Wanted

De
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Dans une société corrompue par les corporations, Alexandre travaille comme coursier de l'ombre. Il voyage seul, le cœur meurtri, poursuivi par son passé. Enid est une jeune fille rebelle fuyant sa famille et avide de révolte contre le monde entier. Lorsque les deux se rencontrent, ils sont embarqués dans de sombres affaires qui les amènent à traverser la France et à être surveillés par la puissante entreprise Chrono Inc.


Publié le : mercredi 16 décembre 2015
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EAN13 : 9782334048606
Nombre de pages : 244
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-04858-3

 

© Edilivre, 2016

 

Acte I

Le soleil fuyait à travers l’horizon, et le coursier le suivait.

C’était un soleil de plomb. La route était droite, vide et mortellement ennuyeuse. Alexandre avait déjà passé la journée à conduire, et comme le paysage ne se prêtait pas spécialement à la contemplation, il ne s’était presque pas arrêté. Seulement pour quelques pauses salvatrices, indiquées précisément par la sécurité routière. Le soleil cognait aussi tellement dans la cabine que c’en était devenu un sauna. L’ouverture de la vitre offrait une possibilité de respirer, mais empêchait la musique d’émettre suffisamment fort. Alexandre n’avait jamais compris comment on conciliait chaleur et lecteur de CD dans une voiture. Tu connais pas la climatisation ? Lui dit une voix dans sa tête. Une invention bien futile. Tout le monde en faisait tout un foin mais ce n’était pas si bien que ça.

Le meilleur moment restait sans doute quand le coursier reprenait son véhicule après l’avoir laissé plusieurs minutes au soleil, la vitre fermée. Le volant en cuir noir brûlait les mains comme si elles avaient été posées sur un poêle. Décidément, Alexandre n’était pas très fervent de l’été, mais c’était comme toutes les saisons. On s’en plaignait pas mal et puis on s’habituait. De plus, on ne pouvait pas y échapper. Un peu comme la mort.

C’est toujours mieux que les mecs qui bossent dans les bureaux, pensa-t-il.

En vérité, il n’aurait jamais pu travailler dans un bureau. Alexandre avait la bougeotte, c’était un fait avéré depuis longtemps. Il avait commencé à travailler comme coursier quelques années auparavant. Trois ans qui lui paraissaient bien longs à présent. A cette époque-là, il ne savait pas quoi faire de sa vie, mais il savait ce qu’il ne voulait pas faire. Les corporations de métiers l’auraient accueilli à bras ouverts s’il s’était donné la peine d’aller les voir. Mais Alexandre ne les aimait pas, même si par ce sentiment, il se mettait à dos les trois quarts du monde connu.

Les coursiers dépendaient normalement de leur corporation correspondante et agissaient pour le compte de la boite. Mais il arrivait parfois que certaines taches requièrent des agents de l’ombre qui œuvraient entre corpos. Ils étaient plus ou moins protégés de leurs agissements. En général, ils étaient rares et importants. Néanmoins, si une ou deux corpos voulaient leur peau, il arrivait subitement que personne ne s’y oppose. C’était un métier à risque.

Alexandre aimait ce boulot parce qu’il était d’un naturel solitaire et qu’il aimait bien conduire. Il ne se faisait jamais remarquer, c’était essentiel pour travailler dans l’ombre, et il avait toujours évité les cargaisons à haut risque. Celles qui risquaient de provoquer une confrontation étatique sans précédent. En plus, ça lui faisait voir du pays. Même si en trois ans, il avait largement fait le tour de la question. Evidemment, il ne prenait pas l’autoroute. Depuis quelques années, elle était bien trop surveillée, et bien trop chère. Il n’était jamais pressé. Les commanditaires préféraient la sécurité à l’empressement.

Alexandre aimait ce boulot également parce qu’il n’avait de compte à rendre à personne. Il faisait sa mission, on le payait, point final. Cette distance lui laissait le temps de réfléchir aux problèmes du monde tranquillement, dans son pick-up, sans personne pour le contredire. Il avait déjà assez de problèmes personnels à régler, comme ce qu’il allait manger ce soir-là, pour se préoccuper de tout le reste. Il n’espérait pas grand-chose de l’avenir, ni du monde dans lequel il vivait. Après sa crise d’adolescence, il s’était rasé le crâne et avait gardé ses t-shirts noirs près du corps et ses pantalons treillis, jetant ses longues vestes en cuir et ses couteaux de combat. Ses doigts restaient toutefois ornés de nombreuses bagues, toutes différentes les unes des autres, symboles d’expériences et de rencontres diverses.

Des bagouzes de tapettes, manque plus que tu te fasses des piercings aux oreilles et tu pourras te prendre pour Mademoiselle Frida des beaux quartiers ! Répondit la petite voix dans sa tête.

