Vie privée et politique du roi Isaac Chapelier, premier du nom, et chef des rois de France de la quatrième race, en 1789 : Louis XVI étant roi des François ([Reprod.])

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chez l'auteur (Rennes). 1790. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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VIE PUIVÉE
ISAÀÇ CHAPELIER,
Premier du rois de Franci
de la quatrième race en 27%
LOUIS 3CVI ÉTANT ROI DES FRANÇOIS,
Chez l'Auteur Historiographe de S. M<
chez tous les Libraires de Province»
R 0 P 0$.
JN otfs pouvons certifier qu'il n'est pas dani
cette histoire un fait pas une- anecdote qui
ne soit vraie. peut-être»
mais nous nous sommes défendu l'invention^
Qu'on écrive en Bretagne, et t'on verra jus-
qu'à quel point nous avons poussé le respect
oivers la vérité,«Ce n'est pas le cas de dire
Des réputations on ne sait peu pourquoi,
jCelle du roi Isaac Ie'» est justement acquise
puisse sa gloire se réfléchir sur son historio-
graphe impartial et fidèle
Xi-E1 roi Isaac Chapelier chef
^France de la quatrième race » naquit à
9 le jour patron des
avocats en Vuit'zjsq, y dtpanns honnêtes. Ses
père et mère désespéroient Savoir un garçon >
lorsque Pamour- plus complaisant que P hymen
son-
nom. Depuis deux ans entiers de nuits inutiles,
ils n'avaient pu obtenir que deux filles* L'hèu-
'lui depuis a vieilli
sa vigueur avec là duchesse- de Horan ensei-
gna» Chapelier
Tan de satisfaire à sonxqpoux.
Sa majestélsaac dut donc le bienfait deV exis-
tence aux conseils d'un aristocrate du haut clergé»
Que ,le lecteur ne spécule pas en malignité car
il perdrait, en conjectures vagues une attention
gue nous prions de réserver avec prudence.
9 pour le mettre à le père,
du monarque Isaac fiti au baptême de
destinées de la France attendaient avec impa*
t la famille Cha?
8 et sera
• ^2}
avec
cérémonie sous la foraâ des
liâmes et» des demoiselles da voisinage et le
douèrent chacune à sa manière* Nous supplions
le lecteur encore me /bit de ne pas s'écarter
de nous i pour savoir les noms de ces fées il
lui suffira de saisir avec attention les divers mo*
biles lies actions de notre héros. Foici Vhotos*
«ope qu'elles tirèrent en lisant Nostradamus
leur ami*
L'an qui suivra quatre-vingt-neuf/
Paris, roi fort, succombera:
De sang, de corde grand conflit;
De Rennes viendra;
Paradis pontife, détruit
̃^ J£t tôt après fronce mourra.
Le. père du jeune Isaac émit d'une naissance
o&sçure, à moins que taJUiadonne se retrouve dans
ffypocraté, [ chapitre des chapeaux fefje ne
Vai pas sous la nain. Après avoir copié sur
le taMier, Balayé l'étude phrase à la feuille ,i/
sy élança dans la lice chicanière et terrassa ses
adversaires* Bientôt substitut des syndics de, la
province y bâtonnier de son ordre conseil des
la sollicitation, du clergé et de
̃'̃*̃'̃
lettrée
mène» Alors H ajouta la particule le
nom. '̃̃̃̃_
I La nature; six pouces de haxfr
avoit bâù son édifice grotesque.: Quand
elle lejetta en moule elle lia souffla-un estomach
si énorme y qu'elle en perdit haleine mais ce
viscère appauvrit les autres viscères. Le cceurne
put trouver s'étendre, le cerveau fut dépendant $
Ut fiel du foie comprimé s'épencha sans cesse. Le
seul rectum lâche courtisan impitoyable op-
presseur, aristocratisoit (1) les autres intestins.
étoit un des plus actifs laboratoires
'de la
Dès qu'il avoit mangé, les parties volatiles
échaùffoient en lui les phi1 très de V amour. M4-
dame Chapelier ou tout' autre personne com-
patissante sauvoit alors te gentilhomme des
liens des songes vaporeux } et dès entreprises
sanguinaires tout pour.
son estomach el son estomach faisoit tout pour
lui. La Charlotte d'un hypocrite lui rendait: sa
dévotion plus sincère s la Macédoine dun usurier
(i ) ). Pas trop françois. Mais M. Thouret ï
député de la nation a risqué le verbe munki-
paiiser y èrgo
•̃
gable fùe > M. Chapelier père àdâ)sq répit*
citant Malherbe
Çeant éjtoit comme Gresseu
Doué du double privilège »
D'être en plaidant un bel esprit mondàin >
Mais aux Etats un pédant de collège,
Dont & réputation avait été dorée aux dépens de-
la calomnie. ^4
Sa chère moitié
Son maintien étoitsage et n'avoit rien de rude.«i
le n'ai jamais connu de plus aimable prude.
Les conversations, les spectacles les jeux
Enn is séduisans de toute ame innocente
Vrais pièges du démon par les saints abhorré.
Etoient/j dans sa maison des plaisirs ignorés.
