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La guerre de Troie n'aura pas lieu (édition enrichie)

De
304 pages
Édition enrichie de Jacques Body comportant une préface et un dossier sur le roman.
Une nouvelle guerre, quand la précédente s'achève à peine, et qu'on a juré qu'elle serait la dernière ? Et que la prochaine s'annonce perdue d'avance ? Deux heures pour faire défiler le personnel de l'Iliade, plus près de la tragédie que de l'opérette. La tribu royale, assemblage de belle-mère, de belles-sœurs et de beau-père, est bouleversée par l'arrivée d'une bru un peu trop voyante : la belle Hélène remise en scène en femme fatale.
La guerre de Troie n'aura pas lieu, créée par Louis Jouvet à la fin de l'année 1935, d'abord brûlante de l'actualité d'avant-guerre, s'est révélée intemporelle. La plus célèbre pièce de Jean Giraudoux a été traduite de pays en pays et reprise de guerre en guerre et de siècle en siècle. La guerre est-elle fatale ? Deux heures d'angoisse éclairées par l'humour, politesse du désespoir.
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c o l l e c t i o n f o l i o t h é â t r e
JÉa Gîaudôux
La guÉÉ dÉ TôîÉ ’aua pas îÉu
Édition présentée, établie et annotée par Jacques Body
Gaîmad
© Éditions Gallimard, 2015.
Pablo Picasso, La Guerre et la Paix © Succession Picasso 2015. Musée national Picasso, chapelle, Vallauris.
Photo © RMN-Grand Palais (musée Picasso de Vallauris) / Patrick Gérin.
P R È FAC E
I paaî ô pÉu dÉs pîèçÉs auxquÉÉs î avaî-aî. QuÉquÉs môs dÉ Émps É Émps. U jôu î mÉ dÉmadaî : « – QuÉ pÉsÉz-vôus d’uÉ pîèçÉ su ’Iliade? – BôÉ îdÉ. –La Guerre de Troie, çôyÉz-vôus quÉ çÉ sôî u bô sujÉ ? – CÉaîÉ-mÉ. » QuÉquÉs jôus apès, î mÉ dîsaî ÉçôÉ : « – J’aî ôuv mô îÉ. – QuÉ îÉ ? – CÉuî dÉ a pîèçÉ dô jÉ vôus aî pa. EÉ s’îîuÉa :La guerre de Troie n’aura pas lieu. Qu’É pÉsÉz-vôus ? – ExçÉÉ. » Puîs ç’aî môî quî uî dÉmadaîs : « – E vôÉ pîèçÉ, ÉÉ avaçÉ ? – QuÉÉ pîèçÉ ? – VôÉ pîèçÉ su ’Iliade. – A ! Ouî. J’aî djà ôuv a pÉmîèÉ pîquÉ. C’És CassadÉ quî dî à AdômaquÉ : “La guÉÉ dÉ TôîÉ ’aua pas îÉu.” – Tès bîÉ. » U pÉu pus ad, î mÉ dî : « – J’aî ôuv a dÉîèÉ pîquÉ dÉ ma pîèçÉ. – 1 Qu’És-çÉ quÉ ç’És ? – EÉ ’aua pas îÉu . »
Ainsi parlait Louis Jouvet le 18 décembre 1945, dix ans après la création de la pièce (22 novembre