C’était déjà difficile d’avoir une pensée dans le cerveau sans que la présence d’une voix secondaire agaçante le rappelle constamment à l’ordre. Alexandre l’avait surnommé Joe. Il ne savait plus pourquoi mais ce nom lui faisait penser à quelque chose de très vieux. Et de très malsain. Joe, c’était le mec un peu cow-boy, un peu vantard qui sautait sur tout ce qui avait un trou. Il était froid, mais cinglant, et accompagné d’un humour très particulier.

Dis tout de suite que t’veux pas de moi ! Qu’est-ce tu f’rais pas si j’étais pas là, mon poto ! Ça se voit que ça fait un bail que t’as pas ramoné une ch’minée, tu cogites trop, ça va te donner des boutons un d’ces jours.

Alexandre n’écoutait pas beaucoup Joe d’ailleurs. D’abord parce que s’il passait son temps à écouter les voix dans sa tête, il en perdrait vite la raison. Ensuite parce que Joe était ce qu’on appelait communément la voix de la conscience. En général, personne n’aimait écouter sa conscience ; parce qu’elle avait souvent raison.

La route arrivait à ce stade où elle allait traverser un grand nombre de villages avant d’arriver à la ville. Ça signifiait que ce serait lent, car chaque village obligeait à ralentir la cadence. L’autoroute devait sans doute avoir été inventée pour éviter ça, à la base, c’est-à-dire en des temps immémoriaux. Malgré tout, Alexandre était presque aux anges. La route était entourée de vignes, des vignes flamboyantes. Elles recouvraient les collines par dizaines. Des parcelles immenses qui ne s’arrêtaient pas en bas des pentes, mais qui continuaient à grimper dans les hauteurs, pour couler de l’autre côté. Cette nature maîtrisée semblait envahir le paysage.

Le coursier admirait distraitement cet incendie de couleurs (Faut bien aussi que tu r’gardes la route si t’veux pas clamser dans l’décor !). Il retira de la fenêtre son coude qui commençait à griller et remonta la vitre. Un de ses morceaux favoris passait sur le lecteur du pick-up. Il monta légèrement le son et remua la tête en rythme. C’était du hard rock, du vieux des années 80, un groupe antique qui ne plaisait plus tellement à Alexandre au jour d’aujourd’hui. Ce qui ne l’empêchait pas d’écouter ces vieilles chansons encore et encore. Le côté kitch du synthétiseur faisait partie de l’affection presque attendrissante qu’il pouvait ressentir envers cette musique.

I’m a cow-boy, on a steel horse I ride.

I’m wanted, dead or aliiiiiiiiiive…

Il n’était pas vraiment un cow-boy solitaire, mais c’était un détail. Alexandre pouvait bien s’imaginer sur une moto, une grosse Mustang bien rodée, à rouler vers nulle part, dans un attirail en cuir. Et puis avec une moustache qui pendouille et une grosse chaîne argentée au cou, tu peux pas faire plus cliché mec, lui murmura Joe. Au lieu de ça, il se contentait de traîner un Cheyenne américain fatigué, mais encore debout. Conduire cette merveille avait pu être un rêve, mais les factures de garagiste pas entièrement remboursées sur ses frais professionnels, il les sentait passer. Il n’aurait pas eu le courage d’en changer. D’une part, c’était un de ces véhicules typiquement classé USA qui sentait le cuir brûlé et la graisse de toute la malbouffe qu’on pouvait consommer en des années d’existence. C’était rare, et particulièrement cher. D’autre part, c’était une boîte de vitesse automatique, et Alexandre y était habitué.

*
*       *

Pénélope fumait, allongée sur le lit. C’était un de ses nombreux défauts. Mais à tout défaut correspondait sa qualité. Pénélope ne fumait que quand elle venait de faire l’amour. Seulement à ce moment-là, elle permettait à son corps de recevoir quelque chose de néfaste, comme pour compenser tout le plaisir qu’elle avait pu avoir précédemment. Alexandre se demandait parfois si elle fumait même quand elle n’avait pas joui.

Ses cheveux bruns cachaient une grande partie de son visage. Elle faisait partie de ces femmes qui n’ont jamais l’air de se coiffer, mais à qui ce chaos allait bien. Sa coiffure devait sembler décente à une époque moins mouvementée de sa vie. Dès lors, c’était un nid d’oiseau. Un nid d’oiseau très sexy.

« Je vais sans doute partir bientôt, dit-elle, avant d’aspirer une grande goulée de fumée. »

Alexandre ne tourna même pas la tête vers elle, il regardait le ventilateur tourner.

