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Théroigne de Méricourt

De
274 pages

A Vienne, à la fin de l’année 1791.

Un cabinet de travail dans le palais de l’Empereur Léopold-Joseph II. Au fond, une porte donnant sur les antichambres. A droite, porte d’un salon d’attente. A gauche, porte des appartements de l’Empereur. Mobilier de bureau impérial.

L’OFFICIER

Son Excellence le prince de Kaunitz vous recevra ici, chevalier, quand il aura fini de conférer (Il désigne la porte de gauche.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Paul Hervieu
Théroigne de Méricourt
Pièce en six actes, en prose
Au génie somptueux et tragique
de
MADAME SARAH-BERNHARDT
Hommage de très reconnaissante admiration.
P.H.
GERVAL.
J. LAURENT.
LACROIX.
CÉALIS.
SCHUTZ.
FAUCHOIS.
FUCHS.
DESCHAMPS.
UN BOURGEOIS
FRANÇOIS SULEAU
L’EMPEREUR LÉOPOLD-JOSEPH II
CAUROY.
PIRON.
BRISSOT
RŒDERER
LACHESNAYE
BARBAROUX
LE MARCHAND.
SCHELER.
DE MAX.
PERSONNaGES
me M
THÉROIGNE DE MÉRICOURT
SARAH BERNHARDT.
CHEVALIER DE LA VALETTE
PÉTION
SIEYÈS
JARJAYES
ARQUILLIÈRE.
KRAUSS.
VOLNYS.
LOUIS XVI
P. CHEVALET.
REBEL.
ROMME
CAMILLE DESMOULINS
DUREC.
VERGNIAUD
CHABOT
PIERRE MAGNIER.
UN CITOYEN
GRANGENEUVE
FABRE D’ÉGLANTINE
UN GARDE NATIONAL
PRINCE DE KAUNITZ
LE CAPITAINE VIARD
DANTON
MM.
DESJARDINS.
DENEUBOURG.
CHAMEROY.
KERWICH.
MARAT
UN CITOYEN
JOUBERT.
MM.
FUCHS.
BESSY.
JEAN DARA.
DAULTRY.
GERMAIN.
BOULANGER.
PATRY.
JANE MÉA.
UN GENTILHOMME
NEUVILLE.
DACQUIÉ.
UN CITOYEN
OLIN.
ESPINASSE.
LA REINE MARIE-ANTOINETTE
UNE CITOYENNE
LA BRANCHU
UN CAPITAINE D’ARTILLERIE
MAULOY.
MARIE GRANDET.
MARCYA.
CARTEREAU.
LEMARCHAND.
LAURENT.
TROUVÉ.
OSTIER.
mes M
BLANCHE DUFRÊNE,
PARENT.
DOLLEY.
SEYLOR.
SIMON SON.
UN SANS-CULOTTE
COLLOT D’HERBOIS
UN CITOYEN
ROBESPIERRE
LE CITOYEN GÉANT
LE DIRECTEUR DE LA SALPÊTRIÈRE
UN CAPITAINE DE LA GARDE NATIONALE
UNE DAME DE LA COUR IMPÉRIALE
DEUXIÈME TRICOTEUSE
ROSE
BRIGITTE
MADAME ÉLISABETH
MADAME CAMPAN
LE COLONEL DE MAILLARDOR
UNE TRICOTEUSE
UN PORTEUR DE PIQUE
UN OFFICIER DE SERVICE
UN INSURGÉ
UN INSURGÉ
LA PRINCESSE DE LAMBALLE
DEUXIÈME DAME DE LA COUR IMPÉRIALE
TROISIÈME TRICOTEUSE
UNE BOURGEOISE
UNE DAME
UNE DAME
UNE TRICOTEUSE
UNE TRICOTEUSE
LA DAUPHINE
LE DAUPHIN
LORNAY.
CHANTE NA Y.
PAGAUDET.
GERMAIN.
LA VOULZY.
LECOINTE.
PARRIAUX.
BRENNEVILLE.
DUC.
LE PETIT PAUL.
CITOYENS, CITOYENNES, SANS-CULOTTES, INSURGÉS, TRIC OTEUSES, GENTILSHOMMES, DÉPUTÉS A LA LÉGISLATIVE ET A LA CON VENTION, GARDES NATIONAUX, GARDES SUISSES, GENDARMES, ENFANTS.
KCTE PREMIER
AVienne, à la fin de l’année 1791.
Un cabinet de travail dans le palais de l’Empereur Léopold-Joseph II. Au fond, une porte donnant sur les antichambres. Kdroite, porte d’un salon d’attente. A gauche, porte des appartements de l’Empereur. Mobilier de bureau impérial.
SCÈNE PREMIÈRE
UN OFFICIER DE SERVICE, LE CHEVALIER DE LA VALETTE
L’OFFICIER Son Excellence le prince de kaunitz vous recevra ic i, chevalier, quand il aura fini de conférer (Il désigne la porte de gauche.) chez l’Empereur. LE CHEVKLIER J’attendrai. (L’officier sort.) Profitons du délai pour faire un peu de toilette. (Il prend des ciseaux sur le bureau, et coupe de nombreux fils à ses vêtements effrangés.) Chienne d’époque, quand on est un Français de qualité !
SCÈNEII
LE CHEVALIER, FRANÇOIS SULEAU, entrant par la porte de gauche
LE CHEVALIER Vous, à Vienne !... sortant de chez Léopold-Joseph !... Vous, monsieur François Suleau ! SULEAU Comment me connaissez-vous, monsieur ? LE CHEVALIER Eh ! qui ne connaît le moderne Juvénal, le bon écrivain royaliste, dont le style ne cesse de transpercer la clique révolutionnaire !... Vous n’avez pas de lecteur plus assidu que moi. Je pourrais vous réciter le dernier numéro du journal que vous avez édité en pays 1 allemand . Avec quelle verve vous y conviez l’Europe à rétablir l’ordre en France ! Et que votre respect est pressant pour faire entrer en cam pagne la tzarine, le cabinet de