Sur quelques formes irrégulières du strabisme / par M. Laqueur,...

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impr. de A. Vingtrinier (Lyon). 1870. 7 p. ; in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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SUR QUELQUES
FORMES IRRÉGULIÈRES DU STRABISME
-~*^ PAR M. LAQUEUE,
■- Doctenr.efc, médecine des Facultés de Berlin et de Paris.
* ■ ■-. •"•■'>' '*«
Parmi un très-grand nombre de strabiques que j'ai eu l'occa-
sion d'observer a la clinique de M. le docteur Liebreich de Paris
et ailleurs, il y en a eu plusieurs dont la symptomatologie offrait
des particularités fort rares et très-peu connues ; elles concer-
nent des anomalies de la périodicité, des défauts dans les mou-
vements associés, et des inégalités de l'angle de déviation primaire
et secondaire, c'est-a-dire presque tous les signes caractéristiques
du strabisme concomitant.
A — Intermittence régulière du strabisme convergent.
On sait depuis longtemps que le strabisme ordinaire ne se
maintient pas toujours au même degré. Déjà avant les travaux de
Donders qui ont établi la dépendance dans laquelle le strabisme
est de certains états de la réfraction, on connaissait beaucoup de
cas dans lesquels le strabisme ne se montrait que dans certaines
circonstances. Des recherches plus complètes ont démontré que
la déviation de l'oeil strabique et convergent augmente pendant la
fixation d'un objet rapproché et diminue ou disparaît même pen-
dant la fixation des objets éloignés ou pendant le regard distrait.
On sait même que la plupart des strabismes convergents se déve-
loppent de cette façon que le stade de la déviation permanente est
précédé d'un stade de déviation périodique, dans lequel la con-
vergence n'a lieu que pendant que le malade fait des efforts d'ac-
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commodalion. Il estavéré aussi que les émotions augmentent parfois
le degré de la convergence. Mais on n'a pas encore observé jus-
qu'ici, que je sache, une véritable intermittence du strabisme se
produisant avec la périodicité régulière d'une fièvre intermittente.
Un cas de ce genre s'est présenté cependant à mon observation.
UD jeune garçon de 10 ans présentait à son oeil gauche un véritable
strabisme intermittent. Depuis l'âge de 2 ans, il offre un jour une
convergence forte et permanente (de 3 1/2 a 4 lignes) et le lende-
main la position de ses axes optiques est normale, si ce n'est
dans le cas où il fixe un objet rapproché. Cette convergence
pendant la fixation n'existe, du reste, que depuis deux ans. Au-
paravant, il ne louchait pas du tout les jours intermédiaires. J'ai
pu constater pendant plusieurs mois consécutifs la régularité du
phénomène.
Le malade n'a jamais été atteint de fièvre intermittente; les
seules maladies qu'il ail eues sont une fluxion de poitrine et un
abcès des ganglions lymphatiques du côté gauche du cou. La
quinine et l'arsenic ont été employés à plusieurs reprises sans le
moindre succès. L'atropinisation prolongée des deux yeux resta
également infructueuse. Quant a l'état de la réfraction, on consta-
tait un léger astigmatisme, mais point d'hypermétropie. Il n'y a
pas de diplopie.
Devait-on faire l'opération du strabisme a ce malade ? En cor-
rigeant la convergence qui existe un jour sur deux, on risquait
évidemment d'amener une divergence aussi forte les jours inter-
médiaires ; aussi s'est-où abstenu de proposer la stràbotùmie. Je
crois cependant que dans ces cas-là l'opération est faisable a la
condition que les malades voient double, et qu'ils aiéftl une grande
tendance à fusionner les doubles imagés Si cela avait eu lieu chez
notre malade, on aurait pu pratiquer une ténotomie qui aurait cor-
rigé la moitié de sa déviation. Il serait donc resté une conver-
gence d'une 1/2 lig. les jours où illouchaït, et une divergence aussi
forte les jours iritertiiédiairés. Or, l'expérience a montré que dés
déviations de ce léger degré peuvent être surnfontée's par dès
mouvements volontaires ou instinctifs exécutés par le malade
qui à horreur des doubles images et qui tâche de s'en débar-
rasser.

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