Cette publication est accessible gratuitement
Lire

Gilbert est le favori du Mondial

1 page

Gilbert est le favori du Mondial Sur un Mondial, il faut savoir rester tranquille tout en prenant des risques et souvent attendre les deux ou trois derniers tours pour faire la course.

Publié par :
Ajouté le : 26 septembre 2012
Lecture(s) : 18
Signaler un abus
Gilbert est le favori du Mondial

Sur un Mondial, il faut savoir rester tranquille tout en prenant des risques et souvent attendre les deux ou trois derniers tours pour faire la course. Savoir privilégier l'attente est une grande qualité, tout comme savoir laisser partir des groupes en espérant que ça revienne. Celui qui fournit trop d'efforts trop tôt risque de le payer cash dans le dernier tour. La stratégie est assez simple. Cela dit, ce n'est pas nécessairement celui qui attaquera dans le Cauberg (1,5 km à 12% de moyenne) qui sera champion du monde. Stratégiquement, je vois plus une attaque au sommet que dans la bosse. En général, tout le monde s'accroche dans le dur, et quand les coureurs sont au taquet en haut, celui qui arrive à en mettre une à course gagnée. Ce n'est pas forcément dans le plus dur qu'on remporte une grande course. Si j'avais attaqué à 500 mètres de l'arrivée lors du Mondial que j'ai remporté à Agrigento (1994), je ne serais pas forcément sorti. J'ai donc attaqué dans la partie facile pour mettre les mecs dans le rouge et dès qu'on est arrivé dans le dur, ils ont sauté. Cette saison, Philippe Gilbert est mon favori. C'est l'année où jamais pour lui. Ce parcours lui va comme un gant et il sera moins attendu. S'il a bien récupéré de sa chute aux JO, Fabian Cancellara fera lui aussi partie des hommes à suivre. L'Angleterre va sans doute jouer la carte Froome ou Wiggins.

On parle évidemment de Peter Sagan. Il sera isolé, mais ce n'est pas si négatif, car il peut tirer profit de la rivalité entre les Espagnols, les Italiens et les Anglais, pour trouver l'ouverture. Les grosses nations ne sont pas forcément favorisées. A la limite, mieux vaut ne pas avoir plusieurs leaders au sein d'une même équipe car ils risquent de se tirer la bourre. La solution idéale, c'est d'avoir un leader attitré et de faire la course autour de lui. Avec Valverde, Freire, Sanchez et Rodriguez, l'Espagne n'aura pas la partie facile, et chacun pourrait jouer sa carte. Aux JO, l'Angleterre était favorite sur le papier, et elle a fini à la "rue". Côté français, c'est l'incertitude. Ça va être dur pour Voeckler, alors pourquoi pas Chavanel... Mais les Bleus ne seront que des outsiders, on est trop loin des favoris. Le Cauberg n'est pas non plus une montée de 3 ou 4 kilomètres, c'est donc jouable pour pas mal de coureurs. Aussi bien les puncheurs que les sprinteurs qui arrivent à passer les bosses. Freire, Boonen, Hushovd, Greipel ou Goss pourraient être dans le bon coup si ça se regarde trop. J'écarte en revanche les coureurs de Grands Tours type Nibali, car les ascensions ne sont pas assez longues pour eux. C'est une arrivée pour des coureurs de classiques. Si on regarde le top 10 du Mondial 1998 qui empruntait les mêmes routes, on ne retrouve pratiquement que des coureurs des spécialistes des courses d'un jour (Camenzind, Van Petegem, Bartoli, Armstrong, Boogerd, Tafi...). Il faut s'attendre au même scénario le 23 septembre prochain.

* CHAMPION DE FRANCE EN 1992, CHAMPION DU MONDE SUR ROUTE EN 1994, CONSULTANT POUR RMC

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin