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Vulnérabilité humaine et enjeux climatiques internationaux : de la climatopolitique stratégique aux droits de l'Homme
Chrislain Eric Kenfack
C o n n a i s s a n c e s & S a v o i r s
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Vulnérabilité humaine et enjeux climatiques internationaux : de la climatopolitique stratégique aux droits de l'Homme
À ma très chère épouse Asongu Esther Alem pour tous ses encouragements, et à tous ceux qui, de par le monde se sacrifient pour la justice climatique
Introduction générale
La question climatique est devenue incontournable de nos jours, vu l’ampleur des mutations que connaît notre système climatique, les appels alarmants et incessants de la communauté scientifique, et la mobilisation grandissante de la communauté internationale pour enfin trouver une solution durable à ce nouveau défi auquel est confronté notre planète et qui menace notre survie. Toutefois, les efforts des uns et des autres étant limités du fait de la multitude des intérêts économiques et des enjeux de puissance qui entourent ces débats sur les changements climatiques, il s’avère aujourd’hui nécessaire de postuler un nouveau paradigme autour duquel tous pourront mieux se rassembler pour trouver des solutions plus justes, équitables et profitables au genre humain en général. Car, tout compte fait, l’on réalise que la prédominance des questions environnementales, économiques et politico-stratégiques est assez marquante, et ceci au détriment des variantes sociales et des droits humains fondamentaux. L’homme y est considéré juste comme un agent économique, plutôt qu’un être de dignité et de droits menacé dont les attributs fondamentaux sont menacés. C’est dans ce contexte que se situe cette analyse portant sur  la vulnérabilité humaine et les enjeux climatiques internationaux : de la climatopolitique stratégique aux droits de l’Homme. » Ce travail porte essentiellement sur la découverte des liens profonds qui existeraient entre les changements climatiques, les politiques climatiques internationales d’une part, et les droits humains fondamentaux d’autre part, ceci dans le but de postuler une approche qui serait davantage respectueuse des droits de l’homme. Par ailleurs il est question de développer plus en profondeur et de mieux saisir le concept de  climatopolitique », et d’attirer davantage l’attention sur la prise en compte du lien entre les changements climatiques et les droits humains fondamentaux afin de susciter leur prise en compte dans les futurs débats climatiques. Etant donnée la nature universelle de mon objet d’analyse, je tiens à mentionner que celle-ci, du point de vue spatial ne se limitera à aucun espace géographique précis de la planète, mais s’appuiera sur des exemples et faits vécus en des lieux précis pour traiter d’une situation qui, de par sa nature est globale. Les questions de droits de l’homme, tout comme le changement climatique sont des questions globales et méritent d’être traitées comme telles, loin de toute tentative de régionalisation. Pour ce qui est du cadre temporel, même si je ne me limiterai pas à un espace chronologique précis, je m’appuierai sur les données en présence sur la crise environnementale et qui, de fait, sont relativement récentes et actuelles. Car, si les préoccupations climatiques sont relativement récentes, la question des liens entre les changements climatiques et les droits de l’Homme l’est davantage, et même encore à un état embryonnaire. Enfin, pour ce qui est du cadre idéologico-théorique, je dirai que cette dernière est essentiellement anthropocentrée ; car il ici est question de voir dans quelle mesure mettre l’homme au centre des préoccupations climatiques en général. Ce travail, bien que fondé sur une revue étendue de la littérature, s’est particulièrement inspiré de certains principaux travaux, notamment :
«Les injustices climatiques et les droits de l’Homme, les personnes au cœur de la politique sur les changements 1 climatiques » Ce texte, datant de 2008 est le tout premier document de valeur traitant de la question des liens entre les changements climatiques et les droits humains fondamentaux. Il est le résultat d’une analyse approfondie de la crise environnementale sous un angle de justice et d’équité sociale par l’ONG OXFAM International. Malgré sa brièveté il est assez dense, car il part d’abord de la présentation de l’origine de la crise environnementale actuelle ainsi que de ses manifestations. Ensuite, dans un tableau synoptique, il élucide les différentes atteintes aux droits de l’homme par les changements climatiques à la lumière des grands instruments internationaux relatifs à ces droits, tant de première que de seconde génération. Cette analyse est suivie par une série de propositions utilisables pour la résolution du problème par la communauté internationale. Ce texte invite les membres de la communauté internationale à cesser de considérer la question climatique presqu’exclusivement sous les angles environnementaux et économiques, et de la considérer aussi et surtout sous l’angle de la justice et de l’équité sociale. C’est un document qui invite tous les acteurs internationaux, étatiques aussi bien que non-étatiques, à agir en synergie et dans l’urgence pour la résolution du problème, car les changements climatiques sont un phénomène global dans lequel chacun partage une part de responsabilité, aussi petite soit-elle, d’où la nécessité d’agir ensemble, chacun selon ses moyens. Les pays développés, les industries, les grands transporteurs et les grandes multinationales doivent fournir les plus grands efforts : ils sont les principaux responsables historiques et actuels de la pollution, de l’augmentation des émissions de Gaz à effet de serre d’origine anthropique, et par conséquent premiers responsables de la crise environnementale en général et climatique en particulier. Ces efforts doivent être consentis en termes de transferts de technologies, de financements, de renforcement de capacités, et de réduction des émissions de GES entre autres.