Xïertrude en son logis avoit une oratoire
Un'boudoir,, de dévote, où., pour se recueillir 9
Elle alloi tintement occuper son loisir,*
Et faisoitFôraison qu'on, dit jaculatoire*
Cont, de Gertruds*
,jràè dit que et ddux ménage possédait 4fU3t,
files. JL'une éelle mourut ? j'en avertis te lec-
,leur afin qu'il ne compte plus qu'une nymphe
et un génie /dans la maison. Pour lui/sauver
des longueurs je le prie de se transporter avec
moi à rage heureux où la nature abandonne ses
êtres â la société. Avant sehçe ans tous les
hommes se ressemblent à quelques nuances près?
'Nais quand la perfection des sens se fait sentir
quand Venus séme ses duvets', quand elle en-
trouvre ses rosés les couleurs sortent et s'ani-
ment, et Von peut juge? le peintre la toile et 1
-le dessein,
Isaac impubère a donné dès son enfance
'des preuvet successives de cc qu'il deviendroit
un jour, mais quoique les anecdotes qui con-
ceri&ft les rois, aient toujours quelque attrait pour
les sujets, quoiqu'on aime à suivre Henri IV
enfant sur la cime ou dans les précipices, des
Pyrénées je passerai souss silence une série de
faits peu, dignes de la gravité de cette histoire.
Nous les réservons à M. Eerquin ceux, qui en
seront curieux les "retrouveront cette année, dans
son charmant, ouvrage intitulé: l'ami des en-
.fans. '('
ligueur digne d'être Pure à quatre eh*
;M--
.'vaux{')., Il prétendu que te roi JLsaac <x*wz£ âr
maudiit par son père. iZ nous importe de détruire
Veffet dangereux qu'auroit pu produire une un-
putation aussi atlroce ,sur l'esprit d'un peuple
sage et libre»
Ses grands succès ont excite l'envié
Tel est le sort des princes des héros,
Des' grands esprits dés diseurs de bons mots £
Car la vertu fut toujours poursuivies.
PvcszLE. Çhàp; 18;
;Yoici. le fait. Le Jeune Isaac 'la vei//c de
son seizième prinimis frh^dans le buffet de
son père quelques couverts m d'argent qu'il il
dit un orfe'vre. Celui-ci en prévint le père y que
effectivement donna sa malédiction a son fils.
Mais le malheureux Iszzc qui voulait faire en ••
'silence une bonne action., le rompit déa qu'il je
vit maudit par fauteur de ses Jours le (père
lui rendit alors sa tendresse.
Isaac se promenant dans une rue isolée
(1)
Adresse aux Provinces. <f
pas monter pour
convaincre de la vérité. Il éprouva' de
et
que rien de ce qui
point la lui indiqua le
r-
Et c'est ainsi qu'on l'histoire
\1'il
navais-tu Jonc pour
:soulager. ta bile, que cltté
plume
:En traçant cette horreur fendit épouvantée;
encre papier graissa.'
Mais quand le ,de'
notre bon roi dks enfer$
encadrés dans des lunettes
Dans ton mauditgrenier en robe noire,
ma mémoire
Que tu parfois sut tout de
;»̃ Par ia tendresse «toit émue..
mlWec l'espoir de te yoir y passer,
Il' pensant bien qa'Isâc
» Enfin je cours, je ypje^ a la sainte assemblée
ont nommée
En style d'avocat,
J'y mets du patéthiqne^et<le la passion.
Par tous nos beaux esprits elle etôjfoït -écoutée^
» Pavois glissé le motMe constitution.
Président de quinzaine aux. ziv
Me laissent aux confins passer avec mon sac
îe reviendrai Messieurs^ pour \e%\oix Martiales
Je yeux comme Target faire
Fait oublier pour vousr les dkntiét 134 parque-
Mais le
d'un
ftfi cdrtowhèm'Mstrict ayant été ïignée
far les
.En traversant tous les déparuthens f
Les comités civils et permanens
Mont par-tout fait joyeuse entrée.
T'ai vu passer dans le bac à Caron,
Xawzty le basûlleur, et Berthier et Foulon
Que poursuivoit encor la canaille acharnée.
Dès qu'ils ont débarque, j'ai repassé les bordff
Qui séparent Paris de l'empire des morts.
Le trajet n'est paTïolig": on Verra"pltr rhistoircr
Qu'on doit ce voisinage au cvrps législatifs
A ses travaux, à sa^ victoire,
Sur le pouvoir executif. v
D'Isdc premier du nom briser ton écritoire>4
Brûler plume et papier ,épointér ton canif,
Te faire lanterner ou t'emponër toutvif.
'A ces terribles mots, plus transi que Tnersiu{
iTu courus te cacher au fin fonds de ton lit
Méchant auteur de l'adresse aux
B
à homme dan* tonte la
de lk nature Cet hàrmméi ce far» Itii Je n'if'
rrien tu de ina^vais -lieu, ajoat^ dt !)on Je ?fi montré»
tel qui, fut; vil quand il l'a e'tf ̃ Être Àemel t
-Jartitonr déluï, l'innombrable "foule de feï
l'ofe je &s roeiUeur que cet iomme-Ji. i i; •
JbEjewne cà»
J forme à fa naiffancéi à l'abbaye de 5aînt-MiB*
qualité de procuréur-fyndic
de poiHons & de compila-
tions il pïh des" infcriptiôris clans
la célèbre faculté des qui Va-
Sala-
manquc'ïï trop
génie jpour ifë courber/foï» des exercices jour-
naliers j le terroir demandait une plus noble
culmre. Jettam à l'écart fajntç. 'îî.uy,
oliant pas l'étude du droit public, il fe confacra,
presqu'en entier, à4a recherche du droit de la
rature. Le tems que dépenfoicnt à des exercices
pédantefques & .(oporifiques les noirs élèves,
de Barth,ole, il l'employoit à l'imitation des''
grands philofophes, dans les lieux les pluséleyés
ou les plus
&à pénétrer .les fecrèts de la telle inconnue (4}.
