Dictionnaire humoristique incomplet et inexact

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Recette pour écrire un dictionnaire humoristique dont l’inexactitude suscitera chez le lecteur l’envie de rétablir la vérité :

- n’avoir peur ni de l’Académie ni des critiques,
- débrider l’imagination,
- invoquer les mânes des Grands Maîtres (Alphonse Allais, Coluche, Pierre Dac, Raymond Devos, Desproges, Anatole France, Rabelais, etc.)
- s’interdire tout plagiat ou pastiche,
- s’emparer de substantifs d’apparence ordinaire ou de noms de personnages historiques ou mythologiques,
- les « travailler » pour faire apparaître un ou plusieurs de leurs sens cachés,
- mélanger du vrai et du faux bien dosés,
- saupoudrer d’un sel bien à soi,
- faire publier par un éditeur « fin gourmet en littérature ».


Publié le : lundi 8 juillet 2013
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EAN13 : 9782332549020
Nombre de pages : 234
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-54900-6

 

© Edilivre, 2013

Dédicace

 

À mes regrettés parents
et à
J-P. Fernon, professeur de lettres classiques,
et
C. Labazée, écrivain,
avec mes remerciements
pour leur engagement amical
et désintéressé.

Professeur Chondar

 

Professeur Chondar

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« De sable à un professeur pensant d'or assis

sur un chondar ou tambour tibétain de pourpre

chargé d'un nœud d'éternité aussi d'or et bordé du même »

Après s’être tenu à l’écart des universités et des Grandes Écoles afin de conserver à son esprit sa pureté originelle, il donne ici libre cours à son imagination dans une œuvre

didactique et interactive

propre à inciter le lecteur curieux et appréciant l’humour à démêler le vrai du faux.

Quiconque lira son

Dictionnaire humoristique, incomplet et inexact

ne sera plus jamais le même.

*

Ses titres et prix honorifiques :

Président de l’association Érudits sans frontières,

Directeur de l’Institut pour l’Érudition sans peine,

Président fondateur de la Clinique pour CancresCongénitaux,

le Prix LEBON* de la Paix des Ménages (2009)

lui a été décerné pour ses deux livres :

« Comment céder devant son conjoint sans perdre la face »

« Méthode pour avoir toujours raison dans son couple »

Par ailleurs, le professeur Chondar a obtenu le prix de

Philosophie Absconse

(concours international. 2012)

avec son ouvrage :

« De l’utilité de la proto-théorie néo-scientifique primaire pour l’étude des ouvrages de philosophie transcendantale rédigés en patois picard sous le règne de Napoléon III »


*  Lebon : anagramme de Nobel, bien sûr !

PRÉFACE

par Christian Labazée,

Docteur Honoris Causa de l’Oktoberfest Universität de Munich

On voudra bien ne pas s’en étonner : à l’heure où ces lignes sont écrites, leur auteur ignore tout, ou presque, de celui qui se fait appeler « Professeur Chondar ».

Cette méconnaissance suffit-elle à le discréditer ? Certes pas, répondra-t-il sans hésiter, balayant l’objection d’un revers de main méprisant : seule l’ignorance, ainsi que ne l’a pas démontré Emmanuel Kant dans sa « Critique de la Raison Pure », est garante de la parfaite objectivité. Devant la perplexité palpable du lecteur, le préfacier veut bien néanmoins consentir à cet aveu : le « presque » du premier paragraphe suffit à établir sa légitimité à gloser sur ce Professeur.

Si je n’ai, en effet, jamais eu l’honneur à ce jour de croiser sa route, et à plus forte raison d’entrechoquer mon verre avec le sien, je n’en connais pas moins trois choses essentielles à son sujet – ce qui est plus que n’en savent l’immense majorité des lecteurs, du moins je l’espère car cela implique que ce dictionnaire aura franchi les limites du cercle de sa famille et de ses amis.

La première est son blason : « De sable à un professeur pensant d’or assissur un chondar ou tambour tibétain de pourpre chargé d’un nœud d’éternité aussi d’or et bordé du même» Car cet homme, dont l’humilité confine presque à la négation de ses qualités, a un jour été possédé de cette lubie – tout à fait inoffensive – de se faire réaliser des armoiries. À cette fin, il a fait appel à un ami commun, spécialiste réputé de l’héraldique dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est tenu par aucune forme de secret professionnel (et, le serait-il, que ses origines auraient tôt fait de l’en délier tant est irrépressible chez lui la faconde méditerranéenne) : c’est ainsi que, par cet intermédiaire, j’ai appris l’existence de Chondar. Louées soient les toquades !

