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Cancer ascendant chimio

De
176 pages

L'aventure du cancer racontée avec humour et candeur. Comment digérer ce qu'on ne peut avaler ? L'humour est une arme redoutable à savourer à travers un témoignage parfois poignant mais toujours très drôle.


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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-93583-0

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« La plus grande part de la guérison est dans l’envie de guérir »

Sénèque

Dédicace

 

 

A tous ceux que j’aime……

 

Avant-propos

Avant de commencer mon récit, je tenais à préciser que ce qu’il va se produire, tant sur mon état physique que mental n’engage que moi et moi seule.

Cette maladie ainsi que les effets secondaires qui accompagnent les traitements sont inhérents à chaque individu. Aucune personne ne réagit comme une autre.

J’ai souhaité partager mon aventure médicale pour aider les malades et leurs proches à « digérer » ce qu’on ne peut avaler. Tenter de faire connaître les différentes étapes, avec la candeur souvent comique d’un individu qui ne sait rien du milieu médical.

Les soignants sont compétents et leur gentillesse est précieuse mais il ne connaissent pas encore tous les effets et les aboutissants de leur propre thérapie. Je vais être amenée à connaître des personnes dans mon cas, à partager leur ressenti. Je ferai une synthèse entre eux et moi par le biais de dialogues rapportés.

Je tiens à dire aussi que bien sûr je suis terrifiée, bien sûr je sais ce qui m’attend (ou presque) mais rien ne m’empêche de traiter tout ça à ma manière, avec cette arme puissante qu’est l’humour. Le style est naïf par moments, style voulu pour insister sur le sentiment infantile face à ce que l’on ne connaît pas.

Je tiens à remercier dès à présent mon entourage, famille et amis qui sont ma force et sans lesquels je n’aurais pu avancer.

Ceci étant précisé, en route pour l’aventure intérieure !

Quand le ciel vous tombe sur la tête

Je suis Mori, une nana tout ce qu’il y a de banal. Je ne fume pas, je ne bois pas… et je m’arrêterai là.

Bref, je pense être saine de corps et peut-être même d’esprit.

Alors pourquoi, mais pourquoi ??? en ce joli mois de mai 2014, à l’occasion d’une mammographie que je refusais de faire… m’a-t-on envoyée dans une clinique pour une biopsie ?

Le radiologue :

« ce n’est rien de bien méchant, mais je préfère m’en assurer. Ne craignez rien, c’est juste pour voir, y’a rien de suspect »

Et ben voyons ! s’il s’était appelé Pinocchio, son nez me serait rentré dans l’œil.

Il n’y avait rien d’urgent, mais la semaine suivante, rendez-vous devant un nouveau médecin, qui, au vu de ma radio, devient d’une gentillesse aussi suspecte que le machin qui n’était pas suspect mais qui nécessitait que je vois ce gentil docteur.

Donc me voilà allongée sur la table du monsieur. Échographie de vérification… et, oh surprise, voilà le docteur Folamour qui s’écrie :

« vous avez vu ? il a des oreilles, on dirait Mickey »

A ce moment précis, vous ne pouvez empêcher vos yeux de scruter les murs à la recherche d’un diplôme quelconque…

Toutefois, étant d’une nature enjouée, me voilà partie sur un fou-rire.

Après cette vérification, place à la prise d’échantillon mammaire, la biopsie en elle-même.

J’avais amené, suite à l’ordonnance de mon médecin, un anesthésique local et une boîte de gaze. Je donne donc ces produits au médecin qui me répond :

« nous sommes dans une clinique madame, on a tout ce qu’il faut, vous pouvez garder les gazes je prends le flacon d’anesthésie »

Comprenez-vous un peu le trou de la sécu ? Mais ceci est un autre débat.

Bref. Toujours allongée sur la table d’auscultation, mes yeux sont figés sur Mickey que je peux voir sur un écran en face de moi. Je pense avoir compris, je suis comme hypnotisée.

« Il est là hein docteur ?

– je ne peux rien dire madame, c’est pour ça qu’on fait une biopsie ».

Sa bouche mentait, mais pas ses yeux.

Il commence sa besogne.

Plantage de la mini seringue pour endormir une partie de mon anatomie. Puis voici une lonnngue aiguille qui va entrer dans mon sein droit. Je tourne la tête pour pas voir l’action.

Je n’ai pratiquement rien senti à part une grande secousse. Voulait-il faire un milk-shake ? Hey désolée j’ai pas de fraise.

Tournant la tête pour voir ce qu’il se passait, j’ai cru à une liposuccion.

« ne vous inquiétez pas, je dois faire ça pour traverser la peau. Avez-vous mal ?

– non pas du tout, mais c’est impressionnant.

– oui, mais voilà c’est terminé. Je vais faire le prélèvement et je vous libère ».

Mazette, je ne me savais pas si dure de peau.

« c’est terminé, reposez-vous un peu, rhabillez-vous et passez dans la salle d’attente que je vous donne l’échographie. »

Ce que je fais. Je récupère donc ma radio et rentre chez moi… tenter de décrypter le charabia médical.

