Roger Roger

De
Dès leur première rencontre, Roger et Annie, deux timides - l’un rédige des lettres qu’il cache dans un Playboy; l’autre parle à son micro-ondes - profitent d’une panne de courant pour unir leurs corps dans une mer de fils électriques. C’est le début d’une nouvelle vie, littéralement, et les amoureux s’apprivoisent peu à peu. Mais les problèmes de Roger ne le quittent pas pour autant. Son père est persuadé qu’« [il] ne foutra jamais rien d’excitant de sa vie ». Roger « l’électricien », « le petit voleur de salade », lui prouvera-t-il le contraire?
Produite par le théâtre l’Escaouette en collaboration avec le théâtre Alacenne en 2005, cette pièce est la deuxième création théâtrale de Mélanie Léger et d’Anika Lirette, codirectrices artistiques du théâtre Alacenne.
« Dans tout ce délire, une vision délurée, joyeuse, impertinente, même critique par instants, de notre société apparaît. » David Lonergan, L’Acadie nouvelle
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Mélanie Léger Roger Roger
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Prise deparole THÉÂTRE
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Cinquante exemplaires de cet ouvrage ont été numérotés et signés par l’auteure.
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héâtre
Éditions Prise de parole Sudbury 2009
Catalogage avant publication de BibliotHèque et ArcHives Canada Léger, Mélanie (Mélanie Françoise), 1983- Roger Roger / Mélanie Léger. Pièce de tHéâtre. ISBN 978-2-89423-211-8  I. Titre. PS8623.E4665R63 2008 C842’.6 C2008-901170-8
Distribution au Québec : Diusion Prologue • 1650, boul. Lionel-Bertrand • Boisbriand (QC) J7H 1N7 • 450-434-0306
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Œuvre en couvertureet conception de la page de couverture : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. CopyrigHt © Ottawa, 009 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada PE 4R Http ://pdp.recf.ca
ISBN 978--894--8 ISBN 978--894-4-6 (Numérique)
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Roger Rogera été écrit par Mélanie Léger dans le cadre d’un stage intensif d’écriture que j’animais à Moncton à l’initiative du théâtre l’Escaouette. Roger Rogerfait partie de ces bonheurs d’ateliers. Il arrive parfois que ces marathons d’auteurs favorisent l’accouchement d’œuvres fortes qui dépassent l’événement. Certes, un des objectifs les plus nobles de ces moments de formation consiste à faire naître des partitions d’une rigueur dramaturgique sans faille. Mais quand le projet d’un participant transcende les principes pédagogiques les plus ambitieux, la genèse de l’œuvre devient un peu magique, voire presque inexplicable. Cela prouve en tout cas que la créativité la plus inspirée peut émerger des seules balises d’un simple atelier. Nous sommes plusieurs à penser que l’écriture d’une pièce de théâtre participe plus souvent qu’autrement d’une aventure collective.Roger Rogeren est un exemple éloquent. SiRoger Rogerprocède d’exercices
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sur mesure, de limites de temps obligatoires, d’analyses ponctuelles et de commentaires ad hoc, l’œuvre émerge cependant, dans toute sa luminosité, de la plume et de l’imagination percutante de Mélanie Léger. Ce qui est remarquable dans ce processus un peu scolaire de création c’est que non seulement Mélanie Léger applique d’une manière exemplaire les différentes techniques proposées, mais surtout qu’elle ose parfois thématiser les consignes d’une manière singulière, voire irrévérencieuse. Ici le ludique et ses contraintes se transforment en véritables ouvroirs de littérature potentielle au sein desquels Léger nage comme un poisson dans l’eau. C’est ce qui fait en partie toute la richesse de son style. Ce dernier se déploie comme une concrétisation convaincante des propos visionnaires des Le Lionnais, Pérec, Calvino, Queneau ou Fournel : « écriverons » dangereusement loufoques qui ont poussé vers des limites vertigineuses les voies iconoclastes de l’écriture. Non seulement Léger nous confirme que des règles souvent arbitraires, qui pourraient passer pour des recettes, mènent non