Il me faudrait plus de place que je n’en ai ici pour parler de la deuxième chose que je sais de ce dernier : son grand œuvre. Un roman dans le goût et le style du XVIIIe siècle, au croisement des genres picaresque et libertin, ayant pour titre La Jarretière et la Corde, qu’il peaufine, remanie, améliore inlassablement avec une exigence qui relève – pour un dilettante de mon acabit – de l’obsessionnel. Je suis de ceux, sans doute peu nombreux encore, qui ont la chance d’en découvrir les versions successives, sans jamais m’en lasser tant elles réservent de surprises. Marchant allègrement sur les brisées du marquis de Sade et de Restif de la Bretonne, l’auteur ne se livre pas à un quelconque pastiche : il écrit un pur roman des Lumières, traquant et extirpant avec l’obstination d’un Torquemada le plus infime détail anachronique, aussi bien dans le décor que dans l’expression. J’ai l’espoir qu’un éditeur moins étroit et frileux que les autres acceptera de reconnaître les mérites purement littéraires de ce roman. Mais je refuse dès aujourd’hui d’en rédiger la préface, de peur de lasser par des répétitions

La troisième, ô lecteur, tu la partages désormais avec moi, et même tu la tiens à cet instant précis entre tes mains. Il s’agit bien sûr de ce « Dictionnaire humoristique, incomplet et inexact ».

Pourquoi n’ai-je pas été autrement surpris quand j’en ai reçu la première version (que le bougre n’a pas manqué, à son habitude, de remplacer par une nouvelle à peine en avais-je lu la moitié) ? Pourquoi ne me suis-je pas étonné de ce que le Professeur Chondar se soit lancé dans la réalisation d’un ouvrage de ce genre ?

Les réponses à ces interrogations tiennent toutes entières dans son roman encore inédit, La Jarretière et la Corde. Elle est dans la quantité stupéfiante des notes de bas de page, passionnantes et étourdissantes, qui en jalonnent la lecture, et qui toutes puisent leur raison d’être dans un des ouvrages de référence qui remplissent trois bonnes pages sans interligne : citons, au hasard, le « Dictionnaire » de Trévoux (1762), le « Lexique de l’ancien français » de Frédéric Godefroy, le « Catéchisme de Montpellier » (1720), le « Dictionnaire comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial » de Ph.-J. Le Roux (1750), et je vous passe les huit éditions achevées du Dictionnaire de l’Académie Française (1694, 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878 et 1932).

Grâce à quoi cet homme, que je n’imagine pas autrement que comme un gourmand et un gourmet, révèle en chaque mot, chaque expression, une saveur originale, et nous fait saliver en ressuscitant le goût de termes et de tournures tombés peu à peu en désuétude. Conséquence funeste et désastreuse, pour nos modernes esprits, d’un rejet de plus en plus généralisé de toute forme d’effort et d’un lâche abandon à la facilité.

Rien d’étonnant donc, pour qui – comme moi – a été initié à l’œuvre du Professeur, à ce qu’il se soit attelé à la rédaction d’un dictionnaire. Cet amoureux des mots et de la langue ne saurait vivre, j’en jurerais, sans en avoir une bonne demi-douzaine à portée de la main. Je ne serais pas autrement surpris d’apprendre qu’il interrompt ses rêves dans leur déroulement pour aller s’assurer, dans le Dictionnaire de l’Académie, édition de 1740, qu’un de ses personnages n’a point utilisé un substantif ou un verbe à mauvais escient !

Mais pourquoi un « Dictionnaire humoristique, incomplet et inexact » ?

De tout temps, les dictionnaires ont prétendu – par leur volonté revendiquée de toucher à la perfection de l’usage – au sacré. Le flou, l’approximation, le doute, ne sont pas leur domaine. C’est aussi leur limite : ils expliquent, ils dévoilent. Mais, définitifs par définition, ils n’incitent guère. Aucun, à ma connaissance, et ce n’est pas Chondar qui me contredira (sauf à vouloir me fâcher), n’a jamais eu pour objectif de désorienter ses utilisateurs en leur fournissant matière et prétexte à rechercher ailleurs, et par eux-mêmes, la vérité du sens.

