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Territoire, mythe, représentation dans la littérature gambienne

De
222 pages
Cet ouvrage constitue la première contribution critique à l'étude de la littérature gambienne d'expression anglaise jamais publiée à ce jour. Dans une perspective géocritique adaptée à la Gambie, à ses particularités, l'auteur parcourt la littérature gambienne en interrogeant les perceptions variées qu'offrent les auteurs de leur propre espace et de ceux voisins.
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Pierre Gomez
Territoire, mythe, représentation dans la littérature gambienne
Une méthode géocritique
Préface de Jean-Dominique Pénel
Territoire, mythe, représentation dans la littérature gambienne Une méthode géocritique
Critiques littéraires Collection fondée par Maguy Albet Dernières parutions Jean-Paul SAVIGNAC,Le lichen et le scarabée, 2013. Geneviève ORSSAUD, Le roman argentin de 1970 à nos jours. Les ombres portées de l’état d’exception,2013.Joséphine MULUMBA,Entre les rives du Congo et de la Meuse, 2013. Alina-Daniela MARINESCU,Spécularité déformante. Sur les traces d’un paradigme anti-mimétique de l’art, 2013. Amélie ADDE,La versification du théâtre espagnol du siècle d’or, 2013. Maurice ABITEBOUL,L’Esprit de la comédie shakespearienne, 2013. Christian AHIHOU,Ken Bugul. La langue littéraire, 2013.Olfa ABROUGUI,Du Bellay et la poésie de la ville, 2013. Anne SCHNEIDER,La littérature de jeunesse migrante, Récits d’immigration de l’Algérie à la France, 2013. Eleonora HOTINEANU,Bessarabie : la poésie en héritage, 2013. Brigitte FOULON (dir.),L’écriture de la nostalgie dans la littérature arabe, 2013. Roger TRO DEHO, Adama COULIBALY et Philip Amangoua ATCHA (dir.),Je(ux) narratif(s) dans le roman africain, 2013. Diané Véronique ASSI,Intertextualité et transculturalité dans les récits d’Amadou Hampâté Bâ, 2013. Gasser KHALIFA,L’autobiographie au féminin dans L’Amantde Marguerite Duras etPerquisitionde Latifa Al-Zayyat, 2013. Nicolas GELAS,Romain Gary ou l’humanisme en fiction. S’affranchir des limites, se construire dans les marges, 2012. Kahiudi Claver MABANA,Du mythe à la littérature – Une lecture de textes africains et caribéens, 2012.Gérard DUPUY,Xie Lingyun,Poèmes de montagnes et d'eaux. L'expérience e V poétique du paysage dans la Chine dusiècle, 2012.ZHAO Jia,L’ironie dans le roman français depuis 1980. Echenoz, Chevillard, Toussaint, Gailly, 2012. Gilles GUIGUES,Rilke, l’existence en figures. Étude philoso-phique du poétique, 2012.Jeanne-Marie CLERC,Etty Hillesum écrivain. Écrire avant Auschwitz, 2012.Ali ABDOU MDAHOMA,Le roman comorien de langue française,2012. Mehana AMRANI,La poétique de Kateb Yacine. L’autobiographie au service de l’Histoire, 2012. Tommaso MELDOLESI,Textes et poèmes autour de l’accident ferroviaire de Meudon, 1842. Une poésie de la catastrophe, 2012.
