Traité pour faciliter aux Jeunes Gens appelés par la Conscription les moyens de se faire Réformer, en leur indiquant Le nom et la description des maladies et autres infirmités qui exemptent du service militaire ; Par L.A. Gr M.

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De l'imp. de Cottenest (Saint-Quentin). 1829. Vol. in-8°. De 1 ft. [...] de 97 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1829
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TRAITÉ
POUR FACILITER AUX JEUNES GENS
APPELÉS PAR LA CONSCRIPTION
LES MOYENS DE SE FAIRE RÉFORMER.
POUR FACILITER AUX JEUNES GNES
APPELÉS PAR LA CONSCRIPTION
LES MOYENS DE SE FAIRE RÉFORMER,
EN LEUR INDIQUANT
jLe nom et la description des maladies et autres infir-
mités qui exemptent du service militaire;
PAR L.-A. G.-H.
iiLQè>y SAINT-QUENTIN.
DE L'IMPRIMERIE DE COTTENEST.
482g.
POUR FACILITER AUX JEUNES GENS
APPELÉS PAR LA CONSCRIPTION
LES MOYENS DE SE FAIRE RÉFORMER.
DARTRES.
LES dartres étant une maladie contagieuse, il est impossible
d'admettre dans les rangs de l'armée les individus qui en
sont affectés, et qui l'auraient bientôt communiquée à leurs
compagnons d'armes , avec une extrême rapidité. Aussi
voit-on tous les jours une foule de jeunes gens être réformés,
eomme étant atteints de la maladie qui nous occupe.
Il ne faut pas croire qu'il soit indispensable d'avoir, au
moment même de la révision, un membre entier envahi
par une dartre, pour avoir droit à la réforme; aucun,
médecin n'ignore que cette maladie est non-seulement
susceptible de revêtir une infinité de formes plus ou moins
variées, mais qu'elle peut encore disparaître pendant un
certain temps, pour reparaître ensuite dans un autre en-
droit que celui dans lequel elle avait primitivement établi
son siège. Il suffira toujours de constater d'une manière
irréfragable que l'on est sujet depuis un certain temps à
ce genre de maladie, contre laquelle on a vainement em-
ployé toutes les ressources de la médecine, pour avoir un.
-4-
droit incontestable à la réforme, sinon définitive, du
moins temporaire.
Les jeunes gens ne -connaissent qu'une seule espèce de
dartres, et par conséquent il leur arrive rarement de se
mettre en réclamation pour cette cause, quoique véritable-
ment ils puissent le faire avec une entière assurance; cela
vient de ce qu'ils ignorent combien de formes diverses les
dartres peuvent présenter, et pour leur faciliter les moyens
de les reconnaître, nous allons leur indiquer les nombreuses
variétés, et les divers aspects particuliers à chaque espèce
de dartres. On en compte 7 espèces : nous les indiquerons
alternativement, et nous dirons à quels signes on pourra
les reconnaître.
Dartre furfuracée.
La dartre furfuracée est celle qui paraît et disparaît avec
k plus grande facilité ; les chaleurs de l'été l'occasionent
fréquemment, et les premiers froids de l'automne la font
rentrer à l'intérieur. On la reconnaîtra aisément à l'aspect
de la peau, qui ressemble dans l'endroit qu'occupe la
dartre, à des écailles de poisson, ou à des petites plaques
superficielles qui se réduisent en une espèce de son ou de
farine, et se détachant aussitôt qu'on les frotte, même légè-
rement. Elle se développe très-souvent au visage, aux mem-
bres et sur la poitrine, et comme nous l'avons déjà dit,
elle peut successivement passer d'un endroit dans un autre,
et toujours sous la forme de lamelles farineuses.
"Dartre squammeuse.
Cette espèce, qui se rapproche de la précédente, n'en
— 5 —
diffère que parce que les écailles de la peau sont plus
larges, et qu'elles se détachent spontanément, c'est-à-dire,
sans que l'on ait rien fait pour en occasioner la chute. La
dartre squammeuse se présente sous deux états différens,
selon qu'elle parcourt ses périodes avec plus ou moins de
lenteur; ainsi la dartre squammeuse aiguë, que l'on
nomme encore dartre vive, présente toujours à son début,
les symptômes d'une vive inflammation, qui se prolonge
quelquefois assez long-temps. La peau est rouge, gonflée,
chaude, et très-douloureuse; la chaleur surtout est d'une
nature particulière; elle est acre et brûlante, et bientôt
des pustules miliaires très-nombreuses se développent dans
Fendroit malade; elles occasionent une démangeaison in-
supportable , à laquelle il est presqu'impossible de ne pas
chercher à remédier, en frottant plus ou moins légèrement
et quelquefois même au point d'augmenter l'inflammation,
cause première de tous ces symptômes. Enfin ces petites
vésicules s'emplissent d'un fluide blanchâtre, elles se rom-
pent , et donnent issue à une sérosité brûlante, dont
l'odeur a été comparée à celle de la farine échauffée, et qui,
en s'écouhnt sur la peau, augmente encore l'inflammation
de laquelle elle est l'effet. Aussitôt que cette sérosité est
écoulée, la peau prend un aspect différent, elle se fendille
en plusieurs endroits, et l'épidémie se détache en écailles
blanchâtres, larges, qui se renouvellent autant que dure
l'inflammation de la peau qui les a occasionées. Cette
dartre se montre toujours aux environs des ouvertures
naturelles; ainsi son siège est souvent au nez , aux lèvres,
à l'anus et aux oreilles : elle commence par une tâche
rouge, sur laquelle se forment des petites pustules, qui se
multiplient avec une extrême rapidité. A la chute .des
— 6 —
écailles, la peau est quelquefois ulcérée , et l'on y éprouve
des douleurs atroces. On voit cette maladie se propager
bien souveut jusque dans l'intérieur du nez, de l'anus, et
se soustraire ainsi aux remèdes que l'on voudrait diriger
contre elle. Il est des circonstances dans lesquelles l'inflam-
mation de la peau est si vive, que la gangrène en est la
suite inévitable: cet accident néanmoins est heureusement
fort rare.
Dartre crusiacée.
Elle est ainsi appelée à cause des croûtes jaunâtres et
épaisses qui en forment le caractère. Elle débute de la
manière suivante : d'abord, éruption de pustules volumi-
neuses, éparses, ensuite réunies, ne formant bientôt plus
qu'une croûte large et épaisse, à raison du déchirement
des pustules qui ont laissé échapper la sérosité ichoreuse
qu'elles contenaient. Cette espèce de dartre offre cela de
particulier, que les pustules par lesquelles elle commence
ont la forme et l'apparence des boutons occasionés par la
vaccine; cette affection se fixe aux cuisses, sur la main,
au visage et aux ailes du nez.
Dartre rongeante.
Celle-ci, comme sa dénomination l'indique, ne borne
pas ses ravages à la superficie de la peau, elle affecte par-
ticulièrement le visage et le derrière des oreilles, et com-
mence par une douleur sourde et vive dans l'endroit qu'elle
doit occuper; enfin un bouton pustuleux se montre, il
laisse écouler une sérosité purulente, fétide, et donne lieu
à un ulcère rongeant qui détruit la peau, le tissu cellulaire,
— 7 —
et même jusqu'aux muscles sous-jacens; ses ravages s'éten
dent quelquefois jusqu'aux os. Cet ulcère fournit une assez
grande quantité d'un pus, qui, tantôt s'écoule et excorie
la peau sur laquelle il touche, et d'autres fois séjourne sur
l'ulcère, s'y dessèche, et forme une croûte épaisse,
jaune, qui, à sa chute, laisse voir les désordres effrayans
que l'ulcère a faits tandis qu'il en était recouvert; enfin
l'inflammation survient, et la maladie passe à l'état cancé-
reux , la fièvre lente s'empare du malade, ses jambes s'en-
flent, et une diarrhée colliquative se déclare. Tels sont les
caractères de la dartre rongeante, qui néanmoins peut se
terminer d'une manière favorable.