«Sommet de Copenhague : quand le climat devient 2 stratégique » Ce document est un ensemble de petits articles des scientifiques de haut rang qui essaient de lire la crise environnementale à la lumière du sommet climatique de Copenhague tenu en décembre 2009 et qui avait, presqu’en vain, suscité beaucoup d’espoirs. En effet, les tractations qui avaient précédé ce sommet avaient mis à jour l’émergence de la climatopolitique. Car les logiques et les intérêts des grands groupes avaient révélés leur volonté de lutter plus pour leurs intérêts que pour la mise sur pied d’un accord global contraignant post-Kyoto, tel que décidé à Bali deux années plus tôt. Le sommet de Copenhague qui avait alors abouti à un accord à minima, avait démontré que la question climatique était progressivement en train de devenir un enjeu majeur de puissance dont la maîtrise accordait aux parties un certain rayonnement et une certaine capacité de nuisance et de pression dans la scène internationale. Le transfert des technologies, la lutte pour les financements, le renforcement des capacités, sans oublier les débats sur le paiement des exigences de la lutte climatique sont devenus des enjeux majeurs dans les tractations climatiques internationales, et ceci au détriment de la tentative de trouver un accord global contraignant pour réduire les effets néfastes des changements climatiques globaux. Dans leur ensemble, tous les articles démontrent à suffisance que la question climatique, peu avant le sommet de Copenhague, était devenue purement et simplement une question stratégique.
3 Human Rights and Climate Change
Cet ouvrage très récent, et presque le seul dans le domaine, est un collectif dont l’ensemble des articles, malgré leur variété, traite des différents aspects de la violation des droits de l’homme. Tout y est considéré sous l’angle de la justice et de la violation des droits humains fondamentaux dans le cadre de la crise environnementale actuelle. Que ce soit les droits à l’alimentation, à la santé, à un habitat décent, à un environnement sain ou à la jouissance du patrimoine commun de l’humanité, sans oublier le droit fondamental au développement durable, tout y est passé au peigne fin. Ces analyses sont faites par secteur. Ainsi les changements climatiques comme évènement historique, la production et la consommation énergétique, l’agriculture industrielle, l’exploitation forestière abusive et le développement incontrôlé des industries fossiles y sont évoqués comme étant des facteurs majeurs de violation des droits humains fondamentaux dans le cadre des injustices climatiques tant nationales qu’internationales. La pertinence de ce collectif repose sur le fait que les différentes contributions des auteurs sont assez brèves, simples et pas trop techniques dans leur langage, et s’appuient largement sur les études actuellement disponibles dans les domaines des droits de l’homme, des changements climatiques et dans d’autres domaines connexes. Les statistiques utilisées sont claires et précises, les observations actuelles et les projections sont faites en termes d’impacts actuels et futurs des changements climatiques sur l’homme et son milieu de vie. La présente analyse présente une variété d’intérêts, parmi lesquels l’on peut mentionner entre autres : L’intérêt scientifique :la recherche est certes très avancée et les publications sont nombreuses tant sur les questions environnementales et climatiques que sur celles liées aux droits humains fondamentaux. Toutefois, concernant la recherche sur les liens entre ces deux réalités qui marquent significativement l’homme, elle est encore embryonnaire et les publications encore très limitées. L’intérêt scientifique principal de cette étude reste donc de produire un outil scientifique qui étudie ces liens, et ceci dans le but d’attirer l’attention des chercheurs à davantage considérer ces aspects des choses dans leurs entreprises futures en matière de recherche sur le changement climatique. L’intérêt pratique :la prédominance des évaluations environnementales et économiques dans le domaine climatique international fait que les débats en la matière sont davantage centrés sur les
