Toute la gloire de M. H. Curtil. Lettres au journal "Le Nouvelliste" ; par H. Bondilh

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impr. de Samat (Marseille). 1866. Curtil, H.. In-8° , 40 p..
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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TOUTE LA GLOIRE
DE
M. H. CURTIL
or
LETTRES
AU JOURNAL LE NOUVELLISTE
PAR H. BONDILH.
MARSEILLE
IMPRIMERIE SAMAT
QUAI DU CANAL, 9
1 - 4866
AVANT-PROPOS
Al LECTEI 1:
Toul l'ndérèt de ce/le publication se résume, fi
cette heure, dan* la troisième lettre que nous adres-
sons en réponse an journal le Nouvelliste. èt ta suite
de l'article IXJlRIE7 À qui! nous a (paluite/neid
décoché dtfns son numéro du 48 janvier dernier.
J'os deux premières lettres étant déjà connues du
partie, nous appelons spécialement l'attention des
yens de ctfursur la réponse tpie notre honneur litté-
raire nous a fait un devoir d'adresser à la feuille
sottement' adulatrice de J/. (lurlil
Voir celle troisième lettre à la paye >
H. BONDILII.
15 F'*vi-ii*r I si;7.
TOUTE LA GLOIRE
DE
M. HILAIRE CURTIL
PREMIÈRE LETTRE AU NOUVELLISTE
—<OO^CO<
MONSIEUR LE RÉDACTEuR,
Le 1 i décembre courant, jour de mardi, à propos,
je ne dis pas sous prétexte des nouvelles et gran-
dioses constructions de la rue Impériale, il vous a
paru juste et opportun de décerner à M. Hilaire Cur-
til une belle médaille de votre rédaction la plus
sympathique, affectueuse jusqu'à l'hyperbole.
A la suite d'une autre feuille de Marseille, vous
avez mis une certaine complaisance à tresser à votre
héros une brillante couronne que sa modestie n'aura
pas lieu de refuser probablement, vu les certificats
de haute capacité et les diplômes d'habileté architec-
turale que vous lui délivrez avec une effusion d'en-
thousiasme presque dithyrambique.
Vous n'avez usé, en cela, que d'un droit impres-
criptible ; quand les titres de gloire de M. Hilaire Curtil
sont si bien établis. à vos yeux , pourquoi seriez-
- 4. -
vous privé du plaisir de le faire poser. sur un
piédestal digne de votre admiration.
A tout prendre d'ailleurs, dès que M. Hilaire Cur-
til vous apparaît comme un type d'homme supérieur,
animé d'un dévouement inaltérable et sans bornes
aux intérêts de (cette armée d'ouvriers dont il est un
des chefs renonunés) 1 en lui payant ce tribut de
votre chaleureuse gratitude vous avez la douce sastis-
faction d'être au moins en règle avec votre conscience.
A Dieu ne plaise donc que, sans motif sérieux et
légitime, il puisse venir à la pensée de quelqu'un de
troubler la joie pure de M. Hilaire Curtil, et de por-
ter une main téméraire sur cette noble auréole de
génie et de philanthropie que vous faites briller sur
le front de votre protégé.
C'est pourquoi je vous prie de croire que j'éprouve
un véritable regret de ne pouvoir m'associer aux trans-
ports de votre admiration à l'endroit et au profit de
M. Hilaire Curtil, qui aimerait tant à jouir, sans con-
teste, de la belle décoration que vous avez attachée à
sa boutonnière, mais qui, permettez-moi de vous le
dire, ressemble à ces brevets que le gouvernement
délivre sans sa garantie.
Ceci une fois bien entendu, il me reste à vous
adresser une simple mais importante observation
que je recommande à votre impartialité la plus
attentive.
Il s'agit, M. le Rédacteur, de rendre justice à tout
te monde; il s'agit de distribuer l'éloge et de répar-
tir les décorations d'une manière équitable; à dé-
faut de quoi votre héros est exposé à perdre tout le
bénéfice public de votre apologie.
Si vous aviez eu le malheur, par exemple, d'aug-
(1) Courrier de Marseille.
— 5 —
m enter sa pari, de gloire des dépouilles -morales de
travailleurs et entrepreneurs non moins habiles et
non moins dévoués, pensez-vous que nulle protesta-
tion ne s'élèverait contre ce monopole d'une célé-
brité mal assise, par vous et consorts, sur un trône
usurpé?