« Où ? Demanda-t-il sans conviction. »

Comme il s’y attendait, Pénélope ne répondit pas. Elle restait assise là, nue, à regarder dans le vague. Alexandre ne savait pas trop quoi dire. En fait, il savait qu’il n’y avait plus rien à dire. C’était difficile à supporter, mais il n’était pas du genre à lui montrer ses faiblesses. Il voulait être fort pour elle, peut-être pour la séduire, pour lui montrer qu’elle pourrait toujours compter sur lui, même si elle ne s’accrochait pas à lui comme il l’aurait voulu. C’était triste, et pourtant, il n’avait plus le courage de faire quoi que ce soit.

Pénélope souffla un nuage gris devant elle avant de tousser.

« Je n’ai pas envie de partir.

– Alors ne pars pas, renchérit Alexandre. »

Il n’eut pas besoin de se tourner vers elle pour voir ce qu’elle pensait. Elle aussi était triste. Non, c’était un autre état. Une forme d’angoisse, de dépression. Quelque chose qui lui prenait les tripes et qui ne la lâchait jamais.

« On ne se reverra sans doute plus, dit-elle. »

Pour une fois, Alexandre fut surpris. Il ne laissa rien transparaître, mais son cœur manqua un battement. Ce petit jeu durait depuis assez longtemps pour qu’il sache qu’ils allaient se séparer pendant une longue période avant de se retrouver. Ce n’était pas la première fois qu’il l’entendait dire ça. En revanche, son intuition lui murmurait que cette prédiction se révélerait sans doute vraie.

« Tu dis ça maintenant, mais tu reviens toujours, lui dit-il. Tu ne devrais pas t’infliger ça. »

Pénélope écrasa sa cigarette dans le cendrier à côté d’elle et se tourna vers lui.

« J’ai encore envie de toi. »

Puis elle se serra contre lui pour le reste de la nuit.

*
*       *

Le soleil était couché et le ciel virait de plus en plus au violet. Alexandre avait faim et il comptait bien s’arrêter pour manger, et peut-être chercher un endroit où dormir. Il pouvait parfaitement conduire de nuit, mais les contrôles y étaient plus fréquents et il n’était pas du tout pressé pour sa course. Il aimait prendre le temps, c’était son principe de vie et il avait trouvé un travail qui lui convenait.

A la sortie d’une ville, il prit la direction d’une brasserie-restaurant qui lui conviendrait sûrement. Pas trop chère et un peu rustique. Il mit son clignotant et tourna dans une route annexe sur la droite. La brasserie n’était pas loin de la zone industrielle, mais ce n’était pas très important. Quand on a faim, on n’est pas regardant sur le paysage, surtout quand on passe ses journées à l’admirer. Alexandre tourna sur un petit parking rempli de quelques voitures garées de manière désordonnée. Après avoir passé quelques minutes à essayer de l’ouvrir, il prit son portefeuille dans sa boite à gant et sortit en fermant soigneusement la voiture. Il vérifia que le « colis » coincé à l’arrière de son pick-up était toujours bien accroché et bâché, puis il marcha jusqu’à l’entrée du bâtiment.

La brasserie était exactement un cliché de l’américanisation française. Une sorte de Diner’s, ces fast-food américains qui servaient des hamburgers et des milkshakes à profusion, où les serveuses ont une tenue de midinette mais l’âge proche de la ménopause. Mais comme il ne fallait pas trop plaisanter avec la gastronomie française, ils faisaient aussi des sandwichs avec de la bonne baguette de pain. On se croirait chez McDonald, pensa Alexandre. Heureusement, ils gardaient aussi une décoration assez raisonnablement moderne et la musique passait quelques tubes actuels accompagnés de quelques perles du patrimoine français, comme Indochine.

Alexandre s’approcha du comptoir vide et attendit que quelqu’un vienne s’occuper de lui. L’endroit était plutôt désert. Deux adolescentes mangeaient des gâteaux à une table, sûrement pour échapper au domicile familial si monotone, un homme lisait le journal sur une autre table et un autre homme en costume buvait une bière au comptoir non loin, le nez sur son téléphone portable.

Un serveur aux cheveux magnifiquement frisés se présenta devant le coursier, un sourire peu convainquant figé sur ses lèvres.

« Que puis-je pour vous, monsieur ? »

Alexandre jeta un œil à l’homme au comptoir qui leva la tête, curieux du nouveau visiteur, et la baissa aussitôt.

« Mettez-moi d’abord une bière pression, finit-il par dire. »

Pendant qu’il le servait, Alexandre s’assit à deux places du cadre supérieur et observa son voisin. Celui-ci riait en lisant des informations, sans doute hilarantes, et tentait d’interpeller le serveur insensible à son intervention. Alexandre était peut-être misanthrope, mais il ne se sentait pas complètement sans cœur face à un homme cherchant à tout prix à discuter.

« Vous savez que ce n’est pas très sain de rester le nez sur votre machin, fit-il remarquer. »

L’homme leva les yeux et s’écarta de son téléphone en souriant.

