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Maquillages

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64 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 262
EAN13 : 9782296369474
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MAQUILLAGES

Titre original: Keshô @ Shûeisha, 1983 @ L'Harmattan, 1986 ISBN: 2-82802-692 0

Hisashi Inoue

MAQUILLAGES
Traduit du japonais par Patrick De Vos

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

PRÉFACE

La. présentation en France d'une primeur littéraire japonaise relève encore en 1986, soyons justes, de l'événement. Celle de Maquillages confirmera la règle pour au moins deux raisons. La première c'est qu'après les quelques rares traductions de pièces de Mishima ou de Kôbô Abe, après les tournées en France de quelques troupes de I'« underground» japonais (Terayama, Tadashi Suzuki, Shôgo Ôta), elle soulèvera pour nous un nouveau. coin du voile sur ce

qu'il est convenu d'appeler au Japon le « Théâtre
moderne» (1'ensemble flou du shingeki, qui désigne en vrac, de Sophocle à Sam Shepard, tout ce qui n'appartient pas à la tradition théâtrale du pays). Secundo, parce qu'il sera ainsi donné au lecteur . français de découvrir rune des œuvres les plus en vue, et les plus populaires actuellement au Japon, celle de Hisashi Inoue (à ne pas confondre avec Yasushi Inoue, déjà connu en France, en particulier pour le Fusil de chasse). Faute de pouvoir, dans ces lignes, situer Inoue au sein des données actuelles de la création théâtrale au Japon - il faudrait d'abord exposer ces données, et ce serait bien trop long - nous nous bornerons à situer Maquillages au sein de son œuvre, en tâ5

chant d'éclairer celle-ci d'un minimum d'indications. Pour emprunter un raccourci, nous pourrions commencer par dégager des origines de l'auteur et des circonstances de ses débuts, un premier trait fondamental. De la province (Yamagata, au nordouest de l'île principale de Honshû) où il est né en 1934, et de la radio, puis de la télévision où il conquit la célébrité, Inoue semble avoir gardé un attachement à la parole, aux parlers marginaux, tels les dialectes, le langage des enfants, etc., en même temps qu'une méfiance profonde envers toutes les valorisations de la culture écrite. Dans son premier grand succès public, un feuilleton télévisé pour enfants, Hyokkori Hyôtanjima (quelque chose comme Tout à trac l'île Calebasse), théâtre de marionnettes narrant les péripéties de la vie quotidienne sur une île utopique, s'affirmera d'emblée son insouciance vis-à-vis de la grande littérature (ce qu'on appelle au Japon la littérature «pure »), son inclination à la fantaisie, à la petite forme, celle du sketch ou de la farce. Cette activité de scénariste pour dramatique radiophonique ou télévisée, genre qu'il ne cessera de pratiquer par la suite, était néanmoins le germe d'une œuvre profondément littéraire. C'est par exemple à cette même époque (1964) qu'il publie, ici encore sur les ondes de la radio, le premier jet de ce qui allait devenir en 1982 un monumental roman de «sciencepolitique-fiction» racontant comment «les gens du pays de Kirikiri» (titre de l'ouvrage) prirent un train en otage, et comment ils s'y constituèrent en Etat indépendant en s'empressant bien sûr d'instituer leur dialecte en nouvelle langue nationale. 6