Dartre pustuleuse.
C'est la plus fréquente; elle commence par des pustules
volumineuses dont le sommet blanchit, le pus qui y est
contenu se dessèche et forme une croûte légère, qui,
tombant au bout d'un temps plus ou moins long, est
remplacée par des taches rougeâtres. Son siège le plus or-
dinaire est au menton, alors on lui donne le nom de dartre
pustuleuse mentagre; elle s'étend aux joues, et elle con-
siste dans des boutons rouges, rassemblés en groupe, occa-
sionant une vive démangeaison et fournissant une suppura-
tion jaunâtre, quelquefois mêlée de sang. II y a souvent
une violente inflammation , à laquelle succède bientôt l'é-
ruption pustuleuse. Elle a pour cause principale l'irrita-
tion continuelle que l'on entretient dans cette partie par
les lotions savonneuses , et surtout par l'action du rasoir,
ou même par sa malpropreté.
. _8_~ •
Dartre phlycténdide.
Elle se présente sous la forme de vésicules remplies
d'une sérosité lactescente, qui après leur chute sont rem-
placées par des écailles rougeâtres. Elle n'offre rien de par-
ticulier ; son siège est souvent autour du corps en manière-
de ceinture. ■ .
Dartre érythémoide.
Ce sont des petites élevures rouges, qui se développent
dans diverses régions du corps , et se terminent plus
ou moins promptement par des petites écailles farineuses.
Cette espèce de dartre cède souvent aux moyens les plus
simples ; mais il n'en est pas de même pour la dartre
pustuleuse ou croûteuse, qui souvent donne lieu à des
ulcères dartreux, superficiels, à peine enflammés, dont
la circonférence est tortueuse, ciselée, et bordée d'un
rouge très-vif, occasionant une grande démangeaison. La
peau qui les entoure présente une multitude de petits
boutons douloureux qui suivent les progrès de l'ulcère,
duquel ils sont la conséquence. Cet ulcère est ordinaire-
ment indolent, mais il fait quelquefois des progrès rapides.
Les.dartres sont souvent rebelles aux moyens que l'on
emploie pour les guérir. En outre elles sont contagieuses.
Ces raisons suffisent seules pour faire déclarer incapable da
servir celui qui en est affecté.
Ostéite vertébrale, ou mal de Pott.
Cette maladie consiste dans l'inflammation des os qui
forment l'épine du dos. Elle se présente de préférence chez
— g —
les jeunes gens atteints de rhumatisme , ou des écrouetles ,
et chez ceux qui habitent continuellement un endroit hu-
mide. L'habitude de la masturbation y dispose aussi d'une
manière spéciale. On reconnaît cette maladie à une douleur
vive , poignante, qui se fait sentir dans un point quel-
conque de la colonne vertébrale, et qui cesse quand on
redresse fortement le corps en arrière : si la maladie
continue ses progrès, les vertèbres se ramollissent et pren-
nent une inclinaison vicieuse à laquelle il est difficile de
remédier. D'autres fois la maladie donne lieu à la formation
d'un abcès dont le siège est aux reins, et qui, à son ouver-
ture, donne issue à un pus séreux, d'une extrême fétidité:
mais le plus souvent une bosse se manifeste dans le dos, et
donne ainsi lieu à une difformité qui rend essentiellement
impropre à l'état militaire celui qui offre une pareille con-
formation.
Du Diabète.
Quoiqu'une affection soit rare chez les jeunes gens, ce
n'est pas une raison pour que nous nous dispensions d'en
traiter ici, c'est au contraire un mot'f d'appeler spéciale-
ment l'attention de ceux qu'elle intéresse. Cette maladie
consiste dans la sécrétion trop abondante d'urine, et dans
le besoin que l'on éprouve à chaque instant de procéder à
son émission. L'urine est alors claire, transparente, elle a
même quelquefois un goût sucré, ce qui constitue le diabète
sucré de plusieurs auteurs. On a remarqué que les jeunes
gens qui y étaient le plus sujets étaient ceux qui séjour-
naient continuellement dans un endroit bas et humide. Il
existe une foule de causes auxquelles on a attribué le pou-
voir de produire cette maladie. Nous pensons qu'il est à
10
peu près inutile de les indiquer ici, notre principal but
étant seulement d'éveiller l'attention des jeunes gens sur
toutes les maladies qui peuvent occasioner l'exemption et
de la leur décrire de manière qu'ils puissent toujours faci-
lement les reconnaître s'ils en sont affectés ou même me-
nacés. Nous allons dire en peu de mots à quels signes on
pourra reconnaître que l'on y est prédisposé, et comment
elle se manifeste à son début.
D'abord le malade ressent de la sensibilité et de la pesan-
teur au creux de l'estomac, ainsi que des rapports aigres,.
fréquens, principalement après le repas. La salive devient
épaisse et comme écumeuse, la faim est plus forte, et la
soif plus vive qu'à l'ordinaire. Peu après l'urine augmente
de quantité, elle est rendue aussitôt que l'on a bu : elle a
souvent la couleur du liquide que l'on a ingéré, elle est
sans odeur, ainsi que les matières fécales qui deviennent
rares, sèches , et qui ne sont excrétés qu'avec les plus vio-
lentes douleurs. Ces symptômes précurseurs peuvent durer
plus ou moins long-temps. On les a vus durer plusieurs
années, sans influer d'une manière notable sur la santé. Un
fait remarquable dans cette singulière affection, c'est que la
quantité d'urine que l'on rend, est toujours plus grande que
celle des liquides que l'on boit pour satisfaire la soif inex-
tinguible qui dévore le malade. La faim devient extrême, la
salive excessivement épaisse et brûlante, les gencives se
ramollissent et deviennent douloureuses, les dents s'ébran-
lent, et l'haleine devint repoussante : l'urine coule involon-
tairement et bientôt le malade tombe dans l'épuisement.
Diplopie.
G est un trouble de la vue, dans lequel tous les objets
__ II —
«impies paraissent doubles. Cette maladie est souvent passa-
gère , et n'est fréquemment qu'un symptôme d'une autre
maladie. Nous en parlerons ailleurs.
Des Doigts surnuméraires.
Il est inutile de donner une description du vice de con-
formation qui fait le sujet de ce chapitre, il suffit d'avoir
six doigts aux mains , ou six orteils aux pieds pour être
affecté de cette infirmité. On a vu des familles chez lesquelles
cette disposition était héréditaire. Quelquefois on a six
doigts à une main et cinq à l'autre. On a vu des individus
avoir sept et même huit doigts ou orteils. Il est hors de
doute qu'une telle infirmité exempte de tout service mili-
taire.
Dysecee.
La dysécée étant une variété de la surdité, nous en trai-
terons plus amplement à l'article consacré à la description
de cette maladie.
Maladies des dents.
Les dents sont sujettes à diverses maladies; nous ne
parlerons que de celles qui sont susceptibles d'amener
l'exemption. Ainsi leur fracture ( cassure ), complète ou
incomplète , leur carie , leur absence et leur mauvais
arrangement sont des causes fréquentes de réforme. Nous
allons les passer alternativement en revue, et selon l'ordre
que nous venons d'indiquer.
