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Un amour de Swann - M. Proust

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SOMMAIRE
1 - REPÈRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 1 - CONTEXTE HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE. . . . . .7 La « belle époque » : illusion ou réalité ?. . . . . . . . . . . . . .7 L’année 1913 : à la veille de la guerre. . . . . . . . . . . . . . . .9 Un formidable renouveau artistique et littéraire. . . . . . .10 2 - VIE DE MARCEL PROUST. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13 De l’enfance aux premiers écrits (1871-1899). . . . . . . .13 L’époque ruskinienne (1899-1908). . . . . . . . . . . . . . . . .16 Le temps de laRecherche(1908-1922). . . . . . . . . . . . . .20 3- « UN AMOUR DE SWANN », MOMENT D’UNE RECHERCHE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 La genèse et la publication de l’œuvre. . . . . . . . . . . . . . .21 Les sources littéraires et musicales. . . . . . . . . . . . . . . . . .23 La place d’« Un amour de Swann » dansÀ la recherche du temps perdu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25
2 - ÉTUDE DU TEXTE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29 1 - RÉSUMÉ. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29 La naissance de l’amour (p. 9-68). . . . . . . . . . . . . . . . . .29 Le temps du bonheur (p. 68-87). . . . . . . . . . . . . . . . . . .30 Le temps de la jalousie (p. 88-136). . . . . . . . . . . . . . . . .31 La maladie de Swann (p. 136-216). . . . . . . . . . . . . . . . .33 La fin de l’amour (p. 216 à la fin). . . . . . . . . . . . . . . . . .34 2 - LES STRUCTURES NARRATIVES. . . . . . . . . . . . . . .35 Un récit à la troisième personne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35 Le temps du récit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 L’espace du récit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43 3 - LE SYSTÈME DES PERSONNAGES. . . . . . . . . . . . . .45 Une société à structure binaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45 Le personnage de Charles Swann. . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 La construction du personnage proustien : l’exemple d’Odette. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51
REPÈRES5
4 - L’ÉCRITURE PROUSTIENNE. . . . . . . . . . . . . . . . . . .54 Le style et la question des personnages. . . . . . . . . . . . . .55 La phrase proustienne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56 Poésie et raisonnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .60
3 - THÈMES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63 1 - IMAGINAIRE ET MONDANITÉ. . . . . . . . . . . . . . . . .63 Le snobisme ou le fruit de l’imaginaire. . . . . . . . . . . . . .64 Le monde à travers l’imaginaire amoureux. . . . . . . . . . .70 2 -AMOUR ET JALOUSIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .74 Le sentiment et le temps. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77 Ambiguïté de la jalousie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .82 Le travail de la subjectivité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .85 3 - L’ART, L’IMAGINATION ET L’ÉCRITURE. . . . . . . .87 Swann, figure de la vocation manquée. . . . . . . . . . . . . . .88 L’imagination, une activité créatrice. . . . . . . . . . . . . . . . .89 Vers une poétique littéraire ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .92
4 - ÉCHOS ET CORRESPONDANCES. . . . . . . . . . . . . . . . . .95 1 - L’IMAGINAIRE DE LA JALOUSIE. . . . . . . . . . . . . . .95 Le soupçon d’Othello. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .96 La jalousie classique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .98 Une des sources de Proust : Tolstoï. . . . . . . . . . . . . . . .100 La jalousie douloureuse selon Italo Svevo. . . . . . . . . . .102 Ambiguïtés de la jalousie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .103 2 - LA FEMME TRANSFIGURÉE PAR L’ART. . . . . . . .105 Art et idéal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .106 Art et illusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .109 L’art révélateur de la beauté féminine. . . . . . . . . . . . . .113
5 - ANNEXES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .117 1 - PERSPECTIVES CRITIQUES. . . . . . . . . . . . . . . . . . .117 2 - ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES. . . . . . . . .121
6LESMOTS
1
REPÈRES