C'est le cas dont il s'agit:
Pensez-vous que cette rue Impériale dont on vou-
drait faire le domaine d'une gloire unique, la gloire
de M. Hilaire Curtil, n'aurait pas quelques échos
pour dénoncer au public la partialité de vos affirma-
ions entachées d'exclusivisme et d'erreur ?
De la Cannebière à la rue Impériale, la distance
n'est pas grande. - Aussi bien, l'année dernière, à
pariille époque, une modeste feuille, du nom de la
Cwkibebière, reproduisait les observations émises par
vingt-ciitq ou trente entrepreneurs de la rue Impé-
riale, observations qui rétablissaient la vérité vraie
contre es assertions emphatiques et inexates d'une
aulïe grande feuille de la localité.
24 Décembre 4865.
Monsieur le Rédacteur du journal la Camiebière,
Je suis anivé à Marseille dans les premiers jours
du mois de Décembre. J'ai été amené dans votre
\ille par le besoin et le désir d'y trouver un emploi
utile de ma profession de dessinateur-architecte.
Le mouvement prodigieux qui pousse cette opu-
lente Aille dans la voie des plus utiles et des plus
gi ai idiosestransloi malions, doit nécessairement atti-
rer tous les hommes qui s'occupent spécialement de
— 6 —
cette branche si fertile de l'industrie générale et de
l'activité publique.
Un journal, le Courrier de Marseille, à la date du
8 du même mois, tomba, par hasard, sous mes yeux,
et j'eus l'occasion de lire un article, fort bienrèdigé,
à mon sens, sur la question qui m'intéresse à tous
les titres.
Les réflexions de l'auteur me parurent, en géné-
ral, empreintes d'un caractère saisissant de vérité sur
» diverses constructions particulières portant la dou-
» ble empreinte de l'opulence et du goût, et qui se
» détachent, remarquablement, de cette cohue de
» maisons récentes, brodées sur toutes leurs lignes
» et leurs saillies, par tous les caprices du ciseau.
» J'avais déjà observé avec une attention particulière,
» aux alentours du cours Bonaparte, une somptueuse
» demeure, érigée dans.une rue solitaire et curvili-
» gne, qu'on nommerait Palazzo à Gènes ou à
» Venise.
» Je n'étais pas indifférent, non plus, à une autre
» très-remarquable construction qui s'élève à l'angle
» de la rue Breteuil et du cours Bonaparte, non
» plus qu'à celle qui se révèle au coin de la place
» Royale et de la Cannebière , et dont la majes-
» tueuse ordonnance semble tenir en échec le Palais
« de la Bourse. »
J'abordais, à mon tour, cette voie « voie romaine
» dont un geste de Napoléon III fut l'indicateur, et
» qui a été si rapidement ouverte à travers la vieille
» Marseille. »
J'avoue, monsieur le Rédacteur, que ces apprécia-
tions du Courrier de Marseille avaient produit sur
moi la meilleure impression ; aussi bien étais-je dis-
posé à croire sur parole et à accepter, en toute con-
fiance, la suite de ces observations, par lesquelles se
- 7 —
1 -
termine l'article dont je vous entretiens.
C'est pourquoi je ne vis aucun motif de mettre en
doute l'exactitude des renseignements ou, pour mieux
dire, des éloges assez vivement accentués, qui se
trouvaient sous la plume de cet écrivain, au sujet de
M. Curtil, un de « ces chefs renommés de l'armée
» ouvrière, qui démolissent, creusent, alignent,
» édifient, pour le PEUPLE surtout !!. et au pro-
» fit de son bien-être ! »
M. Curtil était encore désigné comme voulant ac-
complir un grand fait dlNDúrSTRIE, provenant
de sa seule initiative ;
Il s'agit ici des maisons bâties par centaines par
l'acquéreur des terrains de l'ancien Lazaret.
Yoilà donc mon affaire, me dis-je; j'ai trouvé
l'homme d'activité et de mérite qui pourra certai-
nement me protéger, c'est-à-dire me faire partici-
per, moi soldat laborieux aux travaux de cette armie
ouvrière, dont il a le privilège d'être un des chefs
renommés !
Mais ici, je dois l'avouer, ma déception a été
aussi grande que ma confiance avait été vive , à la
lecture du Courrier.
Parcourant les divers chantiers de ces nombreuses
constructions, il fut répondu, ainsi qu'il suit, à ma
demande d'être admis à la faveur de voir M. Curtil
dont je voulais solliciter et obtenir la protection:
Ilot n. 2, c'est M. Maubert qui a en l'entreprise,
M. Curtil n'y est pour rien.
Les ilôts n. 3, 4, 5, 7, 8, 11, 17 et 18 sont à
l'entreprise de MM. Jules Lasnier et Cie.