Hélas, rien de risible dans ces oreilles là. La chose est classée ACR 4 fort.

Le classement est simple. Il va de 1 à 5. 1 c’est rien, 5 c’est le jack pot !

Le sourire commença à faiblir là. Mais bon. Optimiste est mon second prénom, attendons le résultat de la biopsie, dans 2 semaines.

Le debut du commencement

J’ai du attendre deux semaines avant d’entendre la phrase que je redoutais.

Mon médecin et amie ne savait pas comment m’annoncer la chose. Son appel a commencé par un silence de quelques secondes… puis :

« Mori ?

– kikou… tu as les résultats ?

– Oui.

– c’est mon tour hein ?

– C’est ce que tu craignais oui. Il faut que tu passes au cabinet, je t’expliquerai.

– Je vois. Je viens quand ?

– Passe demain matin quand tu veux, je te prendrai entre deux patients.

– D’accord à demain bisou.

– ça va aller ?

– Oui t’inquiète pas je savais que c’était pour ma pomme »

J’étais sonnée. L’air hagard, perdue, je me revois contre le mur de mon couloir, descendre lentement jusqu’au sol et éclater en sanglots.

Les questions fusent après le choc. Mes chats ? Que vont-ils devenir ? Et ceux que j’aime ? Comment leur dire ? Je veux pas que tout s’arrête, je veux pas mourir. Et puis la peur vous envahit, la colère aussi… on défaille. J’étais face à « lui », terrorisée, recroquevillée, je ne pouvais plus bouger.

Puis est venu l’instant du choix. Baisser les bras ou se relever et se battre. Je me suis souvenue de ce que cette ignominie avait fait à mon père. La souffrance avait son visage.

La haine s’est alors mélangée à la terreur. J’ai donc, à cet instant, choisi la seconde option. La colère aidant, je me suis relevée et me suis fait le promesse de lutter jusqu’au bout, pour moi, pour les miens, avec mon humour comme étendard, pour que ceux que j’aime ne voient pas la douleur et l’affliction sur mon visage.

Je me suis entendue penser :

« C’est moi qui vais te baiser saleté. »

*
*       *

Le lendemain, après une excellente nuit (je mens), je rends donc visite à mon médecin, gonflée à bloc d’une colère persistante.

« bonjour, entre.

– salut toubib. Alors ? Comment s’appelle l’Alien ?

– (sourire jaune)… c’est un carcinome. Mais il est petit, juste 8mm. On va l’enlever et tu auras droit à juste une radiothérapie et un traitement hormonal.

– Pas de chimio ?

– Non apparemment ce sera pas nécessaire (selon le rapport de la biopsie).

– Oufff j’avais trop peur de la chimio.

– Je vais te prendre rendez-vous chez un chirurgien.

– je souhaite aller à l’hôpital.

– comme tu veux.

– Je veux pas finir comme mon père, Christine.

– qu’est ce que tu me racontes, ça n’a rien à voir, ton père avait un cancer généralisé.

– Je m’en fous. Qu’on m’enlève cette merde, les nibards, le ovaires etc etc.

– mais t’es pas bien (rires)

– j’ai peur.

– tout se passera bien, aie confiance en la médecine, ce sont des bons et on est plus en 1986 !

– (sourire timide) ok.

S’en est suivi la visite réglementaire… tâtonnement du sein « affecté », sans résultat à la palpation cause tellement petit ! Puis sortie, rassurée quand même. J’évite la chimio !

*
*       *

Dès cet instant, les choses se précipitent.

La croisière de votre vie passe de la mer morte aux chutes du Niagara. Les rendez-vous s’enchaînent, les émotions se suivent et s’amplifient.

Premier rendez-vous important, celui du chirurgien.

Tout d’abord, dans cet hôpital, ce qui est bien, c’est qu’on visite tous les services avant d’atterrir dans celui qui nous concerne. Cette structure est parfaite pour un jeu d’orientation.

Arrivée finalement à destination et après un peu d’attente, voilà un jeune chirurgien tout juste sorti de l’adolescence qui vient à mon encontre.

« bonjour ! comment ça va ? »

Déjà, si on est là c’est pas pour un badminton.

Je lui dis brièvement l’objet de ma visite en lui tendant le résultat de ma biopsie. Et là, sans détour, direct au but sans passer par la case départ, on vous sort :

« bon alors, là ça veut dire que c’est un cancer (en désignant le mot Carcinome de son stylo bille) et là… ben perso, j’ai arrêté d’écouter…

Ok je le savais déjà grâce à mon médecin, mais j’avais encore un tout petit espoir, c’est con hein ?

Il continue :

« alors ce qu’on fait en général, on enlève la tumeur, on fait une chimio, radiothérapie et hormonothérapie.

Moi, agitant mon index comme pour demander la permission de parler :

« mais on m’a dit que la radiothérapie et l’hormono suffiraient »

– ah oui ? bon, mais là je vous dis ce qu’on fait généralement.

J’avais envie de dire « coupez, on la refait elle est pas bonne ».