1 CONTEXTE HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE La « belle époque » : illusion ou réalité ? Le nom de « belle époque », donnéa posteriorià la e période qui s’étend de la toute fin duXIXsiècle au début de la Première Guerre mondiale, reflète bien le sentiment de nombreux Européens de vivre un moment pacifique et heureux. L’impression d’un cer-tain équilibre politique au niveau international pro-voque une certaine euphorie, d’autant plus qu’elle est renforcée par une économie florissante, appuyée sur la grande stabilité des monnaies, la croissance de la pro-duction de charbon et de minerai de fer, l’apogée du colonialisme et les échanges économiques accélérés. Cette situation profite à l’élite économique et sociale des pays occidentaux, au sein de laquelle se développe de manière assez inouïe une mondanité cos-mopolite. Le goût de la villégiature fait de Venise, de la Côte d’Azur, de Biarritz, de Deauville, de Saint-Moritz
REPÈRES7
ou de Marienbad des lieux où l’aristocratie et la plus haute bourgeoisie se côtoient étroitement dans les palaces et les grands hôtels. Le Londres du roi Édouard VII est la capi-tale la plus représentative de la prospérité économique. Vienne est la capitale de la musique, avec Johannes Brahms (1833-1897) et Gustav Mahler (1860-1911) notamment, et partage avec Paris le rôle de centre de la culture européenne. Mais Paris s’affirme plus nettement comme la ville des fêtes et des récep-tions, animée non seulement par l’aristocratie et la haute bourgeoisie du faubourg Saint-Germain, qui fré-quentent l’Opéra Garnier et les hippodromes, mais aussi par le demi-monde où une bourgeoisie que le luxe et le faste ennuient se mêle aux artistes, aux écri-vains et aux acteurs. Les lieux de prédilection de ce demi-monde sont les restaurants (Maxim’s), les théâtres, et le quartier de Montmartre.
La « belle époque » est aussi l’ère d’un extraordi-naire progrès technique et scientifique. On découvre la discontinuité de la matière : dès 1900, Max Planck éta-blit sa théorie des quanta pour expliquer les mouve-ments des électrons dans l’atome, et Niels Bohr s’appuie sur cette théorie en 1913 pour comprendre les mouvements des particules dans l’atome. La physique connaît d’autres révolutions : Wilhelm Röntgen découvre les rayons X en 1895, Marie Curie découvre la radioactivité en 1898, Albert Einstein émet l’hypo-thèse de la relativité restreinte dès 1905. De nouvelles sciences humaines apparaissent, grâce à Émile Durkheim qui définit l’objet et la méthode de la socio-logie (Les Formes élémentaires de la vie religieuse, 1912) et surtout à Sigmund Freud qui publie en 1900 L’Interprétation des rêves, fondant ainsi la psychanalyse, nouvelle explication de la vie psychique qui sera appro-fondie par lesTrois Essais sur la théorie de la sexualitéen 1905. Dans le domaine technique, le développement
8UN AMOUR DESWANN
de l’automobile et de l’aviation (Louis Blériot traverse la Manche en avion en 1909, Roland Garros traverse de même la Méditerranée en 1912) engendre une nou-velle perception de la vitesse.
Mais la mondanité frivole et l’exaltation que susci-tent les révolutions scientifiques cachent différents pro-blèmes, parmi lesquels les inégalités sociales et le vieillissement de la population française, et comportent une part d’inconscience face à la situation politique et militaire, plus inquiétante qu’on ne veut bien le croire.
L’année 1913 : à la veille de la guerre Depuis longtemps déjà, la situation politique inter-nationale n’est pas si réjouissante qu’il n’y paraît. L’Allemagne a fait le choix d’une impressionnante réno-vation de son tissu industriel et de son équipement mili-taire. Entre 1909 et 1911, des tensions naissent entre la France et l’Allemagne à propos des ressources du Maroc et de l’Afrique équatoriale. Enfin, les guerres balka-niques de 1912-1913 semblent rendre inévitables des conflits à l’échelle européenne. Le jeu des alliances défensives rivales, la Triple-Entente (1907) unissant la France, le Royaume-Uni et la Russie d’une part, et la Triple-Alliance (1882) entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie d’autre part, a pour conséquence de tendre à l’extrême la situation diplomatique et militaire. Alors que le cosmopolitisme de l’élite sociale, voire de l’élite artistique et littéraire, atteint son point culmi-nant, l’année 1913 retentit déjà d’appels à la guerre, qui se substituent à l’insouciance générale qui dominait jusque-là. Les nationalismes ressurgissent, y compris chez les écrivains : Rudyard Kipling au Royaume-Uni ou Gabriele D’Annunzio en Italie en sont la preuve. La
REPÈRES9