Les dents se cassent par tous les chocs violens qui agis-
— 12 —<
«ent sur elles plus ou moins directement. Tantôt la dent est
cassée à son collet, de manière qu'il ne reste plus dans les
gencives que la racine, désormais incapable de remplir les
fonctions qui leur sont naturellement assignées. Dans d'au-
tres circonstances, on remarque seulement le long de la
dent, une fêlure , ou fente qui l'expose à se gâter promp-
tement, ou même à se casser pour la cause la plus légère.
La carie qui détermine toujours une cavité plus ou moins
profonde dans le corps de la dent, et qui est susceptible de
«e propager aux dents voisines, est encore rangée au nom-
ire des causes de l'exemption définitive. Nous devons en
dire autant de leur absence et de leur mauvais arrange-
ment. Cette dernière disposition surtout annonce toujours
une altération profonde dans l'organisme à laquelle rien ne
peut remédier. Cette maladie est souvent accompagnée
d'une haleine puante, fétide, repoussante pour tous ceux
qui sont obligés de vivre habituellement avec celui qui en
est affecté. Cette maladie peut être nuisible sous beaucoup
de rapports , principalement pour ceux qui entourent celui
qui en est affecté. Ainsi on a l'habitude de réformer tous
ceux dont l'haleine est tant soit peu mauvaise. On pense
bien que l'ébranlement des dents occasioné par le scorbut
suffit seul pour exempter, surtout quand cette maladie a
fait quelques progrès.
Scrophules ou Ecrouelles.
Les ecrouelles que l'on nomme encore scrophules sont
des tumeurs formées par l'engorgement des glandes du cou,
des aisselles, ou d'une autre partie du corps, qui devien-
nent dures, bosselées, irrégulières, et se terminent le ^lus
ordinairement par la suppuration. On les voit quelquefois
_i5 —
•se fondre, mais ce genre de terminaison est assez rare,
celui par suppuration est le plus fréquent, et celui que l'on
doit le plus désirer. Cette maladie est souvent héréditaire,
c'est-à-dire que les parens peuvent, lorsqu'ils en sont af-
fectés , la transmettre à leurs enfans. Nous dirons plus bas
à quels signes on peut reconnaître que l'on en sera un
jour affecté, car la simple prédisposition aux ecrouelles est
une cause plus que suffisante pour être exempté. Il est des
signes certains auxquels on ne peut refuser de la recon-
naître, même long-temps avant leur apparition, et nous
le répétons, ces signes suffisent autant que si la maladie
était parfaitement déclarée. Nous allons indiquer toutes les
causes susceptibles de produire cette maladie. Il suffit d'être
exposé à l'une d'elles pour être atteint des scrophules. C'est
ainsi que l'habitation, dans un endroit humide, peu aéré,
où l'air n'est pas souvent renouvelé peut les produire. Une
nourriture de mauvaiee qualité, surtout celle qui se com-
pose exclusivement de végétaux farineux, le défaut d'exer-
cice, l'usage de l'eau de neige, surtout si ces causes agis-
sent sur des individus à cheveux blonds, aux yeux bleus,
à la peau fine , colorée, ayant une bouffissure qui ressem-
ble à l'embonpoint, mais qui disparait à la plus légère
maladie, et qui se répare avec la plus grande facilité. Celte
maladie règne particulièrement et fait les plus grands rava-
ges dans les endroits marécageux, voisins des bois ; aussi
voit-on beaucoup de scrophuleux dans les pays mal situés.
Passons maintenant aux signes qui annoncent l'existence
future de cette affection.
Le gonflement de la lèvre supérieure est un signe cons-
tant de cette maladie. La dilatation et la rougeur des ailes
au nez, les paupières rouges, les traits fins et délicats,
-i4-
des formes arrondies, un air de nonchalance, la blancheur
de la peau, la largeur de la mâchoire inférieure, des dents
qui se gâtent de bonne heure, la poitrine étroite et aplatie,
un ventre dur et tendu, les chairs molles et pendantes ,
tels sont les signes dont se compose l'affection scrophuleuse
avant sa manifestation définitive- Et lorsque celle-ci survient,
les glandes du cou s'engorgent et forment sur les parties
latérales des masses quelquefois énormes , la couleur de la
peau qui la recouvre est à peine changée : plus tard, l'in-
flammation s'en empare , la glande se ramollit, la peau
s'ulcère, se déchire et une suppuration lactescente inta-
rissable succède aux symptômes sus-énoncés. Enfin un
ulcère scrophuleux bien caractérisé succède et persiste
quelquefois plusieurs années. Puis une cicatrice, véritable
couture, se montre à la place qu'occupait l'ulcère. La seule
présence de cette cicatrice sur le côté du cou suffira tou-
jours pour être admis à la réforme. Les mêmes ravages
peuvent se présenter aux aisselles, enfin dans tous les lieux
du corps. Les os eux-mêmes sont susceptibles d'en être
affectés, mais le plus ordinairement, un écoulement puru-
lent s'établit par les oreilles, et les yeux même participent
à l'affection. Les paupières se gonflent et laissent écouler
une chassie qui les colle chaque matin : dans certaines
circonstances, les os qui forment les petites articulations
des doigts ou des orteils se gonflent et peuvent même sup-
purer. Quelquefois les poumons s'affectent, une toux sèche
survient, et lorsqu'elle est réunie à quelques-uns des signes
sus-mentionnés, l'exemption est inévitable.
Emphysème.
Celte maladie consiste dans une accumulation d'air dans
— i5 —
la graisse qui se trouve au-dessous de la peau. On la re-
connaît aux signes suivans : tuméfaction molle, crépitante,
sans changement de couleur à la peau , sans douleur ; cette
augmentation de volume est quelquefois la suite d'une
plaie ou d'une percussion violente dans laquelle la partie
aura été foulée , meurtrie. Celte maladie est extrêmement
rare, néanmoins on la voit survenir plus souvent aux bour-
ses chez les jeunes gens qui vont fréquemment à cheval.
Alors elles acquièrent un volume double etquelquefcis triple
de celui de l'état de santé. Leur légf reté , leur souplesse , leur
étal non douloureux empêcheront de la confondre avec le
sarcocèle, autre maladie delaquelle nous parlerons plus tard.
Entorse.
L'entorse est une maladie très-commune, consistant
dans le tiraillement violent des parties molles qui entourent
une articulation. II est presqu'inutile de dire que cette
maladie, toujours très-grave, survient quand, au moment
d'une chute, ou même simplement de la course, le pied
porte à faux sur un terrain inégal, et que l'articulation est
exposée à une extension forcée. L'entorse ne se guérit jamais
radicalement. Toujours l'articulation qui en a été atteinte,
examinée bien attentivement, présente un gonflement pâ-
teux, accompagné de raideur et de fourmillement; elle est
le siège de douleurs très-vives alors qu'il survient un chan-
gement de temps. On ne devra jamais négliger de cons-
tater d'une manière bien authentique que l'on a éprouvé
celte maladie.
Epanchemcns locaux.
Il est plusieurs espèces d'épanchemens. Tantôt le liquide
— i6 —
qui les fornie est de l'eau, et tantôt c'est du sang. Ce der-
nier épanchement surtout se manifeste souvent aux bourses,
à la suite d'une contusion violente. Les petits vaisseaux qui
rampent dans la peau se déchirent, et le sang qu'ils conte-
naient , s'épanche dans le tissu cellulaire qui l'environne.
Une tumeur molle, noirâtre en est la conséquence immé-
diate, et si, après sa disparition complète, les veines de cette
partie restent apparentes et comme noueuses, l'exemption
est assurée.
Epilepsie.