« je voudrais juste savoir s’il est méchant ou non…

– madame, tous les cancers sont méchants. »

Le voilà gesticulant, dessinant son opération avec l’adresse de Vinci, des flèches, des points, des ronds. On aurait dit l’illustration de la bataille de big horn.

Puis, convaincu que j’avais bien tout saisi, il m’invite à le suivre pour un examen de ma poitrine. Je le suis donc… jusqu’à ce qu’il m’arrête pour me dire :

« n’avancez plus, la fenêtre est ouverte » !

ben faudrait savoir !

Il m’examine donc dans son bureau (???) le monde est fou.

« vous avez vu ? Vous avez un sein plus bas que l’autre (je croyais qu’il allait me dire que mon sein ressemblait lui aussi à Mickey. Mais qu’est-ce que je m’en fous !)

– ah oui ? Ben remontez-le lors de l’opération ! Dites docteur, vous ne pourriez pas enlever les deux seins ?

Cet homme s’est figé quelques secondes, ses yeux aussi ronds que les créoles de ma sœur.

« mais non madame, y’a pas de raisons, j’ai pas le droit.

– ah bon, tant pis. Je plaisantais (mais bien sûr ! Petit joueur pff)

– il est difficile à trouver, il est petit. Bien, on va prendre rendez-vous pour l’opération. Avant, vous aurez vu l’anesthésiste.

Après quelques explications, je sortis de là avec le prochain rendez-vous pour mon séjour à l’hôpital : le 26 juin 2014.

Opération coup(e) de sein

En mai fais ce qu’il te plaît, en juin t’auras plus de sein… voici le dicton du jour.

Donc en ce jour du 26 juin de l’an de grâce 2014 après JC, j’entre à l’hôpital de Perpignan.

Aussitôt entrée, déjeuner et vlan, en examen de 4h… ça t’occupera. Scintigraphie pour cibler le ganglion sentinelle (???).

A mon retour, voici le défilé des blouses blanches et de leurs aiguilles, d’un anesthésiste fou et d’un bébé docteur. Pourquoi fou l’anesthésiste ? Et bien, lorsqu’on vous parle de sa famille, de ses animaux, etc etc… le tout en fou-rire et sans vous parler de l’anesthésie, ça craint.

Bref, après un repas copieux (je mens), un calmant et…

Bonjour le jour de l’opération. A peine un œil ouvert, l’autre ce sera pour plus tard, vite une douche à l’iode (ahhh la mer !!) et zou, voilà deux messagers venus m’emporter vers un autre établissement pour le repérage de la bête.

Et oui… on vous met un fil d’Ariane pour que monsieur chirurgien focalise bien son attention sur votre tumeur et pas à coté. Rien de bien méchant, une petite anesthésie locale, implantation dudit fil et le tour est joué, en toute douceur. On se retrouve donc avec un fil sortant du sein, protégé par un sparadrap, ça fait un brin négligé.

Retour à l’hosto. Je passe mon uniforme ouvert dans le dos… passons.

4 heures plus tard, on vient chercher mon lit avec moi dessus, les fesses à l’air et le cœur chantant ! allons enfants de la partie, l’heure de la foire est arrivée !

Vite vite, on me place dans un box. Il est urgent d’attendre 1h30 à me geler les miches. On m’a pas donné de calmant, j’ai faim et je m’ennuie. Je vais pas tarder à mordre dans les miches du voisin.

Tiens, parlons-en du voisin. Le pauvre homme est tellement nerveux que l’infirmière n’arrive pas à lui implanter un cathéter. Ça n’arrange en rien mon état de nervosité à moi. Au bout de trois infirmiers, un anesthésiste en vient à bout.

Et moi j’ai envie de sauter par dessus les paravents et de me sauver (tant pis pour les fesses à l’air).

C’est enfin mon tour.

Mise en parallèle du billard. Jeté de drap sur mon corps splendide pour me hisser sur la table sans éblouir l’assemblée de ma physionomie parfaite. (on apprécie l’humanité et le respect des praticiens)

Dès lors… un million de gens tourne autour de moi tels des bourdons autour de « les seins » (hahahahaha c’est trop facile)

Bonjour monsieur l’anesthésiste fou.

– bonjour comment allez vous ?

– impeccable, l’extase !

Attachée, les bras en croix, je vois la vierge ! une jolie infirmière caressant mon bras… par gentillesse ?? nannn pour me planter son cathéter.

Et puis l’autre là, par derrière qui vous flanque un masque à oxygène… ah y’a aussi un infirmier qui est là… on sait pas pourquoi, il ne fait rien.

Tiens, monsieur chirurgien qui fait son entrée tel un matador dans l’arène… l’a pas vieilli lui. Toujours ado le doc !

– vous allez bien ?

–.mmmmm…… (je vous rappelle que j’ai un masque sur le pif)

Monsieur l’anesthésiste fou :

– et vos chats vont bien ? lequel préférez vous ?

– (hein ? kikidit lui ? Sortez-moi de là cet homme a fumé les draps du lit) Ouuu là docteur… je me trouve mal, j’ai la tête...