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Un bon gros pataud

De
256 pages

« Regardez ce gros garçon, ce pataud, ce lourdaud, qui marche à côté de ma petite nièce Clotilde. Quels bras, quelles jambes, quelle épaisseur ! Tout gonflé d’une sève exubérante, il s’abandonne sans restriction au plaisir que lui cause cette promenade champêtre et n’a souci d’autre chose. En lui tout est matière. Quelle différence avec Clotilde ! La chère petite est aussi fine, aussi distinguée, aussi naturellement élégante qu’il est, lui, non moins naturellement lourd et commun.

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À propos de Collection XIX
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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX
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supports de lecture.UN BON GROS PATAUDJeanne Marcel
Un bon gros pataudI
Dans lequel le lecteur fait connaissance avec les principaux
personnages de cette histoire
« Regardez ce gros garçon, ce pataud, ce lourdaud, qui marche à côté de ma petite
nièce Clotilde. Quels bras, quelles jambes, quelle épaisseur ! Tout gonflé d’une sève
exubérante, il s’abandonne sans restriction au plaisir que lui cause cette promenade
champêtre et n’a souci d’autre chose. En lui tout est matière. Quelle différence avec
Clotilde ! La chère petite est aussi fine, aussi distinguée, aussi naturellement élégante
qu’il est, lui, non moins naturellement lourd et commun. Quelle jolie façon elle a de se
tenir, de marcher, de porter son ombrelle ! Tous ses mouvements sont empreints d’une
grâce exquise. C’est au point que, depuis plus de deux heures qu’elle est habillée, rien
n’est dérangé dans sa toilette ; sa robe ne fait pas un pli, les broderies de sa jupe et de
son corsage sont encore aussi fraîches que si elles sortaient des mains de la
repasseuse, ses souliers n’ont même pas un atome de poussière.
« Voyez-le, lui ! admirez dans quel état il s’est mis pour avoir couru comme un
étourneau après des papillons, qui n’ont eu garde de se laisser saisir par ses grosses
pattes : sa collerette est de travers, le noeud de sa ceinture s’en va de côté, il a son
chapeau derrière la tête, et les boucles de ses cheveux ont repris l’allure indisciplinée
qu’elles tiennent de la nature ; ses bottines, si blanches tout à l’heure, sont maintenant
grises de poussière...
« Retenez ce que je vous dis : on ne fera jamais rien de cet enfant. On peut dès à
présent préjuger de ce que lui et Clotilde seront un jour, lorsque les années auront fait
d’elle une femme et de lui un homme. Je la vois, la chère petite, soigneuse, ordonnée,
élégante, remplie de tact, ornée de toutes les grâces qui assurent le succès des jeunes
personnes dans le monde ; lui, maladroit, égoïste, brutal, sans esprit de conduite, ne
manquant aucune occasion de faire une sottise, enfin, si je puis m’exprimer ainsi, mettant
les pieds dans toutes les flaques d’eau qui se présenteront sur son chemin, comme il
fera certainement tout à l’heure s’il s’en rencontre sur le sentier que nous suivons. »
Ainsi parlait Mlle Éléonore de Palambec, et au même instant, comme pour justifier ses
paroles, le pauvre petit contre lequel elle lançait un pronostic si peu flatteur, plongea
étourdiment le pied droit dans une petite, toute petite mare d’eau jaunâtre qu’un
malheureux hasard avait creusée au beau milieu du chemin. Aussitôt il se trouva couvertd’éclaboussures, ses jambes nues si fermes et si potelées, son beau costume en piqué
blanc, garni de fines broderies pareilles à celles qui ornaient la robe de Clotilde, sa belle
ceinture de soie bleue, — vieux bleu, très pâle, à la dernière mode, — furent maculés de
boue. N’osant, dans la crainte de faire de nouveaux malheurs, sortir du bourbier où son
soulier disparaissait presque entièrement, il jeta un cri de détresse. Sa mère, qui
marchait un peu en arrière, courut à lui le prit dans ses bras et l’emporta délicatement sur
la berge, où elle se mit en devoir de lui essuyer les jambes.
« Maman ! oh ! maman ! soupirait le pauvre petit en regardant avec des yeux pleins de
larmes sa jolie toilette souillée de vase.
— Ce ne sera rien, mon Déri, ce ne sera rien, répondait la maman pour le consoler ;
ne pleure pas.
