Le Nez

De
Inspirée d’une nouvelle de l’écrivain russe Nicolas Gogol, cette pièce produite par le Théâtre de la Vieille 17 connaît un immense succès en Ontario et au Québec dès sa création en 1983. En 1984, elle remporte le prix Floyd S. Chalmers de la meilleure pièce canadienne pour enfants. Dix ans plus tard, le Théâtre du Frêne à Paris lui redonne vie dans un spectacle qui tourne en France et au Canada devant plus de 20 000 spectateurs.
La nouvelle du même nom de Nicolas Gogol, publiée en 1836, constituait une époustouflante satire sociale. En l’adaptant pour la scène, Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy créent une comédie masquée qui met en scène des nez dans une brioche, des nez chantant en chœur, des nez en fugue et des nez qui flairent une histoire louche. Pièce drôle, intelligente et surréaliste, « Le nez » rappelle la « comedia dell’arte » et les dessins animés.
La réédition en BCF est bonifiée d’une préface de Françoise Lepage et d’une biobibliographie des auteurs.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782894235928
Nombre de pages : 103
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy Le Nez
Extrait de la publication
THÉÂTRE
Extrait de la publication
LE
NEZ
Extrait de la publication
DU MÊME AUTEUR
ROBERTBELLEFEUILLE avec LouisDominique Lavigne,Mentire,théâtre, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2000. La machine à beauté, daprès un roman de Raymond Plante, théâtre, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1995. avec le Théâtre de la Vieille 17,Les murs de nos villages, création collective, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1993. avec Jean Marc Dalpé et Robert Marinier,Les Rogers, théâtre, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1985.
ISABELLECAUCHY traduction deComment Petit George Radbourn a sauvé le baseball, de David Shannon, album pour enfants, Montréal, Éditions Les 400 coups, 2001. Barbebleue, pièce pour enfants, Montréal, Dramaturges éditeurs, 1998.
Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy
LENEZ ADAPTÉ DE LA NOUVELLE DU MÊME NOM DE NICOLAS GOGOL
Théâtre
Bibliothèque canadiennefrançaise Éditions Prise de parole Sudbury 2007
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Bellefeuille, Robert, 1957  Le nez / Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy; préface de e Françoise Lepage. — 2 éd. (Bibliothèque canadiennefrançaise) Pièce de théâtre. Publ. à l’origine: 1992. Pour les jeunes. ISBN13: 9782894231920 I. Cauchy, Isabelle, 1956 II. Titre. III. Collection.
PPS8553.E4577N49 2006
jC842’.54
C20069046050
En distribution au Québec: D P• 1650, boul. Lionel-Bertrand • Boisbriand (QC) J7H 1N7 • 450-434-0306
Ancrées dans le NouvelOntario, les Éditions Prise de parole Prise appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture deparolefrançaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La Bibliothèque canadiennefrançaise est une collection dont l’objectif est de rendre disponibles des œuvres importantes de la littérature canadiennefrançaise à un coût modique.
La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Artsdu Canada, le Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Œuvre en couverture et conception de la page de couverture: Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. Copyright © Ottawa 2007 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 http: //pdp.recf.ca ISBN 9782894231920 ISBN 9782894233504 (Numérique)
Extrait de la publication
PRÉFACE
Texte original, inventif, toujours à la frontière entre lhumour et la causticité dun regard auquel rien néchappe, texte funam bule qui, sous son apparente absurdité, brosse, sans complai sance, le portrait dune société sclérosée, fortement hiérarchisée et intolérante face aux marginalités, tel estLe nezde Gogol. Son auteur, Nicolas Vassilievitch Gogol, est né en Ukraine le 20 mars 1809. Lorsquil publieLe nez, en octobre 1836, dansLe Contemporain, journal de SaintPétersbourg dirigé par le grand poète russe Alexandre Pouchkine (1799 1837), il est déjà lauteur connu et apprécié desSoirées du hameau, recueil de nouvelles inspirées du folklore ukrainien. Outre Le nez, dautres nouvelles,Le portrait,La perspective Nevski, Le journal dun fouetLe manteau, publiées séparément dans les années 1830, seront regroupées en 1843 dans le tome III des uvres complètes. On les connaît aujourdhui sous le titre de Nouvelles de Pétersbourg, la brillante capitale de lempire russe fondée en 1703 par Pierre le Grand et qui sert de cadre à
laction. Nicolas Gogol nest pas seulement un auteur apprécié de son public, il est aussi un novateur. Jusqualors, la société russe considérait la littérature comme un passetemps, un
5
Extrait de la publication