Pierre Gomez
Territoire, mythe, représentation dans la littérature gambienne
Une méthode géocritique
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00741-0 EAN : 9782336007410
À Madame Jiji Merci pour son soutien et ses encouragements
SommaireINTRODUCTION 13 I-REPRÉSENTATIONENDOGÈNEDE LESPACE GAMBIEN19 A-QUELQUES CARACTÉRISTIQUES FORMELLES DE LA REPRÉSENTATION DE LESPACE19 UN PROCESSUS DE REPRÉSENTATION DE LESPACE À TRO B- ISTEMPS36 1- erritoire37 2- Départ98 3- Retour146 II-REPRÉSENTATIONALLOGÈNEDE LESPACE GAMBIEN159 A- LESNIGÉRIANS159 B- UNEBRITANNIQUEALLOGÈNE:ROSEMARYLONG166 C- LES CHERCHEURS169 III-REPRÉSENTATIONEXOGÈNEDE LESPACE GAMBIEN173 A- RÉCITS DE VOYAGES173 ET RÉALITÉ B- LE RÉFÉRENT GAMBIEN:ENTRE MYTHE185 1-Phillis Wheatley, ancêtre emblématique de la littérature gambienne186 2-OOTSHale ,la Gambie en diachronied’ lex190 CONCLUSION 205
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PréfaceSerrant de près le fleuve qui lui a donné son nom, la Gambie, petit pays an-glophone de 11.300 kilomètres carrés, est enclavée dans le Sénégal avec une façade sur la mer. Mal connue et objet de quelques mauvais clichés à l’extérieur, régulièrement la proie de tensions (héritées de la colonisation) avec son voisin sénégalais, on oublie que des hommes y habitent et que, comme tout un cha-cun, ils pensent, ils aiment, ils s’expriment et partagent les comportements propres à l’humaine condition. Les communautés ethniques, dont la Gambie se compose, ont toutes une litté-rature orale, souvent commune avec celle de leurs compatriotes guinéens, bis-sau-guinéens, sénégalais, maliens. En plus, de par l’histoire coloniale récente, une littérature écrite en anglais s’est progressivement constituée en Gambie, comme une littérature en français est née au Sénégal: ainsi, aujourd’hui, un Diouf sénégalais se reconnaîtra volontiers dans la poésie de Senghor, tandis qu’un Joof gambien se reconnaîtra plus aisément dans la poésie de Lenrie Pe-ters – sachant que Diouf et Joof désignent le même nom wolof, graphié soit à la française (Diouf) soit à l’anglaise (Joof) ! Et donc, avec le temps, de chaque côté des frontières, des écrivains ont constitué des littératures écrites spécifiques. Pourtant, si la littérature sénégalaise a acquis une certaine notoriété, la littérature écrite gambienne n’a pas bénéficié de la même reconnaissance ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Dans ces circonstances, il importait que la littérature écrite gam-bienne d’expression anglaise prenne la place qui lui revient, de par la qualité de ses auteurs. Pour réaliser cet objectif, il fallait en conséquence établir des biblio-graphies, lire et enseigner les textes, tracer les premières lignes de l’histoire litté-raire et développer des études critiques, afin de constituer les contours du do-maine littéraire gambien. Ce faisant, on n’entre plus avec la littérature sénéga-laise francophone dans une logique de confrontation, basée sur des querelles ridicules, mais on se situe dans une logique de respect mutuel et de reconnais-sance où le mode d’expression, anglais ou français, n’est plus que le moyen par lequel l’homme manifeste ce qu’il pense et ressent. La rencontre entre Sembène Ousmane et Lenrie Peters, dans la maison de ce dernier à Bakau, un après-midi d’avril 2002, devrait servir de modèle : ni l’un ni l’autre ne se sentait supérieur ; chacun avait pour l’autre une estime humaine indéniable, et la différence de langue, si elle n’est pas négligeable - car il faut comprendre l’autre langue et savoir qu’elle porte avec elle des traits culturels propres -, ne constituait pas un obstacle majeur. La Littérature rapprochait Sembène Ousmane, un ancien doc-ker responsable syndical du port de Marseille devenu romancier et cinéaste, et Lenrie Peters, poète et romancier, chirurgien de profession mais qui aurait vou-lu être chanteur d’opéra et dont le père était un lettré méthodiste! Ils avaient des choses à se dire, ils reconnaissaient en l’autre la valeur humaine d’un com-
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