Son fdible tempérament ne pût bientôt fuffire
fanté.en fm altérée; & kê
il Nom t {ferrons au portrait & nom <hapelicros ne
fcîte, d'où il puifle refortié data tou fon joor.
-( .1 ) Ce ne fia pas les lettre* d'une Théthtc tanoâiiZe mai
'içThérèielaphilofophe.
de areatùs amons 9
(t) du p»W dtfgn^ la
I wï
fit
-ennemis prétendirent que la maladie j dont il
étoit,riâinie étoit celle dont François premier,
père des lettres fut mortellement atteint (i).
Cette affreiife calomnie vint empoifbnner le
cœur du plus tendre des pères il en eût le hoc-
quet & le vertueux Jfaac foupçonné innocent-
ment pour la féconde fois, fut encore relégué
parmi des fi^.mois, parce
que retape, qui le traitoit n'entendant rien
à, la çaufe de fon mal, prétendait la connoître,
parce qu'il avoit intérêt à contrarier la guérifon,
parce qu7enfin l'âcreté des humeurs du jeune
Jiomme-ne proy;enôîk uniquement que de Pex-
trême fatigue eût été prifonnier
plus-long tems fi plu6eurs novices, auxquels il
avoit fait goûter le charme de fès études n'a
voient été atteints des fuites funeftes qu'il/pro-
duit. Le maitre du noviciat en prévint h prieur y
qui obtint, du père, le rappel de ton. fils.
Depuis ce tems, Isaac a toujours conservé
des reflet de cétte maladie funeste, si ordinaire'
aux gens,de lettres. Il èft même uijet à des crises:
11 mourtit de la V. L*« finillotlnj de foi tttu Ôoî«nt ttb«
Sgnorans. Pourquoi ne fa tro«va-t"il pu" de »edecia>-nirfcluni«
rien 4ui iaventftt «at
f «
.£eau
une minute
la.
forcent
que 'gagner
la
Dans
des injures.
r K
il àvoit rfigrçe
vingt promesses de mariage sans
cune j l'effet du, repentir
à fon Iphc, de avec
\XQucnp anpqfe a B nefitjbas fa cour*
à Gainée l'A
ÏI madeînoiifelle
mois a .foupi-
s rer*4m à îa pjço-
menâde & dans les focietesï
ecrme. Cette lettre fut
'.vemenjt montrée» paf> hiademoifclle
(œur^ a la^nere; pa^r la rnere,
droit.
7 l* a fon père.
cn-
fântillage; l'avocat rioit le "doSeur fé tachoït
Enfui le doyen de un décret
> nuire ni pré-
aux les partes jfe-
I*>î
jb&énr Jefieurâ fi }•
larmes j pour
\[pas
"'&, dans Ton àépit,' côiii|ofa
chanlœi,ffii
Le frère
*& fansi s'informer, dej loi/ dans guël ton N
vouloit chanter
épaules 4e mèfiire'ûn pëy trop vive,
î ,1'
(1) C'«ft • Mywodiée
B4
[^
i ̃'̃><
'SAiNT-HiACnrrH«f
Le spadassin TÇ\ndor Je roipit. de coups eut
dernier soupir. Cène scène musicale
le guérit l*amour, et
disposa sa patiemment
tes injures materietlesj La providence qui Vou-
acheter par des Humiliations sans nombre. Rien,
désunies à régner sut
On voir notre liçentié:
travailler a S& composer une valeur de con-
yention une rçravoute artincieue, qui souvent
est la plus dangereuse de toutes, Mais comme;
il n etoit pas destine a devenir roi conquerant,
mais roi de se cuirasser le
i^ur défense»
Qu'une mince tunique. H plaisante même d'assez
Jbdnne tes croquignoles qu'il a reçue*
dans sa" vie, ef séh mot &vori est l'inverse d*'
(j ) Anigufe ditittie; dont on ut peut guérir la pi|ire, ̃-
biiwt 4c la mufiaue dans la chambre du malade.
Uil
celui du due de Luxembourg le bossu/ ( i )
Çômirient disent-ils quef^ n'ai point de coeur?-.
ils ne m'ont jamais vu que par derrière. »
Dégoûta d'un monde où l'amour étoit
par des dédains et. des vaudevilles par des
fets, il ^x^i^
gagné de son père, et réfléchit ^jusqu'à la ffy
siôns et des preniges. Les passions sont de
dieu,
les 'grand cargic-
geririe à croître et à s*élahcér.' É coiïiposa un
livrer de maximes pour- se gouverner dans
no^
lecteurs en- reportant,. les principales.
avoir pour en coûter
les charmes. •
.Amour de Vargene–, on doit y.réfifter, juw
qu'à ce qu'on ait dépenfé le fien.
(ï> Aysnt fu qne le prince d'Orange !ë *toit de boira, Comment
k tlia jamais vup*r
.lï'^Kfwij–jjn 'eh point avoir, pour avoir des
preneurs. ?
^Honnéteté-^ cui rafle excellente jafqu'à ce
"V 'r
ce ferait' un mal de cacher.
"fce"'vïce", quand il fert à couvrir l'anibiton.
