Table alphabétique des dictionnaires , en toutes sortes de langues & sur toutes sortes de sciences & d'arts [par Durey de Noinville]

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Hérissant (Paris). 1758. IV-90 p. ; in-8.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1758
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DISSERTATION
LÉS BIBLIOTHEQUES,
TABLE ALPHABETIQUE
D ES
DICTIONNAIRES,
T A BLE
ALPHABETIQUE
DES
DICTIONNAIRES,
En toutes fortes de Langues & fur toutes
fortes de Sciences & d'Arts.
PARIS.
M. DCC. LVIII.
Avec Approbation & Privilége. du Roi.
AVIS DES LIBRAIRES.
L'Ut i l i t i des Diélionnaires eft
Lconnue depuis long-temps, mais
ils font aujourd'hui plus à la mode
que jamais on les regarde comme
une voie abrégée pour devenir fça-
vant en peu de tems Ôc à peu-de frais.
Nous avons des Dictionnaires en
toutes les Langues, en toutes fortes
de matières Dictionnaires Théo-
logiques, Hifloriques, Géographi-
ques, Militaires, Poëtiques, Dra-
matiques, Tconologiques &c»
Nous en avons des mots & des
exprefllons de toutes les Langues
connues. Nous avons conçu qu'une
Table alphabétique de tous ces Dic-
tionnaires pourroit être d'un très-
grand fecours & quoique nous
n'ignorions pas qu'on en pourra
ajouter beaucoup d'autres à celle
que nous préfentons, nous n'avons
pas cru devoir priver le Public de
ce premier efiai dans lequel on trou.
iv
vera du moins une airez ample no-
tice des différentes éditions de tous
ceux qui en font l'objet. Elle .eft
le fruit du loifir d'un Homme de
Lettres qui a bien voulu nous la
remettre dans l'état où elle eft en
attendant plufieurs autres Ouvra-
ges qu'il fe propofe de donner in-
ceflamment fur des matières beau-
coup plus intéreffantes.
Monfieur l'Abbé Bellet, Secré-
taire'de l'Académie des Belles-Let-
tres de Montauban a bien voulu
auîfi nous faire part de fa fçavante
Differtation fur les Di&ionnaires
qu'il a lue- à l'Affemblée publique
de cette Académie le jour de faint
Louis 17 54, & dont on a vu l'Ex-
trait dans le Mercure de France au
mois de Mars 17? 5 nous la don-
nons ici en entier; & c'eft un pré-
Cent dont nous pènfons que le Pu-
blic nous fçaura gré.
QUESTION
E R R A T J.
Fautes 4 corriger dans la Dîjfertation /il'.
les Bibliothegttcr,
Pag. 7. ligne 8. Chumbre des Comptes^ lifte
Chambre des Comptes.
rag. 11. lig. dern iere, par M. de V. life^ par M.
de N. de Noinville Maître des Requêtes.
Pag. zx. lig. 3. fous nom, life^ fous le nom.
Pag. il. lig. 1 }. 17 j 1. lifçi 163 t.
Fag. t. lig. 13. Perau, liJez Perrault.
Pag. if. lig, 18, Arnaud, lifet Armand.
fag. j8. lig. 19. ajoûtez a la marge 17t8.
Dans la Table Alphabétique d<*
Pag. 11. lig. 4. doigts lifer dit.
Pag. 12. lig. dernière, ajoute^ (c )
fag. 17. hg. pénultième ne m'tmpefcheroit i
ajoute^ pas.
Pag. xo. lig. 1 1 au lieu de mttie[ (a).
Pag. 11. lig. 14. empoyer, lifii employer.
Ibid, lig, xj. cornlparerois,/i/^compareroi?.
A
Q U EST I ON
Sur les DiRionnairit*
DBpuis quelques années nul genre d'ou-
vrage ne s'eft autant rnultiplié que le§
Dictionnaires. On en a compofé non-
feulement pour apprendre toutes Its Lan-
gues. mais pour entrer dans toutes, les1
Sciences & pour s'inftruire de tous les Arts.
La Fable, l'Hiftoïre l'Ecriture fainre, la
Géographie les Cas de confcience tes
Mathématiques la Jurifjprudertce la.
Guerre FCEconomie le Commerce la
Médecine la Mufique-, la Chaire, quç
fçais-jeî les Alimens les Proverbes ,&ç.
tout a fon Dictionnaire. Je n'en excepte
pas même une matière que Dérhofthène ju-
geoitpeu digne d'occuper long temps des
hommes ra-lonnables je veux dire, ce
qu'on appelle Nouvelles, (ci),D'un goût en-
core au(ïï vif & auai décidé fur ce point,
que le furent au rapport de Cîfar (b) les
anciens Habitans des Gaules nous avons
(a) Nos Nauvellijles c'eft-à-dire nos plus grartds
îous. Trad. de M. de
\j>) De BîU. GaU,L..IVyç.,j.
2 Qutfîion
donné aux l'occauon des
dernières guerres, Ici DiSionnaire du temps.
Ofl~ vient de publjw le Di&ionnaire des
Poftes & celui des Théâtres. On en a
annoncé un autre pour les Finances/Enfin
nous avons vu éclore les premiers Vo-
lumes d'un Dictionnaire fait, ce femble,
pour engloutir tous les autres. Ç'e(t auflî
ouvrage d'une Société 4e Gens de Lettres
qui vont moiffonner dans tous les champs
pour former le cercle univerfèl de toutes les;
Sc'tetfcet de tous les Arts & de tous les
Métiers; qui prétendent en fuivant les
vues du Chancelier Bacon, & en profit
tant du plan de Chambers, composer un
arbre feientifique dont chaque branche pré.
fehtera quelqu'une des connoifTances de
TeCprit hurnain. Nous Souhaitons que le
Public éclairé' puiffe applaudir' fans ref-
tria:ion à un travail qu'on nous a annon-
ce finon comme abfolument nécelfaire
du moins comme infiniment utile au pro-
grès des Lettres,
Aajourd'hui donc,plus que jamais, il feroit
vrai de dire qu'on pçurroit faire unD'iciion-
noire des noms de tous Us qui
exigent (a) Cette propofition qu'on accusa
fa.qs doute d'exagération & d'Hyperbole,
(«) Voyçz lp Mère. de Fr. Nov. 174*.
fur
A ij
quand elle fut avancée pouf la prdmi6ne
fois a acquis en peu de temps tant de4egré«
de probabilité que nous fomtnes prefqû'en
droit de la placer déformais parmi las vA*
tirés de fait que l'expérience rend incon-
Cela fuppofe que la fortune des Dic-
tionnaires eftaflêz brillante. Il nteft point en
effet de bibliothéqüe ci% ils n'occupent une
place confidérable. Cpmbien de Particu-
fiers dont ils font même, pour ainli dire,
l'unique bibliothèque Ce font les' feuls
oracles qu'ils confièrent dans leurs doutes
ce font les fauls Maîtres qu'ils reçonnoif-
fent dans chaque genre.
La voix publique n'eft pourtant pas ri
unanime en faveur des Dictionnaires. On
a férieufemem demandé sUlrjft muUiplitnt
aujourd'hui four le progris eu pour la ruine
des Lettres? Peut- erre, felon l'ufage établi
parmi les hommes chacun ne fuit-il que
fon goût particulier ou Ces préjugés en
répondant à certe qutftion. Dels^ fans doute
ces extrémités oppofées où aonnenr' égale-
ment les Partifans & les Ennemis des Die-
tionnaires. Qu'il me foit psrmis d?exaniir
ner fi un jufte milieu ne leroit pas fur ce
point la place de la vérité. ]&>ttS/Çpn-
noîtrons le prix des
cutant & la glôire qu'ils font en àiat de
9 'Queliitit
procurer à leurs Auteurs, 6c lès avanta-
ges que les Lecteurs peuvent en retirer.
En me voyant traiter cette Que(lion
on Ce' rappellera vrai-femblablemenr' celles
qui ont été élevées depuis peu ou fur
l'utilité des Sciencer & des Arts ou fur
lâ multiplicité des ouvrages en tout genre,
ou fur legrand nombre des Académies (a).
.Il doit paroicre fingulier qu'à tous ces
égards nous craignions d'être appauvri&
par nos propres richefles. Mais le doute
qui, ferait injufie, s'il était réel, par rap-
port à quelqu'un de ces objets eft cer-
tainement bien fondé par rapport aux Dic-
tionnaires.
Rien de plus raisonnable que d'apprécier
un ouvrage par les qualités qu'il fuppofe
néceiïai rement dans ion Auteur. Il eft na-
turel que les effets fe reffentenr. de la no-
bleffe de leur càufe & qu'un Ecrit foit jugé
-plus ou moins digne de l'eftime du Public,
.fuivantl'efpèce de mérite qui Ta enfanté.
Sur ce principe inconteftable il n'eu: pas
poffible d'accorder ce femble aux
Auteurs des Dictionnaires un rang bien
diflingué dans la Littérature. Ce n'eft pas
.que je leur difputé les qualités du coeur
(j) Sujets propofés par l'Acad. de Dijon 17 sa.
par l'Acad. de Pau en 17; j & par l'Acad. de
Montauban en 1774.
fur les f
A iij
qui peuvent les rendre aimables. Je tup-
pofe volontiers que dans leur travail ils
n'ont aucune vuë d'intérêt & qu'ils ne Ce
propoCent que d'applanir en faveur de tout
'le monde les routes difficiles du ravoir.
Mais fi c'efl au coeur à nous diriger dans
le choix du fujet c'eft à l'efprit c'eft au
génie à nous foatenir dans la manière de
le traiter. 11 n'eft pas rare qu'avec les meil-
Jeures intentions du monde on faflè un
très-mauvais ouvrage. Il s'agit donc ici
de mesurer la portion d'efprir que de-
mande en rigueur la compofition d'un
Dictionnaire. Ce n'eft point d'abord une
production du génie. L'imagination n'y
exerce à proprement parler aucune de:
fes fonctions.
L'Ecrivain qui s'occupe de ce travail, eft
di/penfé d'y rien mettre de fon propre fonds.
Réduit au fervile emploi de Copiée, il ne
penfe point de lui-même, il raconte feule-
ment ce que les autres ont dit ou pente:
ion ouvrage n'eft qu'un Recueil un Regif-
trt un Magafin ou d'actions ou de pen-
fées étrangeres. Vous reconnoiffèz dans
ces expreflioiis de Labruyere le caractère de
ces efprits qu'il appelle
ternes. On peut dire abfolumen: de la com-
pofition des Dictionnaires ce que cet Au-
teur judicieux n'a dit delà Critique qu'avec
'A Qùï/ttbn
reArictiôn que c'jft un métier cù il fAut
̃plus de fente que etéjprit plus de travail
que de capacité, flttS que dt
génie. Encore un codp fi de laborieux
Gompitareurs rttéritent quelque reconnoif-
(antfe de notre part. il n'eft pas décidé
que leurs tatehs aient toujours droit de nous
idfpirer une vénération bien profonde. (a)
Je fçais que nous avons un DitHon-
mire critique qui aux yeux de certains
le&eurS e(t un chef-d'œuvre d'érudition
Se de goût Mais eG.il bien vrai qu'il ait
de quoi juftifier une prévention fi favo-
rable Nous ne voulons pas nous pré-4
valoir du jugement qu'en porta d'abord
un Scavantdu premier ordre: jugement dont
Bayle même femble n'avoir pas ofè ap-
peller. (b) On lui reprocha de n'avoir IA
Us Anciens que Jans les eitatuns des M&>
déniés, & de faire en foré plus de faute*
qui ceux dont il tflayoh de relever les mi'
pifes. On a récemment démontré ces deux
vérités dans dos remarques qui ont attiré
ïw leur Auteur(r) les regards & lés bienfaits
du Prince. Nous ne ditôns pas non .plus
•̃- ̃'̃cl-
(a) Scaliger les appelloit les Portefaix de la Uu
térature.
(i) L'Ab. Rètiitidôt.
(4 Aëihàrqdes ttitîqtié^ Tiir le Diftion. de Barré.
par.MiJ'AbbéJoV.
fur les D'iUhnna'ires..
A iv
que le Dictionnaire donj il s'agit a tnoinS
d'articles véritablement inftru&ifs bu in-
téreflans qu'il n'en à d'obfcènfcs ou de
fuperflus qu'il femble avoir été compote
pour éblouir dés Le&earsfuperficièls, plu-
tôt que pour éclairer des Lecteurs raifort-
nables que s'il fait les délices d'un ccéùfc
corrompu, il h'infpire que de l'indignation
& du dégoût à un erprit droit Se folidei
& qu'enfin un Pyrrhonifme uhiverfcT y
afflige y déconcerte la raifon au.lieu dé
1'inftriiife & de la fortifier. Je m'en tap**
porte volontiers aux aveux faits doute
forcés de celui qui nous l'a dorme. Il con>-
vient (a) que dans cet ouvrage il ne fournit
aux Sçavans que des indhtjlés
& affet èmes.ll tombe d'accord qu'il ni.
fait que compiler bbiintifitnt & à VÂllè-
Mande te font Ces termes, ? que fon Livre
n'èft'qu'tm vrdi voyage dèCtràvâhrtt, oA
l'on fait iUngi ou
lier ua Wtbtè fruitier où uHe pn^Me. Il
eft vrai que Baylé Véxpliquoit airifi vis-à-
vis du rcâoùtablè béfttéaùx;m£(isj(îpiefi"x
fuis pas moins aûtorifé à conclure que fôn
Bichonnai ne mérite pas tous les éloges
que fes admirateurs ldi prodiguent. Cet
ouvrage n'eft point marqué au coin des
talens qu'il avoit reçus de la Nature. Ce
(a) Lettre 117,
v
n'en: point en lui le fruit du génie & en«
.cote rr.oins celui du goût. En n'y étalant
qu'une foule de citations Couvent mépri-
iables il n'y parole lui-même qu'un hom«
me' devenu tour-à-tour le jouet de rous
Jes f y (ternes fans avoir jamais eu la force
ou le courage d'en adopter aucun.
Comme le choix der penjéei eft une forte
i'wvention,(a)\in raifeur de PiéUonnaire qui
Je- ^décharge du foin pénible mais hono-
jable d'imaginer » a coutume de choifir
mal. Il déterpiine ̃plutôt à rapporter beau;.
cdup de ebojet que à 'excellentes cbofcs.W
fbnge à donner des preuves d'une vafte
JLefture ,&̃ -il néglige d'en donner de
Son. goût & de.fôn difeernement. Il n'a
.garde, de- s'appliquer, ce que difoit un de
.nos grands Poçtes-} que la bonté £ un ou.
ne fe mtfure point à fa grojjeur &
.qu'au contraire fuivant le Poète Calli-r
.'maque., un grand Livre n'efi [ouvent qu'il»
grand mal. Il s'excepte hardiment de la
peut trop s'étendre fous (es pas. Il' craint
me un bon Âj&eur (c) craint de n'avoir pai
h Joifir d'êrre «««tDelà ce tas d'inutilit^
\b] Rouffeati Prtf.de Ces (Euv.
fur les DiBionnaires. 9
dans certain Dictionnaire qu'on a long-
temps, mais mal à- propos attribué à une
fociété fçavante & religieufe qui l'a plu-
fieurs'fois & hautement défavoué. (a)Tantôt
on y rappelle, on y conferve des termes
qu'une tangue au(11 fage que la nôtre,
auroïc intérêt d'oublier & de perdre. Tan-
tôt on y multiplie, fans fçavoir pourquoi,
des citations révoltantes. C'eft fans doute
à la dcmangeaifon de copier & de tranf
crire qu'il faut attribuer ce qu'on y lit
par exemple fous le mot Peres. On a
beau nous avertir que les phrafes qu'on
y raffemble indécemment font tirées de
Sea!iger & de S. Evremont. Cet étalage
eft d'autant moins judicieux, pour ne rien
dire ici de plus foret, qu'il femble fait
pour contredire la définition à laquelle il
devroit fèrvir de témoignage & de preqve.
Il eft au moins certain que ces citations
ne contiennent que des jugemens non-
feulement bazardes mais abfolumenc
faux & je me chargerois de le démon-
trer dans le plus grand déruil>fi les grands
Hommes donc on y attaque la réputation
& le mérite, pouvorenc avoir befoin de
pion Apologie. ̃
On a dit que l'Art confiée quelquefois
(a) Voyez les Mém. de Trev. Avril 1704, Mars
170;, Novembr. 17;$.
to Otttfiïon
à cacher fon art. Ce n'eft pas l'éloge que
fonce à mériter l'Auteur d'un Dictionnaire.