« Vous savez, j’ai déjà des yeux fatigués, alors un peu plus ou un peu moins…

– Justement, vous devriez les garder pour des choses plus intéressantes, comme le paysage, ou la serveuse, dit Alexandre, puis il continua, intarissable. Je sais pas si vous avez remarqué, mais les femmes marchent différemment si elles portent des collants ou si elles portent des bas. »

L’homme sourit un peu plus et se tourna vers son interlocuteur.

« Vous avez décidé de ne pas me laisser tranquille !

– Je vais tout faire pour vous empêcher de rester sur votre portable, dit Alexandre. Et puis, ne me laissez pas seul avec le serveur, je fais une fixette sur ses cheveux… »

Les deux hommes rirent en chœur et le dit-serveur apporta la bière qu’il posa sur un dessous de verre. Alexandre put lire à travers le pied du verre « We need you for eating cookies ! ».

« Santé ! Dit l’homme en levant son verre.

– Santé ! Répondit Alexandre. »

Il but une première gorgée et la trouva bienvenue, malgré le goût passable. L’homme se présenta sous le nom de Fred comme sa langue se déliait.

« Alors, reprit-il en s’essuyant la bouche. Qu’est-ce qui vous amène ici ? »

Fred sembla hésiter avant de répondre. Il but une gorgée de son verre et baissa la tête.

« Je suis juste de passage. En vérité, j’habite du côté de Rouen, mais je travaille dans le coin, pour quelque temps. »

Alexandre sentit la réticence de parler de choses plus précises. Il glissa son regard de côté quand il remarqua un insigne sur sa veste. C’était une roue ocre, le symbole de la corporation Limblum Cie. Il n’avait jamais travaillé pour eux, du moins pas dans ses souvenirs, mais mieux valait-il faire profil bas quand on parlait à un cadre d’une corpo. Surtout quand on ne travaillait pas vraiment dans la légalité.

Il décida de parler de lui pour détendre son nouvel ami.

« Je n’ai jamais eu l’occasion de visiter Rouen. J’y suis passé il y a environ un an, mais je ne m’y suis pas attardé.

– Vous aviez à faire là-bas ? Demanda Fred, plus détendu.

– Un colis à livrer. Je travaille pour Balamb, une petite compagnie forestière, comme coursier.

– Vraiment ? Ça ne vous dérange pas d’être toujours sur les routes ? »

Alexandre avait entendu cette question des milliers de fois. La plupart des gens étaient très sédentaires, ils ne comprenaient pas ce besoin de bouger. Soit ils étaient encore jeunes et ils voulaient profiter de leur liberté de mouvement. Soit ils avaient ça dans le sang, comme ceux qui travaillaient pour des grandes corpos, installées dans plusieurs pays à travers le monde, ou les négociants, toujours à aller voir des gens en tête à tête. Le visiophone avait été prévu pour empêcher ces fréquents voyages, et pour sédentariser encore plus les travailleurs. Mais l’invention n’avait pas eu un si grand succès, à part auprès des plus vieux, qui aimaient garder contact avec leurs descendants. Alexandre avait besoin d’une certaine liberté. Non pas qu’il considérait les personnes statiques comme des soumis et des incapables. Mais ce cadre ne lui correspondait pas.

T’aurais tout fait pour Pénélope, tu t’serais damné pour elle, t’peux pas dire le contraire.

Pénélope n’aurait jamais aimé ce cadre non plus. Elle était encore moins statique que moi.

« Je trouve ça agréable de rencontrer du monde, de voir du pays, répondit juste Alexandre. Et puis, je n’ai pas d’attaches. »

Fred hocha la tête. Il semblait se perdre dans ses pensées, mais Alexandre ne voulait pas lâcher l’affaire.

« Vous avez raison, le coupa Fred, on ne devrait pas s’attacher. »

Alexandre lui demanda ce qu’il voulait dire par là. Fred lui apprit qu’il était marié depuis quinze ans, avec une femme qu’il aimait. Il a été appelé par Linblum Cie pour travailler sur un nouveau projet, loin de chez lui. Là-bas, il rencontra une jeune fille, Arriety, de qui il tomba follement amoureux. Il savait que cette histoire serait éphémère, et il fallait qu’elle le reste. Mais ça lui était difficile de la quitter, car dans peu de temps il rentrerait chez lui. Il avait l’impression de vivre une histoire banale, vécue par tout homme un peu volage. Arriety avait de nombreux défauts, que possédait aussi sa femme, mais elles ne se ressemblaient pas pour autant. Il ne comprenait pas bien pourquoi ça lui arrivait. Peut-être était-ce un moyen de raviver sa passion, ou peut-être était-il las de son travail et avait-il cherché une distraction.

« Quoiqu’il en soit, je ne peux pas rester avec elle, poursuivit-il. Le pire, c’est qu’elle est d’accord avec moi. J’aurais préféré qu’elle me retienne. Vous ne pensez pas que c’est paradoxal ? »

Alexandre hocha la tête.

