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LE S ON GE D ’U N E N U IT D ’ÉTÉ
William Sh akespear e
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(1595) Traduction de M. Guizot
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Table des m atières
Notice sur le Son ge d’un e n uit d’été .........................................3
Per son n ages ..............................................................................6
ACTE PREMIER .......................................................................8
SCÈNE I ....................................................................................... 9SCÈNE II ................................................................................... 19
ACTE DEUXIÈME ..................................................................25SCÈNE I ..................................................................................... 26SCÈNE II ................................................................................... 29SCÈNE III .................................................................................. 34SCÈNE IV ..................................................................................38ACTE TROISIÈME .................................................................45
SCÈNE I ..................................................................................... 46SCÈNE II ................................................................................... 56ACTE QUATRIÈME ................................................................ 75SCÈNE I ..................................................................................... 76SCÈNE II ................................................................................... 8 5ACTE CINQUIÈME ............................................................... 8 8
SCÈNE I .....................................................................................8 9SCÈNE II ................................................................................. 10 5
À propos de cette édition électron ique .................................10 8
N o tic e s u r le S o n g e d ’u n e n u it d ’é té
Led’un e Son ge d’étén uit peut être regar m e dé com -le pen dan t de laTem pêtecore ici un e pièce de féerie, où. C’est en l’im agin ation sem ble avoir été le seul guide de Sh akspeare. Aus-si, pour la juger, faut-il n e pas oublier son titre et se livrer au caprice du poëte, qui a dû sen tir lui-m êm e tout ce qu’aurait de choquan t pour u n esprit m éthodique et froid le m élan ge bizarr e de la m ythologie an cien n e et de la m ythologie m odern e, le tran sport rapide du spectateur d’un m on de réel dan s un m on de fan tastique, et de celui-ci dan s l’autre. LaVie de Thésée, dan s Plutar que, et deux con tes de Ch aucer, on t peut-être fourn i à Shakspeare quelques traits de son ouvrage, m ais l’im itation y est très-difficile à recon n aîtr e. On préfère gén éralem en t laTem pête auSon ge n uitd’un e d’étéièrecher pour cette dern ble pen . Le seul Schlegel sem pièce ; H azzlitt n ’est poin t de son avis, m ais il ajoute que si la Tem pête est un e m eilleure pièce, leSon ge est e sup un poëm é-rieur à laTem pêtetrouve, en effet, dan s le. On Son ge, un e foule de détails et de description s rem arquables par le charm e des ver s, la richesse et la fraîcheu r des im ages : « La lecture de cette pièce, dit H azzlitt, ressem ble à un e prom en ade dan s un bos-quet, à la clarté de la lun e. » Mais est-il rien de plus poétique que le caractère de Miran -da et la pur eté de ses am ou rs avec Ferdin an d ? Ariel au ssi l’em porte de beaucoup sur Pu ck, qui est l’Ariel duSon ge d’un e n uit d’ététiellem en t ais qui en diffère essen par son caractère,, m quoique ces deux person n ages aérien s aien t en tre eu x tan t de ressem blan ce par leurs fon ction s et les situation s où ils se trou-ven t. Ariel, dit en core le critiqu e que n ous avon s cité tout à
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l’heu re, Ariel est un m in istre de ven gean ce qui est touché de pitié pour ceux qu ’il pun it ; Puck est un esprit étourdi, plein de légèreté et de m alice, qui rit de ceux qu’il égare : « Que ces m or-tels son t fous ! » Ariel fen d l’air et exécute sa m ission avec le zèle d’un m essager ailé ; Puck est porté par la brise com m e le duvet brillan t des plan tes. Prospéro et tous ses esprits son t des m or alistes ; m ais avec Obéron et ses fées n ous som m es lan cés dan s le royau m e des papillon s. Il est éton n an t que Shakspeare soit con sidéré n on -seulem en t par les étran ger s, m ais par plusieurs des critiques de sa n ation , com m e un écrivain som bre et terrible qui n e peign it que des gorgon es, des h ydres et d’effrayan tes chim ères. Il sur-passe tous les écrivain s dram atiques par la fin esse et la subtilité de son esprit ; tellem en t qu’un célèbre person n age de n os jours disait qu’il le r egardait plutôt com m e un m étaphysicien qu e com m e un poëte. Il paraît que, dan s cette pièce, Shakspeare avait pour but de faire la caricatu r e d’un e troupe de com édien s rivale de la sien n e, et peut-être de tous ces artistes am ateu rs chez qui le goût du théâtre est un e passion souven t ridicule. Le caractère de Bottom est un des plus com iques de Shaks-peare ; H azzlitt l’appelle le plus rom an esque des artisan s, et ob-serve à son sujet ce qu ’on a dit plusieurs fois, c’est que les carac-tères de Shakspeare son t toujours fon dés sur les pr in cipes d’un e physiologie profon de. Bottom , qui exerce un état séden taire, est représen té com m e suffisan t, sérieux et fan tasque. Il est prêt à tout en trepren dr e, com m e si tout lui était aussi facile qu e le m an iem en t de sa n avette. Il jouera, si on veut, le tyran , l’am an t, la dam e, le lion , etc., etc.