Et c’est bien parce que cette lacune se faisait cruellement sentir que ce Professeur a résolu de la combler. « Nous invitons donc le lecteur désireux d’épuiser le sujet (sinon lui-même) et soucieux d’exactitude à se faire sa propre idée sur ces questions » écrit-il en conclusion de son entrée sur la Myrmécie, terme dont j’ignorais jusqu’à l’existence alors que j’en ai été victime dans ma jeunesse !

De Abbaye (cistercienne) à Zédaron, en passant par Prostate, Migraine et Charibaude, le lecteur va donc butiner ces quelques grains d’ellébore qui le purgeront de toute constipation puritaine, d’un bon nombre d’idées reçues, et de tout éventuel complexe d’inculture – à la condition, toutefois, qu’il ne se contente pas de sourire aux définitions inattendues, singulières, oniriques, voire surréalistes et qu’il décide ensuite de s’aventurer sur la voie de la connaissance, hors de laquelle il n’est point de salut.

Dans chacune de ces élucubrations d’un esthète à l’érudition débridée, je retrouve ce qui fait le sel de son roman : la liberté indomptable, le refus obstiné de toute forme de conformisme et de compromis, l’irrévérence, l’irrespect, l’insolence – qui ne sont en rien volonté puérile de choquer mais manifestations d’une robuste santé rabelaisienne – et, au final, la jeunesse. Le Professeur Chondar est un jeune homme que le poids des ans ou les pesanteurs de l’existence n’ont pas affaibli, qui ignore le mot « renoncement », et qui sait pertinemment que seuls les morts ne rient pas.

On m’opposera que les économistes, les avocats, les courtiers en bourse et les assureurs ne rient pas non plus. Certes. Mais à cette objection, je réponds : leur indigence dans tous les domaines de l’esprit est telle qu’ils ignorent même qu’ils sont morts.

Christian Labazée

Ciboure, 2 octobre 2012

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Abbaye (cistercienne) : du latin arbor cisterciensis : abbaye dont les moines se consacraient à la culture de l’arbrisseau appelé ciste. Ils en recueillaient la gomme-résine, odorante et visqueuse, pour faire des parfums ou des médicaments.

La récolte des rameaux et des feuilles de ciste se faisait à l’aube, juste avant l’office appelé laudes.

Nommée plaisamment « récolte de si tôt » elle était entreposée dans le cistèle de l’abbaye, d’où il fallait chasser une espèce de coléoptères fort gourmande de ces fleurs.

Par moquerie pour ces moines qui se mettaient au travail de si bon matin, les religieux des autres monastères parlèrent d’abord de « l’abbaye de si tôt »

Puis, sans que l’on sache comment, on déforma l’expression en ci-tôt, ensuite, par confusion avec un toponyme, on l’écrivit Citeaux et l’abbaye ne fut alors plus connue que comme abbaye de Citeaux, (ou cistercienne en référence à la culture du ciste)

Saint Robert de Molesme, qui respirait des parfums pour faciliter son recueillement, s’intéressa le premier à la culture des cistes et fonda la première abbaye cistercienne, donc de Citeaux, en 1098.

[Remarque : certains prétendent que cistèle est le nom du coléoptère, En effet cette espèce pullulait si bien au sein de la récolte que son nom fut donné au lieu (initialement le ladanum) où elle était entreposée avant traitement.]

Acné : dermatose fréquente chez les jeunes gens (acné dite juvénile) et dont les pustules se développent sur le visage et les régions scapulaire et dorsale.

Il faut se garder de la confusion avec « haquenée » qui désigne un « cheval ou une jument docile et qui marche ordinairement à l’amble » (Littré)

L’erreur est sans doute entretenue par l’expression « C’est une haquenée » mal prononcée et employée pour parler d’une femme disgracieuse comme l’acné l’est elle-même.

Pire encore, certains disent « lakmé » pour l’acné, et prétendent qu’elle se guérit après trois applications de l’eau de Libes, une sottise d’ignorants qui pourrait bien faire se retourner dans sa tombe Léo Delibes, compositeur de Lakmé, opéra en trois actes dont le livret fut inspiré par la nouvelle de Pierre Loti Rarahu ou le mariage de Loti.

