Un mot à M. P...n D......n [Pillon Duchemin], sur la prédiction de Platon, par Maximilien Le Roy,...

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Samson fils (Paris). 1822. In-8° , 12 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1822
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UN MOT
A M. P...N D N,
SUR
LA PREDICTION DE PLATON,
PAR MAXIMILIEN LE BOY,
MEMBBE DE PLUSIEURS SOCIETES LITTERAIRES ET OCCULTES
PARIS,
SAMSON FILS, LIBRAIRE POUR L'ÉDUCATION-,
LES ARTS ET LES LANGUES ETRANGERES QUAI VOLTAIRE, N°.5,
ET CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTES
JANVIER 1822
LETTRE
AI P...N D.......N.
PERMETTEZ-MOI, Monsieur, de vous adresser
quelques reflexions sur l'ouvrage, le pamphlet,.
ou le libelle que vous venez de publier sous le
titre de Prédiction de, Platon. « Car, je ne sais
en vérité quel nom donner à cette brochure dont
les pages sont remplies d'ambitieuses déclama-
tions, d'épithètes injurieuses et de calomnies
contre les sociétés occultes ; à cette brochure dont
l'auteur cherche à se dérober sous le voile impos-
teur de quelques initiales, à cette brochure enfin
dans laquelle vous appelez ,. sans motifs, l'attention,
du Gouvernement sur des réunions paisibles.
A vous entendre, Monsieur, il existe une vaste
conspiration dont les fils s'étendent non - seule-
ment en Europe, mais encore sur toutes les par-
ties du globe; et ce sont des sociétés , dont pen-
dant, une trentaine d'années vous futes l'ornement
et l'un des soutiens qu'aujourd'hui vous dénon-
cez comme l'enfer dans lequel, se forgent les fou-
dres que votre imagination, prévenue, vous fait
entrevoir de toutes parts ! l'ambition et le dépit
ne vous feraient-ils pas chercher à renverser
maintenant l'autel? que vous encensiez naguères ?
mais....
Que peut contre le roc une vague animée
Hercule tomba-t-il sous l'effort de Pygmée?...
L'amour-propre, on le sait, est ordinairement
chatouilleux, le vôtre paraît extrêmement iras-
cible.
Les délateurs du bas-Empire s'attachaient aux
personnes dont ils convoitaient les biens , les di-
gnités ; jamais il n'entra dans leurs plans de si-
gnaler comme ennemie de l'Etat, une masse de
citoyens (font la majorité appartenait aux classés
les plus honorables de la société
Un seul mot suffira pour faire crouler l'échafau-
dage sur lequel vous basez votre système de dif-
famation
Croyez vous, Monsieur, que dans un pays
comme la Fance, où l'on a perfectionné l'ingénieuse
police de M. de Sartine, une secte infernale dont
les maximes impies attaquent à la fois la religion,
la morale et tous les liens sociaux , où sont pro-
fessées hautement toutes les opinions faites pour
égarer un peuple ingrat et crédule j'emploie ici
vos propres expressions, croyez-vous, dis-je, Mon-
sieur, qu'une pareille secte fût toléries cependant
le gouvernement fait plus, il s'associe en quelque
sorte aux mystères des sociétés' occultes que vous
désignez et que vous calomniez, sans même avoir
le courage d'en nommer aucune dans votre li-
belle. Etait-ce un intrigant ce maréchal Beurnon-
ville, de respectable mémoire? Etait-ce un vil sec-
taire ce prince auguste que la France pleure, et dont
la mort fut si héroïque ? Attaquait-il la morale
et tous les liens sociaux ce digne archevêque de
Cambray ? Egaraient-ils un peuple crédule ces
hommes vertueux dont les notas décorent les fastes
des agrégations occultes? Ils faisaient cependant
partie d'une des associations que vous peignez au-
jourd'hui comme destructive de tout ordre. Ah ! si
le Ravaillac de 1820 fut sorti de leurs rangs je
partagerais votre courroux ! mais je porte mes re-
gards dans ces temples, j'y vois de bons pères de
famille , des négociants estimables, des magistrats
intègres, des médecins, éclairés, d'habiles géné-
raux , des hommes revêtus des premières dignités
de l'état, et n'y vois point ces hommes sans Dieu,
sans foi et sans honneur que vous signalez comme
les âmes de réunions révolutionnaires.
On s'apperçôit aisément Monsieur , que vous
avez écrit par boutade et sans réfléchir, car si vous
eussiez pesé les conséquences de la publication de
vos paradoxes, tous eussiez craint d'attaquer l'hon-
heur de gens qui remplissent exactement leurs
devoirs d'hommes privés et de citoyens; vous eussiez
vu la fausse position dans laquelle vous vous placez

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