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Sn ug, le m en uisier, est le philosophe de la pièce ; il procède en toute chose avec m esur e et pru den ce. Vous croyez le voir, son équerre et son com pas à la m ain : « Avez-vou s par écrit le rôle du lion ? si vous l’avez, don n ez-le m oi, je vou s prie, car j’ai la m ém oire paresseuse. – Vous pouvez l’im proviser, dit Quin ce, car il n e s’agit qu e de rugir. » Starvelin g, le tailleur, est pour la paix, et n e veut pas de lion n i de glaive hors du fourreau : « J e crois qu e n ous feron s bien de laisser la tuerie quan d tout sera fin i. » Starvelin g cepen dan t n e propose pas ses objection s lui-m êm e, m ais il appuie celles des autres, com m e s’il n ’avait pas le courage d’exprim er ses crain tes san s êtr e souten u et excité à le faire. Ce serait aller trop loin qu e de supposer que toutes ces différen ces caractéristiques son t faites avec in ten tion , m ais heu-reusem en t elles existen t dan s les création s de Shakspeare com m e dan s la n ature. Les caractères dram atiques et les caractères grotesques son t placés par lui dan s le m êm e tableau avec d ’au tan t plus d’art que l’art n e s’aperçoit n ullem en t. Oberon , Titan ia, Puck, et tous les êtr es im palpables de Shakspeare, son t aussi vrais dan s leur n ature fan tastique que les per son n ages don t la vie réelle a four-n i le m odèle au poëte. Suivan t Malon e, led’étén uit d’un e Son ge -été com  aurait posé en 1592 : c’est un e des pièces de la jeun esse de Shaks-peare ; aussi a-t-elle toute la fraîcheur et le coloris d’un tableau de cet âge des rêves poétiques.
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P e rs o n n a ge s
TH ÉSÉE,es.duc d’Athèn ÉGÉE,erm iapère d’H . LYSANDRE, DÉMÉTRIUS,am oureux d’H erm ia. PH ILOSTRATE,ordon n ateu r des fêtes de Thésée. QUINCE,charpen tier. BOTTOM,tisseran d. FLUTE,d de souffletsm archan . SNOUT,chaudron n ier. SNUG, charpen tier. STARVELING,tailleur. H IPPOLYTE,fian cée à Théséerein e des Am azon es, . H ERMIA,san drefille d’Égée, am oureuse de Ly . H ÉLÈNE,am ou étriusreuse de Dém . OBERON,roi des fées.1 TITANIA,des fées.rein e
1  Les person n ages d ’Oberon et de Titan ia étaien t con n us avan t Sh akspeare, m ais ils son t deven us, dan s la pièce, des person n ages origi-n aux. Sh akspeare est pour la m yth ologie des fées, en An gleterre, ce qu’était H om ère pour celle de l’Olym pe. Peut-être Ch aucer aurait-il droit de partager cette gloire avec lui, m ais ce poëte est oublié m êm e de ses com patriotes, à cause de la vétusté de son lan gage. Titan ia était aussi appelée la rein eM ab; etPuck ouH obgoblin, con n u en core de n os jours dan s les trois royaum es sous le n om deR obin good fellowen t était le serviteur spécialem à Oberon attach é argé de, et ch découvrir les in trigues de la rein e. On préten d quePuckest un vieux m ot goth ique qui veut dire Satan . Cet esprit est regardé com m e très-m alicieux et en clin à troubler les m én ages. Si l’on n ’avait pas soin de laisser un e tasse de crèm e ou de lait caillé pour Robin , le len dem ain le potage était brûlé, le beurre n e pouvait pas pren dre, etc., etc. C’était sa récom pen se
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PUCK, ou ROBIN BON DIABLE,lutin. FLEUR-DE-POIS (Pea’s-Blossom ), TOILE D’ARAIGNÉE (Cob-web), PAPILLON (Moth), GRAIN DE MOUTARDE (M us-tard-Seed),fées. PYRAME, TH ISBÉ, LA MURAILLE, LE CLAIR DE LUNE, LE LION,eperson n ages de l’in term èd . FÉES DE LA SUITE DU ROI ET DE LA REINE. SUITE DETH ÉSÉE ET D’HIPPOLYTE.La scèn e est d an s Athèn es et dan s un bois v oisin .
pour la pein e qu ’il pren ait de balayer la m aison à m in uit et de m oudre la m outarde.