aspects purement économiques et environnementaux, faisant d’ailleurs perdre aux tractations leur valeur première qui est de sauver l’homme d’abord et son milieu de vie ensuite. Les liens que cet ouvrage établis ont pour but d’éveiller la conscience globale, afin que les négociations climatiques soient orientées vers une perspective anthropocentrée. Cette analyse a donc pour but ultime de pousser les uns et les autres à considérer l’homme dans sa dignité et dans ses droits, plutôt que de l’appréhender comme un simple agent économique dans les négociations globales et les politiques ou actions publiques climatiques actuelles. Cette analyse, faut-il le noter, naît d’une série d’interrogations personnelles, qui peuvent se résumer comme suit :
- Quels sont les effets du changement climatique global sur les droits de l’homme, et comment y remédier ?
- Comment comprendre le contenu et la matérialisation internationale du concept de « climatopolitique » ?
- La « climatopolitique » devrait-elle se soucier du positionnement stratégique international des États-Nations, ou de la satisfaction des besoins et des droits humains fondamentaux ?
Deux hypothèses fondamentales sous-tendent l’analyse qui suivra :
- Dans un contexte international où les débats climatiques sont davantage centrés sur des considérations environnementales et économico-stratégiques, du fait des études disponibles et des intérêts en présence, la question climatique est devenue purement et simplement un enjeu stratégique et d’expression de puissance de la part des acteurs internationaux.
- Les changements climatiques globaux ont généralement des effets négatifs sur les droits à la santé, à l’alimentation, à l’accès aux ressources, à un environnement sain, à un habitat décent, à la jouissance du patrimoine culturel commun de l’humanité, sur les droits des minorités et de participation à la gestion de la chose publique entre autres.
La méthodologie utilisé est essentiellement basée sur une recherche documentaire, et prend en compte un certain nombre de sources : La source première est constituée des documents écrits : il s’agit ici des différents rapports des organisations internationales, des textes fondamentaux portant sur les droits de l’homme. En revisitant cette catégorie de documents, nous trouverons une première base qui facilitera notre compréhension des droits de l’homme, et de l’ensemble des mesures prises en compte par la communauté internationale pour palier les effets du changement climatique global. Par ailleurs l’analyse utilise également les écrits de quelques grands auteurs qui ont travaillé tant sur les changements climatiques que sur la problématique des droits humains fondamentaux. Grâce à ces sources, nous avons accès à des statistiques et autres éléments permettant de mieux soutenir les arguments par des données scientifiquement disponibles et fiables. Dans le souci de rester le plus proche possible de l’objet d’analyse, les documents les plus spécialisés en la matière ont été pris en compte à ce niveau, bien que ces derniers soient assez rares du fait de la prise en compte relativement tardive de la dimension des droits de l’homme dans la crise environnementale. Les documents iconographiques, en l’occurrence des tableaux, ont été utilisés de temps en temps pour mieux présenter de façon synthétique certaines données. La présentation synoptique de ces tableaux, faut-il le mentionner, a permis de lire d’un trait les liens qui existent entre certaines réalités.
Les outils virtuels, et surtout Internet, ont été largement exploités, ceci dans le but d’accéder à toute sorte de documents et autres informations pouvant servir dans le cadre de cette analyse. Ceci se justifie par le fait que, avec l’émergence relativement récente de la prise en compte des droits de l’homme, il est assez compliqué de trouver des documents publiés ayant traités de cette question. L’outil virtuel devient alors un levier incontournable de travail. Ici un effort particulier a été fait, pour ne sélectionner que les sources les plus fiables et les plus scientifiquement acceptables possibles. Enfin, l’observation de la réalité telle que vécue au quotidien par les hommes de notre temps, particulièrement dans les zones les plus vulnérables, a également été prise en compte. Le constat de ce que nous subissons tous en ce moment de l’histoire couplé aux impacts que nous voyons, permet de mieux percevoir et d’analyser les liens qui existent entre les droits de l’homme d’une part et la crise environnementale globale d’autre part. Finalement, l’analyse élaborée dans cet ouvrage s’étend sur deux parties, elles-mêmes divisées en deux chapitres chacune :
Première partie :l’émergence de la crise environnementale à la naissance de la De climatopolitique internationale.