Acrobate : gladiateur sans arme qui ne pouvait qu’esquiver les coups par toutes sortes de sauts. Néanmoins, il était autorisé à s’emparer d’une arme lâchée par un autre gladiateur. Dans ce cas il continuait de combattre armé.

Acrobatie : dans la Rome antique, locaux réservés aux gladiateurs acrobates et où on les entraînait pour les jeux du cirque.

Adjudant (ou adjuvant) : produit additif destiné à améliorer les qualités d’un autre produit de moindre qualité. Dans l’Armée, un sous-officier supérieur porte ce nom (adjudant) vu son rôle dans l’amélioration du comportement des soldats de moindre qualité que lui.

Alcoolique (ou al-coolique) : terme médical rapporté par les Croisés. Forme de dysenterie appelée familièrement la colique et qui sévissait chez les peuplades arabes (le roi saint Louis en serait mort) En France, elle est fréquente chez les éthyliques et l’on en a fait un adjectif substantivé pour les désigner. Les breuvages favorisant cette pathologie sont dits boissons alcooliques.

Certains confondent la châsse du roi saint Louis (reliquaire) avec la chiasse (terme vulgaire pour désigner la dysenterie dont il mourut).

Il faut combattre cette déplorable confusion.

Almuchabala : mot arabe. Des voyageurs au jugement superficiel ont cru qu’il était la déformation de manche à balai, al étant l’article défini. Il n’en est rien.

La traduction littérale du terme est le-mouche-balai et désigne un manche fait d’une tige d’arbre, souple, flexible, portant à l’une de ses extrémités une courte queue de cheval servant à chasser sinon à tuer les mouches ou à injurier l’ambassadeur d’un pays avec lequel on souhaite entrer en guerre (de préférence, un pays moins puissant que le sien propre, mais on peut se tromper, comme ce fut le cas en 1828 pour Hussein, le bey d’Alger, qui donna trois coups de chasse-mouches au visage du consul de France).

La notion d’opposition aux mouches par leur fuite ou leur mort (donc de la soustraction à leur nuisance) qu’implique l’usage de cet objet a fait croire à certains, arabisants du dimanche, que almuchabala pouvait aussi être employé pour désigner une partie de ces mathématiques étranges qui comprennent restauration (algebra, c’est-à-dire addition) et opposition (c’est-à-dire soustraction)

Nous en doutons.

En effet, comment ce terme (savant, si on lui prête cette dernière signification) se trouverait-il en usage dans les harems et surtout dans les bouches de ces sortes de bonnes à tout faire que sont les odalisques ?

Amadou : champignon parasite de certains arbres. Il est faux qu’il ne se trouve qu’en Europe : la preuve en est qu’une odeur de banane s’en dégage lorsqu’on l’ouvre à l’état frais. À l’origine, Amadou est le nom d’un être mythique invoqué par les Africains au moment de fumer des herbes. Comme ils se servaient de ce champignon très combustible pour les allumer, les premiers Européens crurent qu’Amadou était le nom du parasite végétal et cette appellation est restée. De nos jours, l’emploi de l’amadou a été abandonné par les fumeurs.

Amaryllis : en botanique, ce mot désigne une plante d’agrément de la famille des narcisses. Dans l’Antiquité, il était le nom d’une bergère chez Virgile et chez le poète bucolique grec Théocrite et c’est à juste titre que la botanique l’utilise.

En effet, plante d’agrément rappelle que cette bergère était, comme on dit, une belle plante, et qu’elle faisait (recto, verso, disent les textes) la joie des bergers et même des boucs auxquels elle se donnait.

Et de la famille des narcisses (comprendre : de Narcisse) évoque l’excessive tendance de cette fille à s’admirer.

Voilà un exemple de belle culture classique, si l’on ose l’expression s’agissant de botanistes.

Amatrice : s’il est un mot à rejeter parce qu’il se prête à de basses plaisanteries c’est bien celui-là. Alors qu’il désigne une femme hystérectomisée (a-privatif et matrice) on a voulu en faire le féminin d’amateur : une sottise ! Et pire encore, d’aucuns, dans un condamnable esprit de moquerie sinon de misogynie, parlent de « femme à matrice » dans le cas d’une femme légère qu’ils supposent gouvernée par sa matrice.