— Oh si ! oh si ! J’ai trop de peine ! »
Et de ses beaux yeux navrés il contemplait sa maman qui délicatement, avec la lame
d’un petit couteau, enlevait la boue et ensuite frottait les taches avec un mouchoir que la
bonne de Déri allait tremper dans un ruisseau voisin, bienfaisant ruisseau que le destin
semblait avoir placé là tout exprès pour cet usage réparateur.
Déri était toujours inconsolable. Pour le calmer, apaiser ses larmes, sa maman
l’embrassait, et lui, tout en pleurant, lui rendait ses baisers.
« Mon costume, mon beau costume ! Il est perdu ! »
Et redoublant de larmes :
« Comment faire, maman ? Comment faire ? » s’écriait-il.
Certes, Déri n’en était pas à cela près d’un costume taché. Lorsque pareil accident
arrivait, on échangeait le vêtement sale contre un propre, et tout était dit. Mais celui-ci
était une merveille de goût, la faiseuse à la mode qui l’avait fourni se l’était fait payer un
prix exorbitant. La ceinture surtout.... c’était un prodige, cette ceinture. Depuis deux jours
que le messager du chemin de fer l’avait apportée dans une jolie boîte enveloppée dans
un papier gommé, la gouvernante de Déri, sa bonne et les autres femmes de chambre de
la maison ne parlaient d’autre chose. Déri en avait pris une si haute idée qu’il ne pouvait
se consoler de la voir tachée de boue.
« Bah ! ne t’inquiète pas de cela, mon Déri, lui dit sa maman, on la lavera et il n’y
paraîtra plus.
— Elle était si belle !
— Nous eu achèterons une autre plus belle encore.
— Si c’est ainsi que vous l’élevez, dit Mlle Éléonore d’un ton sec, il ira loin, je vous le
prédis.
— Mais, ma tante....
— Il n’y a pas de mais ; vous êtes en train d’en faire un petit mauvais sujet.
— Déri ! s’écria la mère, mon Déri, un mauvais sujet !... »
Et, serrant l’enfant contre sa poitrine, elle le couvrit de baisers.C’est ainsi que vous l’élevez !
« Certainement, reprit la raide Mlle Éléonore, il a fait une sottise et, au lieu de le
gronder, de le punir comme il le mérite, vous le cajolez, vous l’embrassez.... Il va croire
qu’il doit recommencer.
— Mais, ma tante, ce n’est pas une sottise, c’est un malheur. Déri ne l’a pas fait
exprès. Je ne peux pas le gronder pour un accident qu’il n’a pas provoqué. Son
désespoir, d’ailleurs, vous dit assez qu’il n’a pas besoin d’être grondé. Il n’a pas le désir
de recommencer, soyez-en certaine. N’est-ce pas, Déri, que tu ne veux pas mettre de
nouveau ton pied dans la vase ? »
Pour toute réponse, Déri se jeta au cou de sa maman.
« Tenez, fit avec un sourire ironique Mlle Éléonore, le voilà qui met en bel état les
dentelles de votre col. Et, de plus, il essuie ses larmes sur votre visage. »
La maman de Déri, qui était jeune, jolie et un peu malicieuse, regarda finement la
vieille demoiselle, dont les joues maigres et ridées étaient recouvertes d’une certaine
couche de fard, et elle eut grande envie de répondre, pour venger Déri, que cela ne
faisait rien, attendu qu’elle avait les joues bon teint. Mais elle se contenta de sourire.
« Les mamans, dit-elle, ne font pas attention à ces choses-là. »Et, sortant de sa poche un autre mouchoir, elle essuya les yeux de Déri, rétablit un peu
d’ordre dans sa chevelure, arrangea les plis de son costume de façon à dissimuler le plus
possible les taches qui n’avaient pas voulu disparaître, et se disposa à poursuivre la
promenade commencée.
« Est-ce que vous ne rendez pas cet enfant à sa bonne pour qu’elle le reconduise à la
maison ? demanda Mlle Éléonore.
— Le reconduire à la maison ? Vous n’y pensez pas, ma tante ?
— Comment, je n’y pense pas ?
— Vous ne voudriez pas lui causer une telle peine.
— J’espère cependant qu’il ne nous accompagnera pas, fait comme il est. »
A ces paroles, de nouveau les yeux de Déri se remplirent de larmes.
« Mais, répliqua la maman, il est très bien à présent, voyez, ma tante. »
Et elle fit tourner l’enfant pour que Mlle Éléonore pût voir comme il était bien.
« Le soleil, en un moment, reprit-elle, va faire disparaître les dernières traces de
l’accident. D’abord la bonne Mme Piedefert, chez qui nous allons, est si myope qu’elle n’y
verra rien. D’un autre côté, sa qualité de grand’mère la rend très indulgente pour ces
sortes d’aventures. »
Mlle Éléonore haussa les épaules.