1l iemble faire profefüon de bannir tou-
te forte d'art de fa composition* dc de fon
ou vrage.Tou jours uniforme dans fes tours &
d3ns
de Monotonie qui forme fon caractère. Il
fe difpenfe de lier les matières ou les
faits par des transitions délicates. Il lui
faffit de coudte pour ainfi dire, bout à
bout ce qu'il a remarque dans le cours de
fes levures. C'eft qu'il ne penfe point à tra.
cer des portraits vivans & finis: il ne veut
que rauembler quelques linéamens grof-
fiers & fans ame fous fa plume tout de-
vient fec & aride. Ses defcriptioris fes
récits n'ont pas pour m'exprimer avec
un Ancien, ja) cette forte d'embonpoint qui
niet une v titable reffemblance entre un
beau corps & un beau difcours.Som ouvrage
n'eü qu'un fquelette décharné où l'ôii
peur compter les offemens les nerfs Si
les artères qui le cornpofenr.
Le travail de l'Auteur d'un Diaiol1-
iiaire n'eft donc, à proprement parler
(a) O ratio auttm Jtcut corpus hotninïs tell 4t*
mim pulchra efl, in qui Tion eminent vena, nec
ojja numerantur jed tempcratus ac bonus fan-
guis impht membra &c* de caaf. cdrmpt. Ek>q.
»pud Tacir.
fur les D'iBionnmrtt. 11 1
qu'un travail méchanique, ou pour m'ex-
primer avec un homme d'efprit que le
travail d'un Cofifte à gagel. Le modefte
M. du Cange doigts que pour faite fon
gloflaire il ne lui avoit fallu que det
yeux & des doigts. En un mor l'Auteur
d'un Dictionnaire n'a point l'honneur de
l'invention dans ce qu'il dit, & il ne Congé
gueres à mettre les graces du ftyle dans
la manière dont il le dit.
Je croirai aflèz volontiers qu'un bon
Vocabulaire eft la feule efpéce de Diction-
naire dont la compofition exige un mérite
plus réel & plus rare. Comme aux yeux
.du préjugé cette propofition pourroit avoir
l'air d'un Paradoxe, je me hâte de la juf
tifier.
Pour compact un excellent recueil de
tous les mots 't'une Langue, non feule-
ment il eh faut faire tin dénombrement
exaft mais oh' doit de plus en diftinguer
lès différentes lignifications & en mar-
quer les divers emplois. Ot on né fçaurott
réuffir dans ces deux dernières opérations,
fi l'on ne connoît à fond le génie de la
Langue ft l'on ne po(léde une fotte de
Métapbjfyue (a) naturelle tnàtifubïtlt qui
en a didé les régies. On a befoiu d'une
juftelTe &.d'une précifion infinies pour af-
(a) Fontenelle.
>i Qtiefl'ton
figner la valeur de tous les termes, pour
fixer les nuances plus ou moins fortes qu'ils
acquierent par leurs' différentes fîtuations,
pour préfenter les véritables idéesque l'ufa-
ge y attache en divers cas fans qu'on fe
aifle jamais tromper par les reflemblan-
vces qui donnent lieu de les confondre. Quel
difeémement quelle dclicateflè ne demande
point ce genre de travail L'Auteur d'un
Pocrne prefque digne de Virgile {a) avoit
commencé un Dictionnaire Latin deftiné
à effacer tous les autres. Nous lui avons
entendu dire qu'il ;ne ,Ce propofoit pas
moins que de faire fentir fous chaque
mot François la fignirication précife &.
l'ufage particulier de ce grand nombre de
mots Latins que le commun des Le&eùrs
regarde comme de parfaits fynonimes.
Un tel deflein fuppofoit en lui autant de
finelïb de goût que de lecture. Pour conti.
jii^er fon ouvrage en entrant dans Ces
vuës on avoit befoin de l'homme d'es-
prit (b) qui s'en eft chargé, ,&dont les talens
font âtteftes par une foule de Lauriers
Académiques. ̃ -x
Voilà encore ce qui a fait avancer que
le DiBionnaire d'une langue vivante de*
{a) Le P. Vanieres.
(b) Le P. Lombard. :̃
(f) Préface du Dift, de 1'Acad.Er. • ••
fur les Difliottnairef. ij
,mande d'être compofé par uiro Compagnie,
Il exige une. multitude & une variété du
connoijjances qu'il efl comme impoflible de
trouver rajjembléei dans une même j>er~
fonne. AuÇR l'Académie Françoife s'eft-elle
long-temps occupée de cet unique ouvrage.
Tandis que le Vulgaire toujours foupçon-
neux & malin l'aceufoit de ne penfer à
rien d'utile pour les Lettres elle faifoit
toutes les recherches néceflàires pour Ce
mettre en état de connoître les mots qui
compofent notre Langue. Elle confultoic j
fans ce(fe les Poëtes les Orateurs & les
autres Ecrivains célèbres qu'elle a fuccef-
fivement renfermés dans fon fein, & c'eft
en publiant leurs différentes dédiions
qu'elle nous a fait un présent digne d'elle.
Son Dictionnaire, plus que tout autre, par
des définitions exactes ce précifes rend
fenfible l'énergie des termes François en
marque lé véritable ufage & diftingue
foi^neufêment les différens ftyles auxquels
ils appartiennent.
