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La Marche

De
51 pages
Cette pièce a été inspirée à Bernard-Marie Koltès par la traduction du Cantique des cantiques par Henri Meschonnic, parue aux éditions Gallimard sous le titre Le Chant des chants.
Le texte est paru aux Éditions de Minuit en 2003.
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La marche
ŒUVRES DE BERNARD-MARIE KOLTÈS
LAFUITE À CHEVAL TRÈS LOIN DANS LA VILLE,roman, 1984. QUAI OUEST,suivi deUN HANGAR,À LOUEST,théâtre, 1985. DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON,théâtre, 1986. LECONTE DHIVER(traduction de la pièce de William Shakespeare),théâtre, 1988. LANUIT JUSTE AVANT LES FORÊTS, 1988. LERETOUR AU DÉSERT,suivi deCENT ANS DHISTOIRE DE LA FAMILLESERPENOISE,théâtre, 1988. COMBAT DE NÈGRE ET DE CHIENS,théâtre, 1983-1989. ROBERTOZUCCO,suivi deTABATABAetCOCO,théâtre, 1990. PROLOGUE ET AUTRES TEXTES, 1991. SALLINGER,théâtre, 1995. LESAMERTUMES,théâtre, 1998. L’HÉRITAGE,théâtre, 1998. UNE PART DE MA VIE. Entretiens (1983-1989), 1999 (“double”, o n 69). PROCÈS IVRE,théâtre, 2001. LAMARCHE,théâtre, 2003. LE JOUR DES MEURTRES DANS LHISTOIRE D’HAMLET,théâtre, 2006. DES VOIX SOURDES,théâtre, 2008. RÉCITS MORTS. UN RÊVE ÉGARÉ,théâtre, 2008. NICKELSTUFF,scénario, 2009. LETTRES, 2009.
BERNARD-MARIE KOLTÈS
La marche
LES ÉDITIONS DE MINUIT
r2003 by LESÉDITIONS DEMINUIT www.leseditionsdeminuit.fr
l’époux l’épouse le fiancé la fiancée
PERSONNAGES
Le dialogue entre l’époux et l’épouse est extrait de : Henri Meschonnic,Le Chant des chantsinLes Cinq rouleaux, traduit de l’hébreu.rÉditions Gallimard, 1970, nouvelle édition revue et corrigée 1986.
dans le noir.
PROLOGUE
l’épouse, à voix basse. – raconte-moi... (plus haut :)raconte-moi, toi que mon âme a aimé ; raconte-moi où tu mèneras aux champs, où tu coucheras les bêtes quand ce sera midi ; raconte-moi, pour que je ne sois pas pareille à une errante, près des troupeaux de tes compagnons. l’époux. – à une jument, à une colombe, à une colombe je t’ai comparée, mon amour. tes joues étaient belles à voir, parmi les cercles...
(la lumière claire monte, très doucement, sur les époux ; elle, allongée, cheveux défaits, comme au sortir du lit. l’époux, beau et tranquille ; passionné, mais sans le risque, juste la plénitude.)
... ton cou, parmi les chaînes. l’épouse, elle n’écoute pas. – raconte-moi, toi que mon âme a aimé... l’époux. – des cercles d’or, nous ferons pour toi,
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avec des clous d’argent. tes joues étaient belles à voir, parmi les cercles ; ton cou, parmi les chaînes. l’épouse, insistante. – raconte-moi... l’époux;; la lumière plus forte , brusquement debout. – sors-toi. sors-toi, sur les traces du bétail, et mène aux champs tes jeunes chèvres. l’épouse, elle s’est levée ; le rythme s’accélère ; comme ivre. – il m’étanchera ma soif, avec des bai-sers de sa bouche. prends-moi après toi, nous courrons. l’époux. – vois tu es belle, mon amour, vois tu es belle ; tes yeux sont des colombes. l’épouse. – nous serons en cris et nous serons en joie, par toi. nous nous rappellerons tes jouissances, mieux que du vin. l’époux. – vois tu es belle, mon amour, vois tu es belle. l’épouse, au plus fort de l’ivresse. – le roi m’a emmenée, dans ses chambres. jusque chez le roi, dans son enclos, mon nard a donné son odeur. l’époux. – vois tu es belle, mon amour, vois tu es belle. tes yeux sont des colombes.
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