Probité– on ne doit en avoir que ce qu'il
ep faut, pour n'être,pas pendù. Maxime qvfljàac
Religion– il faut en avoir une qui foit
telle de tout le inonde, & qui ne foit: celte. da
Sàrcafme-r-, flèche numide pour
ceux qui ne peuvent combattre de pied fermer
trertu. Mot insignifiant bannière "'clés genj
fins $ènxr enrôler les sots. Voyez pàfrîë ypàtrio»
Le démon de la clûcine raflèmbloil les hul-
lanà^ dans la capitale de Bretagne, au nom de
rejoignit Ces drapeaux
débuta, dans l'arene par iine caufe jntçrefltnte
Dans les villes
que'Mcrciire négb'gç, que Rhadamante en-
où le plaideur dépouillé
dans l'argot <1« pcocDteBÂ. Il
"r>j
obtient enfin juflice on ne, s'occupe' que dà"
faâums on ne parle que de plaidojeriesi ̃
Dès qxi'Ifaac eut remporté (on prôner lau-
rier les femmes dirent qu'U avoit de l'e<prit;
les hommes que fon talent trop forcé ne tien-
droit pas il dut efperer des conquêtes & des
jaloux. ̃
Dom Chapetieros fon oncle avoit travaillé
ta caufe; de concert avec te
prieur. Il faut l'avouer, pendant fut
,lié avec ces religieux y Ces harangues -& fes mé-
«îoirés lui valùrèntune grande réputation, Elle
^dépérit quand il les quitta. Elle conferitit à F en*
tendre toujours de le
lire. ̃ ̃ ̃
Malles fbts, qut ne liferit jamais & qui, aiment
à entendre, furent épris de l'élocution dalicetieiii
IJaac; & bientôt les procureurs qu'il cajploit
autrefois remplirent fon antichambre. Il eut
toujours la délicateffe de ne pas fe charger des
mativaifes caufes & ta crainte d'adopter les bon-
nes. Pour éviter cette perplexité qui eut en-
gourdi fon talent il fe décida à prendre celles
ondes parties étoiem iblvables. li difoit fou-
vent que la juflice étant foeur de la folie, Je*
riches feuls devoient courir fes hâzards: c< pour
-dégoûter les payfans de toucher aux déz il leur
ï>7l
touré,dans lagrandefallc du palais ,d'ungrand nom*
bre de projÉareurs; & de clients^ l'huïflîer vin!
l'appeller delà pari desjuges:« J'ai perdu hier,
? dit-il en procès que j'avois
négligé » parceiqu'il étoit bon je Vais gagnet
celui-ci, parce qu'il èft mauvais ». Il dit vrai
& fit ainf l'éloge de for^cœur & de la fcience
de fes juges.
Ce propos, bien innocent, fut rapporté au
-parlement, & le licentié 7/iac fut obfervé de
près on attendoit une irapfudénce une erreur
dès erreurs aux yeux
de la prévention, de l'envie & dureflentiment?.
père, en
"çoxxxune admonition Ôcior) :omoplate
le fauva du ferj après n'avoir, pu éviter le bâ-
ton. •̃*̃̃'̃̃
B épïqùva hiéntôï aptes, un noûvéf échec^
il Di
plaidok pour tin -irès-hdhneté homme fa partie
advérfejoulflbitdëik réputation la pltûi entière.
ton client',
la de fa came
le roman le phis'iiomique j :le» juges rioient î
qu'il ihtro-
duifoit au adopté par la jeu^-
neflê plttytfay&ta torique les tcfeux bleffés fp
encorne, qu'ü
çarloit de décrets & d'interdiâioo:; Içpaterb&r
Infidèle à la maxime en amour.}, $
che de rosé, dos dents
il n*avoït pointa criindre de
tude du langage, &, le fonvenir; d'ayqir cent,
firent déclarer lui même fa pamon. Il ne fuç:|^
repousse
triasugp i:en deraan^
€i}ÎY5ç içrie*îi»-
ment à fon père^'le père répondii:rq»e ce
convepoit mpitç
jjenie. La

po$ s'en vengea, en difant à fbn tour; que ma-
démoifelle des Prairies, dont le grand père avoit
été arinoblr;' pas faite pour fe méfailler
avec un bourgeois de quatre ans de noblelfè, &
cette union fi pure par l'avarice, & la
Oh .que ton coeur fouffrit, cher Isaac quand
il' fallut rendncèr à celui tfAnnette œillades dé-
daigrieufes billets renvoyés avec, mépris fer~
mens foules au pieds ton dcfefpoir penfa te don*
nêr Lu mort.
Il ne fut pas longyDans les âmes fortement pro-
noncées, la colcre eïlle fymptpme du rappel à la
vie ? là vengeance achève la guërifon. Ifaac n'étant
jplusembarrafle que dû choix des poifons, préféra
amours d'Ahiieite, Quand
îiéiU^pàs de chpifir. Son génie vou-
Toit le faire travailler dans le genre des romans,
genre utile, non comme Fénélon la gâté, mais
commela ClosVz. ennobli: cepetitpuvrage de deux
cent dix-neuf pages manuscrites ,'en petit format
in-feiçe aurôit valu la plus grande célébrité à (on
auteur s'a àvoit été plus exercé dans l'art de ma-
nier Je j^riceaux de la ficHon galante. étoit
des caradères trop finis Se le portrait
£30 }.
de l'oncle bénédictin d'une vérité frappante.-Maï*
&.1'art des oppofitîons l'in-
tèrèi fur -tout qui conduit le loueur > fans le
rebuter à travers les lofés du vice, & les ronces de
la vertu.