On l'appelle encore mal caduc, ou haut mal. Cette affec-
tion est caractérisée par des attaques dans lesquelles les
malades tombent sans connaissance, éprouvant des convul-
sions, la distortion de la bouche, et offrant en outre sur
les bords des lèvres une écume épaisse, blanche et quel-
quefois très-abondante; tantôt leurs yeux sont fermés»
d'autres fois ils restent ouverts et fixement attachés sur un
objet qu'ils paraissent regarder avec beaucoup d'attention.
L'ouïe n'étant pas toujours suspendue pendant l'accès,
quelquefois le malade entend très-distinctement tout ce que
l'on dit même à une certaine distance de lui. Cette maladie
qui est essentiellement incurable, revient par accès plus
ou moins fréquens. Us sont spécialement provoqués par
une vive frayeur, surtout durant l'enfance, et quand une
fois elle est développée, il suffit des causes les plus légères
pour provoquer un accès qui peut durer depuis cinq minu-
tes jusqu'à une heure et même davantage. On a remarqué
que les vers la produisaient assez fréquemment. Il n'est
pas rare que la vue seule d'un épileptique fasse une impres-
sion tellement profonde sur celui qui le regarde, que l'épi-
—17 —
îepsïe en soit la suite. On reconnaît qu'un accès va avoir
lieu aux signes suivans : tristesse , douleur de tête asse»
violente, crampe dans les membres, les cheveux se héris-
sent , les yeux sont fixes et brillans , la face est agitée de
mouvemens convulsifs , les paupières sont tremblantes, il
y a grincement des dents, le malade tombe sans connais-
sance , et il éprouve des convulsions sourdes dans tous les
membres, quelquefois il jette des cris aigus, la respira-
tion est bruyante, entre-coupée, et une écume abondante
inonde la bouche. Tels sont les signes à l'aide desquels on
reconnaîtra toujours I'épilepsie. Cette maladie ne laisse
aucun doute sur la nécessité d'éloigner du service militaire
fous ceux qui en sont atteints.
Excroissances.
On appelle excroissances toutes les tumeurs, plus ou
moins volumineuses, qui se développent sur la peau, quelle
que soit d'ailleurs leur nature particulière. On en ren-
contre, il est vrai, dans l'intérieur des fosses nasales, des
oreilles, de la bouche, et même de l'anus; dans ce dernier
cas, elles prennent le nom de tumeurs hémorrhoïdaires.
Nous en traiterons dans un chapitre séparé.
Exomphale. ^
Toutes les fois qu'à l'occasion d'un effort violent pour
soulever un fardeau, ou d'une chute, il survient à l'om-
bilic une tumeur globuleuse, molle, arrondie, et rentrant
facilement à la moindre pression, pour reparaître aussitôt
qujBB-fe-eesse, on peut affirmer que l'on est atteint d'une
— i8 —
hernie ou descente ombilicale. Celle affection obligeant
celui qui en est atteint à porter constamment un bandage
pour la maintenir, il est évident que l'on sera irrévocable-
ment réformé : aussi, dans tous les conseils de révision,
refuse-t-on un très-grand nombre de jeunes gens , pour cette
espèce d'infirmité.
Exostoses.
L'exostose est une tumeur osseuse qu'il se forme et se dé-
veloppe à la surface du corps, consistant dans le gonflement
des os superficiellement placés. Tels sont les os de la tête,
de la face et de la jambe. Des douleurs surviennent durant
la nuit, principalement dans les jambes. Les causes de cette
maladie sont : le vice vénérien , les- ecrouelles, le scorbut;
les chutes ou les contusions peuvent également la produire.
On la reconnaîtra toujours à une tumeur qui se développe
lentement, à son excessive dureté, et aux circonstances
qui en ont déterminé la formation.
Boulimie.
Nous devons commencer par déclarer que la boulimie
est extrêmement rare chez les jeunes gens; mais que cepen-
dant on en possède plusieurs exemples. Cette maladie
consiste dans une faim insatiable et si pressante, que si
on voulait s'efforcer de ne pas la satisfaire sur-le-champ,
on éprouverait des défaillances et même de véritables syn-
copes. Cette affection est souvent occasionée par les
vers, principalement par le ver solitaire. On pense bien
que celui qui en est véritablement atteint, ne pourra jamais
être reçu comme propre au service des armes.
— rg —
Fistules.
On nomme fistule une petite plaie étroite, profonde,
donnant issue à un liquide quelconque, et située auprès'
d'un conduit par lequel celui-ci devait s'écouler. Comme
il en existe de plusieurs espèces, nous en traiterons séparé-
ment, afin de nous faire mieux comprendre. Nous allons
commencer par celle qui survient dans le coin de l'oeil, du
côté de la racine du nez, et que l'on nomme fistule lacrymale.
Fistule lacrymale.
C'est la plus fréquente de toutes les fistules en général,
parce que les larmes, à raison de leur composition chimi-
que, sont très-disposées à occasioner l'obstruction de la
gouttière par laquelle elles doivent passer pour tomber dans
les narines. La fistule lacrymale n'est ordinairement que
la suite de la tumeur lacrymale. Nous allons dire comment
on pourra toujours reconnaître qu'elle existe, ou simple-
ment que l'on en est menacé. On remarque d'abord dans
le coin de l'oeil, et au-dessous de la paupière inférieure,
auprès de la racine du nez, une petite tumeur de la gros-
seur d'un pois; elle est molle, disparaît quand, on appuie
le doigt dessus; les larmes coulent sur les joues et y lais-
sent une petite trace inflammatoire; puis, la narine de ce
côté se dessèche, le malade ne se mouche plus autant, la
petite tumeur est toujours plus grosse le matin que le soir,
•parce que les larmes s'y accumulent durant le sommeil de
la nuit; enfin l'inflammation s'en empare, et l'on aper-
çoit bientôt un petit trou sur son sommet, par lequel les
larmes s'échappeut blanchâtres et épaisses; elles coulent
.— JO
continuellement par cette petite ouverture et obligent le
malade à les enlever à chaque instant de dessus les joues,
sur lesquelles elles occasionent une inflammation érysipé-*
lateuse. La vue en outre est moins claire, et des accidens
consécutifs surviennent, tels que la carie des os de la face et
des fongosités dans le canal nasal. Il est certain que celui qui
serait affecté d'une telle maladie serait exempt de droit.
Fistule à l'anus.
Il suffit souvent de la plus simple inspection pour recon-
naître une fistule à l'anus; mais le plus ordinairement, elle
succède à un abcès survenu à la suite d'une chute que l'on
a faite sur le siège. Il n'est pas rare qu'un violent coup de
pied donné dans cet endroit, détermine d'abord un abcès
qui, après s'être percé, continue à fournir un petit suinte-
ment purulent, auquel se mêle fréquemment la partie la
plus liquide des matières fécales qui communique une
odeur extrêmement fétide. La fistule stercorale se recon-
naîtra donc toujours à une petite ouverture par laquelle on
peut à peine introduire la tête d'une épingle, située auprès
de l'anus, ou à une distance peu éloignée. Nous termine-
rons par la même réflexion que nous avons faite à l'article
précédent, c'est-à-dire que cette maladie est une cause iné-
vitable de réforme.
Fistule salwaire.
On appelle ainsi celle qui est entretenue par l'écoulement
continuel de la salive qui s'échappe par une petite ouver-
ture qui s'est formée dans l'épaisseur d'une des joues. On
la reconnaît d'abord à une tumeur située dans la parti»
— 2i —-
sus-dénommée; la salive s'écoule sur la joue, principale-
ment quand on parle ou quand on mange ; quelquefois même
on la voit jaillir avec force. Cette maladie qui est incura-
ble , est au nombre de celles qui donnent un droit certain
à l'exemption.
