Supplément au n°36 de la "Semaine catholique" du 30 octobre 1864. M. l'abbé Izac, ancien supérieur du petit séminaire... (Signé : M. Albouy.)

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impr. de Caillol et Bourbon (Toulouse). 1864. Izac. In-8° . Pièce.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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Supplément au n° 36 de la Semaine Catholique du 30 octobre 1864.
Ancien Supérieur du petit Séminaire, Chanoine
titulaire de la Métropole.
Mementote proepositorum réstrorum qui volis
locuti sont verbum Dei, quorum intuentes
exitum conversationis imitamini fidem.
Souvenez-vous de vos supérieurs qui vous
ont distribué l'enseignement de Dieu ; et en
voyant qu'elle fut la fin de leur vie , deve-
nez les imitateurs de leur foi. (Epit. aux
Hébreux, XIII-II.)
Nos lecteurs ont appris déjà , par noire feuille et par d'autres
organes de la publicité, la perte que vient de faire le diocèse de
Toulouse. Tous, sans doute ne sont pas en état d'en apprécier
l'étendue. Un jour, il y a seize ans. Châteanbriand venait de rendre
le dernier soupir, et l'un de nos poètes, entrant une heure après dans
une réunion de l'Académie française, dit cette parole, avec des larmes
dans les yeux : « Messieurs, notre maître est mort.» Aujourd'hui,
nous avons la douleur de venir dire la même parole à tous nos confrè-
res vénérés du diocèse do Toulouse. Elle suturait seule pour que nous
fussions compris de tous, et, si nous nous permettons d'y ajouter
quelque développement, ce n'est ni pour leur apprendre ce qu'ils
connaissent mieux que nous, ni pour nous donner comme les, dignes
interprètes de leurs sentiments mais seulement afin que leurs re-
grets ne demeurent pas plus longtemps sans un premier écho. Dieu
veuille faire exhaler de ces froides lignes quelque parfum d'édifica-
tion pour les autres âmes. Son pieux serviteur, qui sanctifia tant de
prêtres durant sa vie, est très digne de prêcher aux fidèles jusques
dans sa mort.
François-Marin-Zéphirin Izac naquit sur la paroisse de la Dalbade,
à Toulouse, le 30 décembre 1788. Ses parents, originaires du Quercy,
avaient, par des vertus patriarcales, mérité d'être bénis dans un
tel fils. On raconte que les habitants de leur quartier ayant demandé
la démolition de l'église et du couvent des Carmes, qui occupaient
alors l'espace formant aujourd'hui la place de ce nom , M. Izac père
refusa seul de signer cette pétition, par respect du passé et des véné-
rables monuments de l'antique foi toulousaine.
Il fut confié de bonne heure aux soins de MM. Pomarède, deux frères
prêtres, respectables épaves de la Révolution, très dignes d'ouvrir ce coeur
innocent aux premières inspirations de la vertu. Ici commença la
tendre amitié qui unit pour toujours son âme à celle non moins pure
d'un pieux condisciple, aujourd'hui doyen des desservants de ce
diocèse. Touchant commerce d'angéliques sentiments, qu'an orateur
de gracieuse mémoire, M. l'abbé Salvan . célébrait, naguère encore,
dans un charmant discours, au milieu d'une émouvante cérémonie,
le comparant à l'affection mutuelle de Jonathas et de David.
Le jeune Izac fut initié aux études classiques par M. Pujol, mort
doyen de notre Faculté des lettres, et qui dirigeait alors, à l'hô-
tel de Lévy , rue Ninau , une institution florissante. Cet habile
maître de latinité a donné lui-même deux dignes fils au sacerdoce.
Il lui appartenait à tous égards de former dans son élève ce goût pur
de la littérature antique, cet amour pour la forte et noble langue de
l'Eglise, qui devaient influer sur la vie tout entière* du futur restau-
rateur de l'Esquille.
