formation de cette réunion, qui se trouvait
présidée par un très-estimable propriétaire. La
proposition de M. Féraut, qui dit que la liste
des candidats constitutionnels était incomplète,
par cela même que M. Fornier de Saint-Lary
n'y était pas compris, parut produire quelque
agitation, et contribua à changer la direction
des idées. Cette réunion, quoique bien incom-
plète, se composait d'hommes honorables très-
connus par leur notabilité, et elle donna pour
résultat positif l'importante, convention qu'on
47
dirigerait exclusivement les suffrages, après le
premier tour de scrutin, sur celui ou ceux qui
auraient le plus de voix après les députés nom-
més, et le tout conformément au nombre de
députés à nommer au second tour de scrutin.
Chacun se retira en conséquence, bien pénétré
du grand devoir à remplir à cet égard.
Il paraît que la réunion des ministériels aux
ultrà-royalistes contribua beaucoup à la grande
majorité que M. Fornier de Saint-Lary obtint
au premier tour de scrutin. M. D x n'eut
que le nombre de voix absolument nécessaire
pour sa nomination, ce' qui fit dire à quelques
esprits malins qu'il s'était nommé lui-même,
s'il s'était donné la voix.
Les candidats constitutionnels qui eurent le
plus de voix au premier tour de scrutin, après
les deux députés nommés, se trouvent classés
dans l'ordre suivant: MM. Dastugues, D....s,
***, Dauphole, Pinac, Dubernet, etc. Les cons-
titutionnels se retirèrent, en conséquence, avec
la conviction qu'ils devaient porter exclusive-
ment leurs voix le lendemain, sur M. Dastugues,
qui avait eu le plus de suffrages après les députés
nommés. Les candidats constitutionnels, eux-
mêmes, n'établirent aucun doute sur les droits
de M. Dastugues, tant avait été positive la con-

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.