Flux hémorrhoïdal. ~Y
On connaît, sous le nom de flux hémorrhoïdal, un écou-
lement de sang qui, à des périodes régulières, se fait par
l'anus, et qui est précédé d'une douleur sourde, profonde,
dans le dos, les reins, de froid de pieds, de pâleur, et
quelquefois même de petites coliques, ou de démangeaison
à l'anus: alors un sang vermeil s'écoule avec assez d'abon-
dance , et se répète à des intervalles plus ou moins rappro-
chés. Les jeunes gens robustes en sont fréquemment
atteints; surtout ceux qui font habituellement usage d'une
nourriture échauffante. On pense bien qu'une telle incom-
modité excluerait de tout service militaire celui qui en
serait affecté : nous reviendrons plus tard sur cette maladie.
Folie.
Je ne place ici cette maladie que parce que je me suis
imposé l'obligation d'indiquer toutes celles qui peuvent occa-
sioner l'exemption. Elle est tellement rare chez les jeunes
gens, et d'ailleurs si facile à reconnaître, que je me bornerai
simplement à sa dénomination.
Des Fongosités, ou Fongus.
On donne le nom de fongus à des excroissances mollas-
«es, douloureuses, rouges, assez semblables à des cham-
22 —
pignons ? s'élevant sur la peau, ou dans l'intérieur d«
quelque cavité, rendant une grande quantité de sang à la
moindre déchirure survenue dans leur tissu, et se repro-
duisant avec une extrême facilité, quand on ne les a
détruites qu'en partie. Ils sont susceptibles de passer à
l'état de cancer; c'est même la terminaison qui leur est le
plus ordinaire. Ils se développent fréquemment à la partie
interne de la paupière inférieure , et acquièrent le volume
d'une noisette. On en voit souvent sur les gencives, débu-
tant d'abord sous la forme d'un tubercule pédicule, rou-
geâtre, insensible, et d'une mollesse remarquable; mais
bientôt il grossit, devient douloureux et se termine par un
abcès qui, à son ouverture, donne issue à une plus ou moins
grande quantité de pus; souvent même le fongus des gen-
cives détermine l'ébranlement des dents voisines, et même
leur chute complète. Toutes les tumeurs de la nature du
fongus entraînent nécessairement l'exemption.
Difformités occasionées par des fractures mal
réduites.
Toutes les fractures dont la consolidation s'est faite dan*
une direction vicieuse, peuvent donner lieu aux diffor-
mités; mais on pense bien que tous les os étant susceptibles
d'être cassés, tous aussi peuvent présenter des difformités
plus ou moins apparentes, et qui toutes, sans aucune excep^
tion, peuvent donner lieu à la réforme. Il sera toujours
aisé de savoir si, à une certaine époque, on a éprouvé quel-
que fracture , et s'il en est resté une difformité quelconque :
alors il faudrait se munir des pièces justificatives, et faire
sa réclama lion en conséquence.
— 23 —
Ganglions.
Les ganglions sont des petites tumeurs dures, indolores,
sans changement de couleur à la peau , de la grosseur d'un
pois , et pouvant acquérir le volume d'un oeuf, situées com-
munément dans l'intérieur des tendons qui se remarquent
sur la face dorsale du poignet. Ces tumeurs paraissent à la
suite d'un effort violent, et quand elles parviennent à un
certain volume , elles occasionent une très-grande gêne
dans la partie sur laquelle elles sont situées : on ne réussit
pas toujours à les faire disparaître, et lorsqu'elles persis-
tent, elles deviennent cause suffisante d'exemption.
De la Goutte.
La goutte consiste dans le gonflement des petites articu-
lations du pied; elle peut cependant se fixer h la main,
mais elle y est beaucoup plus rare. Nous allons indiquer de
quelle manière elle débute, D'abord un léger gonflement
survient dans l'articulation du gros orteil ( on appelle ainsi
le pouce du pied ) ; la douleur y est excessive, la rougeur
survient, et elle diminue à mesure que le gonflement aug-
mente; elle cesse quelquefois aussitôt que l'urine dépose
un sédiment rouge, briqueté; mais elle revient à de courts
intervalles. Eile envahit les grandes articulations, telles
que celles de la hanche, des épaules, des coudes, et l'at-
taque commence ordinairement vers le soir ou pendant la
nuit; elle dure souvent vingt-quatre heures, et revient à la
même époque que celle de son début. Quand la maladie
dure depuis long-temps, les articulations qui en ont été le
plus affectées, présentent des difformités très-apparentes;
_ 24 -
des noeuds durs s'y remarquent, ils gênent la progression,
et aucun remède ne peut les faire disparaître; c'est essen-
tiellement à les prévenir que l'on- doit s'attacher. Quoiqu'il
en soit, il est extrêmement difficile de constater l'existence
de la goutte chez les sujets qui n'en sont pas actuellement
attaqués. Il faut les preuves les plus authentiques pour
établir la conviction des membres du conseil de révision,
et une fois établies, nul doute que le résultat de la récla-
mation ne soit favorable à celui qui en est l'objet.
Grenouillette.
On donne le nom de grenouillette à une petite tumeur*
qui se forme sur les côtés du frein de la langue, produite*
par l'accumulation de la salive qui ne peut pénétrer dans'
la bouche, a raison de l'oblitération ou même du simple
rétrécissement du conduit de warthon. La grenouillette est
encore désignée sous le nom de ranulle, parce que les
anciens croyaient que la tumeur ressemblait à une petite
grenouille, peut-être aussi à cause de la difficulté que l'on
éprouve en parlant. Cette tumeur est molle, sans douleur ,
et gêne extrêmement quand on mange ou qu'on parle. En
se dilatant, elle peut acquérir un volume tel que la langue
soit refoulée en arrière et les dents déjetées en avant. Elle
peut en outre devenir très -dure, ses parois s'épaississant
par l'ancienneté de la tumeur qui contient quelquefois dans
son intérieur un calcul formé par la salive. Ainsi toutes le*
fois que cette maladie existera, on la reconnaîtra aisément
à son siège sous la langue, à la couleur grisâtre de la petite
tumeur, â son peu de sensibilité et à la gêne qu'elle apporte
dans l'exercice de la parole et dans l'action de mâcher les
— 25 —
aîimens que l'on introduit dans la bouche. Pour être rare,
cette maladie n'en existe pas moins, et l'on ne doit rien
négliger quand il s'agit d'un sujet aussi grave que celui qui
nous occupe.
Hématémèse, ou vomissement de sang.
L'Hématémèse consiste dans le vomissement d'un sang
noirâtre, liquide, ou coagulé, pur ou mêlé avec les aîi-
mens. Voici les signes qui l'annoncent : on ressent au-dessous
des dernières côtes gauches une pesanteur et une douleur
profonde ; une grande disposition aux évanouissemens ,
froid aux pieds, sueur du visage, enfin le vomissement se
déclare. Les causes de cette maladie sont le plus souvent
un coup ou une chute sur la région de l'estomac : un sim-
ple accès de colère peut même lui donner lieu; mais quel-
qu'en soit la cause, la maladie ne change pas pour cela de
caractère. On la reconnaîtra toujours facilement à sa pre-
mière apparition; il est très-important de ne pas perdre de
vue que, pour toutes les affections qui ne reviennent qu'à
des intervalles plus ou moins éloignés , on doit toujours en
prouver l'existence par des pièces irrécusables, faute de
quoi, on s'exposerait à n'en pas retirer tout l'effet que l'on
s'en était promis.