Voilà le rayon de lumière que j'attendois pour
expofer le tableau de l'oncle tflfaac.
mon père\qui n'à acquis fa réputation d'homme,
aimable, que par des quolibets aÏTez triviaux, feroit
dansla un pédant
porte pièce fans grâce & fans perfifilage. Dans le
cloître,il lui fut aifé depafier pour un prodigepar-
mi les foa dont abonde. U capta le fuffrage des
imbéciles, des ambitieux, & des mauvais fujetsj
c'efl-à-dire du plus grand nombre; il
parvint à toutes les charges de la congrégation f
par un moyen fort fimple, & toujours victorieux.
Ii le plaignit avec amertume des chefs, du luxe
qu'ils étaloient; des richefles qu'ils dîssipoient, de
f orgueil qu'ils témoignoient à des religieux leurs
égaux aux yeux de la religion. XI fe mit à la tête
des mécontens demanda un partage plus égal
des biens et des dignités fit déclarer les prieurs,
fjimi inter pares, favorifa.les émigrations des moi-,
nés dangereux 1 enhardie l'amjbitjoj! des religieux
U*l
uns mérite ) culbuta l'ordre des imnrês (i), &
parvint ajnfi régner fur les enfans 2?e-
nojh J
Son libertinage égaloit sa gloutonnerie il ne
^cédoit en rien à mon père fur ce point* Le froc
n'ajoute point à la paillar<Jife de fe$ régards; le
régime clauflral a forjSfic fa vigueur impudique
il ne fait point &moder?
nes font égales à fes caprices & je l'avouerai
avec une vérité d'autant plus déftntéreffée que
je :n'ai point fait mes études
ples mon oncle a fait i'ûnpoflSbiejoour
me convaincre que les *b4ftâlïmns reprochoient
aux Jéfuites des goûts comme rivaux qu'ils par-
tageoient avec eux comme émules « ( JMoIre
des amours d'Aunette page 3f ). à
Qui croîroit que
aient été "travaillées par Isaac pour ré veier à la
roture que sa main tremblante avoit touché v
le sein palpitant de l'amante ? Tel étoit le dé-
nouement je lecteur peut-être ennuyé du
temps .passé à chercher au moins un péché
mortel d'amour ..dans la fange^des-scélératesses
|ugea sévèrement que le licentié qui devoit
Jt 1 Révwut de» Kbbaye»,
Blrîï'
parvenir aux angles du tri&nc a'Henrijiy ne
je battait point^et un
Les femmes disoient qu'il ne savoit se vangier y x
ni comme auteur ni comme brétailleùn M. dé
la Pointe frère d'Anhette contrôleur^ dei
-actes, ̃.̃̃ i'
Àuxamei bien ncf«,
La valeur n'attend jm je nombre des année*
Voulut forcer notre romancier à mettre
fée à la main-; un contrôle à poings! fermée,
couvrit de rosés la joue du cher Isaac qui dit
au jeune la Pointe en se satuant comment'
poumons nous nous mesurer ? Vous êtes un:
spadassin, eî je suis un écrivassier*.
Les comietems ne font qu'exciter. le génie $
non découragé, U offrit dés hommages à Ma-
dame de wiÈçaretk dont le mari, juif' de na-
tion, avoit fait abjuration- pour devenir citoyen
actif., Isaac se lia avec un: empressement %âu-;
tant plus, raisonnable que madame de Nasçà**
retk y n'étant qu'une -'Charpente, osseuse^,
lui offroît la plus' belle occasion de faire ilit
cours d'ostéologie sans répugnance. Nous invi-
t »l t
c
les' jéunës,, gens qui nous liront a melef
comme Iiaac l'utile la volupté.
Nous avons oublié d'instruire que les acadé*
mies du jèu les billards et les tripots servoient
beaucoup à l'éducation de notre héros; que comme
il faut en tout, payer $on apprentissage
notre avocat perdk au delà de ce qu'il gagnoit;
il vendit ses meubles ses vêtemens jusqu'à
ses boucles ( pronostic certain qu'il donne-
toit un jour les siennes â la nation. Les prê-
teurs honnêtes s'étant fatigués, il eut recours
aux marchands aux brocanteurs et aux usu-
riers et malgré leurs secours Il se vit sans
ressourcé, repoussé par son père, fin de sels
amis en horreur à ses- concitoyens. On ^e de*
mande comment il est devenu roi ?. L'incom-
préhensibilité des voies, de Dieu est toujours
l'objet de la curiosité mondaine mais je crois
qu'il ne faut pas avoir recours à des obscuri-
tés supérieures, pour expliquer la marche la
Celui qui n'étoit que l'instrument* de la pro-
vidence, pour régénérer l'empire des François
étoit, dans le fonds l'être le plus vertueux et
le plus brave mais il étoit destiné à volet
des couverts d'argent à son père pour con
goitre les égards que l'homme doit à l'humas
E?*r
mté souffrante; a trouver de. la
V. pour, guérir les maladies, de J'étatj a
recevoir des coups de bâton et des soufflets
pour porter des lok efficaces contre le duel
a être Humilié dans deux passions amoureuses,
pour s'abstenir, sur ;maî*
tr^sse^; a composer vn livret de maximes ^t
un jroman pour apprendre ^k science de gbu-
verner et d'endormir Aes sujets même au sein
du bonheur; à ne prendre qu'un téton, pour
que le prince habitué à des jouissances mode*
rées n'épuisât pas un jour son peuple à
être admpnêîé et blâmé ,^pour le disposer
préférer l'opinion publique aux mensonges des.
