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Cinq à sept

De
56 pages
Trois comédiennes, Julie, Kathleen et Geneviève, s’ouvrent le temps d’un cinq à sept où les tabous s’avalent aussi rapidement que les shooters.
L’amour, le couple, le désir, la sexualité, les impératifs de performance, la morale sociale autour de l’utérus, les standards de beauté anxiogènes et l’insupportable pression qui comprime le corps dans un moule One size (must) fit all nourrissent les échanges de surface.
Puis, l’ivresse aidant, les trois femmes plongent en des zones plus intimes, celles où sont enfouis les aspects inavouables de leur personnalité, leurs pulsions, leurs peurs, leurs angoisses et leurs drames, avant de regagner la surface et de trinquer de plus belle.
Fanny Britt compose une partition syncopée rythmée par un langage cru et franc où la frontière entre la réalité et la fiction demeure volontairement floue.
Cinq à sept est le deuxième volet d’une trilogie amorcée avec Ils étaient quatre, de Mathieu Gosselin et Mani Soleymanlou, et close par Huit, de Mani Soleymanlou.
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FANNY BRITT avec la collaboration, la vie et les mots de Mani Soleymanlou, Kathleen Fortin, Julie Le Breton et Geneviève Schmidt
CINQÀSEPT
Dans la « Trilogie cocktail » :
Ils étaient quatre, de Mathieu Gosselin et Mani Soleymanlou, L’instant même, 2015.
Cinq à sept, de Fanny Britt, L’instant même, 2017.
Huit, de Mani Soleymanlou, L’instant même, à paraître.
FANNY BRITT
avec la collaboration, la vie et les mots de Mani Soleymanlou, Kathleen Fortin, Julie Le Breton et Geneviève Schmidt
CINQÀSEPTThéâtre
Maquette de la couverture et mise en pages : AnneMarie Jacques Direction de « L’instant scène » : Chantal Poirier Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : DNM – Distribution du Nouveau Monde © Les éditions de L’instant même, 2017 Tous droits réservés. Toute reproduction de cette œuvre, en totalité ou en partie, par quelque moyen que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur. Toute adaptation ou utilisation de cette œuvre, en tout ou en partie, par quelque moyen que ce soit, par toute personne ou tout groupe, amateur ou professionnel, est formellement interdite sans l’autorisation écrite de l’auteure ou de son agent autorisé. L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Britt, Fanny, 1977 Cinq à sept (L’Instant scène) Pièce de théâtre.
ISBN 9782895023883 I. Titre. II. Collection : Instant scène. PS8603.R587C56 2017 C842’.6 PS9603.R587C56 2017
C20169424901
L’instant même remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec. Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.
Cinq à sept,une production Orange Noyée en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts, a été créée le 17 novembre 2015 au théâtre Espace Go, avec l’équipe suivante :
Texte : Fanny Britt Mise en scène : Mani Soleymanlou Collaboration au texte et interprétation : Kathleen Fortin, Julie Le Breton et Geneviève Schmidt Assistance à la mise en scène et régie : Jean Gaudreau Musique : Philippe Brault Éclairages : Erwann Bernard Décor : MaxOtto Fauteux
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Je juge
Les filles sont debout, face au public. Lumière sur Julie.
JULIE– Tsé je suis pas fière de ça mais oui, je juge.
Lumière sur Kathleen.
KATHLEEN– Malheureusement.
JULIE– C’est malheureux.
KATHLEEN– Mais je juge.
JULIE– J’aimerais ça pas juger.
KATHLEEN– C’est pas facile.
JULIE– Non.
KATHLEEN– Je tends vers ça.
JULIE– C’est pas facile.
KATHLEEN– J’aspire à ça.
JULIE– Les trop parfaites. Les manucurées. Les repassées.
GENEVIÈVE– Euh, man ?
KATHLEEN– Ça me gosse.
JULIE – Inversement, je juge le laisseraller total aussi. Le manque de respect de son corps. ARK c’esttu assez jugeant dire ça ? Le manque de respect de son corps ; comment on
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8
Cinq à sept
peut savoir que quelqu’un qu’on croise dans la rue, mettons une fille, mettons une bonne femme habillée tout croche, les cheveux gris, des bas dans ses sandales, mettons elle. Comment je sais qu’elle respecte pas son corps ? Comment je sais qu’elle est pas, mettons, coordonnatrice dans un ashram pis qu’elle se nourrit de baies de goji pis que si elle a le cheveu gras c’est parce qu’elle est contre le shampoing pis qu’au final, elle pollue pas mal moins que moi, qu’au final elle se RESPECTE pas mal plus que moi. Comment je sais ça ?
ARK. Le jugement c’est laid.
GENEVIÈVE– …
KATHLEEN– Je juge les femmes qui se servent de leur pouvoir de séduction volontairement pour arriver à leurs fins.
JULIE– Ah ! moi aussi avant.
KATHLEEN– Je vois tout aller pis je trouve ça grossier. Le minaudage.
JULIE– Ah ! oui, le minaudage.
KATHLEEN– J’ai pas beaucoup de respect pour ça.
JULIE– Mais moins maintenant. Maintenant, je vois la faille. Je suis dans l’empathie maintenant.
KATHLEEN– Je tends vers ça. J’aspire à ça. JULIEQuand je vois des gens que je connais pas je peux – pas m’empêcher de les catégoriser dans ma tête pis c’est fucking désagréable. Du genre, c’est un handicapé, c’est un Noir, c’est un Juif hassidique, c’est un Arabe (terroriste). Je porte pas de jugement, mais j’appose une étiquette pis je me sens terriblement superficielle. Estce que c’est du jugement de catégoriser les gens dans ma tête ?