-Je n'ignore pas que quelques Amateurs
des gros Volumes ne le trouvent point
aflfez étendu; Mais c'eft peut être ce qui
devroit le tendre plus précieux. On n'y a
point voulu faire entrer ce que d'autres
Livres peuvent fournir on s'y eft borné
à l'ufagg présent: on n'y a prétendu parler
14 Quefrion ̃
qu.aux gens fages & raifonnables } c eft-à*
1 dire qu'on a fait profcflion d'en exclure
les termes d'Art & de Science, ceux qui
font furannés & ceux que'dictent des
pallions qui dégradent l'homme poli &
l'honnête homme, On n'y a d'ailleurs
donne aucune place à, ce qui peut être
douteux & incertain, ou inutile & fuper-
flu. De tels retranchemens ont fans doute
diminué le nombre des articles en aug-
mentant le mérite de ceux qui ont été
A p rcs tout qu'eftree qu'un bon Vocabu-
laire?Eft-cefuivant fexpreffion d'un Acadé-;
micien capable d'en donner un lui- même(4),
eft-ce un amas général & monfirueux de
tous les mots, fait du bon fo'n du mnnvais
ufai* foit anciens foit nouveaux) N'eft-ce
pas plutôt un recueil qui renferme les vé-
ritables richeffès de la Langue Mais la
richejje des Langues, > difoit le P. ,Bouhours,
ne eonftfie pas f récif ément dans la mnlti-
tude des mots. Si cela étoit, il faudroic
dire que les Langues s'cnrichijjent à nre-
Jure qu'elleife corrompent. Le nombre des
locutions augmente par Io pou deftw qu'ont
apporte à eboifir les termes propres & uji~
tés y & par Ils liberté qu'on fe donne de
(a) L'AbW Girard Ptff. des Sinon. Er,
fur les DiEliotitiairet. if
dire tout ces qu'on veut fans avoir égard
à l'ufage, ni au génie de la Langue. Ceft
ainfi que la Langue Latine parut faire
de nouvelles acquifitions après le fiécle
d'Augufte. Vabondance n'eft donc pas tou-
jours la marque de la perfeftion des Lan-
gues. Nous avons droit d'en dire autant
d'un Vocahulaire. Celui de l'Académie
Françoife nous préfente des richeffes d'au-,
tant plus réelles qu'on n'y voit aucune
trace des défauts que notre Langue avoit
contractés dansla bouche du Peuple & des
courttjans rgnorans DU, 'peu exaSîs. On n'tft
pas moins riche, ajouté le P. Bouhours
avoir toutjon bien en et
n'eft pas 'une marque d'indigence que de s'être
détait d'une infinité de chofes inutiles &em-
barrajfantes.
Revenons aux Dictionnaires en général."
Ceux qui les lifent peuvent -ils en retirer
plus de fruit qu'il n'en revient de gloire
a ceux qui les ontcpmpofés.
11 il. faut diRinguer ici deux fortes de Lec.
teurs. Les ws font Superficiels les autres
approfondirent tout. Delà uq double effet
que doivent ptoduire les Dictionnaires. Ils.
font un écueil pour fignQrance & pour la pa-
re(le;lls ne font de quelque fecours que pour
ceux qui aiment véritablement le travail. Ja
tenvetfe peut.-être les idées communes
i<> Quelîion
mais je ne cils rien qui ne toit tacile à
démontrer.
r Il n'eG: pas (urprenant que le commun
des Lecteurs fe biffe prévenir en faveur
des Dictionnaires. Ils promettent les inf-
tructions les plus' détaillées, & ils ne les.
mettent point à un trop haut prix; c'eft-,
à.dire, qu'ils n'impofent aucune recherche
pénible; qu'ils prefcrivent une route uni-
que, qui n'exige ni talent ni difpofitions
pour être fuivie. A les en croire, ils nous
introduifent dès les premiers pas dans-
le Sanctuaire du fçavoir ils nous met-
tent en main & dans un inftant des ri-
chenes que nous ne pourrions rairu/fèr.
nous-mêmes .qu'à ta longue & par un tra-
vail de plufieurs années. Ces offres ces
Lfacilités font féduifantes j'en conviens.
L'amour-propre qui fàifît touiours avide-
ment ce qui lui afTure la liberté, s'y livre
de la meilleure foi du monde. Mais, qu'il
eft groflîérement trompé dans les efpéran-
ces Quiconque s'en rapporte uniquement
à fon Difttonnaire s'expose à :prendre fou-
vent l'erreur pour la vérité. On àuroit de la
peine à imaginer jufqu'à quel.pûMft ils
font tous plus ou moins fautifs. Tantôt
les définitions font peu exactes tantôr les
dattes font faufles. Ici les faits font alté-
rés, là les noms mêmes font déduites:,
défigurés,
if
fi
défigurés, & ceflèht d'être reçoDtioiHàblei,
J'en pqurrois lier temples frâjipahs
tirés d'un Diftiorinâite quroh a récemméns
donn&àu Public^ (à) Et pôurroit-jl • "endetté j à
autrement ? Celui qui travaille en ce
écrit la.plûpart dute&psfur lé rajipôrt'c^Mi-'
trui. Il, n a pas le foifîr de cbhfultèr fut
chaque article les Autéilrs originaux dé
vôir tout par lui-même & de fes propret
de le faire i Combien di foit ailiîî.î^utf
Bayle l'a avoué en parlant de /ôh uic-
ou par pis
fd plumé de trahir fa vènfie f Ët.qtfdn
iië re'flatte pbîritîque les îditibnf i erl
fe rriultipliant
dîer au mal î Ilèft -décidé
fnoitiïdefaUtis'ûu'iÏH'ehï'otrigt. VtfW te<>
tëufn'cft'abpci^uèrës avancé Jc]àaiird'it
Diétiontiàfre dft uri mauvais garant de cé
qu'il croit TçaVpit le mieux. Uh'eft propre
(a) DiflT.Qe©jçé.
(c)-Je
au ,̃ fi j'enfle prév*
Bien lourdement. Diô. ciïù au. Bobylàs
cjùrà q»n?
lwi m* prétexte, de fe
&udc réguf
fo^4' les chofçs
(J ^l»W. fliïand
dW;fcr
eq ëffMjqup :Il!
