Jeanne des abattements ou Spécul'Planète

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Jeanne Ladarq administre l’OBA, une association d’aide aux personnes en difficulté. Pour faire face aux besoins croissants, elle sollicite l’aide de Richard Cros, magnat de l’entreprise Cros, Ondes et Virtuel régnant sur une bande organisée de spéculateurs à sa botte. Cros saisit l’occasion d’un « partenariat » pour s’approprier le domaine de l’aide aux démunis.

Tandis que Jeanne se laisse attirer dans les filets de Richard Cros et dans une machiavélique relation avec le fils de ce dernier, la résistance à la pauvreté s’organise autour de Clément, adjoint de Jeanne à l’OBA.

La crise financière s’invite, la spéculation bat son plein, les faillites éclatent. La presse, acquise à Cros, se déchaîne, alors que Clément, sa complice Claire et le groupe de déshérités se mettent à l’oeuvre pour refonder la société et son économie sur des valeurs de solidarité...

Cette fable parodie les relations humaines dans un monde en quête de valeurs nouvelles.

Publié le : jeudi 1 janvier 2015
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EAN13 : 9782746674134
Nombre de pages : 68
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Prologue (libre d’interprétation)
Spiky, Clément, autres comédiens.
Spikytemps vont mal dit-on. De tout temps. On dit. Les aussi : la culture est en danger. . . Et une société sans art est une société sans âme et sans avenir. « Le monde est un théâtre », mais alors qu’est-ce que le théâtre pour le monde ? Une comédiennethéâtre permet aux gens, spec-. Le tateurs ou acteurs de l’œuvre de faire évoluer leur pensée. De réfléchir. Une autre comédienne. La liberté, les représenta-tions sociales, la passion, la guerre, la condition humaine : tout est là. Une autre comédienne. Prendre conscience : ce que nous vivons n’est pas une fatalité. Spiky. Oui mais. . . Faut-il tout réduire à une fonction utilitaire et politique ? Une autre comédienneD’ailleurs le théâtre. Non. fait appel aux émotions, à la sensibilité. Poétique et politique. Arrivée de Clément Clément. Évidemment ! L’art est toujours politique. Inconsciemment politique, politiquement incons-cient.
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Prologue
Une autre comédienneEn donnant à voir une. Oui. autre réalité, le théâtre nous invite à en franchir le seuil. Une autre comédiennepas se taire, mais réagir,. Ne agir, exprimer. Le théâtre est un lieu de partage des questions existentielles, des problèmes liés à notre temps. Clément. Le théâtre reflète la société. Il nous aide à comprendre l’époque où nous vivons et à bâtir un monde conscient et respectueux. Un monde pour l’Homme et non contre l’Homme.
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Acte 1
Scène 1
Cros, au téléphone.Tous les marchés des comm’ sa-turés ? Oui, bien sûr. . . toute la distantielle at-teinte. . . tout transfert de données. Et. . . télépho-nie mobile ? Bien sûr !. . . Fixe aussi, évidemment ! Oui la presse, toute la presse ! En ligne, vous comprenez, et le papier. Oui. Oui. Oui, bien sûr, évidemment. Et la radio, forcément. Wall Street, Shanghai, Tokyo, Londres, Francfort. Activez vos réseaux. . . coupez les branches pourries. Réunion des cellules de crise. On se tient au courant. Pendant ce temps Jeanne trie les pièces de son dossier. Cros repose le téléphone, se tourne vers Jeanne, ne sachant plus trop pourquoi elle est assise en face de lui. Excusez-moi. Oui. . . ? Ah oui ! Cros change radicalement d’attitude et devient affable. Donc, donc, donc. . . ah oui. . . bonjour, je vous écoute. Jeanne. Euh. vous voulez que je reprenne tout ce que. . je vous ai dit ? Cros. Non non. . . donc vous me disiez que. . . vos locaux, c’est ça, vos locaux. . . deviennent trop étroits et. . .
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Acte 1
Scène 1