MM. Amié frères et Tardieu, construisent l'ilot
n. 12;
M.Saint-Paul, les ilôts 14 et 17 ter,
— 8 —
MM. Benet, Gronier, Audibert, etc., l'ilot n. 15,
M. Marius Alibert a ceux des n. 3, 10 et 18 bis.
MM. Lallier et Ch. Bailly sont les entrepreneurs
des ilots n, 11, 18 bis, 18 ter, fit 18 qmler,
Quand à l'ilot du Port, près de la Cathédrale, il est
construit par MM, Rivière et Béraud;
Les îlots du Lazaret, par MM. Tricon, Amiel et
Tnrcan, Hod-e, Douliéry, Rabattu et Pierquin ,
Gauthier frères, Gourjon,
.--.
Je ne pouvais mettre en doute la sincérité des indi-
cations si positives qui m'étaient données sur les
lieux, par ceux-là mêmes qui composent cette armée
d'ouvriers qui, loin d'avoir aucun rapport avec
M. Curtil, s.ont étrangers,nonseulementàsadirection,
mais qui démolissent, mais qui creusent, mais qui
alignent, mais qui édifient sans la moindre initiative
de cet honorable industriel, et qui, même, n'auraient
jamais supposé que cette initiative eût existé
sans la révélation fantastique, paraît-il, du Courrier
de Marseille.
Je voulus enfin recueillir les derniers renseignements
et sur l'invitation du journal précité, je poursuivis
ma promenade jusqu'aux Docks; je tirai sur la
droite, et des travaux considérables apparurent, en
effet, à mes regards. c'est peut-être là, me dis-je,
que fonctionne cette armée d'ouvriers dirigée et
commandée « par celui qui ne sème point de dents de
» dragons, mais qui bâtit les maisons par centaines. »
Mais là comme sur les autres parties de ces immen-
ses terrains, il me fut dit : M. Boutenos est le seul
entrepreneur des déblais; M. Gurtil est étranger à
ces travaux.
Muni de ces renseignements qui concordaient si
peu avec les assertions presque hyperboliques du dit
— 9 —
tournai, je ne pus n'empêcher de faire cette
réflexion; -
L'honorable M. Curtil n'est donc pas ce général
en chef de l'année ouvrière dont parle le Courrier !
Je gagnerais tout autant à offrir mes services à
chacun de tous ces entrepreneurs qui peuvent démo-
lir et édifier sans l'initiative de ce chef re:nO'JtiJu!! ! i
A. BEAUSSENGE.
(Journal la Cannabière).
MONSIEUR LE RÉDACTEUR du Nouvelliste,
Cette lettre, ainsi que d'autres articles, est demeu-
rée sans réponse depuis la date on elle fut écrite et
publiée ; une année s'est donc écoulée depuis que des
voix nombreuses, intéressées et autorisées se sont
élevées contre l'inqualifiable prétention de certains
louangeurs hyperboliques, qui n'ont pas réussi,
pourtant, à hisser M. Hilaire Curtil et sa Gloire sur
les œuvres d'autrui.
En reprenant, à cette heure, le thème facile mais
inexact de cette gloire de M. Hilaire Curtil, vous avez
donc réveillé bien des échos à la rue Impériale et
dans les quartiers circonvoisins.
Ces échos ne se tairont pas probablement ; croyez,
Monsieur le rédacteur, que les nombreux construc-
teurs, architectes, entrepreneurs, etc., bien connus
pour ne pas former la clientèle de M. Hilaire Curtil,
et pour être indépendants de son initiative, ne
voudront pas plus aujourd'hui qu'ils n'ont voulu, il y
a un an, se résigner au mutisme en présence d'asser-
tions au moins erronées ; ils ne voudront pas rester
— 10 -
enveloppés dans la pénombre d'un faux astre que
certaines complaisances voudraient faire briller au
firmament de la presse locale. *
Vous daignerez voir sans doute dans les observa-
tions qui précèdent, Monsieur le Rédacteur, le désir
que la vraie lumière se fasse au profit des vrais lau-
réats et de tous les initiateurs de la rue Impériale.
Quelle que soit d'ailleurs la source d'où émanent
les renseignements accueillispar vous,avec unebonne
foi et reproduits avec une confiance qui ne peuvent
être imputées à blâme, vous comprenez trop bien la
nécessité d'une réparation due à tous ceux dont
M. Hilaire Curtil ne peut éclipser les mérites au prix
de la vérité.
