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Un voyage au Havre

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En chemin de fer : l’express du Havre. — Tante Louise et Adèle montent en vagon et disposent leurs sacs et leurs manteaux dans le filet du compartiment des dames où elles sont montées.

ADÈLE, se pelotonnant dans un coin.

Ouf ! quelle chaleur ! Enfin, nous voilà casées, cela n’a pas été sans peine.

Dites-moi, ma tante, avez-vous rangé la clef du logement do Paris ? Mon oncle m’avait dit de la prendre afin de no pas attendre dans le cas où nous arriverions avant lui rue do Chabrol.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Charles Mayre

Un voyage au Havre

Saynète en un acte

PERSONNAGES

TANTE LOUISE.

Illustration

MADAME DELAUNAY, rentière du Havre.

MARIE, servante cauchoise (accent normand très prononcé).

UN VOYAGE AU HAVRE

En chemin de fer : l’express du Havre. — Tante Louise et Adèle montent en vagon et disposent leurs sacs et leurs manteaux dans le filet du compartiment des dames où elles sont montées.

ADÈLE, se pelotonnant dans un coin.

Ouf ! quelle chaleur ! Enfin, nous voilà casées, cela n’a pas été sans peine.

Dites-moi, ma tante, avez-vous rangé la clef du logement do Paris ? Mon oncle m’avait dit de la prendre afin de no pas attendre dans le cas où nous arriverions avant lui rue do Chabrol.

TANTE LOUISE.

Je l’ai mise dans le sac noir, mais je crois que nous n’en aurons pas besoin. M. Mayre arrivera avant nous ; pourvu qu’il n’aille pas oublier notre déjeuner. J’ai donné des ordres à Dora avant de partir ; elle doit nous préparer une rouelle de veau avec de la gelée ; cela se mange très bien froid ; en y ajoutant une omelette, nous ne mourrons pas de faim. Ce qui me contrarie, c’est que nous ne pourrons guère arriver avant midi. Le temps de tout déballer, il sera bien une heure, et quand M. Mayre déjeune tard, il se croit perdu.

ADÈLE.

Ce pauvre oncle ! pourvu qu’il ne s’ennuie pas trop avec Henri. Heureusement, il a son atelier ; quand on travaille, on ne s’ennuie jamais.

Je lui ai bien recommandé d’avoir soin des chiens, et de ce côté-là je suis tranquille. Quant à mes serins, la grosse Clarisse doit s’en occuper.

Aux petits oiseaux, elle donne la pâture
Et sa bonté s’étend sur toute la nature !....

Pourvu qu’en rentrant, je n’aille pas en trouver un de mort, pourvu que... (Cherchant dans son sac. ; Ah ! mon Dieu ! j’ai oublié mes bigoudis !

TANTE LOUISE.

Vos bigoudis, n’est-ce que cola ? Vous en trouverez au Havre ; d’ailleurs, votre sœur Berthe doit on avoir.

ADÈLE.

Berthe ne se sert jamais de bigoudis.

TANTE LOUISE.

Xi moi non plus. Eh bien ! vous en achèterez chez un coiffeur, voilà tout. En voyage, il faut tout simplifier. Voyez, moi, je n’ai pas trente-six robes ; j’ai mis celle-ci, qui est très simple, parce que j’ai peur que Joséphine nous fasse dîner en ville chez cette madame Delaunay. Ma robe n’a rien d’extraordinaire, mais ceux qui ne me trouveront pas bien comme cela, tant pis pour eux ! Je n’ai pas envie de faire faire une robe neuve pour aller au Havre ; je n’en ai pas trente-six. Au surplus, je ne demande rien.

ADÈLE.

Je comprends cela, Cette pauvre petite Joséphine va être bien heureuse de nous voir ; elle doit être aux cent coups ! Je suis sûre qu’elle a tout bouleversé pour nous recevoir. Berthe m’écrit qu’elle ne tient plus en place depuis qu’elle a reçu la nouvelle de notre arrivée. Cela se conçoit ; voilà si longtemps qu’on lui promet de l’aller voir et qu’on remet le voyage ! Je suis bien certaine que si je n’avais pas proposé à mon oncle d’y aller avec vous, la saison se serait passée comme cela sans bouger.