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Un pèlerinage au pays de Madame Bovary

De

Avec passion, l'auteur suit les traces d'Emma Bovary dans le village de Ry, dont Flaubert se serait inspiré pour peindre Blainville-Crevon.

La confusion entre les deux lieux - le réel et celui du roman - est aujourd'hui levée ; d'ailleurs le texte offre autant de certitudes qu'il ne laisse de doutes !

L'entrain de l'auteur, sa conviction venue de l'enfance et sa tendresse pour les personnes rencontrées donnent à ce témoignage une saveur entière.


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Un pèlerinage au pays de Madame Bovary 

Georgettes LEBLANC

(Madame MAETERLINCK)

1913

 

Éditions La Piterne – novembre 2016

 

Mise en page conforme à

sd, Paris, Bibliothèque internationale d’édition E. Sansot et Cie

 

Couverture : Rigolette cherchant à se distraire 

pendant l'absence de Germain (1844) 

Joseph Désiré COURT (1797-1885)  

 

Femme libre de lettres

 

Georgettes Leblanc est la fille aînée d'Émile Leblanc, armateur, et de Mathilde Blanche, née Brohy. Née à Rouen le 8 février 1869, elle grandit dans sa famille bourgeoise où l'on admirait Gustave Flaubert et fait ses premiers pas comme chanteuse lyrique le 23 novembre 1893 à l’Opéra-comique, dans l’Attaque du moulin de Louis Gallet, d’après Émile Zola, sur une musique d’Alfred Bruneau. Elle ambitionna toute sa vie d'être une femme de lettres mais, contemporaine de Colette dont elle fut l'amie, elle ne parvint pas, malgré des dons certains, à s'imposer en littérature. 

En 1895, elle rencontre Maurice Maeterlinck, avec qui elle tient un salon parisien fort couru dans la villa Dupont : on y croise, entre autres, Oscar Wilde, Paul Fort, Stéphane Mallarmé, Camille Saint-Saëns, Anatole France, Auguste Rodin. Compagne de Maeterlinck pendant près de 23 ans, — dont elle se fit l’interprète dans Monna Vanna ainsi que, bien souvent, l’inspiratrice — elle vit l’été dans leur villa de Nice, « Les Abeilles », et le reste de l’année à l’abbaye de Saint-Wandrille-de-Fontenelle, en Seine-Maritime, qu’ils ont restaurée. 

Lors d'un voyage aux États-Unis, elle rencontre Helen Keller dont elle fait connaître l'extraordinaire histoire en Europe en publiant entre 1912 et 1914 deux ouvrages en anglais : The Girl Who Found the Blue Bird: A Visit to Helen Keller et Man's Miracle, the Story of Helen Keller and her European Sisters. 

Elle est la cause de la brouille de Maeterlinck avec Debussy, celui-ci ayant préféré Mary Garden pour le rôle de Mélisande lors de la création de l'opéra qu'il avait tiré de la pièce de Maeterlinck (Pelléas et Mélisande 1902). 

Après sa rupture avec Maeterlinck en 1918,Georgette Leblanc acquiert le phare de Tancarville, où elle vécut avec sa compagne Margaret Anderson, auteur et éditeur américaine. Toutes deux étaient membres de "La Cordée" (The Rope), un groupe saphique formé et dirigé par le gourou Georges Gurdjieff en 1935. 

Au cinéma, elle incarne l’héroïne de l’Inhumainede Marcel L’Herbier. Son Propos sur le cinéma(1919) figure parmi les écrits les plus fins de l’époque. 

En 1931, Georgette Leblanc a publié Souvenirs (1895-1918), relatant sa liaison avec Maeterlinck. Elle a également rédigé une autobiographie et plusieurs autres livres pour enfants et des récits de voyage.

Emportée par un cancer au cours de l’année 1941, elle est enterrée au cimetière Notre-Dame-des-Anges à côté de Margaret Anderson. 

Elle est la sœur cadette de l’écrivain Maurice Leblanc, le créateur d'Arsène Lupin. 

 

Un pèlerinage au pays de Madame Bovary

 

À Rouen, près, de l’église Saint-Patrice, se trouvait encore, il y a peu d’années, une pharmacie. La rue étroite, les vitres basses, laissaient entrer dans la boutique un jour parcimonieux. Au fond, derrière le comptoir, on voyait parfois une dame. 

Un mystère l’enveloppait, qui la grandissait délicieusement à mes yeux de petite fille. Pourquoi parlait-on de cette femme à voix basse ? Pourquoi ne la désignait-on point par le nom que j’épelais en grosses lettres d’or sur la porte du pharmacien ? Dans les ténèbres où tâtonne l’enfance le mystère est tout puissant ; c’est le premier rayon de clarté qui nous guide jusqu’au réel. 

Quelquefois, après la messe, nous entrions chez le pharmacien et, secrètement, je souhaitais d’apercevoir la dame qui, presque toujours, avec un geste d’excuse, s’enfuyait au bruit de la sonnette. Une fois seulement, comme plusieurs personnes attendaient, ce fut elle qui s’occupa de notre achat. 

De ses mains fines et longues où un simple anneau d’or luisait, elle prit le bâton de cire rouge, s’approcha d’une bougie et plia délicatement le papier blanc pour en cacheter les deux pointes. 

Près de la flamme que la clarté du jour faisait paraître opaque, ses mains blanches devinrent toutes roses et bordées de lumière. Elle vit mon regard attaché à ses moindres mouvements ; alors, elle sourit et, s’inclinant jusqu’à mon front elle m’embrassa. Ce jour-là, en rentrant, j’entendis ma mère dire ces mots : 

« Nous avons vu la fille de Mme Bovary. » 

Un peu plus tard, parce que mon attention avait été, éveillée par le nom de Bovary, le roman de Flaubert fut le premier qui s’égara entre mes mains innocentes. La gouvernante qui l’exposait imprudemment à ma curiosité avait par pudeur replié çà et là quelques pages. 

En les ignorant, je ne pouvais guère comprendre les malheurs et les amours d’Emma Bovary ; cependant, je les ignorais avec délice, non point...