Amaurose (variante orthographique de amorose qui désigne la maladie d’amour) : cette maladie consiste en un état de langueur et une sorte d’aveuglement qui fait que l’on ne voit plus que l’être aimé en lui prêtant une perfection illusoire. En ancien français des trouvères écrivaient amaure ou amaur pour amour, et le sens du mot s’accorde pleinement avec la notion d’amour courtois.

On ne peut que déplorer que la médecine se soit approprié un terme aussi poétique pour désigner une cécité causée par la paralysie de la rétine et du nerf optique.

L’Académie qui aurait pu réagir est restée passive.

Amphigourique : chacun sait que ce terme désigne ce qui n’a ni ordre ni sens. Mais son origine est moins connue.

Il est composé de ambi, qui a donné amphi, autour, et d’un adjectif de l’argot gourique, lui-même du verbe (se) gourer qui signifie (se) tromper.

Amphigourique est donc un mot de l’argot des étudiants désignant une question, un problème tels qu’ils puissent faire se tromper tous les auditeurs d’un amphithéâtre.

Il n’est d’usage que chez les étudiants d’Université et l’Académie n’en donne que le sens familier cité ci-dessus.

Anachorète : ce terme fait l’objet d’une grave confusion. En effet, certains croient qu’aux premiers temps de l’Église chrétienne il existait une religieuse cénobite, donc vivant en communauté dans un couvent, nommée Anna Korète. Quand on sait que anachorète signifie « qui vit isolé » ce qui est à l’opposé de cénobite, on mesure l’importance de cette erreur.

Analgésique : se dit des baumes propres à apaiser la douleur des hémorroïdes ou des fistules.

Anorexie : (du latin anus et du mot grec signifiant appétit) : l’anorexie désigne un appétit incontrôlé pour les plaisirs anaux (la sodomie ou l’intromission d’objets divers) Beaucoup de jeunes filles, désireuses de goûter aux voluptés de la chair, s’y adonnent dès l’éveil de leur sensualité, pour jouir sans pour autant perdre leur virginité avant le mariage.

Il est fréquent qu’elles ne puissent ensuite réfréner cet appétit et deviennent anorexiques. Le pire est lorsqu’elles sont tellement en rut qu’elles refusent de manger et repoussent toute nourriture. Une rapide perte de poids s’en suit et leur maigreur devient parfois effrayante. Récemment, un médecin de Lacoste, dans le Lubéron, peut-être apparenté à l’ancienne famille du célèbre marquis de Sade, a suggéré une thérapie : promettre à la malade une ou plusieurs sodomies (selon la gravité du cas) en échange d’un repas. C’est-à-dire qu’elle n’aura de plaisir qu’après avoir mangé.

Il aurait déjà ouvert une clinique pour y recevoir de jeunes anorexiques, qu’il sodomiserait lui-même en s’attachant non seulement à leur procurer de moins en moins de jouissance mais aussi à ce que le plaisir le cède à la douleur, afin qu’elles se détachent de cette pratique néfaste.

Les Facultés de médecine de Paris et Montpellier attendent avec impatience ses résultats car de nombreux praticiens seraient favorables à cette thérapie.

Anthrax (en grec, il signifie charbon) : personnage de la mythologie grecque qui refusa à Zeus de lui désigner le lieu où se trouvait le gisement de charbon qui avait fait sa fortune. En punition, son corps fut criblé de clous rougis au feu et son corps devint noir comme du charbon. Depuis, en médecine, on nomme anthrax les gros furoncles accompagnés d’une infection staphylococcique et « … où la surface malade semble charbonnée. » (Littré)

La confusion entre l’anthrax et l’entr’acte (voir ce mot) est fréquente. Il faut l’éviter.

Antimoine (littéralement tueur de moine) : la secte satanique des Antimoines sévit au XIVe et XVe siècles en France. La tactique de base consistait à introduire dans un monastère des aliments ou des boissons empoisonnés par des sels de métaux, y compris dans le pain azyme des hosties.

La secte était divisée en plusieurs groupes dont les sels utilisés pour tuer des moines différaient.

Ainsi, il y avait les groupes des Jamesonistes et des Plagionistes, qui utilisaient des sels de plomb, ceux des Bournonistes et des Tétraédristes, qui employaient des sels de cuivre, et, moins connus, les Ullmanistes, partisans des sels de nickel, et les Dyscrasistes, fervents utilisateurs de l’argent. Seul le groupe dit du Premier Démon utilisait l’émétique (trioxyde d’antimoine) qui avait une action vomitive et diarrhéique si puissante qu’on l’appelait le choléra stibié (stibi, mot grec, et stibium, mot latin sont les anciens noms de l’antimoine)

Ils furent excommuniés collectivement par le Pape Innocent VIII en 1490.