Hématocèle.
C'est une tumeur noirâtre, formée par un épanchement
de sang dans la peau des bourses ; elle se manifeste fréquem-
ment à la suite d'une plaie, ou plus particulièrement en-
core elle est occasionée par une contusion ou un froisse-
ment violent qui a meurtri la peau qui enveloppe le testi-
j — 26 —
cule : c'est ainsi qu'elle survient chez ceux qui montent
journellement un cheval dont le trot est dur. La douleur
n'est pas fort vive, mais elle existe néanmoins, et ces signes
seuls suffiront toujours pour faire reconnaître la maladie,
fût-elle même à son début.
Hématurie, ou pissement de sang.
L'hématurie consiste dans l'excrétion d'une urine plus
ou moins rouge , avec laquelle le sang est quelquefois mêlé
dans une assez grande proportion. Cette excrétion est ordi-
nairement précédée ou accompagnée de frissons dans les
reins et d'une sueur froide qui inonde le visage. Cette affec-
tion n'est pas commune, et c'est précisément pour cette
raison que nous devons insister sur sa description, et ne
rien négliger pour la bien faire reconnaître. Les causes qui
la déterminent sont nombreuses; nous citerons en particu-
lier : l'usage des boissons fortes, telles que le vin chaud,
l'eau-de-vie et toutes les liqueurs dont elle fait la base;
viennent ensuite les coups ou chutes sur la région des
reins, ou même sur la vessie; une vive inflammation de
ces organes, un calcul situé dans leur cavité, le scorbut
porté au dernier degré occasionent fréquemment la maladie
qui nous occupe : la suppression brusque d'une éruption
quelconque, telle que la gale ou les dartres, peut lui don-
ner lieu. Celte hémorragie présente des symptômes divers,
selon que le sang provient des reins, des uret,' res, ou de
la vessie elle-même. Mais quel que soit le siège primitif de
l'hémorragie, elle donne toujours les signes suivans : un
frisson violent s'empare subitement de toute la superficie
de la peau, qui devient sèche, âpre; une sueur froide
— 27 —
mouille le visage, des douleurs sourdes, profondes et néan-
moins assez vives se font ressentir dans les aînés, les cuisses
et auprès de l'anus; parfois des nausées ou même des vo-
missemens se succèdent pendant quelques instans; on res-
sent un besoin d'uriner que l'on ne peut satisfaire qu'au
milieu des efforts multipliés. Ceci a lieu principalement
quand le sang, après avoir séjourné quelque temps dans
la vessie, s'est transformé en plusieurs caillots qui viennent
boucher l'entrée du canal de l'urètre et empêcher l'éva-
cuation de celui qui est encore liquide. Le malade redouble
d'efforts; enfin il parvient à rendre un peu d'urine sangui-
nolente. Les caillots se dérangent, et l'urine s'écoule libre-
ment. Ces symptômes se renouvellent autant de fois que
dure la maladie, et toutes les fois que le malade veut se
débarrasser de ce que contient sa vessie.
Hémoptysie, ou crachement de sang.
Le crachement de sang, que l'on nomme encore hémop -
tysie, est une hémorragie qui a lieu sur la surface de la
membrane muqueuse qui se déploie dans les poumons et
les divers conduits qui y aboutissent. Cette affection, sous
le rapport de sa fréquence, est absolument l'inverse de la
précédente, c'est-à-dire qu'elle se manifeste fréquemment
chez les jeunes gens qui, dans leur enfance, étaient sujets
à des hémorragies nasales. Les causes qui y disposent par-
ticulièrement sont les suivantes : la première est une poi-
trine étroite et alongée , les épaules écartées en manière
d'ailes, une constitution irritable qui rend aptes à contrac-
ter des rhumes pour les causes les plus légères : le tem-
pérament nerveux et sanguin y prédisposent également.
— 2? —
Les personnes qui ont l'habitude de lire à haute voix *
ou de jouer des instrumens à vent, y sont encore expesées,
ainsi que celles qui respirent des vapeurs irritantes. Les
signes par lesquels cette maladie se déclare sont une toux
sèche, un bouillonnement dans la gorge, un sentiment de
pesanteur, de gêne, de suffocation dans la poitrine, obligent
le malade à rechercher un air frais et pur; il éprouve des
douleurs dans le dos, entre les épaules, au bas de la poi-
trine , enfin l'hémorragie s'établit, et il rend par la bouche
une quantité plus ou moins considérable d'un sang rouge ,
écumeux et salé; d'autrefois, il n'est rendu qu'au milieu
des quintes d'une toux très-vive, avec sentiment de cha-
touillement à la gorge. Si la quantité de sang est abondante,
Ja suffocation devient plus forte, et le malade est exposé à
une syncope plus ou moins durable. Cette hémorragie peut
paraître à de longs intervalles, et il suffit de prouver que
l'on en a éprouvé une seule atteinte, pour exciter l'atten-
tion du conseil de révision, qui prononcera certainement
la réforme. Si le crachement de sang est dû ou entretenu
par une affection chronique du poumon, conclusion que
l'on tirera d'autant plus sûrement que le sujet porterait
une toux sèche et continue, la réforme serait également
assurée. Afin d'éviter de confondre le crachement de sang
avec le vomissement ou même avec une hémorragie na-
sale, nous allons en peu de mots dire à quels signes on
reconnaîtra facilement d'où provient le sang. S'il provient
de l'estomac, sa couleur est noire, et il ne sort qu'à l'aide
du vomissement; s'il vient de la poitrine, il est rouge et
écumeux, et il sort par ja toux; sa sortie par les narines
a lieu par gouttes; l'écoulement se prolonge assez long-
temps , en. outre la toux n'existe pas,
— 29 —
Hémorrhoïdes. • X
.j
Les Hémorrhoïdes sont, sans contredit, au nombre des
maladies qui rendent ceux qui en sont effectés, tout-à-fait
impropres au service militaire. Non-seulement elles gênent
la marche, mais encore elles occasionent une incommodité
bien plus grave, sous le rapport de l'hémorragie qui en
fait le principal caractère. Pour faciliter l'intelligence dé
ce que nous avons à dire sur les hémorrhoïdes , nous dis-
tinguerons les tumeurs hémorrhoïdaires, du flux hémor-
rhoïdal proprement dit; les causes de cette maladie sont
excessivement multipliées. Ainsi, l'habitude de monter un
cheval dont le trot est dur, les efforts violens pour aller à
la garde-robe , dans un moment de constipation , l'emploi
prolongé des bains tièdes, principalement les bains de siège,
ou les Iavemens fréquens, l'abus des purgatifs violens, l'ha-
bitude de rester trop long-temps au lit, ou même assis,
les marches forcées sur un terrain raboteux, l'usage d'une
nourriture trop échauffante, joint au défaut d'exercice, et
par-dessus tout peut-être, la circonstance que l'on est né
de parens qui y étaient sujets, telles sont les causes de la
maladie qui nous occupe. Elle débute par une engour-
dissement dans les reins, les cuisses , une pesanteur incom-
mode sur le fondement, un chatouillement dans cette par-
tie , et un besoin continuel d'aller à la garde-robe; tout-à-
coup et à la suite des causes ci-dessus énoncées, il survient
à la marge de l'anus, ou même dans son intérieur, plu-
sieurs petites tumeurs dures, arrondies , rouges, de la
forme et de la grosseur d'une fraise, douloureuses, quel-
quefois réunies, et formant au tour de l'ouverture de l'anus
un bourrelet, qui, durant les efforts pour aller à la selle,
3
— 00
devient tendu et d'un rouge violet, occasionant les dou-
leurs les plus cuisantes, surtout après l'acte de la déféca-
tion. Souvent ces tumeurs donnent naissance à un abcès
énorme, qui, se perçant dans l'intérieur de l'intestin rec-
tum , donne ainsi lieu à une fistule, ainsi que nous l'avons
dit plus haut. Au bout d'un temps qui n'a rien de fixe, les
tumeurs hémorrhoïdaires cessent d'être douloureuses, elles
se flétrissent et disparaissent jusqu'à ce qu'une nouvelle
cause vienne exciter leur réapparition : enfin elles revien-
nent périodiquement, durent plusieurs semaines, et don-
nent lieu à une hémorragie qui est très-fréquente, et quel-
quefois assez abondante pour entraîner de graves accidens;
elle se manifeste souvent sans aucune cause appréciable, pré-
cédée seulement par les mêmes signes que ceux qui annon-
cent la prochaine apparition des tumeurs hémorrhoïdaires.
