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Descendance

De
140 pages
Les Therrien sont réunis pour célébrer la fin de l’année. Dans une cacophonie d’échanges à bâtons rompus et de remarques creuses, chacun tente de camoufler son ennui. Luc, l’hôte, a décidé d’innover en filmant la soirée, la dernière pour cette famille sur le point d’être dispersée : « Ça va faire des beaux souvenirs. » Pour les Therrien, les meilleurs moments sont ceux où ils évoquent leurs anecdotes préférées, ressassées année après année, y cherchant la forme de réconfort apportée par l’appartenance à un groupe. Cependant, alors qu’ils regardent la vidéo avant de se quitter, le vide qu’ils ont vainement choisi d’ignorer s’impose à eux.
Descendance est la première œuvre écrite en collaboration par les deux artistes polyvalents que sont Dany Boudreault et Maxime Carbonneau. Sans complaisance, et avec une petite touche d’ironie, ils y mettent en scène une famille ordinaire dont la force d’attraction ne suffit plus à retenir ses membres dans son orbite
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Descendance Dany Boudreault Maxime Carbonneau
DESCENDANCE
Autres titres de Dany Boudreault : Et j’ai entendu les vieux dragons battre sous la peau, poésie, Les Herbes Rouges, 2005. Voilà, poésie, Les Herbes Rouges, 2007. « Trembler comme s vieilles personnes », dansLes Zurbains en série, tome 2, collectif, Dramaturges Éditeurs, 2011. (e), théâtre, Les Herbes Rouges, 2014.
Dany Boudreault Maxime Carbonneau
Descendance THÉÂTRE
Maquette de la couverture : Maxime David Photo de la couverture : Hugo B. Lefort Mise en page : Anne-Marie Jacques Direction de collection : Chantal Poirier Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : Distribution du Nouveau Monde Toute adaptation ou utilisation de cette œuvre, en tout ou en partie, par quelque moyen que ce soit, par toute personne ou tout groupe, amateur ou professionnel, est strictement interdite sans l’autorisation écrite des auteurs ou de leurs représentants. © Les éditions de L’instant même, 2014 L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2014 Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Boudreault, Dany, 1983-Descendance (L’instant scène) Pièce de théâtre. imprimÈPDF 978-2-89502-848-247-0 ISBN ISBN 978-2-89502-3 I. Carbonneau, Maxime, 1987- . II. Titre. III. Collection : Instant scène. PS8553.O833D47 2014 C842’.54 C2014-940209-0 PS9553.O833D47 2014 L’instant même remercie le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
À Audrey Talbot À nos familles.
« The last and final moment is yours. The agony is your triumph. » JoanB ,Here’s to you. aez
PRÉFACE La première fois qu’on litDescendance,on est happé par la cru uté de la pièce, par son absence totale de complaisance, par la radicalité de la proposition textuelle. On s’y reconnaît tant que ça écorche. On est cette tribu désol qui se raconte la fois que, qui se rappelle la fameuse journé où. Ce 31 décembre, ultime cruauté, la famille Therrien innove en filmant les « festivités ». On finit la soirée sur une mise en abyme hallucinante. On veut leur crier de s’arrête de déverser leur affligeant sac à souvenirs, c’est sans fin, sans trêve. Et puis, d’un coup, un regard, u mot, l’enfance en bouffées parfumées envahit le moment. Et onsaisit brutalement ce qui fait qu’ils sont là, comme à chaque année. Ce n’est même pas nommable. Ces odeurs-là, ces peaux-là, ces regards-là. Comme un chaton accroché à sa fratrie pour se réchauffer et qui ne sait plus où il commence, où l’autre finit. Descendancen’agit pas comme un grand cri, le texte distille a charge comme un poison familier. Les auteurs ne disent pas: « Regardez comme ils sont tarés. » Mais plutôt : « Qu’est-ce qui nous arrive? » « Comment en sommes-nous arrivés là ? » Tellement de refus, de silences, de rage, qu’il semble impossible de soigner, ême de s lager. À la fin on se dit qu’on est pareils, et on est morts de trouille. Rien de consolateur, rien de moralisateur. Une fresque impitoyablement construite, dans la lle se meut un clan qui s’effrite, lambeaux par lambeaux. Quelques étreintes laissent espérer un réconfort, cela n’arrivera pas. Pourtant, la lumière est partout dans cette pièce dense et triste. Dans le regard ardent de Marc-André, dont le corps tant frotté sur 7
d’autres corp porte la beauté de mille étreintes, même factices. Peut-être aussi dans le ventre de Julie, qui élèvera son enfant sur une terre brûlée, ocre, étrangère. Sans doute chez Luce, épuscule de sa vie et assoiffée d’inconnu, chez Suzanneau criant désir d’affection, chez Geneviève dont la blessure profonde peine à se cicatriser. La lumière se retrouve aussi dans l’amour immense et maladroit de Luc pour les siens. Le titre du très beau texte de Stig Dagerman résume bien le drame de la famille Therrien :Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Suzie Bastien