« Je souhaite, dit-elle, que vous n’ayez pas à vous repentir un jour de votre déplorable
faiblesse. »
On se remit en marche. Déri reprit sa place auprès de Clotilde et, avec la mobilité
d’esprit d’un enfant de trois ans et demi, il oublia très vite son malheur et se reprit à
causer, à rire, à sauter comme auparavant. Il aimait, lui, de tout son cœur cette Clotilde
d’un an plus âgée que lui ; la société de cette grande personne lui était infiniment
agréable.
Malheureusement Clotilde ne le payait pas de retour : un garçon de trois ans et demi,
un bébé, un gros et grand bébé qui ne comprend encore rien, avec lequel il est
impossible de causer sensément de quoi que ce soit, pensez donc ! Elle l’eût préféré tout
petit, encore aux bras de sa nourrice, il eût été alors pour elle comme une poupée
vivante et elle s’en fût amusée, ou bien plus âgé qu’elle de quelques années, une sorte
de petit cavalier dont les attentions l’eussent flattée. Mais ce petit, elle le trouvait
insupportable, il l’agaçait.
Déri, incapable de deviner cela, lui faisait toutes sortes de gentillesses. Il soulevait de
ses petites mains les belles boucles brunes qu’elle portait sur ses épaules, il cueillait des
pâquerettes, sans beaucoup de discernement il est vrai, à poignée, et les lui donnait
avec empressement, croyant lui faire grand plaisir ; elle les recevait avec ennui et s’en
débarrassait au plus vite. De temps à autre, il la prenait par le cou et l’embrassait
énergiquement, ce qui mettait Mlle Éléonore hors d’elle.
« Non, décidément, dit enfin la vieille demoiselle à la maman de Déri, cela ne peut
durer ainsi. Il est fort comme un Turc, ce garçon, et Clotilde est si délicate que je crains
qu’il ne la brise. Défendez-lui de l’embrasser, ma chère, ou bien gardez-le près de vous.
Il me fait mourir d’inquiétude. »
La petite maman de Déri, qui ne voulait point que Mlle Éléonore mourût d’inquiétude, le
prit et se mit à courir avec lui. Clotilde alla se réfugier auprès de la vieille demoiselle, qui
continua à verser dans l’oreille complaisante de sa voisine, une dame des environs, la
femme du notaire de M. Delaval (M. Delaval était le papa de Déri), ses réflexions très peu
bienveillantes sur l’enfant et l’éducation qu’il recevait.II
L’arrivée de Mlle Éléonore
L’inimitié de Mlle Éléonore de Palambec pour Déri ne datait pas d’hier ; elle remontait
loin, c’est-à-dire à l’an passé. — Un an, n’est-ce pas un siècle dans la vie d’un enfant de
trois ans et demi ? En cherchant un peu, peut-être trouverait-on que la véritable origine
de cette inimitié remontait beaucoup plus loin encore, qu’elle avait sa source dans la
préférence que la vieille demoiselle accordait à la mère de Clotilde sur la mère de Déri,
ses nièces, les deux filles de sa sœur unique, morte le jour même de la naissance de
Mme Delaval. Mlle Éléonore, à qui cette mort avait causé un chagrin qui ne devait jamais
s’effacer, s’était chargée d’élever les deux petites filles, — le père était officier de marine,
et continuellement retenu loin de ses enfants par les devoirs de sa profession, — mais
elle se montra singulièrement partiale dans son affection pour elles ; toutes ses
préférences furent pour l’aînée. Et cependant la maman de Déri était aussi bonne, aussi
aimable, aussi affectueuse que sa sœur, et peut-être plus jolie. Mais Mlle Éléonore ne la
voyait pas ainsi. Dans son esprit, les qualités de la jeune fille se convertissaient en
défauts : sa bonté devenait sottise, sa docilité indifférence, son désir de plaire manque de
dignité. Cette belle personne fraîche, bien portante et vive lui avait toujours paru un tant
soit peu vulgaire. D’ailleurs elle ressemblait à son père et n’avait rien des Palambec, ce
qui, aux yeux de Mlle Eléonore, constituait un grief sérieux. Quelle différence avec sa
sœur aînée, si mignonne, si délicate, si élégante ! si Palambec enfin !