Cet enfant de bénédiction fréquentait déjà l'établissement dont
nous parlons, lorsqu'il fut admis pour la première fois au banquet
eucharistique. Les rares témoins qui survivent encore n'ont pas oublié
la séraphique ferveur qu'il y apporta. Il suffirait d'ailleurs, pour la
présumer , d'avoir vu plus tard l'émotion si profonde qui le saisissait
dans l'oblation du redoutable sacrifice, sous les glaces de l'âge comme
dans l'extase de la première consécration ; il suffirait de savoir avec
quelle sollicitude il disposa lui-même de vivants tabernacles à la pre-
mière visite de Jésus-Hostie. Pour nous, en payant à sa mémoire ce
funèbre hommage, il nous est doux de ne point oublier que sa main
nous apprit la saveur ineffable du plus riche des dons de Dieu.
A vrai dire , il n'y eu! pas d'enfance dans cette vie. La sève chré-
tienne y développa une précoce maturité.
M. Izac, fier des succès classiques de son fils, le destina d'abord à
l'École polytechnique. La Providence, souveraine maitresse de ses
enfants , trompa cette paternelle ambition. Le pieux écolier se
passionnait déjà pour une plus noble milice; il demanda la soutane
avant d'avoir terminé ses humanités.
A cette époque, fleurissait dans notre ville , rue Saint-Remézi , un
collége dirigé par MM. Gary et Savy, saints ecclésiastiques dont le
dernier ceignit plus tard la mitre épiscopale. Toutes les familles
chrétiennes.les honoraient de leur confiance, parce qu'ils abritaient'
sous leur toit les principes sacrés que la France semblait avoir exilés
dans ces jours mauvais.
Notre jeune étudiant fréquenta comme externe les cours de cette
maison. Il y manifesta , dans les hautes études, une rare pénétration
et y remporta constamment les premières couronnes. A l'âge de dix-
sept ans, il y fut chargé de la première thèse publique de philosophie
qui ait été soutenue à Toulouse depuis la Révolution. La séance fut
des plus brillantes. Monseigneur Primat, alors archevêque, y prési-
dait. Ce prélat était bon juge. Doué lui-même d'une instruction peu
commune, il fut émerveillé du thésiste, de.la netteté de son exposi-
tion , de la puissance de ses répliques de sa facilité à manier la
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langue de Cicéron, et, en témoignage de sa satisfaction, il voulut
pourvoir aux frais de ses études théologiques, bien que la famille
n'eût pas besoin de ce secours.
II.
C'était en 1807 ; les frayeurs de l'Église de France n'étaient pas
encore toutes calmées. Notre grand Séminaire diocésain renaissait
alors lentement dans l'ancien hôtel Lanneluc, rue du Mai. Il fallut
bientôt dilater les tentes d'Israël; la communauté grandissante dut
chercher un asile plus propice dans un établissement qui est devenu
la propriété de M. le docteur Massabiau , au faubourg Saint-Cyprien,
jusqu'à ce qu'enfin elle put s'organiser plus régulière dans le vieux
collége de Périgord, où elle est encore aujourd'hui.
L'abbé Izac assistait à ce travail de formation dans lequel il ne
tardera pas à prendre sa part.
On sortait de la tourmente révolutionnaire. Les institutions catho-
liques avaient à peine commencé de relever péniblement leurs ruines.
Notre cité qui, vingt ans auparavant, était tout ombragée de clo-
chers et de monastères, comptait alors à peine quelques rares repré-
sentants du beau clergé français. L'exil avait dévoré ceux qui avaient
pu échapper à la hache du bourreau ; aussi l'unique ambition de ces
vénérables confesseurs de la foi était de repeupler le' sanctuaire.
Comme Esdras et Néhémie , après les jours de Babylone , ils s'effor-
çaient de rebâtir et le temple et la cité sainte et ses remparts. Us
comprenaient que le prêtre étant le sel de la terre et la lumière du
monde, toutes les oeuvres sont éminemment renfermées dans le re-
crutement du sacerdoce, comme tous les fruits sont contenus dans le
germe qui les produit. « Faire des prêtres, répétaient-ils sans cesse,
c'est l'oeuvre par excellence, c'est la plus grande preuve d'amour
envers l'Église de Jésus-Christ. » .
Cette parole profonde avait bien des fois retenti à l'oreille du jeune

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