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XYZ. La revue de la nouvelle. No. 119, Automne 2014

De
94 pages
Le dossier thématique de ce numéro d’automne réactualise le célèbre mythe de l’Utopie. Mais les lendemains ne chantent pas toujours dans les nouvelles de ce dossier. Vous découvrirez quels sont les rêves collectifs de nos contemporains à la lecture des textes de Jean-Paul Beaumier, David Clerson, David Dorais, Louis-Philippe Hébert, Jean-Sébastien Lemieux, Kiev Renaud, Jérôme Tousignant et Nicolas Tremblay. Hors dossier, Marius Mars (alter ego de J.P. April) publie en miroir deux textes de science-fiction satirique et outrancière, les traductrices Lori Saint-Martin et Flavia García nous font découvrir l’auteur argentin Diego Creimer et l’histoire de la nouvelle hispano-américaine nous est présentée par Claudine Potvin.


  • Utopie

  • 5. Présentation Nicolas Tremblay

  • 7. Écouter les coquillages Kiev Renaud

  • 10. La mort d’Utopie Jean-Paul Beaumier

  • 15. La présentation Jean-Sébastien Lemieux

  • 18. Vers l’éternité David Clerson

  • 20. Pornopolis David Dorais

  • 36. Le Verbe d’aujourd’hui Nicolas Tremblay

  • 38. Bonjour tristesse Jérôme Tousignant

  • 43. La Fuck You Louis-Philippe Hébert


  • Concours de nouvelles XYZ

  • 53. Présentation David Dorais

  • 54. Intemporelle Ariane Brisson


  • Thème libre

  • 59. Avec pas de tête Marius Mars

  • 63. L’amour à deux et demi Marius Mars


  • Hors-frontières

  • 67. L’adieu au boléro Diego Creimer, Lori Saint-Martin, Flavia García


  • Intertexte

  • 75. En raccourci : la nouvelle hispano-américaine Claudine Potvin


  • Comptes rendus

  • 89. Des nouvelles noiresMartine Latulippe, Les faits divers n’existent pas, Montréal, Druide, coll. « Écarts », 2013, 144 p. Nicolas Tremblay

  • 92. Des nouvelles du futur aux lecteurs du présentÉlisabeth Vonarburg, La musique du soleil, Québec, Alire, coll. « Science-fiction », 2013, 282 p. Nicolas Tremblay