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ACTE P REM IER
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S CÈN E I
La scèn e rep résen te un appartem en t du palais de Thésée, dan s Athèn es. TH ÉSÉE, H IPPOLYTE, PH ILOSTR ATE, suite. TH ÉSÉE. – Belle H ippolyte, l’heure de n otr e hym en s’avan ce à gran ds pas : quatre jours fortun és am èn eron t un e lun e n ouvelle ; m ais que l’an cien n e m e sem ble len te à d é-croître ! Elle r etarde l’objet de m es désirs, com m e un e m arâtre, ou un e douairière, qui puise lon gtem ps dan s les r even us du jeun e h éritier. H IPPOLYTE. – Quatre jours seron t bien tôt en gloutis dan s la n uit, et quatre n uits auron t bien tôt fait couler le tem ps com m e un son ge ; et alors la lun e, com m e un arc d’argen t n ou-vellem en t ten du dan s les cieux, éclairera la n uit de n os n oces. TH ÉSÉE. – Allez, Philostr ate ; excitez la jeun esse ath é-n ien n e à se divertir ; réveillez les esprits vifs et légers de la joie ; ren voyez aux fu n érailles la m élan colie : cette pâle com pagn e 2 n ’est pas faite pour n otr e fête.(Philostrate sort.), jeH ippolyte t’ai fait la cour l’épée à la m ain , j’ai con quis ton cœ ur par les ri-gueurs de la guerr e ; m ais je veu x t’épouser sous d’autres au s-pices, au m ilieu de la pom pe, des triom phes et des fêtes. (En tren t Égée, H erm ia, Ly san d re et Dém étrius.) ÉGÉE. – Soyez h eureux, Th ésée, n otre illu stre du c ! 2 Allusion à la victoire de Thésée sur les Am azon es. H ippolyte, que d’autres appellen t An tiope, avait été em m en ée captive par le vain queur .
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TH ÉSÉE. – J e vous ren ds grâces, bon Égée : quelles n ou-velles n ous an n on cez-vous ? ÉGÉE. – J e vien s, le cœ ur plein d’an goisses, m e plain dre de m on en fan t, de m a fille H erm ia. – Avan cez, Dém étrius. – Mon n oble prin ce, ce jeun e hom m e a m on con sen tem en t pour l’épouser. – Avan cez, Lysan dre. Et celui-ci, m on gracieux duc, a en sorcelé le cœ ur de m on en fan t. C’est toi, c’est toi, Lysan dre, qui lui as don n é des vers et qui as éch an gé avec m a fille des gages d’am our. Tu as, à la clarté de la lun e, chan té sous sa fe-n être, avec un e voix trom peu se, des vers d’un am our trom peu r : tu as surpris son im agin ation avec des bracelets de tes ch eveux, avec des bagues, des bijoux, des hoch ets, des colifichets, des bouquets, des frian dises, m essagers d’un ascen dan t puissan t sur la ten dr e jeun esse ! Tu as dérobé avec adresse le cœ ur de m a fille, et chan gé l’obéissan ce qu ’elle doit à son père en un âpre en têtem en t. Ain si, gracieux duc, dan s le cas où elle oserait r efu-ser ici devan t Votre Altesse de con sen tir à épouser Dém étrius, je réclam e l’an cien privilége d’Athèn es. Com m e elle est à m oi, je puis disposer d’elle ; et ce sera pour la livrer à ce jeun e hom m e 3 ou à la m ort, en vertu de n otre loi , qui a prévu expressém en t ce cas. TH ÉSÉE. – Que répon dez-vous, H erm ia ? Charm an te fille, pen sez-y bien . Votre père devrait être un dieu pour vous : c’est lui qui a form é vos attraits : vous n ’êtes à son égar d qu ’un e im age de cire, qui a reçu de lui son em prein te ; et il est en sa puissan ce de laisser su bsister la figure, ou de la briser. – Dém é-trius est un dign e jeun e hom m e. H ERMIA. – Lysan dre aussi.
3  Par un e loi de Solon , les pères exerçaien t sur leurs en fan ts un droit de vie et de m ort.
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