L'Égoïste

De
À la suite d’un accident de la route, un garçon de 10 ans gît dans un hôpital. Son père de 65 ans est dans un état critique. Il aurait besoin du cœur de son fils - tout comme en aurait besoin une jeune fille qui attend depuis longtemps et risque de ne pas passer la nuit. Qui sauver ? Deux frères s’affrontent, appelés par le drame de leur père mourant et de leur demi-frère dont le sacrifice peut redonner la vie.
Publié le : vendredi 17 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782894238097
Nombre de pages : 88
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Claude Guilmain

L’Égoïste

Théâtre

Prise de parole
Sudbury
1999

 

 

 

 

 

Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine.

 

 

Éditions Prise de parole
C.P. 550, Sudbury (Ontario)
Canada P3E 4R2
www.prisedeparole.ca

 

 

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC), du programme Développement des communautés de langue officielle de Patrimoine canadien, et du Conseil des Arts du Canada pour nos activités d’édition. La maison d’édition remercie également le Conseil des Arts de l’Ontario et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.

Données de catalogage avant publication (Canada)

Guilmain, Claude

L’égoïste

Pièce de théâtre.

ISBN 2-89423-099-0

 

I. Titre.

 

PS8563.U547E36       1999         C842’.54         C99-930639-1

PQ3919.2.G94E36     1999

 

 

Distribution au Canada : Dimedia

 

Photographie en page couverture : Kevin Pickles

Conception et couleurs de la couverture : Max Gray, Gray Universe

 

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

 

Copyright © Ottawa, 1999

 

ISBN 978-2-89423-099-2 (Papier)

ISBN 978-2-89423-430-3 (PDF)

ISBN 978-2-89423-809-7 (ePub)

à Louise

Préface

1986  — « Je t’ème. » Trois petits mots bouleversants qui en disaient long : l’aveu de l’amour dont on se réjouit certes, mais également la découverte d’une ignorance insoupçonnée. Dans cette lettre de trois paragraphes, mon chum écrivait au son : sans aucune notion d’orthographe ni de grammaire. L’accord en genre et en nombre lui échappait complètement et la syntaxeétait carrément anglaise! Voilà que je découvrais ma propre ignoranced’un phénomène que l’on dit courant. Jamais je n’aurais voulu me sentir aussi démunie d’outils pour m’exprimer. Ce jour-là, j’ai senti son humiliation.

C’est à son entrée à l’Université d’Ottawa, en géographie, qu’on lui avait fortement suggéré de poursuivre ses études en anglais. Suite à un test d’aptitude en français et malgré une éducation de treize ans dans sa langue maternelle, il devait se rendre à l’évidence qu’il ne possédait pas les connaissances nécessaires à la rédaction des travaux requis. Il quitte lesétudes pendant un an, puis s’inscrit, en anglais, au département de théâtrede l’Université d’Ottawa; il se fera traiter d’assimilé par des étudiants en théâtre qui suivent leurs cours en français. Guilmain qui, à l’époque, ignorait le sens de cette épithète, ne s’en trouva pas plus mal… La culture anglophone lui ouvrait grand les bras et l’accueillait en ses rangs.

Comment avait-il pu échapper pendant tant d’années à la vigilance de ses instituteurs? On lui avait tout de même accordé des notes passables. On avait même jugé son rendement acceptable puisqu’à l’école secondaire il s’était mérité des recommandations le dispensant de rédiger les examens de fin d’année. Les enseignants auraient-ils préféré fermer les yeux sur les lacunes des élèves qu’ils jugeaient irrécupérables? Et ces étudiants, seraient-ils nombreux à ne savoir ni lire ni écrire convenablement tout en détenant un diplôme d’études secondaires?

Issue d’une éducation qui prêchait l’accès au pouvoir par le savoir et la connaissance, et la valorisation personnelle par l’adresse et la compétence dans des disciplines de choix, je découvrais mes préjugés à l’endroit de ceux et celles qui avaient échoué sur les bancs d’école : ce que je croyais être le fruit du désintérêt ou de la paresse était peut-être davantage le produit d’un certain élitisme : dans nos écoles, on cultivait la terre fertile et on négligeait les sols plus arides. Mais, de ceux et celles qui n’auront paséchoué, combien s’en tireront avec des notes acceptables, parce que dans l’évaluation on aura privilégié le fond aux dépens de la forme? « Mais mes idées sont bonnes! » On fermera les yeux sur la formulation maladroite et l’orthographe fautive… et en voilà d’autres, tout comme Guilmain, perdus dans les méandres de l’orthographe et de la grammaire.

Dix ans plus tard, après trop d’années à ne travailler qu’en anglais et à ne s’entourer que d’amis anglophones, la flamme de la fierté francophone vacillait dangereusement. Et ce sera le besoin d’écrire qui fera renaître le besoin de dire en français car ce qu’il va raconter est relié à l’enfance, à des souvenirs d’une époque vécue en français.

C’est à cause du cinéma qu’il se découvre une vraie passion pour l’écriture. Pour s’inscrire à un cours de réalisation, il doit soumettre un scénario de film. Il se met donc à l’écriture du Portrait d’un parfait inconnu, scénario qui deviendra À la droite du père puis finalement L’Égoïste.

L’image qu’on a pu se faire d’un père présent, qui ne l’était pas vraiment et dont on découvre la vraie nature, exige que l’on doive d’abord reconnaître puis faire le deuil de cette première image avant de pouvoir accepter celle que l’on vient de découvrir. Voilà l’histoire de L’Égoïste.

Les relations père-fils, on commence à peine à en parler : les gars ont toujours tiré beaucoup d’orgueil à encaisser la douleur. Pour plusieurs, encore de nos jours, mieux vaut parler de conquêtes et d’exploits ou pire encore de banalités que d’avouer peines, déceptions et défaites.

Pour ma part, j’en tire une bonne leçon d’humilité : j’admire sa persévérance et son acharnement au travail qui l’ont conduit à la publication de cet ouvrage : cours du soir, exercices de grammaire, la collection Grévisse devenue lecture de chevet. Son écriture regorge d’images qui vont droit au cœur, sans détours. Il n’a rien à foutre des phrases savamment tournées, jonchées de métaphores. Il va à l’essentiel.

Certains s’entendent écrire comme d’autres s’écoutent parler. Lui, il me parle. Sans prétention. C’est dans sa vie qu’il puise et dans la vôtre…

mars 1999 — Je l’aime.
Louise Naubert

Remerciements :

Robert Marinier, Roch Castonguay, Luc Thériault, Micheline Marin, Jeanne Sabourin, Steve Baker, Catherine Mensour, Louise Naubert, Claude Naubert, Rachel Perrault, Paul Rainville, Robin Denault, Paul Latreille, Christian Laurin, Serge Olivier, Pierre Péloquin, Julie Lafontaine, Mado Guérin, Kip Spidell, Claude Millette.

Mot de l’auteur

Il y a maintenant six ans que j’ai mis les pieds dans l’appartement de mon père. Il habitait là depuis déjà plusieurs années, mais je n’y étais jamais allé. Ce que j’ai vu m’a bouleversé. Dans un coin, parmi des piles de linge et des tas de boîtes je pouvais voir le vieil aspirateur que ma mère tirait d’un bout à l’autre de notre grande maison. Sur un mur, il y avait les bibliothèques que mon père avait construites quand j’étais adolescent. Ses livres, les mêmes livres que je feuilletais quand j’étais petit, en débordaient. Il n’y avait pas de place dans cet appartement pour un divan, le salon était trop petit. À la place il y avait des boîtes remplies d’objets qui dataient d’une autre époque. L’époque de mon père. L’époque de mon enfance. Je reconnaissais ces choses mais elles étaient drôlement hors-contexte. Au centre du salon, il y avait notre table de salle à manger. Elle était vieille, abîmée, collante de saletés et de vieux Pledge.

Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi mon père avait gardé tout ça. Pourquoi il n’avait pas abandonné ces vieilles choses afin de vivre plus confortablement dans le seul espace qu’il pouvait maintenant se permettre.

L’Égoïste est née ce jour-là, intitulée Portrait d’un parfait inconnu. Sans savoir pourquoi, il fallait que j’essaie de décrire ce que je percevaisêtre le bordel qu’était devenuela vie de mon père. J’ai commencé tout simplement en décrivant le salon de l’appartement. Tous les détails : la poussière, la peinture jaunie par la fumée de cigarette, les piles de livres. De là est venue l’histoire d’une famille qui ne se connaît pas trop mais qui se retrouve à l’hôpital après un accident de voiture impliquant un père et son jeune fils issu d’un deuxième mariage.

L’histoire est restée dans mon ordinateur pendant plusieurs mois jusqu’au jour où j’ai voulu faire une demande au Canadian Film Institute pour étudier la réalisation. J’avais besoin d’un scénario et j’ai donc fini l’histoire que j’avais commencée. Mon expérience en mise en scène n’était pas suffisante pour me permettre l’entrée à l’institut mais ils m’ont tout de même encouragé à soumettre mon texte à l’atelier de scénarisation de Praxis à Vancouver. Des cent scénarios reçus, ils en ont retenu six dont le mien.

En 1996, j’ai obtenu une bourse d’écriture du Conseil des Arts de l’Ontario pour en faire une pièce de théâtre. À la codirection artistique du Théâtre les Klektiks, Pierre Péloquin et moi étions à la recherche de nouveaux textes. Nous avons décidé de créer L’Égoïste, qui s’intitulait alors À la droite du père.

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