Roc & rail

De
« Roc & rail » réunit deux pièces du dramaturge anglo-canadien Mansel Robinson, « Trains fantomes » et « Slague. L’histoire d’un mineur » dans une traduction de Jean Marc Dalpé.
« Trains fantômes »
Au chevet de son père mourant, Danny a conté ce qu’autrefois son père lui contait : ses aventures au travail sur les voies ferrées nord-ontariennes. À l’heure ultime, elles auront rapproché ce père rude et son « fils raté ». Maintenant c’est à nous que Danny la raconte, cette vie d’homme ordinaire aux dimensions pourtant mythiques. Un curieux transfert s’opère et nous devenons, comme ce père, portés par les rails du souvenir, tenus en vie par la parole.
« Slague. L’histoire d’un mineur »
La slague, c’est le résidu des affineries et Pierre de Lorimier lui ressemble, depuis l’accident qui l’a estropié. Sept jours dans le noir, il est resté coincé dans l’éboulement où son fils est mort. Mais est-il victime d’un accident ou de forces qui confondent jusqu’à sa soif de justice, son rêve de vengeance ? Manipulation, trahison, remords... l’intrigue minière est noire, mais la parole minerai mène de la haine jusqu’à l’amour.
La pièce « Trains fantômes » a été créée en 2006 par Triangle Vital et depuis, sa tournée l’a amenée dans une vingtaine de villes du Québec et de l’Ontario. « Slague. L’histoire d’un mineur », dont Jean Marc Dalpé incarne le personnage, a été créée au Théâtre du Nouvel-Ontario le 28 février 2008.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782894235720
Nombre de pages : 121
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Mansel Robinson Traduction de Jean Marc Dalpé
Rocrail Trains fantômes suivi deSlague. L’histoire d’un mineur
Extrait de la publication
Prise deparole Théâtre
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Trains fantômes
suivi de
Slague. L’histoire d’un mineur
Extrait de la publication
D   T Picking Up Chekhov,Winnipeg, Scirocco Drama, 2007. Rock ’n Rail : Ghost TrainsandSpitting Slag,Saskatoon, istledown Press, 2002. Street Wheat,Regina, Coteau Books, 2002. Downsizing Democracy, Toronto, Playwrights Canada Press, 1998. e Heart As It Lived, Toronto, Playwrights Canada Press, 1998. Colonial Tongues, Toronto, Playwrights Canada Press, 1995; reproduit dans une anthologie,Staging the North, Toronto, Playwrights Canada Press, 1999. Collateral Damage, Winnipeg, Blizzard Publishing, 1994.
R Slag, Saskatoon, istledown Press, 1997.
Cinquante exemplaires de cet ouvrage ont été numérotés et signés par l’auteur.
Extrait de la publication
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Trains fantômes suivi de Slague. L’histoire d’un mineur
Traduction de Jean Marc Dalpé
éâtre
Éditions Prise de parole Sudbury 2008
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Robinson, Mansel, 1955-[Rock ’n rail. Français]  Roc & rail : trains fantômes ; suivi de Slague : l’histoire d’un mineur / Mansel Robinson ; traduction de Jean Marc Dalpé.
Traduction de: Rock ’n rail : Ghost trains et Splitting slag. ISBN 978-2-89423-218-7
I. Dalpé, Jean-Marc, 1957- II. Robinson, Mansel, 1955- . Splitting Slag. Français. III. Titre. IV. Titre: Slague.
PS8585.O35168R6314
2008
C812’.54 C2008-901065-5
Distribution au Québec : Diffusion Prologue • 1650, boul. Lionel-Bertrand • Boisbriand (QC) J7H 1N7 • 450-434-0306
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Les chansons deTrains fantômes, paroles de Mansel Robinson et de Stewart MacDougall. Œuvre en page de couverture et conception de la couverture : Olivier Lasser.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. Copyright © Ottawa, 2008 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 http://pdp.recf.ca
ISBN 978-2-89423-218-7
ISBN 978-2-89423-313-9 (Numérique)
Extrait de la publication
Appelez ça comme vous voulez, la chance, le hasard, le karma, la providence, la sérendipité ou la prédestination, les étoiles étaient toutes bien alignées cette journée-là, même s’il faisait plein soleil. C’est devant le théâtre de la Licorne à Montréal que le petit destin s’est joué. Moi, je marche sur le trottoir sans pourtant faire attention aux craques — l’enfer m’attend peut-être — lui, Jean Marc Dalpé, fume devant le théâtre. « Hé Perrier ! » Heureux de le voir, je lui dis que je devais l’appeler pour lui offrir une traduction. Il me dit qu’il est présentement trop occupé, que c’est dommage, mais que, il y a deux mois, il se cherchait un projet de traduction, que Maureen, sa compagne, lui a fait lire un texte pour lequel il a eu un gros coup de cœur, qu’il veut absolument le traduire, qu’il ne peut pas prendre une autre traduction et qu’en gros, je suis deux mois en retard. Le poids du silence saute dans l’abîme qui est devenu mon cœur. J’aurais dû appeler plus tôt ! Maudite
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Extrait de la publication
procrastination ! Pour cacher mon désarroi grandissant, car je suis convaincu qu’il n’y a que Jean Marc Dalpé qui peut traduire le texte comme je l’entends, je lui demande, plus par politesse que par intérêt réel, quel est ce fameux texte usurpateur que je déteste déjà. «Ghost Trainsde Mansel Robinson. » « C’est pas vrai ! Moi aussi !!! » Molière lui-même n’aurait pas pu trafiquer un plus beau coup de théâtre. Et au-dessus de nous, souriantes, les étoiles terminent leur danse en ligne.e deal is made.
AvecTrains fantômesetSlague, Jean Marc Dalpé retrouve des univers familiers où se côtoient la poésie de l’âme humaine et la rudesse d’un monde d’hommes « qui pètent, qui sacrent » dans la sueur d’un travail noble. Les deux textes de Mansel Robinson sondent ces univers avec amour et passion, avec un brin de romantisme dans l’un et une touche de cynisme dans l’autre. Planté dans deux univers concrets, l’onirisme germe dans une parole virile du Nord de l’Ontario.
Dalpé est le décalque francophone de Robinson, s’appropriant le texte en nous donnant l’impression de lire et d’entendre le texte dans sa langue originale, complètement reconquis par une poésie et une rythmique francophone. Bien plus que fidèle aux mots, la traduction est fidèle àl’essenceet àl’âmedu texte. C’est duDalpé. L’anglais et le français deviennent non pas le miroir de l’autre, mais les deux côtés distincts
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d’une même pièce de monnaie, chacun riche de sa culture investie. Trains fantômes,d’une musicalité rocailleuse, rythmée et sonore, voyage entre poésie et prose sur les rails/ryes d’une locomotive verbale à donner le vertige. Le texte, à trois niveaux, circule entre le pur conte, la performance poétique et le témoignage intime, ce qui permet un rapport de convivialité privilégié avec le spectateur. La construction de Robinson est intelligente et instinctive, et l’auteur laisse défiler les paysages de la mémoire dans un rythme de plus en plus vif alors que Danny tente de déjouer le temps compté. La petite histoire de son père mourant (ancien cheminot) devient alors mythique, et nous roulons à pleine vapeur sur les chemins de fer du Nord de l’Ontario, traçant avec rythme, tendresse et humour le parcours d’une vie. Parallèlement, sur un autre rail, nous parvient l’histoire d’une rencontre, d’un amour découvert entre père et fils, d’un amour qui se révèle dans le non-dit, en toute discrétion et sans transgression des convenances masculines, dans le silence de l’un et dans le flot de paroles de l’autre. Pont entre le passé conjuré, le présent insoutenable et le futur incertain, la parole, tel un passeur vers l’autre monde, libérera le père en léguant au « fils raté » la passion du conte.
PourSlague,le spectateur est plongé dans leshaftdu remord et de la culpabilité, culpabilité qui, par pelletée de terre, creuse ses passages dans le corps déjà meurtri de Pierre. C’est l’histoire d’une injustice où le blâme n’est pas partagé équitablement, où celui qui a déjà
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Extrait de la publication
payé chèrement doit le faire encore et encore, alors que d’autres, ceux « au-dessus », en sortent indemnes, leur conscience bien enfouie dans le porte-monnaie. C’est aussi l’histoire d’une manipulation et d’une trahison médiatique, là où on vend son âme pour vendre la bonne histoire, là où l’angle subjectif de la caméra peut changer des destins et là où on ferme son âme plastifiée dans l’écran noir des sondages.
Pièce dense et sans complaisance, l’écriture, d’une grande rigueur, y est plus opaque mais laisse filtrer des rayons d’humour surprenants. Empreint d’un certain cynisme, le personnage est dessiné avec réalisme et intensité. Étrangement, dans les deux textes, ce sont les morts qui nous racontent les vivants. Bien que Danny nous retrace les histoires de son père décédé, c’est bien plus lui-même qu’il révèle, éclairé par la perspective du père, alors que Slagueest une introspection du père vu sous la loupe du fils fantôme. C’est sous le regard des morts que les vivants se racontent et que l’on scrute les profondeurs et la complexité de la relation père-fils. Autre similitude entre les deux textes : l’importance de l’appropriation des mots par les deux personnages. Alors que Danny s’éprend des mots par le biais du conte, Pierre s’achète un dictionnaire pour vaincre son ignorance et s’armer, en vain, contre les « éduqués » de ce monde. C’est peut-être pour cela que nous, francophones, sommes interpellés par le texte de Robinson pour qui la langue, dans son rapport de mots à conquérir, est une bataille vécue sur un front très
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