Quand la jeune fille s’était mariée, Mlle Éléonore avait reporté une part de son inimitié
sur le mari et ensuite sur Déri. Mais, chose étrange, la vieille demoiselle ne s’était jamais
aperçue de cette préférence et croyait aimer ses nièces également : l’aînée lui était chère
à cause de ses perfections, et la cadette malgré ses imperfections, voilà tout. Depuis
qu’elles étaient mariées, chaque année elle passait une partie de la belle saison chez
l’une et chez l’autre. Elle leur accordait à chacune six semaines impartialement et se fût
trouvée injuste de donner huit jours de plus à l’une qu’à l’autre.
L’année précédente, au commencement de la belle saison, elle était venue chez Mme
Delaval à Flavigny y passer les six semaines convenues. Déri était alors un beau bébé
de deux ans et quelques mois, un enfant magnifique qui faisait la joie et l’orgueil de son
père et de sa mère, et que tout le monde dans la maison adorait. Mlle Eléonore, par suite
d’un changement survenu dans l’ordre de départ des trains, tomba chez sa nièce
quelques heures plus tôt qu’on ne l’attendait. Mécontente de cette dérogation forcée àses habitudes méthodiques, elle renvoya avec humeur le domestique qui s’était avancé
pour la conduire auprès de M. et Mme Delaval, et, suivie seulement de sa femme de
chambre, prit, avec l’intention de ne redescendre qu’à l’heure où elle était attendue, le
chemin de l’appartement qu’elle occupait ordinairement dans la maison. Mais au premier
étage des cris et des éclats de rire, qui partaient d’une pièce dont la porte était
entr’ouverte, l’arrêtèrent. Elle voulut savoir qui faisait tout ce bruit, et avança la tête. Alors
elle vit un spectacle qui eût certainement ravi tout autre, mais elle était affligée d’un
caractère ombrageux qui lui faisait découvrir partout des intentions de la blesser ; elle
s’offensa, en quoi elle eut grand tort, car M. et Mme Delaval étaient incapables de
manquer, même en son absence, au respect qu’ils lui devaient. Voici ce qu’elle vit :
Mme Delaval portant Déri dans un pan relevé de sa longue robe de chambre, dans son
giron, comme on disait si maternellement au temps passé, courait dans un salon et une
autre grande pièce attenante, en criant :
« Vous n’aurez pas mon Déri ! vous n’aurez pas Déri ! »
M. Delaval ayant de fausses dents en carton que ses lèvres découvraient d’une façon
menaçante, des besicles sur le nez et un bonnet à fanfreluches sur la tête, ce qui faisait
le plus drôle d’effet avec sa longue barbe, les poursuivait en agitant les bras comme pour
les saisir. Le petit, dont on ne voyait que la tête, riait aux éclats, et la mère lui faisait
gentiment signe de se taire. Quant au papa, il figurait simplement Croquemitaine ; mais la
vieille demoiselle, qui avait reconnu un de ses vieux bonnets et qui, en outre, portait
habituellement des lunettes pour lire et travailler, s’imagina que c’était elle que M. Delaval
avait voulu représenter. Elle en prit de l’humeur et, au lieu d’interrompre la partie en se
présentant comme il convenait, se retira fort mécontente dans sa chambre, où Mme
Delaval, informée de son arrivée, vint la voir quelques minutes plus tard.
« Pourquoi n’êtes-vous pas entrée, ma tante ? demanda la jeune femme.
— Je me serais fait scrupule, répondit aigrement Mlle Eléonore, de troubler de si
charmants ébats.
— Vous nous avez vus ?
— Mais oui, et admirés.
— N’est-ce pas que mon mari est bien amusant en Croquemitaine ?
— Ah ! c’est Croquemitaine qu’il faisait ? Il était fort amusant, en effet. Mais je ne
savais pas que Croquemitaine se coiffât d’un bonnet de femme.
— Ou d’un foulard, d’un chapeau, d’un bonnet de laine comme les paysans, voire d’un
turban. Déri s’amuse de tout. Hier on a rangé vos armoires, mon mari a trouvé ce vieux
bonnet que vous y aviez laissé, et l’a pris pour faire Croquemitaine.
— Il faut avouer, ma chère, que votre mari a une étrange manière d’inspirer à son fils
le respect des grands parents. Ce petit, s’il est susceptible de quelque réflexion, doit se
faire maintenant une idée très comique de sa grand’ tante. Je suis certainement pour lui
quelque chose comme une vieille folle, une personne dont on se moque, qu’on bafoue,
enfin une sorte de caricature dans le genre de ces mannequins qu’on place dans les
cerisiers pour en éloigner les oiseaux.Il figurait simplement Croquemitaine.

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