Chapitre I : Origine et évolution de la crise environnementale globale
I. Les grandes alertes scientifiques
II. Les débats actuels sur les changements climatiques
Chapitre II : La climatopolitique internationale : Un enjeu stratégique majeur des acteurs
I. Les enjeux majeurs de la climatopolitique internationale
II. Les principaux acteurs et leurs logiques
III. Les grands instruments de la climatopolitique internationale
Deuxième partie :Les changements climatiques globaux et les défis de la préservation du bien-être humain
Chapitre III : Changement climatique, vulnérabilité et atteintes aux droits de l’homme
I. La question de la vulnérabilité environnementale
II. Les grands principes juridiques applicables au régime climatique international
III. Les principaux droits humains menacés par la crise environnementale
Chapitre IV : Luttes environnementales globales et protection des droits de l’homme
I. La REDD : Un grand pas international vers la prise en compte des droits de l’homme
II. Perspectives pour une climatopolitique véritablement anthropocentrée
Cette approche permettra de saisir dans un premier temps ce qu’est la climatopolitique internationale, et en quoi elle est devenue un enjeu stratégique de lutte à l’international. Dans un second temps, il s’agira d’analyser les impacts de cette crise environnementale sur l’équilibre des systèmes et sur les droits de l’homme, et de proposer des pistes pour une lutte effective, efficace et efficiente, selon une perspective anthropocentrée.
Première partie. De l’émergence de la crise climatique à la naissance de la climatopolitique internationale
Chapitre I. Les changements climatiques : Origine et évolution du problème
Les mutations dans le climat global ont toujours, de tout temps, marqué le fonctionnement normal des cycles naturels de notre planète. Les scientifiques estiment d’ailleurs que le passage d’une ère préhistorique à une autre était généralement marqué par un phénomène climatique majeur, qui appelait à de nouvelles façons de faire, ainsi qu’à une adaptation générale des systèmes aux nouvelles données climatiques. Cependant, ces mêmes scientifiques nous font remarquer que ces mutations climatiques avaient très souvent lieu à des intervalles très grands, et étaient toujours dues à d’autres phénomènes naturels qui, tout en survenant, perturbaient le système atmosphérique et entrainaient des changements climatiques marqués soit par des vagues de réchauffement ou de refroidissement de la planète. C’est cela qui explique que notre planète ait toujours oscillée entre les ères glaciales et les ères chaudes. Cependant, depuis quelques décennies, notre planète connaît un changement climatique notoire, matérialisé par la hausse de la température de la terre. Ce phénomène qui inquiète la communauté internationale est cette fois-ci, non plus seulement attribué au fonctionnement normal des cycles naturels, mais aussi et surtout à l’activité humaine, et l’on remarque que ces mutations, non seulement se produisent à des intervalles suffisamment courts, mais aussi elles sont la conséquence de l’augmentation de la concentration des GES d’origine anthropique dans l’atmosphère. Cette concentration a en effet drastiquement augmentée du fait de la révolution industrielle. C’est ainsi que, progressivement, l’on est arrivé à lier les deux phénomènes. Ceci fut le point de départ de la prise de conscience internationale du changement climatique actuel ; changement qui est d’autant plus inquiétant qu’il est le résultat des activités humaines et nécessite une intervention humaine pour être stabilisé. De la sorte, cette prise de conscience, commencée dans le monde scientifique, a de fait attiré l’attention du politique et du social, les poussant ainsi non seulement à agir, mais aussi à chercher à mieux comprendre ce phénomène, ainsi que son origine. C’est cette même logique que je suis dans ce chapitre qui chercher mieux cerner non pas seulement les étapes de la prise de conscience par la communauté internationale, mais aussi les origines et les manifestations du changement climatique global.