Leftejic nç .s'y dflnj?
ainfi <j% f «
ciëltcs j de s'il ne va pas plus loin ion pré-
ne le mettra ,pa» ;.en étac
df de ré.
les d'un Çîci-
pti? îX & là, ils. (ont
f»r les DÎBlonnairès. tff
Bij
détachés dé ce qui précède & de ce qrtv
fuit dans les Auteurs qui les ont fWr«
nis. Mais ces morceaux jfolés, n'étant plus*
fi j'ofe parler ainfi atéc leurs Auteurs*
avec cet enferhble qùi étoit deftiné1
à leur ménager l'impreffion qu'ils de3
voient faire ou ils donnent dé fàuffe»
vues ,ou' ils n'en donnent aucune qol fo\p
bien nette & bien précife. fielà dette friWtf».
tranquillité que les Dictionnaires ltfiftop
dans l'anne de leurs Le&eufs. Delà
certitudes cancinuelles, cei doutes é^erfttti*i
ou ils Jettent communémeiw ceux Mkiidb
qui les confulteuci Ils ne
Se plus? on éft éclairé' «Wtt^'
tentde leiiis riponfes.
Pont fi caoTainâre
l'indigence c4 te trouvé
réduit 'un hcknme qui
exet»plâ(,
la main. Il
plcrtM &
ftytc & que ces tour:,
choix maniet»;,
de les placer. Tous ceux. qui puaûfatâ
W ^ôuâfilitt.
fitre Tynonîmes ne le 4'ont pas véritâbîtf-
njénc & la; plupart empruntent de leur
tftuiàtlon une lignification particulière. Il
n'y a que la lefture & l'utage qui pu if*
(je nous mettre au fait de tous ces myfteres.
Nous, avons là preuve & l'exemple de ce
que je. dis dans une phrafe ridicule, quoi-
que: toute compose dé mots François
que Boileauavoit imaginée pour démontrer
qu'il n'«ft pas poffible qu'on écrive bien
lui-même aucun cas
Rimti a pour ne con-
fult«>.dirpu-jr, que le DiSionnair» de la
fylfon. Maisyfî pour les comportions en
Profe 5c ea^Ycrs». tout nous oblige decbn»
venir de i'Jnfuffifârice de ces fortes d'où-
vràg^t pourroit-on Te flatter d'y
trouver tous les :.recours nécëlTaires pour
cçnnoîrrç & poaf approfondir les divers
objerç.des Sciences & des Arts u Malheur
à l'oifiveté qui' s'y arrê-
teot volontiers» Elles ne réufliront jamais
à.diffiper par ce moyen les ténèbres qui
Croira-t'on «aptes cela que les Diftîon^
'(<i) Sur 1» amaflinc de X'Atint.
comme fi je ne! fçavois pas que d«n$ \oiit.Chi
d6 :Pari. la Aine jpafle fous Je pont nouveau.
Je /jais tout celi Car l'extrémité du' doigt.
fur les
IL
?»!-̃
naires puilTent être de quelque utilité cour
les Sçavans' ou pour les perfonnes qui cher-
client férieufement à sjnftruire Ils doi-
vent être utiles fans doute à ceux qui s'en
fervent pour,,aller plus loin. Ils ne nuisent
qu'à celui dont ils bornent le travail &
les vuës. Dans le cours de fes études un
Littérateur a fouvent beloin tant8t de
précipiter fa marche tantôt de revenir
en quelque forte fur fes pas., pour recou-
vrer ce que le. temps enieve quelquefois
à la mémoire. On. ménage ,fon loifir
fon application & fes forces en lui in-
diquaat à mefure qu'il le fouhaite la
route qu'il peut fuivre, on en le, remet-
tant fur la voie. Or c'eil le fervice que
Ies Dictionnaires font en état de lui rien-
dre. Ils lui montrent ou ils lui rappellent j
peu-près les fources où il a déjà puiféj
ils l'y conduifent comme par la main;
& parce qu'il eft dans l'habitude louable
de ne pas les en croire pour ainri dire
fur leur parole il approfondi», il vérifie
toutes leurs citations. Cette' précaution
ajoute ordinairement beaucoup à l'éten-
1 due & à la certitude defes connoiflances.1
Dans les Auteurs auxquels on le renvoie,
il en découvre fouvent plus ou moins,
qu'on ne lui en difoit; & quelque profit
fpjt entièrement aerrain.
Ceci pourroit être rendu fenfible par
J'uûge que les Orateurs façrés & les Théo*
logiens font journellement d'un Didion-
naire dont il y a eu des Editions fans nom-
bre, & qui en connu foiis le nom de CV«-
çordiuncci dt la Bible, (a) Avec le fecours de
cet ouvrage on trouve à point nommé
dans l'Ecriture tous les Textes qu'on dé-
rire, & donc (¡'en: aflez qu'on an retenu
un feul mot. l\ eft aifé de comprendre
qu'entre les mains de.quelqu'un qui n'avoir
jarjwis lu les Livxes faints des paflfages
âinfi recueillis rifquera!ent d'être mal pris
ou mal;appiiqués. Mais on ne niera pas
fans doute qu'il ne. (bit très-commode pour
ceux mêmes qgj ont. étudie fond les
Ecrits des Prophètes & des Apôtres b d'avoit
iii| mpyen aufli abrégé qu'infaillible b
de trouver, fur Je. champ & fans embarras
le Chapitre & le Verfet qu'ils ont dçÇ*
Je comlparerois volpntiers un Diftion-
naire à la Table d'un Livre. Or une Table,
quelque bieir faire qu'on la fuppofe, ne dip
penfe pas de lire le Volume à la têre duquel
elle, eft placée. Elle n'eft deflinéc qu'à le ren-
ftlr let a'j
B iv
dre d'un ùfage plus facile& plus commode.