Hernies.
Les hernies, les descentes, ou les efforts , sont trois
termes par lesquels on désigne une seule et même affec-
tion. Ainsi quand nous emploirons le mot hernie, ce sera
comme si nous nous servions de l'une des deux autres
dénominations. Cette maladie est la plus fréquente de
toutes celles qui attaquent l'espèce humaine. Les hommes
en général y sont très-sujets, les jeunes gens en offrent des
exemples très-nombreux ,• la raison en est bien facile à sai-
sir , c'est qu'ils se livrent avec toute la vivacité de leur âge >
à la course, à la lutte, qu'ils font des efforts plus répétés,
tels que ceux pour sauter un fossé, l'action de la danse et de
tous les exercices en général qui appartiennent à la jeunesse.
La hernie est une tumeur plus ou moins volumineuse ,
molle /élastique, non douloureuse, ne produisant aucun
— 3i —
changement de couleur à la peau, apparaissant tout-à-coup
à la suite d'un effort, sur un point quelconque du bas-
ventre. Cette affection est remarquable par sa fréquence,
par les dangers qu'elle est susceptible de produire , et par
la variété des ses espèces. Ces tumeurs sont formées par le
déplacement et la sortie des organes situés dans le bas-ven-
tre , à travers les ouvertures naturelles qui existent sur sa
paroi antérieure. Elles prennent différens noms , selon le
lieu dans lequel elle se montrent. Nous les indiquerons en
particulier. Mais nous allons dire qu'elles sont les causes
qui leur donnent naissance en général, quel que soit l'en-
droit dans lequel elles se développent. Ces causes sont les
suivantes : la toux qui revient par quintes fréquentes, l'exer-
cice du cheval, les vomissemens violens, l'habitude deppr-
ter une ceinture étroite et fortement serrée autour des reins,
les cris aigus, le chant à très-haute voix, la course, la
danse, les sauts, surtout les efforts pour soulever ou porter
un fardeau pesant, l'amaigrissement rapide succédant à
l'embonpoint : enfin à l'occasion d'une de ces causes, une
tumeur parait et ne peut plus désormais rester dans le lieu
qu'elle occupait, sans être maintenue par un moyen méca- ■
nique que nous ne devons pas examiner ici. Ces notions
préliminaires suffiront toujours pour faire connaître cette
affection qui chaque année occasione l'exemption de plu-
sieurs milliers de jeunes gens que la loi avait appelés au
recrutement de l'armée. Elles prennent différentes déno<-
minations selon la loi qu'elles occupent.
Hernie inguinale.
On la reconnaîtra aux signes suivans : tumeur molle,
élastique, située à la partie inférieure du bas-ventre, uw
32
peu au-dessus du pli de l'aîne, succédant à un effort aug-
mentant de volume quand le malade est debout, et dimi-
nuant quand il est conché , ou même rentrant totalement
par le repos. On ressent une secousse dans la tumeur quand
le malade tousse ou éternue ; du reste n'étant pas doulou-
reuse. Cette espèce est la plus fréquente de toutes. Beau-
coup de. jeunes gens, sans en être actuellement affectés,
sont cependant réformés comme y étant prédisposés. C'est-
à-dire que la plus petite cause déterminante suffira pour
la faire paraître. Il est comme on le voit toujours néces-
saire d'appeler l'attention du conseil de révision sur ce
sujet.
Hernie crurale.
Tumeur moins volumineuse et plus dure que la précé-
dente, se montrant dans le milieu du pli de Faîne, et
soulevant même un peu de la peau de la partie supérieure
interne de la cuisse; elle rentre plus difficilement que la
hernie inguinale, et l'on éprouve toujours beaucoup de
difficultés à la maintenir réduite. Nous avons parlé ailleurs
delà hernie ombilicale , et il serait superflu de lui consacrer
encore ici une place , justement réclamée par d'autres af-
fections non moiûs importantes.
Des Cors.
S'il est essentiel que le jeune homme destiné au métier
des armes , ait les yeux exempts de toute maladie, il n'est
pas moins indispensable qu'il ait les extrémités inférieures
dans le meilleur état possible, afin de pouvoir supporter
facilement les fatigues de la marche. Les cors y apportent
— 55 —
un obstacle presqu'insurmontable; et il suffit en effet d'en
être affecté, pour savoir à quel point ils rendent la marche
pénible et douleureuse. Les douleurs qu'ils occasionent
parfois sont intolérables, et il est de la plus grande justice
de réformer tous ceux qui sont atteints de cette gênante et
très-douleureuse infirmité.
Les cors sont tellement faciles à reconnaître, qu'il nous
suffira de les nommer pour qu'ils soient aussitôt appréciés;
tous les jeunes gens qui en sont affectés ne devront jamais
négliger de se mettre en réclamation, en ayant soin de spé-
cifier le genre d'incommodité pour lequel ils sollicitent la
réforme ; ils devront, dans tous les cas, appeler l'attention
des membres du consefl de révision , et s'il est constant
que cette affection soit susceptible, par sa position et son
degré d'ancienneté , de les empêcher de faire librement
de longues marches, nul doute qu'ils n'aient droit à la
réforme.
Il ne faut pas croire que les cors ne puissent se dévelop-
per que sur la partie supérieure des orteils ( c'est ainsi
que l'on nomme les doigts des pieds ). Ils peuvent égale-
ment avoir leur siège sur les côtés et même à la plante des
pieds. Ceux qui sont situés dans ce dernier endroit surtout,
occasionent une gêne incomparablement plus grande que
partout ailleurs, et il est d'observation, que les douleurs
qu'ils déterminent, sont augmentées par les fortes chaleurs
et par tous les changemens de temps.
Parlons maintenant de leurs causes : la pression occa-
sionée par des chaussures trop dures et trop étroites, les
grossières coutures des bas, en sont les causes les plus
fréquentes, mais celle qui la produit le plus souvent, est
sans contredit celle que nous avons indiquée la première,
. -54-
c'est-à-dire , une chaussure étroite. On devra dont ap-
porter le plus grand soin à éloigner cette cause , d'autant
plus que les cors ne se guérissent que bien rarement.
Des Verrues.
Les verrues ont avec les cors la plus grande similitude;
en effet, ces deux affections ont leur siège dans la même
partie constituante de la peau, c'est-à-dire que l'épiderme
est le lieu où se développent ces deux genres de maladies,
mais les verrues que l'on nomme encore poireaux, se pré-
sentent 'principalement sur les mains. Elles sont très-ordi-
naires chez les jeunes gens. On ne possède pas de notions
précises sur les causes qui les produisent, elles sont très-
obscures; néanmoins l'observation a démontré que les poi-
reaux se communiquaient par contagion, et que le sang
qui provient de leur incision, est surtout susceptible d'en
déterminer le développement dans l'endroit où il est appliqué.