  •  

  • 97. Biobibliographies

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Utopie Tout va pour le mieux dans le pire des mondes Concours de nouvellesXYZ INTERTEXTEnouvelle hispanoaméricaine: La
119 AUTOMNE 2014
Fondée en 1985 par Gaëtan Lévesque et Maurice Soudeyns.
La revueXYZse consacre à la nouvelle. On y favorise la création littéraire dans les limites de la prose narrative brève, tout en privilégiant la variété thématique. Ses pages sont ouvertes aussi bien aux auteurs en émer gence qu’aux nouvelliers reconnus.
XYZ. LA REVUE DE LA NOUVELLE 11860, rue Guertin Montréal (Québec) H4J 1V6 Téléphone฀: 514.523.77.72 • Télécopieur฀: 514.523.77.33 Courriel:฀ info@xyzrevue.com • Site Internet฀: www.xyzrevue.com
Éditeur :Gaëtan Lévesque Directeur de la rédaction :Nicolas Tremblay Directeur administratif :Jacques Richer Responsable de la section « Intertexte » :Michel Lord
Collectif de rédaction :JeanPaul Beaumier, Bertrand Bergeron, Charles Bolduc, Gaëtan Brulotte, André Carpentier, Christine Champagne, Hugues Corriveau,Esther Croft,David Dorais,JeanSébastien Lemieux,Michel Lord, Sylvie Massicotte, Régis Normandeau, Hélène Rioux, Sylvaine Tremblay†.
XYZest une revue trimestrielle subventionnée par le Conseil des arts du Canada (CAC), le Conseil des arts de Montréal (CAM), le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et le ministère du Patrimoine canadien (projet Érudit). XYZ. La revue de la nouvellepubliée par les Publications Gaëtan est Lévesque et est membre de la Société de développement des pério diques฀ culturels฀ québécois฀ (SODEP),฀ info@sodep.qc.ca ฀, www.sodep.qc.ca.฀ La responsabilité des textes incombe aux auteurs. Toute reproduction est interdite sans autorisation. L’emploi du masculin est fait sans porter préjudice à quiconque.
Conception typographique et mise en pages : Édiscript enr. Impression฀: Marquis Distribution : Dimedia inc. 539,boul.Lebeau,Saint-Laurent(Québec)H4N1S2Tél:.514.336.39.41 Téléc:.514.331.39.16Courriel:general@dimedia.qc.ca
Dépôt légal : Bibliothèque et Archives Canada et Bibliothèque et Archives nationales du Québec • ISSN฀ : 0828-5608 • ISBN 978-2-924343-06-7 (édio tion numérique n119) • Envoi de poste-publication enregistrement o n 08870 (août 2014)
Droits d’auteur et droits de reproduction Toutes les demandes de reproduction doivent être acheminées à : Copibec (reproduction papier) • 514.288.16.64 • 800.717.20.22 licences@copibec.qc.ca
Protocole éditorial XYZ. La revue de la nouvelleprivilégie les nouvelles brèves et inédites. Les nouvelles ne doivent pas compter plus de 5 000 mots. Les textes doivent être présentés à double interligne à raison de 250 mots par page, envoyés en deux exemplaires et accompagnés du formulaire d’inscription, dispo nible dans les pages de la revue, ainsi que d’une courte et sobre note biobibliographique. Les critères de sélection sont fondés sur la qualité de la langue, le respect du genre et, bien sûr, les qualités littéraires du texte. La décision du comité de lecture est sans appel et les textes ne sont pas retournés. Une nouvelle en thème libre peut être soumise en tout temps. La direction
Sommaire
Utopie 5 Présentation,Nicolas Tremblay 7 Écouter les coquillages,Kiev Renaud 10 La mort d’Utopie,JeanPaul Beaumier 15 La présentation,JeanSébastien Lemieux 18 Vers l’éternité,David Clerson 20 Pornopolis,David Dorais 36 Le Verbe d’aujourd’hui,Nicolas Tremblay 38 Bonjour tristesse,Jérôme Tousignant 43 LaFuck You,LouisPhilippe Hébert
Concours de nouvellesXYZ 53 Présentation,David Dorais 54 Intemporelle,Ariane Brisson
Thème libre 59 Avec pas de tête,Marius Mars 63 L’amour à deux et demi,Marius Mars
Horsfrontières 67 L’adieu au boléro,Diego Creimer
Intertexte 75: la nouvelle hispano-américaine, En raccourci Claudine Potvin
Comptes rendus 89 Martine Latulippe,Les faits divers n’existent pas, Nicolas Tremblay 92 Élisabeth Vonarburg,La musique du soleil, Nicolas Tremblay 97 Biobibliographies
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2 ans/8 numéros o à partir du n
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Présentation Nicolas Tremblay
Utopie
epuisleCandidede Voltaire, on ne croit plus que tout va D pour le mieux dans le meilleur des mondes. L’Humanité se dirige plutôt, tête baissée, vers un proche abîme. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde si usé qu’il est e difficile d’inventer, comme Thomas More auxvisiècle, une Utopie vraisemblable, une île lointaine avec une cité exem-plaire comme modèle de démocratie. Seule la science-fiction poursuit en marge le récit renouvelé des voyages fabuleux vers un Nouveau Monde. Et encore, on n’imagine plus que des dystopies. Dans ces conditions, la littérature peut-elle être porteuse d’espoir ? Ce numéro s’essaie à un pareil contre-emploi, l’utopie n’étant toujours que la face positive d’un réel néga-tif. Le juriste More lui-même critiquait la décadence du royaume d’Angleterre. Plusieurs pays imaginaires se heurtent au monde réel dans ce dossier, comme la vie familiale qui se délite (Beaumier). Une île paradisiaque conduit à la déception amoureuse (Renaud) ; ailleurs, cette île surgit de fantasmes oniriques (Clerson). L’utopie consiste aussi en l’attente d’une parole messia-nique (Lemieux). Bien sûr, elle peut être concrètement une cité, telle Pornopolis (Dorais). Le meilleur, là, est vraiment le pire… La science-fiction n’est pas en reste non plus. On anticipe une humanité qui ne pleure plus, grâce à la médecine (Tousignant), ou une révélation divine venant des confins de l’espace (Tremblay). Pour finir, l’utopie se réaliserait grâce à une catastrophe nucléaire dans une étrange fiction japonaise (Hébert)… Navigateurs, faites de beaux voyages.
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Écouter les coquillages Kiev Renaud
ous arriveriezpar bateau. Une tempête vous aurait V retardé. Il ne resterait que de petites ondulations pous-sant votre embarcation jusqu’au rivage. La mer serait calme et les nuages s’y refléteraient comme de grandes baleines blanches à la surface de l’eau. Les insulaires viendraient vous accueillir sur la plage. Ils seraient nus ; leur peau aurait la couleur du sable. Tous auraient les cheveux coupés aux épaules, d’un blond décoloré par la lumière. Ils se tiendraient droits, la tête haute. Vous toucheriez le sol et les galets ronds brûleraient la plante de vos pieds. Vous salueriez les insu-laires, ils vous ouvriraient les bras et vous embrasseraient sur la bouche. La main en visière, vous observeriez l’île. Loin à l’hori-zon, la plage s’effacerait peu à peu et des chemins traverse-raient les prés. Au loin, vous devineriez le profil d’une chaîne de montagnes, le front bombé d’un récif, son nez, ses lèvres. On vous ferait visiter les habitations dressées parmi les épis de blé, les semences frôlant les murs. Toutes les maisons seraient identiques : des murs de bois avec un toit de paille. Une construction sommaire, orientée vers les montagnes. Vous en visiteriez une, puis une autre, et vous verriez le même ameublement, le même bain de lumière dans la pièce principale, le même nombre de couchettes cordées contre les murs. La journée commencerait par un bain public sur la plage. Vous n’auriez pas à retenir vos regards indiscrets, car per-sonne n’aurait honte de son corps. Les enfants courraient dans l’eau et les adultes feraient mousser le savon sous leurs aisselles. Puis, ce serait les exercices matinaux : la demi-heure de compliments à un voisin, suivie de la course sur une piste au milieu de l’île. À la fin de l’entraînement, vous calculeriez les battements de cœur de la coureuse la plus près de vous, l’index et le majeur pressés sur son cou.7
L’après-midi, ce serait les arts. Vous détailleriez les abdo-minaux tendus des danseurs. Vous assisteriez au dévelop-pement de photographies argentiques, voyant des visages apparaître et noircir le papier. Vous vous arrêteriez près d’un groupe de dessinateurs faisant le portrait d’une femme assise en tailleur au centre du cercle. Avec un crayon gras, ils dessineraient l’ombre du cou et, avec une pointe fine, ils tra-ceraient les plis au coin de la bouche et le détail des sourcils. Ceux installés derrière le modèle détailleraient le creux des reins, ceux devant tenteraient de représenter la profondeur de son regard, colorant l’iris en y laissant des espaces blancs pour l’éclat. Vous passeriez à l’école, un simple ensemble de pupitres installés en plein air. Les enfants apprendraient à écrire en composant des lettres d’amour anonymes et des vers à pro-pos du visage d’un ami de la classe. Ils s’initieraient aux rudi-ments de la sculpture avec de la pâte à modeler, découpant l’arête d’un nez avec le bout de l’ongle. Au début et à la fin des classes, ils répéteraient que tout le monde mérite d’être admiré. Les femmes auraient des prénoms de fleurs et il ferait toujours soleil. À la fin de la journée, vous participeriez à la corvée de cuisine ; des groupes feraient bouillir l’eau de mer, certains partiraient cueillir des fraises. Vous couperiez des légumes, installé avec les autres autour de grandes tables sur la plage. Vous entendriez les couinements de la truie égorgée et le crépitement du feu : ce serait soir de fête. Vous reconnaîtriez la femme assise à côté de vous ; ce serait le modèle de la séance de dessin. Vous seriez attiré par un grain de beauté sur sa gorge. Cela vous étonnerait : tous les citoyens auraient la peau si également blanche. Vous seriez très près d’elle, votre épaule toucherait la sienne. Vous lui raconteriez votre traversée, puis vous discuteriez du temps qu’il fait, et vous remarqueriez son défaut de diction, son zézaiement et ses lèvres un peu tordues lorsqu’elle termine-8rait une phrase. Elle ne vous regarderait pas dans les yeux, le
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