Saint-James, la Prusse, la Suède, l’Espagne, et jusqu’à Sa Majesté Sicilienne ! SULEAU En vérité, monsieur, je me félicite de vous avoir rencontré. LE CHEVALIER Je vous croisai déjà, ces derniers temps, sur les bords du Rhin, quand vous quittiez le comte de Provence, pour vous rendre à Coblentz, chez le comte d’Artois... Puis-je vous demander si c’est une mission de nos princes qui vous a conduit dans cette capitale ? SULEAU Ma mission, c’est moi seul qui me la suis donnée. Je suis accouru, à franc étrier, pour dire ici, toute chaude, l’émotion qui m’a pris deva nt l’état où l’on laisse le pauvre camp des émigrés !... Tant de braves gentilshommes s’y sont rendus, dans l’espoir que, dès le lendemain, ce serait la bataille, et qu’ils allaient, sans rémission, vaincre ou mourir pour la foi monarchique ! Si, d’un mouvement stoïque, ils o nt quitté leurs affections et leurs biens : parents, châteaux et terres, c’était pour r evenir bientôt dans une grande expédition de chevalerie, qui replanterait partout la bannière des droits immémoriaux et des légitimes honneurs ! LE CHEVALIER Oui ! l’on apercevait cela ! SULEAU Mais, avec la négligence du souverain d’Autriche à secourir Louis XVI, son beau-frère pourtant, la petite armée française a manqué des tr oupes d’appui qui lui étaient indispensables. Alors, elle s’est énervée dans l’in action. Le découragement et la mollesse ont pénétré les rangs. On intrigue ; on se console de l’indigence par la 2 galanterie. Une favorite trône dans une cour improvisée !... Bref, j’ai ainsi exposé à Sa Majesté tous les motifs de précipiter son intervention. LE CHEVALIER Croyez-vous l’avoir persuadée ?
SULEAU J’avais, en face de moi, un empereur de quarante-qu atre ans, auquel il reste à peine quelques mois d’existence, et un premier ministre q ui, en cette fin de l’année 1791, est presque jumeau avec le siècle ! Quelles sensibilité s voulez-vous qu’on éveille, au sujet de l’avenir, chez des gens à qui leur santé ou leur âge ne promettent plus de vivre ?... L’année dernière, Léopold-Joseph II n’était encore que grand-duc de Toscane, se plaisant aux arts et à la beauté. On chuchote qu’en venant occuper l’empire il a ramené, de Venise, un harem. Et, en effet, aux manières dou ces de ce monarque pâle, à ses sursauts exaspérés, on croit bien discerner les car actères d’une agonie sous des baisers !... Advienne que pourra ! Je reprends mon chemin. (Il fait mine de se retirer). LE CHEVALIER, l’arrêtant, avec reproche. Monsieur Suleau !... Vous ne m’avez pas seulement demandé qui je suis ! SULEAU Pardonnez-moi !... Je m’étais effectivement contenté de voir en vous un compatriote, un émigré, un abonné de mon journal !... LE CHEVALIER Je suis le chevalier Maynard de La Valette... (Suleau s’incline négligemment.) Ce nom ne vous dit rien ?... (Suleau marque de l’ignorance.) Il a cependant un titre à fixer votre 3 attention. Voici neuf mois que, dans la nuit du 15 février 1791, aux environs de Liège, celui qui vous parle a enlevé un monstre à face humaine, votre bête noire : Théroigne de Méricourt ! SULEAU 4 Certes, je me rappelle qu’à la rédaction des « Actes des Apôtres » nous fûmes alors informés qu’elle venait d’être pendue. Et nous avons aussitôt rédigé une complainte, dont les bons esprits s’amusèrent, sur l’élévation subite de la donzelle, par le cou... LE CHEVALIER, secouant la tête. Malheureusement, quand je l’eus remise à la police autrichienne, Théroigne ne fut qu’emprisonnée dans la forteresse de Kuefstein, en Tyrol... Et aujourd’hui, par ses instances, par ses ruses, elle s’est fait amener à Vienne, où elle a obtenu que l’Empereur lui-même l’interrogerait. SULEAU Ah bah ! LE CHEVALIER Puisque vous êtes en ces lieux, je vous invite à la charger, avec moi, de tout votre 5 témoignage . SULEAU Quel témoignage ? LE CHEVALIER Vous n’avez qu’à soutenir ici, de vive voix, tout ce qui a été imprimé contre Théroigne,