I. Les alertes scientifiques face aux changements climatiques I.1. Les grandes dates marquantes de la prise de conscience internationale L’histoire de la prise de conscience internationale de l’urgence climatique est marquée par une multitude d’évènements. Toutefois, je me limiterai aux faits majeurs qui ont eu et continuent d’avoir un impact significatif sur le déroulement et le déploiement actuel de la question.
I.1.1. 1824 : Découverte du phénomène de l’« effet de serre »
La théorie de l’effet de serre qui marque le point de départ des débats climatiques internationaux est postulée pour la première fois en 1824 parJoseph Fourierqui constate que : « latempératuredu sol est augmentée par l’interposition de l’atmosphère, parce que lachaleur solairetrouve moins d’obstacles pour pénétrer l’air, étant à l’état delumière, qu’elle n’en trouve pour repasser dans l’ 4 air. ce dernier, faut-il le noter s’appuie sur leslorsqu’elle est convertie en chaleur obscure » recherche deHorace-Bénédict de Saussurequi, dans lesannées 1780, mesura les effets thermiques durayonnement solaireà l’aide de boites transparentes qu’il disposa dans la vallée et au sommet d’une montagne. Cette théorie née dans le monde de la physique et des mathématiques est certainement très complexe, mais l’on pourrait le comprendre de façon simple à travers cette description de Frédéric GUAY : « Les radiations électromagnétiques issues du soleil viennent percuter la terre. Cette dernière absorbe une partie des émissions de ces radiations électromagnétiques, mais elle en réémet également une partie. Certains gaz présents dans l’atmosphère interviennent à ce moment pour absorber l’énergie émise (réémise) par la terre et la réfléchir dans toutes les directions, notamment vers son point d’origine, c’est-à-dire la surface de la terre elle-même. Ce sont ces gaz qui causent le phénomène d’effet de serre. Sans ces gaz, on estime que la température moyenne serait comprise entre -18°C et -8°C. Sous de telles conditions 5 climatiques, la majorité des organismes et des écosystèmes ne pourraient survivre. » En clair, l’on peut dire que, lorsque lerayonnement solaireatteint l’atmosphère terrestre, une partie (environ 28,3- 30 %) est directementréfléchie, c’est-à-dire renvoyée vers l’espace, par l’air, les nuagesblancs et la surface claire de laTerre, en particulier les régions blanches et glacées comme l’Arctiqueet l’Antarctique, c’est l’albédo. Les rayons incidents qui n’ont pas été réfléchis vers l’espace sont absorbés par l’atmosphère (20,7 %) et la surface terrestre (51 %). Cette dernière partie durayonnementabsorbée par la surface du sol lui apporte de lachaleur, autrement dit de l’ énergie, qu’elle restitue à son tour, le jour comme la nuit, en direction de l’atmosphère sous forme derayons infrarouges lointainsdans un premier temps. Dans un second temps, ce rayonnement est alors absorbé en partie par lesgaz à effet de serre, ce qui réchauffe l’atmosphère. Puis dans un troisième temps, cettechaleurest réémise dans toutes les directions ; une partie s’échappe vers l’espace, mais une autre partie retourne vers la Terre et constitue un apport supplémentaire de 6 chaleur.à la surface
I.1.2. 1896 : Hypothèse des émissions anthropogéniques des gaz à effet de serre
Cette hypothèse est pour la première fois avancée par le scientifique suédois Auguste Arrhenius SVANTE en 1896. En réalité, ce dernier fait le premier calcul à cet effet, estimant qu’un 7 doublement des émissions de CO2 augmenterait la température moyenne de la terre de 4°C à 6°C. Il est à noter que ces chiffres ont encore leur place dans les modèles actuels. Il est toutefois important de relever que ce travail de SVANTE s’appuyait sur les travaux deJohn Tyndallqui avaient déjà identifiés Lavapeur d’eauet ledioxyde de carboneen 1861 comme les principaux responsables de cet effet de serre, et qui suggéraient alors qu’une modification de la composition de 8 l’atmosphère peut avoir une influence sur l’évolution duclimat. Cette hypothèse prendra davantage du poids à partir des années 1938 lorsqu’il sera établi que les énergies fossiles sont à l’origine de l’élévation de la température globale.
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