divertissement de salon que pratiquaient des poètes le plus souvent amateurs. La prose nétait connue que sous forme de traductions de romans étrangers. Vers le milieu des années 1830, la scène littéraire souvre à de nouveaux genres et, lorsquil publie Le nez, Gogol est considéré comme une étoile montante. À linnovation dans la forme littéraire, Gogol ajoute loriginalité du propos. Les surréalistes nauraient certes pas dé savoué cette nouvelle, affublée dun titre quelque peu rocam bolesque, et dont le contenu avait été jugé trop « sale et trivial » par le journalLobservateur moscovitepour pouvoir être publié en ses pages. Car que penser de cette histoire du nez dun assesseur de collège qui quitte le visage de son propriétaire et se retrouve dans la brioche dun barbier plus ou moins recom mandable ? Non content de se terrer en un endroit pour le moins inattendu, le fugueur arrogant et mondain joue les conseillers dÉtat en habit chamarré de galons et de décorations, courtise les jolies femmes et refuse de reprendre sa place, jusquà ce quil soit rattrapé par un sergent de ville et rendu à son propriétaire. La poursuite du nez dans les rues et les officines de SaintPétersbourg permet à lauteur de se livrer à une épous touflante satire sociale. Dans ce régime politique autocratique quest le régime tsariste, tout le monde surveille tout le monde. Le barbier en fait la pénible expérience lorsque, cherchant à se débarrasser du nez trouvé dans sa brioche, il en est constam ment empêché par quelque sergent de ville ou commissaire réprobateur. Si largent constitue un critère important de res pectabilité, le grade, luniforme, les médailles, les galons, les belles toilettes féminines qui témoignent de la réussite sociale du mari, toutes ces apparences, souvent trompeuses comme le montre lhistoire du nez habillé en conseiller dÉtat, caractérisent la société pétersbourgeoise. Le moindre fonctionnaire y fait la
6
Extrait de la publication
pluie et le beau temps, opposant son veto aux requêtes des citoyens qui ne lui agréent pas. Les sentiments sont rarement évoqués dans la nouvelle de Gogol, si ce nest lembarras que cause à lassesseur Kovaliov la perte de son nez. Bien sûr, depuis les travaux de Sigmund Freud, le symbolisme sexuel du nez néchappe plus à personne. Dès le début de la nouvelle, le barbier trouve le nez enfoncé au beau milieu dun petit pain tout chaud que sa femme vient juste de sortir du four. Puis il apparaît clairement quen perdant son nez, Kovaliov se trouve aussi privé de sa virilité. Chaque rappel des préjudices que lui cause cette perte accompagne lévocation de femmes. Comment, sans nez, pourraitil se montrer chez « madame Tchekhtareva, lépouse du conseiller dÉtat », et chez madame « Palaguéïa Grigoriévna Podtotchina, lépouse dun officier supérieur » ? Et nestce pas, dailleurs, cette dernière qui, pour se venger de ce quil a refusé dépouser sa fille, aurait été linstigatrice de la disparition du nez de Kovaliov ? La nouvelle de Gogol distille un humour parfois subtil, comme en témoignent les nombreuses remarques satiriques, mais la farce et le burlesque ne sont jamais très loin. Caricaturés, les personnages exposent au grand jour dénormes défauts et travers, comme le domestique de Kovaliov qui passe son temps à cracher au plafond, ou lemployé des petites annonces qui refuse de publier lavis de Kovaliov, sous prétexte que le journal diffuse déjà assez « dabsurdités et de fausses rumeurs ». Toute cette scène relève dailleurs de la plus pure bouffonnerie, ainsi que le montrent le quiproquo entre le fonctionnaire et Kovaliov, le premier comprenant que lassesseur recherche un moujik du nom de MonNez, ou encore lannonce pour retrouver un caniche noir qui se révèle être le trésorier dune administration publique. Plus loin, la visite du médecin qui vient recoller le nez de Kovaliov aurait plu à Molière. Cet homme « fort bien de sa
7
personne » pratique une hygiène buccale draconienne, « se gar garisant près de trois quarts dheure » par jour et « se polissant les dents avec cinq brosses différentes » ! Après plusieurs échecs pour replacer le nez de son client, lélégant Diafoirus conclut que cet appendice est inutile et ne lui conférera pas une meil leure santé. Il lui conseille de se laver plus souvent le visage à leau froide, de placer son nez dans lalcool et de le vendre pour en obtenir « une somme coquette » ! À défaut dêtre un habile médecin, il a pour le moins le sens des affaires ! Dans cette nouvelle dune trentaine de pages, Gogol offre, on le voit, un étonnant mélange de satire sociale assez pessimiste et désabusée, profondément ancrée dans le cadre très e particulier du XIX siècle pétersbourgeois, dallusions voilées sur un sujet tabou, grave et désespérant, et dhumour parfois bouffon autour de personnages caricaturés, artificiels et déshuma nisés. Rien, à première vue, de très prometteur pour un projet de théâtre pour la jeunesse. Cest pourtant sous cette forme queLe nezde Gogol a connu une autre vie quont su lui in suffler deux adaptateurs de talent, Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy.
En 1983, Robert Bellefeuille est directeur artistique du Théâtre de la Vieille 17, troupe francophone de lOntario alors installée à Rockland. Il cherche à inscrire au programme de la troupe une pièce de théâtre pour la jeunesse qui mette laccent sur lima ginaire, lhumour, le ludisme ; en un mot, il recherche une uvre folle quoique susceptible de promouvoir la réflexion des spectateurs. Il tombe par hasard sur les nouvelles de Gogol et rencontre Isabelle Cauchy qui souhaite, elle aussi, travailler à un spectacle pour enfants. Robert Bellefeuille lui propose de lire Gogol. Alors jaillit létincelle qui enflamme limaginaire des deux créateurs. Il ne reste plus quà faire agréer lidée par
8
Extrait de la publication
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Lâchez le Renard!

de le-nouvel-observateur

Au plaisir de Molière

de le-nouvel-observateur

Rêve totalitaire de dieu l'amibe

de editions-prise-de-parole

Corbeaux en exil

de editions-prise-de-parole

Strip

de editions-prise-de-parole

suivant