courtisans à estimer plus Fart du débit que le
gique dà style parce _qu'un souverain doit
parler à et non leur écrire a
faire des satyres dénaturées contre son père et
contre son oncle afin de le détacher de
tous les penchas qui égarent les rois a se lier,
avec une femme osseuse et diaphane afin
de la lui rappell>r sur les lys lorsqu'il jetteroit 7'
un coup-d'œîfsur la France languissante; a fré-
quenter les tripots et les mauvais lieux de dé-
bauche afin de détruire un jour la peste d^>
l'agiotage et l'empire des moeurs dépravées
Ca
des)moyens de payer les dettes, de l'éfat a
fajre des
très de la manie à bouleverser
ses finances, afin, Rapprendre à régir "celles
4'on grand bijoux; de sa
maîtresse j pour amener ses sttjets futurs à con-
sentir une volontaire. Adoremus.
L' infant Isaac et de
de sa, maîtresse*.
D mit en et vendit ensuite diaman*
et bijoux d'or.
ses. domestiques; le ,mari courat chez les or-
fèvres» et découvrit avec la plus vive douleur
qu'il avoit^été volé par ^e plus cher amis,qu'il
eut au monde. Sa sensibilité plus juive que chré-
tienne voulut s'épancher ^il fit part au public
avide de la trahison; quelques personnes honnêtes
et anal instruites, pourroient nous faire un crime
de mettre, peut-être, la désunion dans le ménage
en dévoilant à l'époux l'infidélité,
de recouse. Je m'empresse de. les. rassurer :4e
mâri cornalisé, a su tous les détails de la liaison
du Hcentié femme; je dirai même,
pour aller au-devant des préventions ombra-
geuses, que les diamans furent restitués et que
Jayaleiir des bijoux d'or querorfèvjteavoit fondus»
l&l "j
fài bénédictin, avec quelques
accessoire*
Êrivaini1é;^ërtttciiiÊ' I&âàc disait à sa mère,
que la fiîbiïtërié de l'écriri de'- madame de Naza-
étoit une erreur; et à son père qu'il ne
dëvoit la considérer, tout au plus que, comme
une espièglerie! IlTallut quitter -Rennes et Pari*
fut le vaste théâtre qrie choisit' ïs aàc. Il y passa
qîtclqne temsià eh étudier les planches. Linguet^
Bomièréiï les pari-
siens. ;ïië ficentié Tsàai n'eût pis même Phonneur
d'un' siflflfét; il revint au bout de 'quelques moins
dans sa patrie dont il 'réébnquit toute l'estime,
en l'assurant que Péfcqùence avoit quitté le ba-
rtau de Paris et s'étoit fixée à Rennes.
Persuadé que les affaires de cour étoient l'obs*
tacle le plus dangereux qu'un homme- d'esprit pût
rencontrer, il entretint une petite grisette^as,sez
fraMié étend ses goûts sur lés prostituées
plaida, joua, et fit payer cher aux femmes et aux
hommes; ses complaisances et ses travaux. Ce^
fut dans ce séjour assez long qu'il fit avec des
filles perdues et des chevaliers d'industrie, que sa
soeur Emilie épousa un. jeune gentilhomme f
r
i w;1
Ci
-M*4u Brodequin* Venus n'a jamais si parfai-
ment singé Minerve «le commandeur Zamet
l'astuce de mars amoureux; JVJ. du Brodequin,
la b.éatitude de Vulcain Isaac, la complaisance de
Mercure..
Figurez-vous, lecteur, qu'un, plaisant inter-
rompt votre attention pour vous raconter le fait.
suivant le commandeur Zamet sortait, à petit
jour, de l'appartement de la belle Emilie taton-
noit les ressorts de la porte de h. rue pour
s'aller défatiguer Chapelier .père lui apparut
comme un spectre. Papa dit-il sans se décon-
certer j'aUois à la chasse, je passois devant le
logis, je me rappelle que papa mange la côte-
lette de grand matin, et j'entre pour lui en dis
puter la moitié le père Chapelier enchanté de
la fraternité gourmande du commandeur, ne se
'douta pas que le déjeûner qu'il ailoit lui donner»
fût un retour de noces.
V IL
De peur d'être grondé je quitte l'épisode,
et je suis mon Anacharsts ,par chemins et par-
vaux. Il profitoit des vacances suivant l'usage
où sont les procureurs et les avocats, de chevau-
cher les provinces pour accroître le nombre de
*iwïrs clients r mais son gt wd but était de Vinf
̃ traire des Idix des moeurs et du comnierce des
Nntois s Nantes est l'Alexandrie de la Bretagne,
comme lesmurs de Rennes en sont les pyramides.
Isaac au boutde quatre jours ,y devint insuppor-
table. De disoit en confidtnçe aux citadins, que
les ladres et fastueux jactan-
tieux et ïgnorahs grossiers et de mauvaise foi.
