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La Cheminante, 2011

Collection : La Cheminante plein champ

9-11 rue Errepira – 64500 Ciboure

www.metaphorediffusion.fr

ISSN : 2111-5990

ISBN : 978-2-37127-006-0

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LE TERREAU DE SÉCHERESSE

Nous venons au monde avec nos peurs et nos frustrations enfouies au plus profond de notre inconscient. À l’orée de notre existence, d’autres impressions induites par l’environnement, des tendances, des fantasmes s’ajoutent à celles que nous charrions dès la naissance. Elles se combinent pour se muer en nos obsessions. Ce sont nos névroses de base qui conditionnent notre vie depuis l’enfance et à partir desquelles, nous voulons grandir et mûrir en les évacuant. Ceci, grâce à un effort d’accéder à la vacuité, à un estompement de l’ego obtenu par un effet de la concordance rythmique. Grâce à l’attention et la concentration précisément, que nous impose l’exercice rythmique de l’art.

En toutes ses manifestations, la nature témoigne du phénomène de la concordance des rythmes. Nous prolongeons ces rythmes et les coordonnons dans l’art à l’image de notre nature biologique, du règne végétal, de l’univers sidéral.

Le rythme est en tout. Et la concordance universelle des rythmes se trouve être le moteur de la vie. Sa représentation dans l’art est une mise en scène de nos fantasmes et névroses. Cette mise en lumière s’exerça en verbe poétique et traditions orales en arts lyriques, chorégraphiques et visuels à l’origine des religions.

La concordance des rythmes se révèle comme le principe premier de l’Art d’où découlent religion et pouvoir.

Dans la pièce qui suit, le poète dira : À se faire gloire de ses malheurs, la souffrance proférée s’évacue d’elle-même.

Nous arrivons ici à la source du mythe. Nos représentations névrotiques réifiées et glorifiées se personnalisent ; se trouvent divinisées sous l’apparence d’entités mystiques : le dieu de la mort, la déesse de l’amour, le divin Maître du Verbe, jusqu’au Capitaine Mâchefer, le monarque absolu et despotique.

Le poète dira de lui :

Qui se hasarde à diviser l’indivisible

Dissipe l’attention de ses voies de clarté

Soumet l’humanité à cette transmutation

d’espèces et d’identité

Et plus loin vers la fin : Le diable m’emporte de compter sur le pouvoir dérobé à la poésie.

D’où le conflit entre le poète et le pouvoir absolu, l’aspiration du couple à l’unité cosmique, la difficulté pour le peuple, le collectif à se soulager de la rigueur de l’existence pour accéder à l’humanisation spirituelle. Nous y arrivons cependant, grâce aux rituels rythmiques : les cérémonies vaudou, l’hypnose thérapeutique, l’art thérapie, l’écriture poétique, le théâtre poétique...

Je n’en dis pas plus.

Gérard Chenet

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Théâtre de l’Engouement, œuvre de Gérard Chenet.

Premier tableau

LA TRAVERSÉE DU DÉSERT

Environnement

La scène représente un espace désertique. La luminosité évoque un vent de sable sous un soleil blafard. Des voix d’abord lointaines se rapprochent. Puis comme des ombres apparaissent des silhouettes figurant une foule dépenaillée, harassée par la marche, geignant, titubant, s’avançant sur un rythme lent. La vision est celle d’une populace en plein exode. Des gens portent sur la tête des bagages hétéroclites, tirent des chariots déglingués. Des cadavres jonchent le sol.

Les fugitifs

Première voix

Que faire ?

Que faire entre naître et mourir ?

J’ai goûté au sel de la vie

Et je sens qu’à vivre, j’en perds la saveur

Que naissance et mort se réconcilient en ma chair !

Voyageur du néant, que j’emporte ma pleine suffisance

Et que ne souffre point mon corps

Du temps qui ne lui est pas échu

Deuxième voix

Pas besoin d’appeler le malheur, hein ! Il est déjà là

Troisième voix

Il a toujours été là, le malheur

Quatrième voix

C’est le temps des défis