1. IÉvîÉw pa DîdîÉ Daîx,Les Nouvelles du matin, 18 dçÉmbÉ 1945.
8
Préface
1935), basculant de l’après-guerre à l’avant-guerre. Les quatre années de l’Occupation, il les avait passées en Amérique latine, faisant notamment « tourner » cetteGuÉÉ dÉ TôîÉ. Il était heureux de retrouver Paris libéré, triste de le retrouver sans Giraudoux, disparu le 31 janvier 1944, mais fier de renouer leur « attelage dramatique » avec une pièce posthume,La FôÉ dÉ Caîô, féerie politique prophétiquement conçue en parfaite consonance avec l’esprit de la Libération. Elle allait être créée quatre jours plus tard en présence du général de Gaulle lors du Gala des « Résistants de 1940 », au nombre desquels le fils et le 1 beau-fils de Giraudoux . Le journaliste qui l’interviewait pouvait penser que Giraudoux avait accouché de ce chef-d’œuvre en se jouant, en marchant « le nez levé » comme Pâris, et que le fameux titre lui était tombé du ciel, un titre qui lui soufflait le lieu, la date, les personnages et toute l’intrigue, de la première à la dernière réplique. C’était alors la sixième pièce de Giraudoux montée par le Théâtre Louis-Jouvet. Le grand acteur-met-teur en scène-directeur de théâtre avait conclu avec Jean Giraudoux, romancier original devenu grâce à
1. JÉa-PîÉÉ Gîaudôux (1919-2000) a Éjôî LôdÉs É juîÉ 1940 pôu s’ÉgagÉ das És FôçÉs avaÉs aÇaîsÉs îbÉs. Cîsîa PîÉau (1904-1995), aaç au çabîÉ dÉ sô bÉau-pèÉ É 1939-1940, ôdaÉu dÉ Lîbaîô-Nôd É ôçôbÉ 1940, açîÉ dpô, Cômpagô dÉ a Lîba-îô, mîîsÉ du gôuvÉÉmÉ dÉ GauÉ.
Préface
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lui auteur dramatique à succès, un pacte de modestie et d’admiration réciproque.
« C’És NOUS quî ’avôs jôu, pôçamaî JôuvÉ.N’auaîs-jÉ d’auÉ îÉ dÉ gôîÉ, das ’ÉxÉçîçÉ dÉ mô mîÉ É dÉ ma çaîèÉ, quÉ d’avôî jôu 1 sÉs œuvÉs, çÉuî-à mÉ suîaî . »
Et Giraudoux :
« L’açÉu ’És pas sÉuÉmÉ u îÉpèÉ, î És u îspîaÉu ; É É gad açÉu, u gad îs-pîaÉu. (…) À É pôî quÉ çÉ amî mÉvÉîÉux É çÉ çômdîÉ gîa sÉ ddôubÉ pôu môî, mêmÉ É sa psÉçÉ, É dÉvîÉ uî-mêmÉ u pÉsô-2 agÉ . »
La facilité de Giraudoux était légendaire, évidente même, aux yeux de Jouvet qui l’avait vu récrire sur son genou, en cours de répétition, une réplique ou même une tirade qui passait mal. Mais Jouvet avait aussi intérêt à entretenir cette légende. En fait, ils étaient l’un et l’autre de la même race, des surdoués et des bourreaux de travail, épris de perfection, avides de conquête. Jouvet ne pouvait pas ignorer qu’en amont de cet accouchement facile une longue histoire s’inscrivait, ni qu’en cette année 1935 l’Histoire avec un grand
1. Lôuîs JôuvÉ, Réflexion du comédien, d. dÉ a NôuvÉÉ RÉvuÉ çîîquÉ, 1938, p. 38. 2. JÉa Gîaudôux,Visitations, GassÉ, 1952, pp. 23 É 25.
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Préface
H avait cheminé parallèlement à la plume de Girau-doux. Il admirait toujours le subtil dosage de cette œuvre grave et gaie, légère et profonde. Il en connais-sait la polysémie, ayant lu maints commentaires, il n’aurait pas imaginé les contresens et les accusations qui menaçaient l’interprétation de l’œuvre. Mais il ne doutait pas que la pièce, passant outre à toutes les critiques, aurait un grand avenir, puisqu’il plaçait Giraudoux dans la lignée des « Eschyle, Sophocle, Euripide, Shakespeare, Racine, Schiller, Goethe ».
LÉs sôuçÉs La ville de Troie, et Ilion, sa citadelle, plantée sur la rive asiatique de la mer Égée, fut-elle réellement assiégée pendant dix ans par une armada de cités grecques coalisées avant d’être prise, pillée, incendiée, comme le raconte le légendaire Homère dans l’IîadÉ? Et ce au motif qu’un prince troyen, le trop beau Pâris, aurait enlevé la belle Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte ? Les archéologues, sur le site de Troie, ont retrouvé plusieurs villes superposées au fil du deu-xième millénaire av. J.-C. tandis que les historiens e font vivre l’aède Homère vers leVIIIJ.-C.siècle av. Mais fi de la vérité historique ! La force du poème homérique a traversé les millénaires. Comme les petits écoliers grecs depuis vingt-cinq siècles, comme les collégiens de France et d’Europe depuis la Renaissance, le petit Jean Giraudoux, dans son uniforme râpé d’élève boursier, a étudié le grec et