Le malheur. qu'il avoit de ne pas connoîire les
masques fui fît plus d'une fois s'adresser aux
pères pour tourner leurs fils en ridicule, il
confiok bonnement aux maris les desseins qu'il
avoit sur feu* femmes. L'anecdote suivante doit
être conngnée dans nos fastes. Quelqu'auteur
comique portera sur la scène le rendez vous
d'Isuc I. et nous aurons le pendant-dé la parue
de chassé d'Henri IV. <
:JÂ. vaïetir-du licencié l'avoit précédé à Nantes,
et les citadins prévenus que sur ce point tout
étôit essai de vengeance seroit futile, formèrent
un projet moins chevaleresque et plus piquant.
Il fut invité à diner chez M. Jean Pondeniver,
négociant- fameux; on avoit rassemblé en son
honneur les beaux esprits chambre des
comptes, les sa vans de l'oratoù:«% et tous les
plaisans de la bourse. M. des Balons, lieute-
nant de* maréchaux de France, présldoit les
.taf« ï.
1391
11)
éonvives. Isaac fut merveilleusement réjoui que
M. Pondenivtr lui fourntt occasion de déployer
ion esprit devant les personnages les plus sa vans
çt les plus aimables de la. ville. Il en fit une
dépense considérable; et comme on s'étoit donné
lé mot, il régnoit un silence favorisé par les
appétis qui n'étolt interrompu que par des ex-
clamations admiratives et par des coups- d'oeil
d'approbation. M. des Balons chargeoit te rôle
avec beaucoup de naturel; les mots divin! dé-
licieux sublime s'exhaloient de sa bouche à
travers les bons morceaux, tandis que d'un coup
de poing frappé sur la table, il rappelloit
l'ordre les ricanneürs impnldens. Le licentié étoit
ényvré des vapeurs de l'amour-propre et trans-
porté par l'adroit dès Balons au chapitre des
femmes de Nantes, il 'donna "dans le piège le
plus perfide.,
§. VIII.
Sa vue myope e^ige que son large front sup-
porte continuellement des lunettes; sa figure
très-originale, sous verre, excite l'attention et le
licentié se laisse croire qu'on le fixe par jalousie
ou par amour. Il apprit donc à ses convives que
la charmante madame le Mercier du Bois^Géràrd
C4PJ
l'tvoitfijcèla veille à la comédie, avec une cons-
tance qui décéloit le désordre de son cœur. Que
d'inconvéniens ne commit-il pas que d'absur-
dités ne débita-t-il pas ? on ne pouvait plus tenie
d'indignation et do pitié sans M. desBalons
qui. promenant ses regards sur rassemblé
pour lia contenir s'adressa au licentié •«# Vous
vous êtes formé, mon cher ami, une idée des
facilités de madame le Mercier. qui prouve que
vous avez eu des femmes; mais j'ai tout sujet de
croire que.vous vous êtes trompé. Je parierois
qu'avant quatre jours, si je voulbis m'en donner la
peine. pas possible, mon bon ami, «–pas post
sible pas possible je veux vous prouver le con*
traire et, dès ce soir je vais écrire à cette
fcucrêce, Il est possible qu'elle lise votre lettre
mais pour y répondre, ne vous flattez pas..w
Vous seriez tous bien étonnés si la princesse me
donnqk un rendez-vous; c'est par trop fort,
en véritc mon cher Ch.er, vous êtes incom-
préhensible vos Renoises ont pu vous donner
une Mauvaise idée des femmes; mais je y 011$
préviens que les Nantcises, en général, et mat
sur-tout, sont plus difficiles à
emporter 4'assaut. M* Jet Balons fait le fnau**
vais plaisant, et s'amuse; l'esprit est fait pour celaj
une gajure dix louis qpfo mon
tvi
poulet passionné, ladiane Nantoîse répondra, et
qu'elle me permettra de lui faire h cour. Va
déposons le pari entre les mains de notre Am-1'
phitrion, et les dix louis perdus serviront à célé-
brer la vertu des femmes de Nantas ou le*
charmes des cupidons de Rennes.
Le Licentié passa dans un cabinet, écrivit un
billet éblouissant de fleurs d'amour et de barreau
demanda un commissionnaire s$r; et ayant quel-
ques visites à faire, il indiqua le spectacle pour
heu du rendez-vous, et sortit.
Méchant des Balonx /vous avez présenté.
votre laquais comme messager 1. -La lettre Slsaae
fut lue, relue modulée en ton pathétique et bur-
lesque,- et pour observer toutes les vraisemblances,
la main de Scapin fut employée sous la dictée de
M. des Balons. Voici la copie de la réponse qu'il
fît au licentié au nom de madame le Mercier
de Bois-Gerard.
Il est aussi difficile de résister la singularité
d'un penchant que de s'en rendre compte. Je
ne vouais point vous répondre, et j'y suis
» entraînée pir mon coeur ? r j'espère que votre
» discrétion rassurera mon inconséquence. Je
vous attends, Monsieur, à mon jardin, prairie
de la Magdeleine au coup de minuit; je serai
» absolument seule. Vous avez, ce soir,. tout le
t#i
>̃ tems pout reconnoîtfele Iocal. 7e suis, en vé:
» rite, bien folle Pourquoi êtes-vous donc n
» aimable ?»
§. IX.