« Nos sentiments sont paradoxaux, et on n’y peut rien, répondit-il. Ne vous sentez pas coupable envers ça. »

Pénélope était comme ça aussi. Elle n’aurait rien pu faire.

Fred se força à sourire, comme pour remercier Alexandre de le réconforter. Mais il gardait un visage préoccupé.

« Je devrais partir, dit-il enfin. Il se fait tard. Merci de votre intérêt. »

En vérité, il n’était pas tard du tout. Mais Alexandre comprit qu’il l’avait un peu trop poussé et qu’il ne souhaitait pas continuer à bavarder de choses aussi importantes. Fred donna sa carte au serveur qui la passa sur la machine et lui rendit, après quoi il prit une sacoche et sortit de la brasserie.

Alexandre soupira. Il avait presque terminé sa bière et plus rien ne l’empêchait de manger. Il appela le serveur pour commander et pour lui demander où se trouvait l’hôtel le plus proche.

La chambre était un peu miteuse, mais elle comblait toutes les attentes du coursier, à savoir un matelas confortable et une salle de bain fonctionnelle. Après sa douche, il mit une serviette autour de sa taille et examina sa tête dans le miroir.

Heeey beau gosse, t’aurais dû inviter une des d’moiselles plutôt que de parler au type qui r’grette sa bourgeoise, susurra Joe.

Bien sûr, et je leur aurais fait mon numéro de « Hello mesdemoiselles, je suis mystérieux, et je peux vous payer de l’alcool. Voudriez-vous faire un tour dans ma bécane ? Désolé, elle n’est que deux places ! L’une d’entre vous va devoir rester à l’arrière. Il y fait un peu frisquet et on trouve parfois des cadavres dans mes coffres. »

Alexandre savait que lorsqu’il commençait à faire un peu d’humour, Joe se taisait instantanément. Il n’était pas si joueur que ça.

Il ne s’était pas rasé depuis trois jours et ça se voyait. Il passa sa main sur son menton et décida qu’il pouvait attendre encore un ou deux jours. Il baissa les yeux sur son tatouage, une sorte de symbole tribal qui recouvrait son épaule. Une cicatrice le traversait depuis la poitrine sur à peu près dix centimètres de long. Un souvenir du passé. Il n’avait quand même pas très bonne mine. Pourtant, il était tout le temps exposé au soleil et à l’air pur. Peut-être qu’il négligeait trop ses temps de repos. Sans doute aussi qu’il roulait depuis déjà trop longtemps. Ses dernières vacances remontaient à loin.

Le poste de télévision était resté allumé. L’écran montrait un homme qui sautait en parachute, caméra au poing. C’était désespérant de voir à quel point tout ce qui était posté sur le Net atterrissait à la télé. Il avait vendu son âme pour une poignée de dollars et un Snicker.

Alexandre s’assit sur le lit. Il regarda l’écran allongé qui s’obstinait à le divertir sans grande réussite. Il zappa avec la télécommande et s’écroula en arrière. Tous ces hôtels se ressemblaient. Au début, on s’amusait à repérer quelles étaient les différences entre chaque région, chaque territoire, comment chaque corpo déguisait ses logements. Mais au bout d’un certain temps, on finit par chercher ce qu’ils ont en commun. Parce que tout finit par se ressembler. Toujours. Alexandre allait souvent à l’hôtel, même quand celui-ci n’était pas fourni par une corpo (car il était logé grassement pour ses bons et loyaux services). Il avait bien quelques points de chute, des amis, des connaissances, des maîtresses. Ce n’était pas désagréable de revoir des gens avec qui il sympathisait.

Il se releva, enfila son slip et se coucha sous les draps. Fixant le lustre/ventilateur.

*
*       *

« Et ça, ça ne te plait pas ? Oh, réponds-moi franchement ! »

Pénélope se trémoussait en plaquant une robe contre elle. Elle s’admirait devant la glace qui devait servir pour les essayages de chaussures. Alexandre regardait ailleurs, mais il était bien obligé de se tourner vers elle. Tout lui allait ; elle était tout aussi sexy avec cette robe qu’avec un jogging.

« Alex ! Tu m’écoutes ?

– On entend que toi, comment faire autrement, répondit-il. »

Pénélope fit une grimace de mécontentement et lui prit les vêtements des bras.

« Je vais me changer ! Viens avec moi pour donner ton avis. »

Ils se dirigèrent aux cabines d’essayage et Pénélope s’introduisit dans l’une d’elles sans demander son reste. Alexandre resta planté devant en soupirant. Il n’avait pas que ça à faire de traîner dans une boutique. Il commençait déjà à regretter de l’avoir accompagnée. Puis, elle sortit la tête du rideau de la cabine et lui sourit.

« Tu ne viens pas ? »

Alexandre passa sa langue sur sa lèvre supérieure, il regarda à droite à gauche pour vérifier que personne ne le voyait et il pénétra dans la cabine en poussant sa dulcinée. La cabine était petite, mais juste assez grande pour faire tenir deux personnes. Pénélope était dans sa petite robe noire moulante et très courte. Elle se colla contre Alexandre et il sentit qu’elle ne portait plus de soutien-gorge.

« J’ai cru que tu ne viendrais jamais, murmura-t-elle.

– Tais-toi donc, saloperie, répondit Alexandre en la prenant par la taille. »

Il l’embrassa et glissa ses mains jusqu’à ses fesses. Elle entoura son cou de ses bras fins et lui rendit son baiser. Ils dérapèrent contre la paroi de la cabine et Pénélope pouffa. Alexandre lui mordit le cou pour la punir et elle faillit lâcher un petit gémissement de surprise. Lorsqu’il commença à lui pétrir les seins, il lui demanda d’acheter cette robe vite fait et de rentrer.

« Déjà ? S’exclama-t-elle.

– Je n’ai absolument pas envie de faire ça ici, c’est trop inconfortable. »

Alexandre sortit de la cabine, sous le regard désapprobateur d’une dame qui passait. Il n’y prêta pas attention et alla attendre dehors.

Pénélope alluma sa cigarette en pompant avidement dessus. Elle était encore allongée, posée sur le côté. Alexandre était allongé derrière elle et lui caressait la hanche du bout des doigts.

« Il faut toujours que tu fumes après ? Lui demanda-t-il.

– Toujours. C’est une question de karma. Si je fais quelque chose de mal juste après avoir eu quelque chose de bien, ça rééquilibre les choses, et plus rien de mauvais ne peut m’arriver. »

Alexandre se demanda si elle plaisantait, mais il n’osa pas briser cet instant par de trop laborieuses discussions sérieuses. Il se contenta de sentir la chaleur de son corps contre le sien, de respirer le parfum de sueur et de shampoing qui émanait de ses cheveux.

Pénélope se tourna vers lui en écartant sa cigarette et elle le regarda de côté.

« Quand est-ce qu’on s’en va ?

– Je te l’ai dit. Je dois attendre un client, ça peut prendre du temps. »

Ça faisait presque deux semaines qu’ils étaient à St Etienne. Alexandre avait loué un minuscule appartement à des étudiantes pendant l’été. Elles avaient pu partir en Irlande sans se soucier de laisser un appartement vide pendant un mois. Les deux amoureux s’y étaient installés tranquillement et avait tissé leur petit nid douillet. Pénélope aimait beaucoup sortir, au contraire d’Alexandre qui appréciait une certaine tranquillité.

Pénélope roula sur elle-même pour atteindre le cendrier où elle posa sa cigarette. Le lit était en fait un matelas deux places posé à même le sol, ce qui offrait pas mal d’avantages quand on ne vivait que partiellement ici.

Alexandre ne se méfia pas immédiatement, mais plus tard il repensa souvent au fait que sa chère et tendre finissait toujours une cigarette lorsqu’elle l’avait commencé, pour expédier le plus vite possible cette corvée. Si ce n’était pas le cas, c’est que quelque chose d’inquiétant était en train de se produire.

« Tu devrais venir avec moi ce soir, lui dit-elle. »

Alexandre leva un sourcil.

« Et où donc ?

– On va jouer de l’argent au tarot. C’est moins glorieux qu’au poker, mais c’est plus rigolo et on joue moins sur le bluff. Je suis nulle au bluff. »

Elle avait ajouté cette dernière phrase en faisait une moue qui lui tordait la bouche et lui plissait le nez. Alexandre adorait cette moue. Chaque fois qu’elle le faisait, il se rappelait pourquoi il avait toujours envie de l’avoir avec lui.

« Tu m’emmènes voir tes amis ? Demanda-t-il l’air de rien.

– Tu ne sors jamais, tu devrais venir pour voir comment c’est sympa ! S’exclama-t-elle. »

Alexandre était sceptique. Néanmoins, elle n’avait pas tort. En plus, il pourrait passer un peu plus de temps avec elle.

Il lui prit le menton délicatement et l’embrassa sur le nez, qu’elle plissa automatiquement.

« C’est d’accord, c’est bien parce que tu me le demandes. »

Pénélope sourit jusqu’aux oreilles et se pencha sur Alexandre en le maintenant allongé.

« En échange, je t’offrirai quelque chose de génial, ajouta-t-elle.

– Tu m’as déjà offert quelque chose de génial, dit Alexandre en souriant à son tour. »

Pénélope l’embrassa et l’enjamba pour être au-dessus de lui. Alexandre se sentit bander à nouveau et il passa ses bras dans son dos pour la plaquer contre lui.

