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T'en va pas Charlie

De
270 pages
Il y a cinq ans de cela, Charles Fortin était de ces hommes bienheureux à qui tout sourit, tant personnellement que professionnellement. Puis vint le chaos. Bêtement. Comme ça. A cause d’un chauffeur ivre qui envoya toute son existence dans le décor, qui lui prit sa femme et sa fille. Un drame qui le laissa exsangue et qui provoqua sa chute irrémédiable… jusqu’à ce présent dans la rue, sous le mépris des autres, cerné de solitude, puis en errance sur les terres provençales. Flanqué d’un chien qui ne le quitte plus d’une semelle, le sans-logis échoue ainsi dans un cabanon isolé, non loin de Chanteloup, sis dans un paysage quasi édénique pour celui qui ne connaît plus que la déréliction. Un endroit où commencer à se reconstruire peut-être, un toit de fortune sous lequel réapprendre la dignité et reprendre des forces pour affronter cette mauvaiseté qui pullule parmi les hommes… Notamment à travers ce mari acariâtre et père et terrifiant, Michel, qui habite non loin de son abri, au mas de la Talène. La misère est-elle véritablement moins pénible au soleil comme le dit la chanson? L'indolence des cieux apaise-t-il vraiment les cœurs? Tait-il jusqu'à la révolte que l'on peut éprouver quand on voit l'innocence souffrir? Loin de là et Charles, le déshérité, le veuf, le sans-enfant, ne se contentera d'une joie de vivre retrouvée grâce à ceux qui le prendront sous leurs ailes, mais s'opposera aussi à la perpétuation des coups et de la violence là où il décide de s'enraciner, en décidant de protéger le jeune Louis. "T'en va pas Charlie", ou un récit qui, tout en mettant en scène une reconquête de la dignité par les amitiés inattendues, énonce aussi une émouvante et sensible défense de l'enfance.
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IDDN.FR.010.0114441.000.R.P.2009.030.40000
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Parce quil faudra bien quun jour cessent la peine et la douleur, Et reviennent enfin « les lendemains qui chantent. »
A mon Heidi, mon âme sur.
Lenfant demanda de sa voix fluette :  Sil te plaît, dis-moi pourquoi je tombe et pourquoi jai si mal ? LAnge replia ses ailes, posa sa main sur le front délicat et répondit : Pour mieux te relever et grandir mon petit.
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Un peu canaille, le minuscule caillou parasite était entré insidieusement dans la chaussure de cuir usé, à la manière du bernard-lermite. La gêne se faisait plus intense et la douleur était proche. Le marcheur solitaire secoua sa jambe comme pour en chasser une guêpe guerrière, en vain. Le caillou tenait bon. Agacé, Charles Fortin décida de faire une halte pour soulager son pied meurtri. Il mar-chait depuis plusieurs heures déjà sur la route qui menait à Vaison-la-Romaine. Il avait vu le soleil se lever et embra-ser lhorizon. Puis la lumière sétait diluée conservant une pâleur dhiver malgré son désir dapporter le printemps. La circulation, même en cette heure matinale, était dense et y cheminer représentait un véritable danger. Les poids lourds, nombreux, avaient contraint Charles à quitter le bord asphalté pour se réfugier de lautre côté du fossé qui longeait la route. Il entra dans la ville par une longue rue déserte, anonyme et sans attrait, aux trottoirs plantés de jeunes arbres frémissant sous le vent. Il sassit sur un banc, installé sous un platane en bordure dun grand parking. Déjà en ce début du mois de mars, les autocars bondés, venus de toute lEurope, avaient pris dassaut lantique cité. Ce va-et-vient bruyant lagressa. Il fit néanmoins un effort pour demeurer en place, se disant que malgré tout, tous ces touristes fatigués nétaient pas responsables de ses états dâme. Dailleurs, son âme, que valait-elle ? Un soleil courageux mettait à présent toutes ses forces pour adoucir latmosphère, poussant ses rayons encore faibles au travers des branches dénudées, mais sur lesquel-les les bourgeons impatients craquaient de désir. Lhomme dérouilla son cou en tournant la tête de haut en bas, passa
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