C'est pourquoi, il est indispensable qu'une deuxiè-
me lettre rectificative des faits soit publiée, à telle fin
que justice soit rendue à tous, et que la gloire de M.
Hilaire Curtil soit réduite à son véritable niveau.
H. BONDILH.
22 Décembre 1866.
DEUXIÈME LETTRE AU NOUVELLISTE
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
Vous n'avez pu écrire sérieusement que M. Hilaire
Curtil, homme de grande initiative, a donné des
exemples dignes d'être suivis.
Si la ferveur inconsidérée d'un zèle ultra-laudatif
n'offusque pas votre impartialité, et si l'amour de la
vérité l'emporte, dans votre cœur, sur l'affection trop
intime peut-être, que vous avez vouée à M. Hilaire
Curtil, voici quelques renseignements qui pourront
vous servir à tempérer au moins l'excès de votre en-
thousiasme.
Puisés dans la série des faits historiques de la rue
Impériale, leur simple énonciation suffit pour mettre
à néant la grande initiative de M. Hilaire Curtil, dont
personne n'éprouve, jusqu'à ce jour, le besoin d'imi-
ter les exemples.
CRÉATION DE LA RUE IMPÉRIALE.
Lorsque, au mois de septembre 1860, l'Empereur
vint à Marseille et y demeura l'espace d'une semaine,
le soin des affaires municipales était entre les mains
de M. Louis Lagarde , dont les tendances libérales et
progressistes n'ont été méconnues que de ceux abso-
lument dont les intérêts déçus ou la vanité irritée
- 12 -
devaient précipiter les jugements et égarer la justice.
Ce très-honorable magistrat semblait avoir été pla-
cé à la tête de l'édilité marseillaise pour donner la vie
et imprimer le mouvement à toutes les idées qui, de-
puis quelques années, germaient et s'agitaient dans
l'esprit de certains hommes éminents.
En ce moment presque providentiel, les hautes et
vivifiantes questions relatives à la réformation ou,
pour mieux dire, à la rénovation de l'antique cité
étaient à l'ordre du jour ; elles étaient devenues l'ob-
jet de toutes les préoccupations.
Un fait acquis à la connaisance de tous, c'est
que Marseille ne pouvait rester dans l'ornière de son
passé, avec son massif de rues étroites et malsaines,
alors que les grandes villes de France travaillaient à
t'envi à rehausser la splendeur de leurs construc-
tions, à revêtir, en quelque sorte, le beauté architec-
turales , digne expression des mœurs régénérées par
les idées enfin victorieuses du dernier siècle, idées
étendues et fécondées par le travail des économistes
contemporains.
La satisfaction due aux principes de justice et d'é-
galité sociale ne pouvait se traduire, dans la vie pra-
tique et les besoins de chaque jour, que par toutes
ces innovations profitables aux grands centres de po-
pulation.
C'est pourquoi les hommes de véritable initiative
(n'en déplaise à M. Hilaire Curtil, qui n'a rien à pré-
tendre dans ces considérations d'ordre supérieur) ;
c'est pourquoi, Ois-je, les hommes de véritable ini-
tiative avaient compris et démontré la nécessité de
donner aux vieilles cités une splendide physionomie
architecturale, justifiée par les tendances de l'époque
et les prescriptions de l'hygiène.
La Rue Impériale ; dont Marseille a le droit d'être
- 43 —
uere; est une œuvre grandiose dent la création doit
rappeler incessamment le nom :
io Du Chef de l'Etat, qui saisit, avec le rapide
coup-d'oeil de l'intelligence, l'utilité, l'importance et
la beauté de celle voie régénératrice pour la ville des
anciens jours;
2° Celui de M. Louis Lagarde, maire de Marseille,
qui plaida, avec toute la chaleur d'un sincère patrio-
tisme. la cause de l'intérêt public, si intimément
liée à la rénovation des vieux quartiers par les nom-
breux avantages du présent et par l'inauguration du
briHant avenir promis à la métropole de la France
sur la Méditerranée ;
50 Le nom de M. Auguste Gassend, l'intelligent
ingénieur-directeur de la voirie municipale, qui, en
Î860, sous les auspices de M. Louis Lagarde, fut
admis à approcher l'a personne de l'Empereur, et
à soumettre à Sa Majesté le plan de Ge projet réno-
vateur.
