Safari de banlieue

De
Alcide, 16 ans, est seul à la maison depuis la disparition de son père lors d'un voyage d'affaires au Pérou. Colette, sa mère, est partie à sa recherche. Notre petit génie de l'électronique en profite pour se façonner un monde virtuel où il peut s'évader. Dans cet univers, c'est lui qui dicte les règles du jeu. Ainsi, il met en scène une aventure dans laquelle il ira sauver son père de la jungle amazonienne. Alcide se sent si bien dans ce nouveau monde qu'il en sort de moins en moins. Seul son ami Bruno tente de le ramener à la réalité. Y réussira-t-il ?
« Safari de banlieue » présente avec humour le danger de fuir dans un monde virtuel pour échapper aux exigences du réel.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782897440305
Nombre de pages : 100
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Stephan Cloutier

Safari de
banlieue

Théâtre

Sudbury
Prise de parole
2003

Données de catalogage avant publication (Canada)

Cloutier, Stephan

Safari de banlieue / Stephane Cloutier.

 

Pièce de théâtre.

ISBN 2-89423-150-4

 

I. Titre.

 

PS8555.L6798S23  2003        C842’.6        C2003-901203-4

PQ3919.3.C56S23  2003

 

Photographies en page couverture et à l’intérieur : Petr Maur

Photographie de l’auteur : Guy Soulliere

Conception de la couverture : Olivier Lasser

 

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

 

 

Copyright © Ottawa, 2003

 

 

ISBN 978-2-89423-150-0 (Papier)

ISBN 978-2-89423-436-5 (PDF)

ISBN 978-2-89744-030-5 (ePub)

Pour Guy. Parce que.

Remerciements

D’abord et avant tout, je tiens à remercier Joël Beddows pour cette belle aventure. Une autre preuve que les contraires peuvent parfois bien se compléter. Merci aux deux femmes en or de la Catapulte, Sandrine et Véronique, pour leur travail acharné et leur sourire communicatif. Merci et bravo à Eugénie Lafon-Simard pour avoir trouvé le titre qu’on cherchait sans réussir à le trouver. Et un merci gigantesque à l’équipe de création, Isabelle, Carol, Philippe, Marc, Maxine, Joël, Brian, Lynn, Daniel, Annie, Kadia, Eugénie et Geneviève pour leur générosité. C’est quand même vous qui avez donné vie à cette étrange bête.

Préface

« Mais, qui a écrit ce texte? » ai-je demandé à Edmonton en juin 2000 à Craig Holzschuh, à l’époque directeur artistique adjoint au Théâtre la Seizième. Je venais à peine d’écouter la mise en lecture du texte pour enfants Fuego. C’est à ce moment que j’ai découvert une plume qui avait tout pour plaire, celle de Stephan Cloutier, un jeune franco-vancouverois d’adoption. Sa folie, sa verve, son langage rythmé, son sens de la situation, sa capacité de bien exploiter les enjeux de ses personnages, m’ont séduit sur-le-champ. Il s’agissait d’un coup de foudre artistique! Dès notre première conversation, je lui ai demandé s’il serait intéressé à écrire une pièce pour adolescents pour le Théâtre la Catapulte. Ce moment marque le début d’un rapport artistique privilégié qui continue à ce jour à alimenter ma démarche personnelle.

Comme je l’avais déjà fait avec d’autres dramaturges en émergence, je lui ai laissé libre cours… Ou presque. Il devait composer avec une seule contrainte, soit celle de ne pas écrire une « pièce-problème », c’est-à-dire un texte moralisateur qui s’attarde à identifier des problèmes typiques des adolescents sans pour autant offrir de résolutions. Il s’agit d’un type de texte qui fait fi, à mon avis, de la réalité de ce public, qui a un imaginaire bien à lui et un rapport à l’art qui lui permet d’apprécier autre chose que le réalisme mélodramatique. Comme catalyseur, je lui ai proposé de relire, voire de s’inspirer, d’une pièce classique, une démarche propre au Théâtre la Catapulte depuis mon arrivée à la direction artistique. Plus précisément, je lui ai suggéré les farces de Molière, trop peu connues à mon avis, ainsi que quelques pièces « sociales » de Marivaux, dont L’Isle aux esclaves.

Deux ou trois mois plus tard, Stephan m’a informé qu’il voulait écrire une comédie féroce portant sur l’abus verbal qui ferait bon usage du rire jaune. Pour mon grand malheur, il suggérait que la pièce ait une fin ouverte, tout comme les « pièces-problèmes » que je n’aimais pas. Le spectateur serait donc appelé à imaginer sa propre conclusion aux situations exploitées. Qui plus est, Stephan avait choisi Le Misanthrope comme point d’inspiration, probablement la seule pièce du grand Jean-Baptiste que je n’aimais pas : son message, ses personnages sombres qui gravitent autour d’un Alceste qui aurait voulu être optimiste, et surtout sa fin ouverte m’avaient toujours déplu. Depuis mon adolescence, depuis ce moment où mon professeur de français à l’école secondaire avait exigé la lecture de cette pièce, je refusais de croire qu’Alceste avait raison de fuir le monde des hommes. Mais, comme je crois profondément au principe qu’il ne faut pas censurer un auteur, je n’ai rien dit.

De nombreux moments d’angoisse plus tard, je suis aujourd’hui heureux de vous écrire que Stephan a eu la sagesse de suivre ses impulsions artistiques, car la salle de répétition et la scène lui ont donné raison. À entendre les rires des adolescents partout où circule ce spectacle, comment pourrais-je ne pas avouer que j’ai eu tort?

Ce n’est qu’en salle de répétition, au moment où je me suis retrouvé à orchestrer un monde de menteurs et de monstres, d’amazones et de mégères, que Safari de banlieue m’a profondément séduit. J’ai d’abord découvert qu’il s’agissait d’un monde moins sombre que celui d’Alceste. Dans la pièce de Stephan, l’amitié est présentée comme une porte de sortie, son importance représentant la seule « morale » de la pièce. Contrairement à son homologue moliéresque qui refuse les conseils de son ami Philinte, Alcide prend ceux de son ami Bruno, ce qui permet à l’Alcide de Stephan de « voir une lumière », même si ce n’est pas celle qu’il recherche pour régler ses problèmes avec ses parents.

Et la fin ouverte? Eh bien, c’est aussi en salle de répétition que j’ai vraiment compris son projet d’écriture et qu’il y avait une différence importante entre les fins ouvertes des « pièce-problèmes » et celle du Misanthrope. Car Stephan, comme Molière, ne demande pas aux jeunes de trouver ou d’imposer une fin au récit présenté, mais il leur rappelle tout simplement que certaines situations ne peuvent être résolues dans le temps d’une fiction. Conclusion il y a, même si elle n’est pas complètement heureuse. Ai-je perdu l’optimisme de ma jeunesse? Chose certaine, la conclusion de Stephan me semble aujourd’hui non seulement crédible, mais logique et ô combien troublante! Visiblement, travailler avec Stephan Cloutier a été une expérience d’apprentissage pour moi, riche à tellement de niveaux.

Sa pièce m’a aussi permis de prouver auprès de certains professeurs que les adolescents peuvent comprendre et même aimer des structures plus complexes, qui intègrent entre autres des mises en parallèle entre deux mondes. Ç’a été l’occasion rêvée pour moi de démontrer que ce public peut aimer le théâtre physique, la commedia dell’arte, le clown… Que ce ne sont pas des genres réservés uniquement au théâtre pour enfants et pour adultes. Et finalement, et ceci est d’une importance capitale, que le théâtre pour adolescents n’était pas condamné à l’esthétique réaliste qui le caractérise trop souvent!

En guise de conclusion, vous me permettrez de remercier tous ceux qui ont rendu possible cette aventure véritablement pancanadienne. Tout d’abord, Stephan Cloutier. Il a fait preuve d’une patience considérable tout au long d’un processus de développement dramaturgique. Nous avons tous deux appris à faire bon usage du téléphone et de la communication par Internet. Josée Létourneau et Véronique LeMaire, je vous remercie au nom de tous les artistes qui ont contribué à ce projet. Vous avez géré avec bravoure non seulement un processus de développement, mais aussi une création et trois tournées. Eugénie Lafon-Simard mérite nos éloges puisque c’est elle, adolescente à l’époque, qui a trouvé le titre de cette pièce. Et comment pourrais-je passer sous silence la contribution exceptionnelle de Sandrine Vrilliard, qui a non seulement assuré la vente du spectacle à La Nouvelle Scène et l’organisation de deux tournées, mais qui a également signé un dossier d’accompagnement qui est en soi une œuvre remarquable. Aussi, et plus que jamais, je me dois de remercier les diffuseurs du Réseau Ontario et les écoles secondaires franco-ontariennes qui continuent à nous faire confiance et qui cheminent avec nous dans cette grande aventure qui est celle de remettre au monde un théâtre franco-ontarien pour adolescents, tout en refusant la médiocrité.

Enfin, merci à vous, chers comédiens, chers concepteurs. Vous avez fait preuve de patience face à deux créateurs qui apprenaient à se connaître, ainsi que leur rythme et leur lexique, pour pouvoir créer ensemble. C’est mon plus grand espoir de vous convoquer de nouveau, un jour, à l’aventure d’une création signée Stephan Cloutier au Théâtre la Catapulte.

Joël Beddows
Ottawa, le 1er février 2003

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