Vie de sainte Solange,...

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Impr. de J.-B. Brulass (Bourges). 1810. Solange, Sainte. In-12. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1810
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VIE
SE
SAINTE SOLANGE,
VIERGE ET MARTYRE,
PATRONNE DU BERRI,
Imprimée par l'ordre et avec l'approbation
de Mgr. F Archevêque de Bourges.
A BOURGES;
IMPRIMERIE DE J.-B. BRULASS.
MDCCCX.
- 3 -
VIE
DE
SAINTE SOLANGE,
VIERGE ET MARTYRE,
PATRONNE DU liElUU.
Nous igrtorons l'époque précise de la naissance
de Sainte Solange et celle de son glorieux mar-
tyre; mais nous savons par le calendrier du Bré-
viaire de Bourges, par l'Histoire gallicane et par
celle du Berri, qu'elle vivait vers le milieu du
neuvième siècle , sous le règne de Charles-le-
Chauve, et sous le pontificat de Jean V III, alors
que Frottier occupoit le. siège archiépiscopal de
Bourges, qu'il ne garda que peu de temps, son
institution ayant été jugée irrégulière par un Con-
éile de la province.
Ces ditiérens moaumens et la tradition du Berri »
d'autant plus respectable , que pendant une longue
suite de siècles elle n'a éprouvé aucune réda..
mation, ni de la part des Supérieurs ecclésias-
tiques , nous apprennent que Sainte Solange est
née au village de Villemont, paroisse de S~ra~
-4-
Martin-dn-Cros, distante de trois lieues de la ville
de Bourges; que, peu de temps après le martyre
de cette Sainte, cette paroisse, où elle fut inhu-
mée, s'honora de son nom , et que bientôt ses
miracles répétés engagèrent la province du Berri
à l'adopter pour Patronne.
Les parens de Sainte Solange eurent soin de
l'élever dans la piété chrétienne; ils imprimèrent
dans son âme, dès l'âge le plus tendre, la haine
du péché et l'amour de toutes les vertus: tel fut
le riche patrimoine qu'ils lui donnèrent, et qui,
apprécié par la religion de Jésus-Christ, est pré-
férable à la plus brillante fortune. Les vertueux au-
teurs de ses jours étoient pauvres et de cette classe
dédaignée quelquefois par l'orgueilleuse opulence.
mais de qui l'Evangile dit : Bienheureux les
pauvres, parce que le ciel deviendra leur héri-
tage. Si la bergère de Villemont fut née sur le
trône , 10 1 front sacré n'eut peut-être pas été
décoré de la couronne de J'immortalité, par la
raison qu'il est plus facile de la conquérir dans
la pauvreté qu'au milieu des jouissances de la
fortune. Solange suça, pour ainsi dire, avec le
lait les ineffables douceurs de la vertu. A sept
ans, elle voua à Jésus-Christ sa virginité, le choisit
pour son époux, se plaisoit à prononcer son nom:
il étoit gravé dans sou jeune cœur. Une piété
aussi tendre, fruit heureux d'une éducation si
chrétienne, disposa son âme à recevoir les grâces
dont le ciel se montra si libéral à son égard. So-
lange fut dans le village de Villemont ce qu'étoit,
400 ans avant elle, la bergère de Nantère; car,
sans doute , l'immortelle Géneviève, Patronne
de la capitale de la France , étoit son modèle.
Celle-ci, pour prix de son amour pour Jésus-
Christ, mérita la couronne de la virginité ; Sor
lange, en combattant généreusement pour cou-
— 5 —
server cette virginité précieuse, obtint, avec une
semblable couronne, la palme d'un glorieux mar-
tyre. B d B
La légende insérée dans le Bréviaire de Bourges,
nous dit que notre Sainte alloit très-souvent da
Yilleinont, ou elle demeurait, dans un lieu éloigné
et solitaire, connu à présent sous le nom de Chavip
de Sainte Solange, et .qui est remarquable par
une croi x de bois qu'on a soin d'y entretenir, et
dont le peuple, par dévotion, prend des éclats et
de petits copeaux. C'étoit dans cette solitude
qu'elle méditoit, sans doute , sur le grand et inef.
fable mystère de notre rédemption; qu'elle con-
sixléroit Jésus-Christ mourant pour l'amour d'elle
sur l'arbre de la croix : ce fut au pied de cet
arbre sacré qu'elle obtint cette pureté angélique
qu'elle sut si héroïquement conserver, comme nous
allons le raconter pour l'édification et l'instruc-
tion des lecteurs.
Solange étoit d'une beauté ravissante; mais ce
don de la nature, quelquefois si dangereux pour
les personnes de son sexe, ne servit à la bergère
Je villeinont qu'à manifester d'avantage sa haine
jiôur le crime, son amour pour la chasteté, et
l'héroïsme de ses vertus. Le bruit de sa rare
beauté s'étant répandu dans toute la Province ,
parvint jusqu'aux oreilles du iils de Bernard , comte
dé Poitiers et de Bourges. Il part dans le dessein ch
lui faire l'aveu de son amour. Il étoit impossible
cependant qu'il ne fut pas instruit de l'éminence
de sa sainteté j la haute réputation dont t-lle jouis-
60it à cet égard, la rendoit encore plus, cclèbre
"qtre celle de sa grande beauté : ce devait donc
être pour lui 'nn grand obstacle à l'exécution de
ses projets insensés; mais il se llattoit qu'avec la ,
qualité de fils du Prince du pays, il lui seroit
1 e de séduire, par de brillantes promesses, une

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