Ceci se passait le 9 septembre 1860, dans Thôtel
de la Préfecturej et l'Empereur, recueillant son
attention sur la proposition de M. Auguste Gassend,
daigna le renvoyer à une autre séance pour l'enten-
dre de nouveau.
Le lendemain, 10 Septembre, alors que l'Empe-
reur s'embarquait sur le paquebot qui deyaitle trans-
porter à la Ciotat, MM. Lagarde et Gassend saisirent
avec empressement l'occasion qui leur était offerte
de remettre cette importante conception sous les
yeux du Chef de l'Etat; grâce aux nouvelles explica-
tions fournies à Sa Majesté, le proj et sortit victorieux.
C'est à bord de ce modeste paquebot, et pendant les
quelques instants de la traversée, que Marseille ga-
gnait la cause de sa transformation, grâce à l'intelli-
gente sollicitude de deux hommes sincèrement dé-
voué à sa prospérité.
-14 -
M. Gassend rapportait, avec un légitime sentiment
de satisfaction, le décret de la rue Impériale , signé
par Napoléon III.
Serait-il inopportun de demander où et comment
figure, en cette circonstance décisive, la grande ini-
tiative de M. Hilaire Curtil, dont la valeur intellec-
tuelle n'a jamais dépassé les conceptions vulgaires
d'un homme d'affaires?
Passons à l'exécution du projet, à la mise en œu-
vre de la rue Impériale.
Monsieur le Rédacteur,
A moins de vivre dans un recoin séparé du reste
du monde, où les renseignements positifs ne peuvent
arriver à notre connaissance, comment peut-on
ignorer que l'initiative financière, la vraiè, la gran-.
de initiative d'exécution soit celle de MM. Isaac et
Emile Péreire, organisateurs des moyens économi-
ques , de MM. Péreire, qui ont procuré à la réali-
sation du projet la puissance de leurs vastes ressour-
ces ?
C'est ce puissant concours de MM. Isaac et Emile
Péreire qui a permis la mise en œuvre par la rapidité
et la fécondité des moyens; c'est ce concours, enfin,
qui a valu à Marseille le bénéfice des plus avantageu-
ses et des plus profondes modifications.
En citant des noms tels que ceux de MM. Péreire,
il serait de mauvais goût de rappeler celui de M. Hi-
laire Curtil ; il faudrait vouloir jeter, en quelque
sorte, du ridicule sur les noms les plus illustres, en
évoquant à leur suite le nom d'un homme dont la
grande initiative est restée, jusqu'ici, à l'état de chi-
mère ou de mythe.
MM. Emile et Isaac Péreire ont, par le fait, consa-
-15 -
cré leur haute intelligence et leur crédit financier à
cette immense organisation qui a relié les terrains de
la rue Impériale et ceux de l'ancienne Société des
Ports de Marseille à la Compagnie Immobilière ; cette
puissante conception a donné lieu à la création de
nombreuses et belles constructions qui assignent à
lavi eille cité phocéenne un rang d'honneur parmi
les villes transformées et rajeunies par l'art contem-
porain.
L'initiative de MM. Emile et Isaac Pereire a seule
opéré ce prodige de grands travaux que ne pouvait
pas soupçonner un obscur spéculateur.
Toutes les industries et tous les ouvriers qui ont
trouvé, par milliers, l'alimentation féconde de leur
activité, dans cette période d'exécution, la doivent,
en vérité, à MM. Péreire dont la paternité ouvrière
est la seule réelle au cas dont il s'agit.
Les hommes spéciaux qui ont eu l'honneur, d'ail-
leurs bien mérité, d'être choisis et préférés, et de di-
riger les importantes opérations créées à Marseille
par MM. Péreire, sont MM. Saige et Blavet.
La direction générale ne pouvait échoir à un in-
génieur en chef d'un plus haut mérite que M. Saige.
Quant à la partie financière, il est incontestable
qu'elle a été organisée et dirigée par M. Blavet, avec
lasupériorité qui le distingue.
La partie architecturale et artistique a été confiée
à ML Ponthieu, architecte de Paris ; la seule vue de
ses œuvres révèle le mérite hors ligne de cet émi-
nent artiste. Les constructions de la rue Impériale
émanent, pour une grande part, des conceptions
architecturales de M. Ponthieu, et, pour le reste des
plans et dessins, de M. Pochet et de (divers architec-
tes attachés aux entrepreneurs.
Vous voudrez bien convenir, M. le Rédacteur, que

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