Allai émette utile à un Ecrivain laborieux,
qui, peut ne point perdre de temps teut
quelquefois qu'on lui indique au plus vite
la page ptétifte où il eft queftion de l'ob-
jet dont il cil actuellement occupé. Mais
cette Table ttrbit évidemment ah obftade
à la tormoiffance de la vériré pour *qui-
conque le contenterait dç cette indication
fuperficiellc & qui négligerait d'en pria*
fiter pbut s'induire à fond du fentimfhc
d'un Auteur $c des raifons foYiies fur lef-
quelles il s'appuye. Il enèftdernênie d'un
Diûiônnàirè, puifq'ué cè h'eft, encore un
coup qu'une forte de Table de ce q»e
fourrtifléHt divers Auteur fur là matière
qti'il tfmbrafle, rriais qu'il décohipbft, en
diftribaànt par ordre alphabétique toutes
de décider fi l'oh Peut dire avec juftifefc
que ttt DiRiottHaire: fis biUlttyntiiUkjoïà-
d'hui pàur la rUint ôA p6ur
Lèiitti. Ils eh doivent hAret la «Me dans
les Ledtïurs indolent
qu'ils les arrêtent péàr àinri dire, au
milieu de heut
mal à propos en deçà des bdrhes tjli'ils
devroiiHt franchir } qu'ils leui perfeaéèhi
que de plus amples tetherches font inutiles
*4 • Qjitjlion ̃
& qu ils les accoutument a s în' rapporter
il la parole d'un Auteur unique dont les.
instructions font communément impar-
faites, fi elles ne portent pas à faux. Mais
après tour,la fortune des Lettres dépend-elle
du commun des Lecteurs qui ont moins
recours aux Livres par le defir Sincère
d'augmenter leurs connoilTances, que par
lé befqin prelfant d'étourdir leur ennui &
4'amufer leur oilîveté ? L'avancement des
Sciences & dçs Arts eft l'ouvrage de ceux
qui les cultivent. Les Lettres font rede-
vables de leurs progrès & Ne leur gloire
aux productions des génies fupérisurs. Or
ceux-ci ne feront jamais tentés de s'en tenir
des. Dictionnaires. On peut donc, vis-à-
vis,' d'eux, les varier, les multiplier impu-
nément. Leurs vuës font trop grandes &
trop va(les, leur effbr^eft trop hardi & trop
élevé pour avoir à craindre que ces et-
pèces de compilations ne deviennent pour
eux un écueil où ils aillent imprudemment
fe brifer. Avides de cpnnoître & de pof.
ftder tout;, ils exigent, qu'on leur ouvre
tous les or de Pahtiquité. Ils aiment
a. parcourir ces régions immenfes dont eft
(jomppfé l'empire des Lettres, & qui font
peuplées d'Orateurs,, de Poètes d'Hifto*
rjens & de Philofophes. Ils veulent, touc
fur les DiSHormaîrej. il''
beaucoup-qu'ils ne dédaignent pas âbfolu:
lument les Dictionnaires. Ils les admet*
tent comme un fecours fubalterne com-
munément afforti aux talens & au carac-
tere de ceux qui les leur préfenterir. Mais
comme ils ne s'en biffent point impofer
par cette forte d'ouvrage leur ardeur à
marcher, dans la carrière de l'érudition,
n'en cft point rallentie & ils n'en font
pas moins chaque jour de nouveaux
efforts, pour arriver à la perfection qui
eft l'objet & le terme de leurs travaux.
Je ne dirai donc pas précisément qu'on
multiplie les Dictionnaires ni pour la ruine
ni pour le progrès des Lettres. Je-çràindrois
d'un côté de leur faire trop de tort &
de l'autre de leur faire trop d'honneur.
Je ne les crois pas capables de causée ja-
mais, ni en bien ni en mal une révolu-
tion, générale dans l'empire des Lettres..
Les Lecteurs dont ils entretiennent & fa-
tisfont la patefle, n'auroient pas pris la
peine de faire des recherches qui lcseuflênt
mis en état de n'avoir pas befoin de leur
fecours. Ainfi ils leur doivent au moins
ces vues fuperficiçlles, ces demies connoif-
fances qu'ils y ont acquifes & qui valent
bien peut-être un peu mieux qu'une igno-
rance totale. Ceux au contraire dont le s
Dictionnaires ne font quelquefois qu'abc
i6 Cueftkn fur tei biSionnuifes.
bréget te travail « foula^ec la mémoire,
n'auroicnt pas laiffé d'arriver fans eux à
ce haut dégré d'élévation ot\ leùr mérite
les a placés dans la littérature.* Quelques
épines de plus dam leur chemin n'âiirôiént
pas fenfiblement retardé leur cburfe. Quoi»
Qu'avec un peu plus de tetnps 6u dé tra-
vail, ils feroient égalettieht parvenus au
faîte de la gloire qui leur était réfetvée.
La véritable cadfe du triomphe ou de la
décadence du goût dans lès fiécles qui Ce
Suivent fans fe ttfletnbler c'cft la trempe
différente des efprits tln'ils produifent
c'eft le cflmftère pRr'ticuliet que ces ef-
prits ont reçu de la JMfttnre pour demeu-
rer au deflbus ou pour s'élever au-deiïds
drs inftruftiom qu'on leur donné c'eft
en un mot le grand ou le petit nombre
des Génies jfupériêurs que l'Etre fdptême
d'une main prodigue ou avare > juge à
propos de femer fui; la terre, pour y taire
accéder quand il lui plait la lumière
aux ténèbres ou les ténèbres à la lu-
mière.