vétustes pour répondre à vos activités. Votre en-treprise se développe en quelque sorte. Jeanne. L’Organisation du Bon Accueil sait bien ce qu’elle vous doit Monsieur Cros, depuis le temps que vous nous aidez. Mais voyez-vous nos besoins augmentent, la pauvreté gagne. . . Cros. Venez-en aux faits mademoiselle Ladarq. L’OBA a donc besoin de nouveaux locaux ? Jeannelocal, oui déjà mais nous aimerions envisager. Le avec vous un partenariat régulier. Par exemple. . . ce partenariat nous permettrait d’acquérir de nou-veaux véhicules pour transporter les objets, vête-ments, denrées que nous récupérons, et aussi pour organiser une ou deux nouvelles tournées. Bien sûr, toutes les camionnettes porteraient vos logos. Si-non oui, comme je vous le disais, nous devons faire face à de plus en plus de situations d’urgence. Le monsieur dont je vous parlais tout à l’heure, malgré tous les petits boulots qu’il enchaîne, il n’a plus de quoi payer son loyer, il en est réduit à vivre dans sa voiture. C’est un homme méritant, nous vou-drions l’aider à se loger dignement. D’ailleurs, il vient nous aider souvent. CrosVous ne pouvez tout de. . bien malheureux. . C’est même pas vous substituer au foyer d’hébergement, vous comprenez. Vous ne pensez pas qu’on va vous construire un hôtel ! Jeanne. Non bien sûr, ce n’est pas ce que je voulais dire, nous comprenons bien, vous avez vos priori-tés. Mais pour nous, savoir que l’on peut compter sur une aide régulière. . . CrosAh, je vous arrête, Jeanne, vous permettez. . ... que je vous appelle ainsi. C’est fort intéressant tout
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Scène 1
Acte 1
ça mais ça n’a pas changé depuis la dernière fois, vous comprenez, c’est le Conseil d’Administration qui décide. Je compte sur vous pour me fournir le plus grand nombre de cas concrets, détaillés, pour convaincre les membres du Conseil d’Administra-tion, vous comprenez ? Jeanne. Oui bien sûr Monsieur Cros. Nous vous remer-cions Monsieur Cros. C’est vrai, ça vous honore tout ça. Rien ne vous y oblige. Petit noir. Cros consulte ses mails. Le téléphone sonne. Cros. Allô ? Oui. Bien réfléchi. Ça avance. La cellule de crise c’est OK. Les indicateurs sont à l’étude. Com-mençons par rassurer le marché. Comptez sur moi pour restaurer la confiance. On se tient au courant. Cros change de téléphone. Allô ? Passez-moi Daniel. Allô Daniel ? Bon écou-tez, dès que c’est rétabli, vous me publiez un bul-letin de santé du groupe Net Onde et Virtuel, de toutes les entreprises et filiales Cros. Vous notez ? « Dans un secteur, en plein développement, l’entre-prise Cros, toujours plus florissante, a su prendre le virage, des dernières évolutions, en matière d’in-vestissement », etc, etc, vous comprenez. Vous avez noté ? Il faut aussi faire paraître partout la nouvelle suivante : nos actions vont subitement grimper de 3 points. D’ici 48 heures. Et ensuite une ascension rarement vue dans le milieu. Dans la presse spécialisée maintenant. Vous notez : vous me lancez immédiatement des appels à par-tenariats, pour toutes les infrastructures, et chan-tiers, dans le cadre, de notre, mission, publique, de reconstruction, aux îles Sonacotra, suite à,
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Acte 1
Scène 2
l’ouragan Trix. Bien sûr, vous privilégiez toutes les entreprises liées de près ou de loin à nos sec-teurs d’activité. Surtout, vous gardez bien toutes les traces et toutes les réponses, vous repérez les entreprises fragiles. Vous comprenez ? Ah, et pour finir, vous allez me faire paraître une bonne centaine d’offres d’emploi, dans les quoti-diens gratuits, les payants, et aussi sur le net. Par-don ? Fictives évidemment ! ! ! ben, je sais pas, choi-sissez vous-même les secteurs, inspirez-vous de ce qui marche en ce moment !
Scène 2
Réunion de crise, entrent les PDG.
Pdg 1. Je préconise des solutions radicales. Dans les abattoirs observez ce qu’on appelle l’abattage élec-trique. On place sur les bêtes de grosses pinces raccordées à un générateur. Aussitôt, les animaux perdent connaissance, se raidissent, sont pris de convulsions. Le boucher profite de ce coma pour tuer l’animal et le saigner sans difficulté. En éco-nomie comme en boucherie : coup porté, incons-cience, convulsion et à nous la monnaie ! Pdg 2on a traité le marché comme on traite. Jusqu’ici les poux. Ce n’est pas suffisant. S’il le faut, tu as raison, sans doute faut-il aller jusqu’au coma. Pdg 1. C’est la libéralisation des marchés qui a donné naissance à une société libre !
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