Les mains en sont quelquefois parsemées , ce qui produit
une difformité bien choquante ; elles nuisent essentielle-
ment à la délicatesse du tact, et à mesure qu'elles s'éloi-
gnent de leur début, elles envoient dans l'épaisseur de la
peau , des racines nombreuses et quelquefois très-profondes.
Leur surface extérieure est tantôt lisse , unie, et tantôt
inégale, parsemée de tubérosités analogues à celles qui se
remarquent sur les mûres, le plus souvent leur base est
large , ne présentant aucune partie à laquelle on puisse
donner le nom de pédicule, celles qui présentent ce der-
nier genre de conformation seront facilement détruites par
le moyen de la ligature, qui agit par une sorte d'étrangle-
ment; alors les vaisseaux qui se développent dans ses racines
— 35 —
ne peuvent plus transmettre de sang à la partie qui dépassé*
le niveau de la peau, et bientôt la mortification s'en em-
pare , et en peu de jours, on en est débarrassé ; mais il est
rare que l'on puisse toujours avoir recours à ce moyen,
car le plus ordinairement les verrues n'offrent point cette
disposition particulière qui permet d'employer efficacement
le moyen précité. Les verrues augmentent quelquefois de
volume avec une extrême'rapidité ,'et elles sont susceptibles
de la'dégénérescence carcinomateuse, c'est-à-dire, qu'elles
peuvent se changer en cancer : on en a plusienrs exemples.
Hydarthrose.
On désigne sous le nom d'hydarthrose, l'hydropisie des
articulations, occasionée par l'accumulation d'une certaine
quantité d'eau dans la poche qui entoure les articulations.
Cette maladie est plus fréquente aux genoux que partout
ailleurs. Les causes qui la produisent le plus constamment
sont les rhumatismes, le séjour dans un endroit froid et
humide, l'exercice forcé, les entorses, les chutes, et en
général tout ce qui agit avec violence sur une articulation
quelconque peut produire l'hydarthrose. On la reconnaîtra
aux signes suivans. L'articulation est gonflée, et la couleur
de la peau n'est pas changée, la douleur et vive surtouê-
quand le malade veut marcher. Les mouvemens sont exces-
sivement, douloureux , il y a même souvent impossibilité
de iàire aucun exercice, ainsi nul doute que celui qui est
affecté de cette maladie n'ait un droit évident à la réforme.
Hydrocèle.
L'hydrocèle est une tumeur formée par l'épanchement
d'un liquide dans la peau qui enveloppe les testicules, et
— 36 —
que l'on connaît vulgairement sous le nom de bourses.
Nous allons indiquer les causes qui produisent cette affec-
tion. Le froissement ou la contusion des testicules, une
chute, un coup peuvent également lui donner naissance,
il en est de même de la maladie vénérienne et des excès
dans les plaisirs de l'amour. Voici les signes qui la feront
reconnaître. Tumeur plus ou moins volumineuse , très-
légère, et transparente, survenue tout-à-coup à l'occasion
d'une des causes ci-dessus énoncées , peu douloureuse ,
molle, élastique, ayant la forme d'une poire, occasionant
le rapetissement de la verge qui paraît comme ensevelie
dans la peau des bourses. Lagrosse extrémité de la tumeur
est en bas, et la petite extrémité en haut, auprès du pli
de l'aîne. En posant une lumière derrière la tumeur, et
regardant au travers de celle-ci, on s'assure qu'elle ne
contient que de l'eau. Tous ces signes réunis sont plus que
suffisants pour éviter toute méprise. Il est facile de conce-
voir que cette maladie exemptera toujours du service mili-
taire celui qui en sera véritablement affecté.
Hydro-Péricarde.
Pour faciliter l'intelligence de ce que nous avons à dire
sur cette maladie , nous devons commencer par donner
quelques notions sur le péricarde. C'est une membrane,
ou un petit sac sans ouverture dans lequel le coeur est
renfermé. Cette membrane contient toujours, dans l'état
de santé, une petite quantité d'un liquide servant à faciliter
le glissement du coeur dans sa cavité, et lorsqu'à l'occasion
d'une des causes provocatrices de cette affection , celte
quantité de liquide augmente, il y a ce que nous appelons
-37- _
hydropisie de poitrine, ou hydro-péricarde. Cela posé,
passons aux causes qui la provoquent. Nous devons placer
ici en première ligne , l'inflammation du péricarde , les
maladies du coeur, les rhumatismes qui ont disparu tout-
à-lout en occasionant des étouffemcns et des palpitations,
enfin toutes les causes qui provoquent les deux dernières
maladies que nous venons de décrire, etc. L'hydropisie
de poitrine se manifeste par les signes suivans : palpitations
du coeur fréquentes, évanouissements, côté gauche de la
poitrine un peu plus élevé que le droit, étouffemens au
moindre exercice, surtout quand le malade veut se coucher.
Réveils en sursaut, sommeil agité, pénible, rêves effrayans,
figure d'un rouge violet, lèvres noirâtres, enflure des
membres inférieurs, toux sèche, pouls vite, de temps en
temps crachement de sang. La maladie marche toujours
très-lentement, elle est excessivement grave, et il sera
presque toujours facile de la reconnaître au moment de sa
manifestation : on peut juger qu'une telle affection est plus
que suffisante pour justifier l'exemption.
Hydro-Thorax. .
Celle-ci mérite plus justement que la précédente affec-
tion , le nom d'hydropisie de la poitrine; cependant on les
désigne fréquemment toutes deux par la même dénomi-
nation générale; en effet, elles ont entr'elles la plus grande
analogie , tant sous le rapport de leurs causes que sous
celui de leurs symptômes. Une des causes les plus fré-
quentes est la suppression de la transpiration. Par exem-
ple, si on mettait dans l'eau froide le corps étant en
sueur, on courrait risque de terminer l'hydropisie de la
poitrine. Il est encore d'autres causes. Ainsi l'abus des
liqueurs fortes, l'habitation des lieux humides, etc. On
— 38 —
remarque que la respiration est courte, gênée, quand le
malade marche vite, surtout en montant, il est essoufflé au
point <l'être obligé de se reposer à chaque instant. Il lui
est impossible de parler long-temps, il y a douleur au bas
de la poitrine et dans le dos, la toux est fréquente et sèche,
quelquefois avec un peu d'expectoration écumeuse ou même
sanguinolente , le malade reste assis volontiers, la figure
est pâle, bouffie, la soif est vive et l'urine rare. On peut
bien penser que celui qui est atteint d'une telle maladie,
et qui éprouvera tous les signes que nous venons de décrire
ne sera jamais propre au service des armes.
Hypopion.
L'hypopion est un abcès survenu dans l'oeil à la suite
d'une violente inflammation; on voit derrière ou même
quelquefois au-devant du miroir de l'oeil une petite émi-
nence blanchâtre, interceptant totalement le passage des
rayons lumineux et occasionant par conséquent la cécité,
c'est-à-dire que le malade ne peut distinguer le jour d'avec
l'obscurité de la nuit. Cette affection étant très-rare, nous
n'insisterons pas davantage sur ce. qui lui est relatif. Il
suffit d'ailleurs de la plus simple attention pour s'assurer
de son existence, qui assurera toujours une réforme défi-
nitive et sans rappel.
Ictire chronique.
Celte maladie n'est autre chose que la jaunisse entre-
tenue par une maladie du foie. Il est inutile de dire que
la peau est colorée et jaune , et que les urines ont la
même couleur. Souvent on ressent dans le côté droit' du

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