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES
DICTIONNAIRES.
En toutes fortes de Langues fur toutes
fartes de Sciences & d'Arts.
AB. AC,
Dl&ionatium Abflruforum vocabulq.
rum à Roberro Conftantino collec-
> tum. Lugduni, if7J» ïn-4°.
De l'Académie Frànçoife. Paris Cài-
gnarcl 1 694. x. Vol. i
Le même. Paris, 17^8. a. Vol.
Le même. Paris, Caign^rd 1740,
1. Vol. itl'fol. •
̃ L'Apochéofe du Diûionnâire de
l'Académie & fon expulfipn de la Re.
gion ce 'Ici le (attribuée au Sieur Riçhelec)
La Haye, 1696. in-douze.
Réponfe à cette critique par Malle?
mant de Meflange. Puis Dallatd, \6^t
L'enterrement du Didionnaire de
i8 T<(b!e Atyhahêùçpt
l'Académie, ou réfutation de la Réponse
du Sieur Mallemant de Me(Tange. KS97.
in-douze.
ifithiopico Latinum ( Lexicon ) Jobi
Ludolphi. Franco- Furti, 1699. in-fol.
Agriculture ( Dictionnaire général des
Termes propres à l' ) par Louis Liger.
Paris,
––Dictionnaire d'Agriculture & de
jardinage, &c. Paris 1751.1. Vol. in-4°.
par M. C. D. chef de cuifine.
Des Aliment, vins & liqueurs Pâlis
Allemand. (Le Diftionnaire Orateur. )-
I. François Latin Allemand.
IL, Allemand François Latin.
III. Latin Allemand François.
Seconde Edit. Francfort 1 709 in-S°.
Allemand, de Rondeau, rey par Jean
Bilé
Allemand & François i»-$e>z«.. Fran-
çeis Allemand.
Allemand & Latin, & Latin & Alle;
mand Argent, ijpô".
Allemand François- Allemand & Alle-
mand François Diâionnairés des paffa-
gers par Frifch. Leipfic 1.7 j j.. »»-8°.
Allemand, François-Latin & Allemand
par Poméy. Cologne i733< *• VoH».
A L. A M. AN.
Di&ionarium Latino-Gîermariicunt1
Pmi Dafy podii, ij?7.
Allemand, Radletijs Difttonarium Gab-
licuniï& Icalicum. Lipfias, 171 1* j.Vol.
Allemand Sicotini Lexicon Germani-
cum. NorimbergtBi 1 69 ii in- 4? Vx.. Im-
périal.
Vz.. Latin 159 1.
Alphabet' Efçlavoh Grecy Litirt flrPow
lonois ;:ouvrage compofë de 4a. Planches
gravées par les foins du Moine Karion,1
1691. fans nom deUtù#i»*fol.
Alphabet» Linguarum Orientaliurh: &
aliarum Lingaarum i» 40 oblong,ifans
datte &. (ans nom de Lieu, ni d Impri-
meur.. •̃•;<; "̃̃'
Alphabctum (
ra^rîbu» 3 diffèrenùuih 6- Alphabetum )
Guilielmi-Portelli dUi^entiâ. Parifiis, i)rf<.
Amariez Lingua, Jobi.Ludolp hi. Franco-i
Afiatomique LatinrFrançols contc-^
nant l'expUcation des termes les plusioiîl*-
& les plus connus avec leurs définitions
là laUt
AN.
çxaâes.Pans.Tillard, 175}. 1. VoL irt-iu
--Le même., Paris 17 J4. 1V40.
̃» Le même Paris J754. wi-8°.
Anglois x, Latin & Grtc. Londres
Anglois Gloflcgraphia five Diûio-
naiium Anglias Lingue Etymologicum
Authore Tho-Blont. Londini, Tho Ncw^
comb, 1670. ttt-80.
–r- Etymoloptcon Lingue AtigMx Au-.
tort Siepnano ikinner, Londini T. Roy-
«oftj 167t.ia.foL
The New ^oW ùf Woris. Nonrs
verfale voicum Aiiglicanas Lingu» quaram
Eçymologi»: esplicatur cxvariisî Lthpnfs
per Êwardum Philippes,Editio quinta aufta;
ffeu
ba quae
na» çxplicaAtui
•– Riders Didionary; Id etë'» ^fb* iRts;
Lâtiham
4q l\
AN.
facra xA4am Iflip^ ié$j-
DiftiorçajEiuro minus Ariglico-Latft
nua>
Diiîb.ionar.ium An^ico-L^iinum & Lattno-
cgca Franc. Gouldman.
• A,
Diclionarium ttibus conftans partibua
Angike-
tacjnqm.
l«i » i»i; q»Q ^oicsi
b^bwœ
Tertia denic;g.«
Robrtt Lqndrei, Adajhi.Iâtp,
Fra nçois-Anglois p« Randle Cotgrajwv
i Table Alphabétique
AN.
.,̃ ̃ Ashort -Diftionary ou petit
Dictionnaire Angtois. François
& François- Anglois par Guy Miege.
*̃* Di&ionarium Anglico Germanico*
Gallicum,per Chriftianum L.udwig. Lipfiac,1
Thomas t ritscben iypfi.
Nomenclator Claiïïcus five. Dic!
tionariolum Trilingue, Anglico -Latino J
Grxcum ïecundum locos communes i
Aurore i Jôh. Ray. Londini k Béni Motte
A 'and Ità-f
Anglico^
accedit Hibcrnîcœî
Englisft
Ce. i ©fékionnairc eft
le ̃ de
l'Académie Françoife eft pour inotre Lan*
gue.
An'glois-Françoisy
dam,

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