Les membres de la secte faits prisonniers furent livrés aux flammes en place publique.

Antipied : (ici, anti signifie en avant. Ne pas confondre avec antipode. Voir ce mot) : en zoologie, il désigne la jambe ou la patte de devant d’un mammifère. En versification, c’est le nom d’un instrument en forme de réglette dont le poète fixe le bord devant la dernière lettre de la dernière syllabe d’un vers-étalon (un lot de vers limité à ceux de six, huit, dix et douze pieds, est fourni avec la réglette) suivant le nombre de pieds qu’il veut donner à ses vers. Ainsi verra-t-il si un pied est engagé sous la réglette (vers trop long) ou si le vers ne va pas jusqu’à elle (vers trop court)

L’antipied est apprécié des poètes qui composent de très longs poèmes. Victor Hugo lui-même les achetait en gros. On explique ces achats importants en prétendant que, coléreux, il en cassait parfois lorsque l’inspiration ne lui venait pas, ou que sa fermière avait refusé de lui montrer ses seins en lui apportant le lait ce matin-là.

Antipode (mot construit avec les mots grecs signifiant contre et pied) : il est employé pour désigner une sorte de tapis dit « antipode » qui sert à s’essuyer les pieds et éviter ainsi les traces de pas dans le lieu où l’on entre. Les tapis utilisés en France sont faits au Sud-Est de la Nouvelle-Zélande, un pays que l’on nomme familièrement « antipode de la France »

On a prétendu, autrefois, que les fabricants d’antipode marchaient la tête en bas. Depuis les travaux de Galilée et de Newton, on a d’abord compris pourquoi ils n’en étaient pas incommodés, puis on voulut le vérifier. Après que des savants se furent rendus en Nouvelle-Zélande sans constater la moindre modification de leur position corporelle dans l’espace par rapport à celle de Paris, on eut la certitude de ne pas s’être trompé.

Apnée (du verbe grec signifiant souffler, respirer, avec a privatif) : dans la mythologie grecque, Apnée était chargée de veiller sur le sommeil de Zeus. Elle tenait son nom du fait d’être si soucieuse de ne faire aucun bruit qui pût réveiller le dieu qu’elle avait pris l’habitude de s’abstenir de respirer le plus longtemps possible, ce qui lui causait une grande fatigue.

Une nuit, il arriva qu’elle retînt son souffle au point de ne plus savoir comment le reprendre. Mû par un pressentiment, Zeus sortit de son sommeil, vit le danger et fit venir Oxygène, dieu de la respiration et de la rouille, lequel, en pareil cas, passait pour avoir ranimé nombre de nymphes (surtout les plus belles) et de mortels (le plus souvent des jeunes filles). Malheureusement pour Apnée, il était trop tard.

De nos jours, on honore sa mémoire avec de nombreuses expressions dans lesquelles entre son nom.

Pour sa part, en plus d’être le dieu de la respiration et de la rouille, comme déjà dit, Oxygène est devenu le dieu des médecins anesthésistes, des SAMU, des pompiers, des plongeurs sous-marins (dont certains honorent aussi Apnée) ainsi que de l’aviation militaire et des compagnies de voyages aériens.

Chez ces deux dernières, Oxygène porte le surnom de Pressurisation pour dire qu’avec son aide on entretient une pression atmosphérique normale, Mais comme pressurer est parfois employé pour parler du poids des impôts et des taxes qui pèsent sur le peuple, dans les compagnies civiles de tourisme aérien Pressurisation pourrait bien évoquer aussi, par un mauvais jeu de mots, les lourds tarifs imposés aux voyageurs.

Appoggiature (de l’italien appoggiatura, appui) : « Terme de musique. Petite note sur laquelle on appuie avant d’attaquer la note principale.” (Littré)

Par image, il s’emploie pour désigner le petit organe du sexe féminin appelé clitoris, et que certains frottent volontiers avant le coït.

Aquarelle : petit oiseau aux délicates couleurs comme délavées, qui affectionne les berges de cours d’eau et se baigne fréquemment. Espèce protégée.