Le soir, ils se rendirent à un appartement non loin de l’université, dans le quartier commerçant. Ils avaient pris le tramway dans lequel Pénélope se collait à la vitre pour voir à quelle vitesse ils avançaient. Elle portait sa petite robe noire avec une veste en cuir marron. Tout le monde avait le loisir d’admirer ses jambes nues se terminant dans des bottines lacées sur tout le mollet. Alexandre n’était pas excessivement possessif, mais il aimait la serrer contre elle quand elle était vêtue légèrement. Ça lui laissait tout le loisir d’imaginer son corps nu contre lui en train de se trémousser. Il ne connaissait pas de meilleur fantasme.

Ils sonnèrent à l’appartement et une voix sortie de l’interphone leur indiqua de monter au 5e étage. A l’intérieur, Alexandre fut enchanté de constater l’absence d’ascenseur.

« C’est un vieil immeuble, la cage d’escalier est trop petite, dit Pénélope comme pour s’excuser. »

Alexandre était finalement content d’avoir été aussi gâté cette après-midi.

Une fois en haut des escaliers, ils parvinrent à la porte tant attendue. Un homme les y accueillait.

C’était Adrien, l’occupant de l’appartement. Un blond, le visage sympathique, le t-shirt lambda pendouillant sur son corps maigre. Il était informaticien à Besaid Corp., où il surveillait les machines d’une agence dont il n’avait aucune idée de ce qu’ils faisaient en réalité. Il était payé pour ce que lui appelait des bafouilles, mais qui étaient vitales pour ces gens-là. C’est tout ce qui lui importait. Adrien était l’image même du bon vivant qui savait faire la fête, peut-être même un peu trop. Pénélope avait prévenu de se méfier de la vitesse à laquelle il remplissait les verres.

Ils franchirent le seuil et attendirent dans le couloir le temps que Pénélope retire sa veste. Il faisait déjà chaud et il régnait une atmosphère étouffante, signe que des gens étaient déjà en train de faire travailler leurs méninges.

Alexandre tendit un pack de bières à Adrien qui afficha un visage satisfait.

Il amena les nouveaux arrivants dans la pièce principale. Attablés autour d’une table ronde, deux garçons et une fille tournèrent leur tête vers eux.

A droite, c’était Laura, un canon de beauté. Les cheveux châtains, attachés en queue de cheval, et le visage d’une pin-up, magnifique sans maquillage et terriblement sexy avec une pointe de mascara et un peu de gloss. Elle servait des steaks hors de prix dans un restaurant de luxe, où il était difficile de l’imaginer simplement vêtue d’une tenue chic. Elle n’avait jamais la langue dans sa poche, mais ses paroles dépassaient bien souvent sa pensée et elle sortait beaucoup de mots inutiles. Alexandre l’avait déjà rencontrée accompagnée de Pénélope, et il devait avouer qu’il avait été heurté par son audace impétueuse.

En face d’elle, il y avait Teddy, un ingénieur propre sur lui et dans une situation professionnelle très confortable. Teddy était le type même de celui qu’on n’aimait pas tellement au premier abord, mais qui s’avérait très juste et intéressant. Sa passion était de collectionner les vêtements de poupée, mais sans posséder les poupées elles-mêmes. Il avait des cheveux foncés tombant légèrement sur le côté et des lunettes rondes ringardes. Il portait toujours une cravate défaite autour du col de sa chemise. Alexandre se demandait si c’était pour le style ou simplement par flemme.

Et au fond de la table, trônait Maxwell. Les cheveux noirs, très légèrement dégarni. Les yeux extrêmement foncés et pénétrants. Un veston noir par-dessus une chemise grisâtre, fade. Maxwell était parfaitement bien rasé, mais il avait l’air négligé de celui qui se force à paraître négligé pour faire comme tout le monde. Il attisait autant l’enthousiasme que la haine. Personne ne faisait dans la demi-mesure quand il s’agissait de parler de Maxwell. Cependant, nombreux étaient ceux qui en parlaient. Maxwell était influent, il avait beaucoup d’esprit et il avait l’humour cynique facile. Il avait une réputation partagée, mais tous les avis étaient d’accord sur le même point : il savait comment se mettre les gens dans sa poche. Et par-dessus tout, Maxwell était le fils du PDG de la corpo Chrono Inc., une corpo pour laquelle avait déjà travaillé Alexandre. Maxwell savait qui il était, et Alexandre se méfiait de ce qu’il pouvait entreprendre, car quelles que soient les intentions de Maxwell, il ne lui faisait pas confiance.

« Penny ! Viens t’asseoir à côté de moi, au lieu de coller ton biker comme ça ! S’exclama Laura d’une voix forte. »

Celle-ci était ravie de retrouver sa copine et alla s’asseoir entre Laura et Maxwell après avoir fait des yeux de cocker à Alexandre. Il pouvait bien la laisser faire ce qu’elle voulait, c’était sa soirée après tout. Il échangea une poignée de main avec Teddy et fit un signe de tête amical à Maxwell.

« Le courseur daigne enfin montrer son nez ? Demanda Teddy. Comment sont les docks à cette période de l’année ?

– Arrête de l’embêter ! Dit Laura. C’est un mec taciturne, mais il est cool ! Ça fait plaisir de te voir Alex ! »

Alexandre s’assit à côté de Teddy et sortit son portefeuille pour le poser sur la table.

« Je viens apprendre aux amateurs ce que ça veut dire de jouer de l’argent, dit-il. »

Laura pouffa et revint à sa conversation avec Pénélope. Alexandre jeta un œil à Maxwell qui semblait les écouter avec beaucoup d’intérêt.

C’est à ce moment-là qu’Adrien arriva avec un ravitaillement en boisson.

« Il est temps de commencer, non ? Dit-il.

– Tu ne voulais pas inviter Clark ? Demanda Laura.

– Il est absent ce soir, ajouta sèchement Teddy.

– Il est parti labourer, dit Maxwell. Il paraît que la terre est très accueillante en ce moment. »

Un petit rire monta aux lèvres de Pénélope et Adrien sourit, voulant renchérir, mais Teddy le pressa de s’asseoir et de distribuer. Comme ils étaient six, ils désignèrent une personne qui ferait le mort au premier tour, puis qui tournerait.

Une fois les cartes distribuées, les joueurs commencèrent enfin à miser. Les mises étaient ridicules, elles n’avaient pas pour objet de plumer les autres mais bien de donner un peu de piment à un petit jeu de carte. Adrien avait déjà descendu un verre qu’il entama la partie.

Pénélope avait raison. Le bluff n’était pas très employé, et elle était bel et bien nulle à ce jeu-là. Maxwell n’avait aucun mal à lire en elle et à la déjouer quand il n’était pas dans son équipe. Ce qui se révélait vaguement insistant au bout d’un moment. Laura ne manquait jamais une occasion de raconter des faits divers pour tenter de déconcentrer ses adversaires, ou juste histoire de faire la conversation. Elle était en général interrompue au dernier moment par Teddy qui essayait de jouer, mais qui mettait un temps fou à se décider.

Alexandre aimait observer les réactions des gens. Tout compte fait, c’était une soirée agréable. Il n’avait pas beaucoup d’efforts à faire pour être présent et être aimable avec les autres. Pénélope lui jetait parfois un regard complice du coin de l’œil. Il lui aurait bien fait du pied, mais il était un peu loin et risquait de toucher un de ses voisins, ce qui aurait pu être considéré comme un incident diplomatique.

La soirée battait son plein, quand un moment intense arriva. Un de ces moments où tout le monde était sur le qui-vive. Le silence était palpable et la mise au milieu avait atteint une coquette somme. Ce n’était pas la fin de la partie, mais on arrivait à un moment crucial. Alexandre faisait équipe avec Laura. Ils menaient assez bien la danse. Teddy était en train de se concentrer pour savoir quoi jouer, pendant qu’Adrien vidait son énième verre à son tour de mort. Maxwell posa ses cartes sur la table et entreprit de briser ce silence.

« Alors, Alex, tu ne repars pas encore pour ton travail ? »

Il avait accentué le dernier mot comme pour indiquer qu’il savait. C’était la première fois qu’Alexandre le voyait dans un cadre amical, depuis qu’il l’avait croisé un jour à Chrono Inc. Et il savait déjà ce qu’il en pensait.

Je ne sais pas ce que tu me veux, mais j’espère pour toi que tu en as seulement après mon argent.

« Pas encore, répondit-il avec sang-froid. Mais ça devrait bientôt bouger. »

Teddy parvint enfin à se décider et il joua. Sans quitter Alexandre des yeux, Maxwell reprit ses cartes et joua. Pénélope le poussa gentiment et fit la moue.

« Enfin, Maxwell ! Joue un peu sérieusement, tu vas nous faire perdre ! »

Maxwell lui fit un clin d’œil et lui dit de ne pas s’inquiéter. Elle joua en se retenant de rire et lui redonna un coup de coude. Laura jeta un rapide coup d’œil à Alexandre et jeta sa carte.

« J’essaye juste de détendre l’atmosphère, dit Maxwell. »

Alexandre releva les yeux vers lui et le trouva encore en train de le fixer. Il avait du mal à se concentrer et tenta de ne pas faire faux bond à sa partenaire qui peinait à s’en sortir. Adrien lui dit de jouer et il s’exécuta. Laura prit le pli et réfléchit à ses dernières cartes. Alexandre regardait à présent Pénélope qui se...

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