Jsaac avott rejointe au spectacle, le négociant
Pondeniver et l'officier du point d'honneur des
Balons. On lui répétoit sans cesse qu'il n'auroit
on regardoit aux montres;
célui-ci disoit il est trop tard, le- laquais seroit
de retour; celui
logis, ou son mari est revenu de la campagne*
Des Balons et instruits que le do-
mestique alloit arriver avec la réponse Pacca-
blccent de mauvaises plaisanteries, dans le des-
sein de lui faire prendre sa revanche quand il
recevrait la lettre. OiHjrappe à là porte de la toge;
|e cœur d'Isaac palpite les visages des persi-
fleùrs allongent le laquais essouflé échange une
lettre avec un louis d'or le Licentié brise le ca-
chet, lit, et s'écrie '.fat gagné dix louis et une
charmante nuit veni t vici i
Ta ne vois pas, pauyrc.butor,
t43l
Cachant le fer dont elle blesse
Va te déchirer.
Opéra du Tableau Pariant,
Nos croquans eurent Pair pétrifié. Isaac, à son
tour, les écrasa. Le négociant Pondeniver parois-
soit prendre' de l'humeur -et M., des Balons le
ce qije voudra, M est juste qu'il
prenne sa revanche. Ali nous le méritons bien.
Puisque nous avons, perdu, le voudra
bien sans doute» nous apprendre avec quel ap-
pât il fait leurrer les femmes fi adroitement ;"en
ievanche, nous le délivrerons des inquiétudes de
trouver le jardin de madame Le Mercier, nous
fderons Ies heures jufqu'à celle du berger, et
nous le conduirons à la porte du bonheur.
J'accepte l'offre, reprit Ifaac, et je vais vous
satisfaire. Pour piper les femmes, vous croyez
messieurs de Nantes >. qu'il faut de for ou des
fentiméiis. Eh fi donc du jargon} morbleu,
du jargon de la figure et du courage, et puis
encore du jargon.
On l'embrassa, les larmes aux yeux.» et après J
avoir tué la f^irée à parler d'amour phyfique
et sentimental, on prit la route du jardin vers
onze heures et demie. La nuit étoit propice il
I 44 3
faisoit le. plus beau clair d'étoiles tout étoit
calme, et tranquille l'air n'étoit frappé que par
les aboyemens de quelques mâtiris et par la cloche,
des bénédictins de PirmM (î). îfaac fe livroit en.
chemin aux dans de l'allégresse et sa félicité
ne devenoit méditative que par les avis bénins
de Ces conducteurs, qui lui recommandoient de Re
pas nommer la dame et de ne pas. parler si
haut, parce qu'il étoit possible que des amans
malheureux rodassent dans les environs.
Vous êtes à. Paphos dit des Bttorit, nous
allons vous quitter frappez fort, si l'attente
amoureuse sommeille; adieu, je vous attende
demain à déjeuner. Isaac Isaàe b que vouSr
êtes heureux.
La porte du jardin étoit entrouverte 5
( Etenaant une main, portant l'autre en arrière
D'une oreille attentive avec peine ^copiant.
CoHr. de Certrud».
Qui vive ? qui va-là î s'écrie un rustre V d^lqo
(i) Prieuré b&ti au bout de* pont%
yoix stentorée. • L ami je demande madame
le Mercier âe Bois-Gérard. Vous demandez
nia maîtresse? elle ne couche jamais ic,i. Vous
«n'avez Tair ,d'être mi garnement. Jean'! Jean
donne-moi mon fusil» que je passe trois baÛes
dans le ventre à ce coquin-là.
.Ces menaces firent une impression si vive sur
le ticentié, qu'il se déplotona du haut de l'escalier
en bas, et tomba fort heureusement'pour ses
os dans un bourbier d'une moue consistance-
La frayeur de l'arme à feu du jardinier lui donna
des forces, pour se dépêtrer et s'enfuir à toutes
jambes.
X.
Il falloit entendre notre lïcenùè, quand il juge?,
être hors de la portée du canon. a Femmes abo-
minables. quelle perfidie quelle horreur quelle
si brusquement!Ah les immondices qui me
couvrent, sont parfaitement l'image démon
amé' Que lear dirai-je demain matin?.
très facile mais. mais une femme reste tou-
jours sous le soupçon. » Isaac berné ce ,soir par
elle, sera son Vainqueur demain, je dirai à des
jSalons
de madame îc Mercier, h nuit la plus
C#J
Tout en se décrétant ̃ Isaac, à demi consolé»
arrangeais sâ fable lorsque le perfide lieutenant
des maréchaux accompagné >t do négociant Pon-
Jeniyer, sort d'im buisson et se jette avec lui
aux pieds d'Isaac
«Tenez lui dit des Balans, d'une voix attendris*,
sante, prenez cette canne, usez en sans discrétion,
contre deux misérables qui vous ont jouéle tour
lc plus pendable. Nous atons agi en scélérats
et il n'ejst point de châtimens et de suplices ca-
pables de nous faire expier nos crimes. Frappez
M. Isaac i frappez sans miséricorde. Mais-
quoi ? vous balancez ? devuonp-nous à la géné-
rosité l'air interdit que vous ivezf la noblesse de
votre anie vous suggéreroi|ellé^ie l'indulgence?
Non, M. Chapelier ne croyez pas votre coeur
armez-vous de sévérité nous ne sommes dignes
de pardon, que lorsque vous aurez brisé cette
canne en rnitle pièces sur nos épaules cott-
pables. 0'
IiVternel en fes mains tient feut nos dcflînccs
U fait, quand il lui piait, veiller sttf noi années
D'aucun, coup d'aucun trait Balons ne fut frappé..̃
H8K«jMO6. ch. »
Une mystification aussi pongen's. dissipa les.

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