Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

Vacances chez le grand-père

De
107 pages

Dans mon enfance j’habitais une ville située au bord de la mer. J’avais un grand-père qui demeurait à la campagne assez loin, quoique dans le même département, et chaque année ma sœur et moi nous allions avec notre mère passer les vacances chez lui. Dans ce temps-là il n’y avait point de chemins de fer, et le moindre voyage était long et difficile. Pour nous rendre à Saint-Martin, le village où se trouvait la maison de mon grand-père, nous faisions ordinairement deux pauses, la première chez la sœur de ma mère, la seconde chez son frère : là s’arrêtaient les voitures publiques et notre grand-père nous y envoyait chercher dans son char-à-bancs.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Illustration

À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Ermance Reclus

Vacances chez le grand-père

A MES PETITS-ENFANTS

 

Quand jétais petite fille, j’avais une tante qui me racontait des histoires : j’aimais bien le Petit Chaperon Rouge et le Petit Poucet, mais j’étais plus contente encore lorsque ma tante, qui était née dans un autre pays que celui où nous habitions, me parlait de son enfance, de sa vie à la campagne et de ses jeux avec ses petits amis. Aussi, quand je la voyais disposée à s’occuper de moi, lui disais-je : « Oh ! tante, raconte-moi ce que tu faisais quand tu étais petite. »

Je pense que vous aussi, mes enfants, aimez les histoires vraies ; c’est pourquoi j’ai songé à vous raconter comment je passais mes vacances quand j’étais à votre âge et j’espère que mes petits récits pourront vous intéresser un moment, bien qu’il ne s’y trouve ni ogres ni fées.

I

Le voyage

Dans mon enfance j’habitais une ville située au bord de la mer. J’avais un grand-père qui demeurait à la campagne assez loin, quoique dans le même département, et chaque année ma sœur et moi nous allions avec notre mère passer les vacances chez lui. Dans ce temps-là il n’y avait point de chemins de fer, et le moindre voyage était long et difficile. Pour nous rendre à Saint-Martin, le village où se trouvait la maison de mon grand-père, nous faisions ordinairement deux pauses, la première chez la sœur de ma mère, la seconde chez son frère : là s’arrêtaient les voitures publiques et notre grand-père nous y envoyait chercher dans son char-à-bancs.

Oh ! que nous étions contentes lorsque nous voyions apparaître le vieil Antoine, l’homme de confiance de notre grand-père, avec son bonnet de coton blanc tout neuf, droit comme un clocher, et sa blouse bleue toute raide, car il ne manquait pas de faire sa toilette des dimanches pour venir à notre rencontre ; il arrangeait notre petit bagage dans la voiture et nous y installait ensuite de chaque côté de notre maman. D’abord on allait sur la grande route, et le vieux cheval trottait, puis on prenait un chemin de traverse, pas beau du tout, même en été ; lorsqu’il avait plu, l’eau y restait longtemps, parce qu’il était bordé de grands arbres qui empêchaient le soleil d’y pénétrer suffisamment pour le sécher. Il y passait souvent de lourdes charrettes attelées de bœufs qui traçaient des sillons dans la boue, en sorte que nous étions fort cahotées ; Antoine descendait pour mieux guider le cheval et ne remontait sur son siège que lorsque tous les mauvais pas étaient franchis. Nous laissions derrière nous les grands arbres ; le chemin redevenait sec : nous approchions de Saint-Martin.

Avant d’y arriver, nous passions auprès d’une vigne qui bordait la route. Nous la connaissions bien, pour y avoir souvent mangé des raisins, car elle appartenait à notre grand-père. « Père Antoine, disions-nous, y a-t-il beaucoup de raisins cette année ? » Il répondait : « Oh ! il n’en manque pas et des bons ; bientôt ils seront mûrs et on pourra en prendre sans choisir. »

En entrant dans le village il fallait traverser un ruisseau. La voiture y descendait par une pente douce, et le cheval n’avait de l’eau qu’un peu au-dessus du sabot, puis il y avait une montée assez raide, au bout de laquelle nous faisions de grandes exclamations : « Ah ! voilà la maison de la tante Julie ! Puis nos cousins ! » — deux gamins de notre âge, qui venaient à notre rencontre, — « et la maison de la tante Hortense ! La voilà elle-même sur le pas de sa porte ! Bonjour, tante Hortense ! » Enfin le cher grand-papa regardant sur la route si nous arrivions. On descendait vite, on s’embrassait, on courait à la maison, dans le jardin, pour voir si rien n’était changé depuis l’année précédente, ensuite on dînait et se couchait de bonne heure, car on était un peu fatigué du voyage. D’ailleurs on voulait se lever de bon matin pour aller dans le pré jouer avec les cousins.

II

Saint-Martin

Le village n’était pas bien grand. J’ai dit qu’à l’entrée la rue principale était traversée par un ruisseau. Les chevaux, voitures et charrettes passaient dans l’eau tout simplement, mais il y avait sur le côté un petit pont en pierres pour les piétons. On longeait ensuite le cimetière, dont la croix du milieu et les tombes étaient bien visibles, car il n’était pas entouré de murs.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin