Un mot sur la constitution, par un vicaire de Paris [J. Labouderie]

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J. Moronval (Paris). 1814. In-8° , 13 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1814
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UN MOT
SUR LA
CONSTITUTION,
PAR UN VICAIRE DE PARIS.
A PARIS ,
CHEZ J. MORONVAL, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
Quai des Augustins, et rue des Prêtres-st-Severin.
M. DCCC. XIV.
UN MOT
SUR LA
CONSTITUTION.
FAUT-IL une Constitution pour le peuple
Français? Cette question est tout au moins
oiseuse dans le dix-neuvième siècle, et dans
l'état actuel des lumièi'es. Il est bien vrai
qu'après vingt-cinq ans d'expérience , une
Constitution ne paraît offrir qu'un écueil
pour le Roi et une occasion de révolte et de
sédition pour des esprits inquiets et remuans :
toutes celles qu'on nous a données jusqu'ici
n'ont servi qu'à faire des prévaricateurs et des
victimes ; mais, en principe, il est nécessaire
que le peuple sache tout ce qu'il doit au Mo-
narque et tout ce qu'il peut attendre de lui.
S'il y a réciprocité d'obligations entre eux, il
faut qu'elles soient stipulées par un contrat.
Je ne m'arrêterai point à le prouver; il me
suffit de dire : que l'Empereur Alexandre a
exprimé le voeu qu'on travaillât à créer des
institutions fortes et libérales : Louis XVIII
(2
lui-même reconnaît, avec son auguste frère ,
que le bonheur du Monarque dépend du règne
des lois.
Qu'est-il besoin que le Sénat rappelle Louis-
Stanislas-Xavier au trône ? son droit n'est-il
pas évident, imprescriptible, reconnu sans
contestation? La masse entière des Français
se prononce à l'unanimité , de quel poids peut
être le voeu d'une poignée d'individus? Tous les
coeurs volent au-devant du père de la patrie ,
qu'importe un simulacre de déclaration? Ou
Louis XVIIÏ vient au trône par droit de suc-
cession, ou par droit d'élection : dans le pre-
mier cas, une élection devient dérisoire et
n'ajoute rien aux droits du Monarque ; dans
le deuxième cas, il ne doit pas être appelé
18.c du nom, mais 17.e, puisque le prince
fils de Louis XVI n'aurait jamais eu la qualité
de Roi.
J'admets la division des pouvoirs. Mais je
voudrais que le Sénat fût appelé chambre des
pairs, et que le Corps législatif prît le nom de
chambre des communes. Une partie de la re-
présentation nationale n'ayant pas les attri-
butions de la totalité, ne doit pas en prendre
le titre.
L'ancienne noblesse est reconnue et admise
à former la chambre haute , concurremment
( 3)
avec la nouvelle , très-bien. Mais pourquoi les
évêques n'y sont-ils pas admis, au moins par
représentais , c'est - à - dire , les métropoli-
tains? Les Anglais , nos modèles , ont appelé
les évêques dans le parlement ; Charlemagne
et ses successeurs les ont admis dans les assem-
blées générales} et c'est d'eux principalement
que nous viennent les Capitulaires qui n'ont
cessé d'être l'admiration de l'univers. Les clercs
siégeaient autrefois dans nos cours souveraines.
Voudrait-on dire , avec Buonapârte que lès ec-
clésiastiques sont peu propres aux affaires poli-
tiques? Mais les Français savent tout le con-r-
traire. Nos plus grands ministres ont été dés
ecclésiastiques : les d'Amboise, les Suger, les
Richelieu, les Mazarin, les Fleury, etc., donne-
ront à jamais un démenti formel aux assertions
d'un homme qui ne cherchait qu'à avilir, tout
en se glorifiant de protéger et d'honorer.
A Dieu ne plajse que le ministre d'un Dieu
de paix et de charité se déclare pour l'intolé-
t'anee civile ! je vois avec une satisfaction bien
sincère que la liberté des cultes est garantie , et
que nul ne sera tourmenté, persécuté pour ses
opinions religieuses; le domaine de la cons-
cience est indépendant des puissances de ce
monde. Le souverain ne doit considérer dans
«es sujets que les services et non pas la croyance.
(4)
Il n'en est pas de la cité de la terre, comme
de la cité d'en haut, où il n'est de récompense
que pour la foi véritable. Cependant, pourquoi
ne pas accorder une prééminence au culte de
la majorité ? Lorsque tous les corps sont réin-
tégrés dans la plénitude de leurs droits, com-
ment se fait-il que le clergé catholique de-
meure enseveli dans l'opprobre où l'avait
plongé la révolution la plus désastreuse ? La ré-
surrection n'est-elle pas générale? Et quand
l'Etat tout entier est dans la joie la plus com-
plette, veut-on laisser dans le deuil les mi-
nistres de la religion , les amis du trône?
je n'en dis pas davantage. Peut-être convient-
il que je laisse parler des personnes moins
intéressées que moi.
Néanmoins je ne puis me taire sur une in-
convenance qui m'a toujours frappé, et qui,
certainement, ne se renouvellera plus. Quand
Buonaparte s'avisait de recourir à l'Etre éternel
dans de grandes circonstances, il s'adressait
également aux ministres de tous les cultes pour
demander des prières publiques. Ainsi il jus-
tifiait ces paroles expressives d'une personne
d'esprit à qui on disait que Buonaparte avait
beaucoup de religion : oui, il les a toutes
Je n'ai rien à dire sur les articles qui garan-
tissent la dette publique et la vente des biens

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