seulement vers des pistes formelles inexplorées, mais aussi vers des thèmes imprévisibles. Léger navigue avec adresse au cœur des dynamiques obscures entre le contenant et son contenu, la forme et son fond, le signifiant et son signifié. Jamais Léger ne travaille ses scènes d’un unique point de vue ou bien formaliste ou bien didactique. La construction du récit renvoie toujours à des problématiques fondamentales. Chaque scène abordée par la dramaturge, aussi divertissante qu’elle puisse paraître, porte sa dose de gravité. Pour atteindre ses buts, sans doute inconscients, Léger fait flèche de tout bois. Humour noir, cruauté
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gratuite, sexualité clinique, émotion distanciée, froideur en contrepoint, mensonge burlesque, exagération grandiloquente. Tout y passe, pour que l’insolite fasse son travail et incite le spectateur à s’interroger sur sa propre condition tout en s’amusant de ses travers. Une simple consigne devient une matière avec laquelle Mélanie Léger choisit de composer d’une manière bien à elle, décapante, atypique, étonnante pour une auteure aussi jeune. Par exemple, au moment d’explorer les enjeux d’une situation dramatique, je fais référence à l’utilisation de la maladresse par Woody Allen. En plus de se servir avec brio du procédé, Mélanie Léger insère directement le mot « maladresse » dans un monologue d’une gratuité désarmante qui vient conclure la pièce. Plus tôt, j’insiste sur l’angoisse comme moteur d’inspiration chez Ionesco. Léger invente surlechamp un personnage clownesque et lui fait dire candidement : « j’angoisse », dans un intermède d’une savoureuse incongruité qui pourtant, plus loin, va boucler la courbe amoureuse de la fable. Plus tard, j’évoque la fonction symbolique des fleurs dansL’écume des joursde Vian. Léger suggère aussitôt une prolifération de fleurs typiquement ionesquienne dans une scène de talk show désopilante à souhait qui relance la deuxième partie de sa pièce. En d’autres mots, Léger phagocyte avec une rare maîtrise plusieurs informations qui circulent dans l’atelier sans jamais emprunter quoi que ce soit chez les autres. Ce qu’elle aurait pu faire puisque cela fait partie du jeu. Dans mes cours d’écriture, chaque participant peut se servir de tout ce qui s’y débat, s’y trame, s’y analyse, s’y commente, s’y suggère.
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Lorsque Marcia Babineau, directrice artistique du théâtre l’Escaouette me demande de mettre en scène Roger Roger, j’accepte tout de suite. Parce que cette comédie déjantée d’une dérision rafraîchissante me ressemble. En tout cas elle illustre ce que j’aime le plus au théâtre.Roger Rogerinflige une gifle cinglante au naturalisme convenu de ce théâtre platement psychologique qui domine plus souvent qu’autrement nos scènes professionnelles. Tout en demeurant accessible, la partition propose une déréalisation impitoyable des normes théâtrales les plus éculées. Je fais partie de ceux qui souhaitent que le théâtre renforce sa présence émancipatrice face à cette culture abêtissante qui domine nos sociétés occidentales. Le théâtre affirme sa modernité en se démarquant de la télévision et de cette pensée commerciale qui la gère. Il construit toute sa pertinence en pourfendant cette idéologie de pacotille qui alimente la plupart des fictions produites sur les petits ou les grands écrans. Cet art de la scène, pourtant vieux comme le monde, encore imprégné de ses origines religieuses, demeure un des rares outils culturels qui peut encore creuser de nouveaux chemins vers des imaginaires mobilisants. Léger réussit brillamment à se tailler une place parmi ces artisans qui font avancer le théâtre. Si, dans Roger Roger, le courant ringard est systématiquement évacué, s’y tissent pourtant des influences aussi saugrenues et éclectiques que celles d’un Samuel Beckett ou d’un Gilles Latulippe. C’est tout dire. Le vaudeville le plus populiste et le théâtre d’avantgarde le plus abstrait s’y côtoient allègrement. C’est ce qui fait le charme et l’originalité du ton de Léger. DansRoger
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