Ville de Constantine. Discours prononcé par le Maire, à l'inauguration de la statue du Maréchal Valée

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Impr. de Marle (Constantine). 1866. Algérie (1830-1962). Constantine (Algérie). France -- Colonies. In-8 °. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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VILLE DE CONSTANTINE
DISCOURS
PRONONCE PAR LE MAIRE
A L'INAUGURATION DE LA STATUE
DU MARÉCHAL VALÉE.
CONSTANTINE
TYPOGRAPHIE DE LOUIS MARIE
OCTOBRE 1866.
MESSIEURS,
Les nations s'honorent en comblant de dis-
tinctions les grands hommes qui ont contribué
à leur élévation et en consacrant leur souvenir
par des monuments publics qui transmettent à
la postérité l'histoire, toujours vivante, de gran-
des vertus, d'immenses services rendus à l'hu-
manité, de gloire acquise, au service du pays.
Notre terre d'Algérie, récemment devenue
française, n'a pas failli à.ce devoir de reconnais-
sance; déjà elle a montré que la population qui
l'habite partage ces sentiments de gratitude qui,
chez notre génération, se sont manifestés dans
un si grand nombre de villes, pour faire revivre
par le bronze le souvenir de ces généraux bril-
lants, de ces savants illustres, de, ce s littérateurs
distingués, de ces hommes modestes qui ont
contribué aux progrès de l'agriculture et aussi
de ces simples ouvriers qui, avec l'intelligence
pratique et l'amour du bien, sont arrivés au per-
fectionnement de l'industrie de leur pays.
La ville d'Alger est entrée la première, parmi
nous, dans cette voie; elle a revendiqué pour
elle le droit d'immortaliser le souvenir de l'illus-
tre Maréchal qui, après avoir conquis et pacifié
l'Algérie, a travaillé avec non moins de talent,'
d'activité et de succès, au développement de sa
prospérité par la colonisation. La statue du Ma-
réchal Bugeaud devait appartenir à la ville qui
est le siège du gouvernement général, justement
parce que les éminents services qu'elle consacre
intéressent l'Algérie tout entière.
Nous, Messieurs, nous avions un devoir par-
ticulier à remplir, et le simple sentiment de la
reconnaissance devait nous commander de per-
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pétuer parmi nous le souvenir de l'homme à qui
nous devons notre existence comme cité fran-
çaise..
La prise de Constantine a été un fait militaire
considérable ; l'officier général qui a eu l'honneur,
comme commandant en chef de l'armée, de
mener à bien une conquête si chèrement achetée,
a droit à notre culte, et quand ce titre vient cou-
ronner une longue et brillante carrière, celui
qui en est revêtu doit être offert en exemple aux
générations futures.
La cérémonie qui nous réunit est donc, Mes-
sieurs, une fête qui reçoit son principal éclat des
sentiments d'admiration et de reconnaissance
que nous conservons dans nos coeurs ; elle est
encore un lien, de plus qui nous unit à là mère
patrie : l'homme éminent dont nous célébrons
aujourd'hui la gloire lui appartient comme à
nous, puisque sa longue carrière s'est accomplie
sur les champs de bataille de l'Europe, depuis
1792 jusqu'à la paix.
Un coup-d'oeil rapide sur les états de service
du Maréchal Valée vous rappellera, Messieurs,
ce qu'a été une vie si dignement remplie. Je
voudrais qu'une voix plus éloquente et mieux
autorisée vous fit assister à cette brillante épopée,
mais le simple récit des faits est si éloquent par
lui-même, qu'il suppléera à mon insuffisance.
Né le 17 décembre 1773, à Brienne-le-Château
(Aube), Silvain-Charles Valée était admis à l'école
d'artillerie de Châlons, en qualité d'élève sous-
lieutenant, le 1er septembre 1792.
Quelle date, Messieurs, pour entrer dans la
carrière des armes! Quelle vie de fatigue et de
gloire s'offrait alors au jeune officier qui avait
devant lui cet avenir de régénération sociale et
de conquêtes qui devaient porter le germe vivi-
fiant de nos principes civilisateurs chez toutes
les nations de la vieille Europe ! Valée n'a pas
failli un seul jour à cette tâche, son épée n'est
rentrée au fourreau qu'à la paix, et ce fut pour
— 5 —
utiliser au profit de la science de l'artillerie une
expérience acquise par 22 ans de guerre. Mais
n'anticipons pas et suivons pas à pas cette glo-
rieuse carrière.
Le 1er juin 1792, Valée fut envoyé à l'armée
du Nord et prit part, sous Dumouriez, aux opé-
rations dirigées contre la Hollande et l'Angle-
terre auxquelles la Convention venait de déclarer
la guerre pour laquelle elle s'était préparée par
la levée en masse de toute la partie active de la
nation.
Le 23 septembre 1793, il passait à l'armée de
Sambre-et-Meuse et jouait un rôle important
dans ces brillantes actions où son arme contribua
si puissamment et si glorieusement au succès de
la bataille de Wattignies et à la levée du siège
de Maubeuge, par lequel les alliés voulaient pré-
luder à l'invasion de la France. Il y mérita le
grade de capitaine qui lui fut accordé le 27
avril 1795.
Le 23 septembre 1796, le capitaine Valée est
envoyé à l'armée d'Allemagne et sert successi-
vement à celles du Rhin et du Danube. Il s'as-
socia courageusement à tous les travaux de
l'artillerie dans ces campagnes, notamment à
cette célèbre et malheureuse bataille de Vurts-
bourg où l'honnête Jourdan sut se dévouer, se
sacrifier même au succès des opérations' de
Moreau et facilita ainsi la célèbre retraite qui
valut à ce général en chef une gloire que quel-
ques-uns ont voulu comparer à celle qu'avaient
donnée au commandant en chef de l'armée
d'Italie les plus brillants et les plus légitimes
succès.
La paix de Gampo-Formio laissa quelque repos
à l'armée d'Allemagne jusqu'à la coalition de
1799. Le capitaine Valée, passé à celle du Da-
nube, se trouva à toutes les opérations de cette
guerre qui ne réussit pas, malgré des efforts
honorables à Stockach, à repousser les coalisés
et à la suite de laquelle nous perdîmes l'Alle-

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