Aqueduc : (du latin aqua, l’eau, et dux, le chef) : dans la Marine de l’Ancien Régime, officier de la plus haute noblesse (duc) qui avait rang d’amiral.

Noter que ce dernier terme est formé, comme aqueduc, par la réunion de deux mots : amir-al, d’après l’arabe emir al bahr, c’est-à-dire le prince de la mer. Malencontreusement, sa francisation a conservé l’article al et supprimé bahr (donc mer) ce qui fait de l’amiral un prince-de-la mer sans mer !

Voilà pourquoi « aqueduc » est préférable à amiral.

Aqueduc désigne aussi, on le sait, une sorte de pont-canal (ce dernier mot à ne pas confondre avec Pontcarral, le nom du personnage principal du roman d’Albéric Cahuet).

De plus, les dames devront éviter de dire, par exemple : « En Italie, je suis montée sur un aqueduc encore bien conservé ».

Aratos : poète grec de l’Antiquité (né vers –315, mort vers –245) ami de Théocrite (né vers –315 et mort vers –250) lui-même poète bucolique. Dans une de ses célèbres idylles, ce dernier cite Aratos, ainsi que d’autres personnages tels que Porthos et Athos.

Des historiens et des écrivains formulent l’hypothèse suivante : Alexandre Dumas se serait servi des trois noms pour son roman Les trois mousquetaires en transcrivant toutefois Aratos en Aramis, par crainte qu’il ne prête à de mauvais calembours (du genre de « à râteaux »).

D’après de nombreux chercheurs en littérature, l’hypothèse serait vraisemblable, et ce ne serait pas Armand de Sillègue d’Athos d’Autevielle (1615-1643) ni Isaac de Portau dit Porthos (1617- ?) qui auraient inspiré Dumas mais bien les personnages du poème de Théocrite.

Ariane : fille de Minos et de Pasiphae (célèbre pour son goût pour les taureaux) Ariane fournit à Thésée un fil pour ne pas se perdre dans le labyrinthe où se cachait le Minotaure.

Elle est, depuis, la patronne des spéléologues, des égoutiers, des guides de montagne ou touristiques et des chiens de mal-voyants.

Une famille de lanceurs civils européens de satellites porte son nom.

En effet, au centre guyanais de lancement des Arianes, les techniciens, qui préféraient les fêtes dionysiaques au travail sérieux, se révélèrent dès le début incapables de programmer sur ordinateur la trajectoire d’un lanceur.

L’un d’entre eux, Méliès (descendant du célèbre concepteur d’un voyage sur la lune et dont c’est en 2012 le 150e anniversaire de la naissance) eut alors l’idée de « filo-guider » la fusée et proposa de baptiser les lanceurs du nom d’Ariane en mémoire de son fameux fil.

Le procédé, resté longtemps secret, se révéla si efficace que Méliès le publia dans les revues scientifiques. Il reçut pour son mérite la croix d’officier de la Légion d’Honneur, et le titre de président d’honneur de la marque de fil à coudre « Le fil au chinois ».

Arius : théologien (256-336) qui écrivit en alexandrin sa thèse selon laquelle un père est supérieur à son fils, jusqu’à ce que celui-ci ait atteint l’âge d’une trentaine d’années au moins. Il appliqua ensuite sa théorie à Dieu et à Jésus, et de nombreux disciples (les ariens) adoptèrent sa théorie sous le nom d’arianisme.

Les chrétiens qui la combattaient disaient, par moquerie et mauvais jeu de mots : « arien ne sert » (pour : elle ne sert à rien, ou bien un arien ne sert à rien).

Voyant que le pape Alexandre d’Alexandrie et Arius n’arrivaient pas à s’entendre, en 325 les chrétiens convainquirent l’empereur Constantin Ier d’organiser un concile à Nicée, lequel n’eut pour effet que de multiplier encore les points de vue sur le sujet.

Les mauvais esprits appelèrent d’ailleurs ce concile « carnaval de Nicée » une expression qui nous est restée de même que « festival de Cannes » rappelant Hannibal et la bataille qui eut lieu autour de cette cité le 2 août 216 avant J.C.

La théorie d’Arius eut des prolongements.

Au milieu du XVIIe siècle, un luthier italien, Antonio Giacomo Stradivari, allongea son nom en Stradivarius en l’honneur du théologien.

Bien qu’il soit célèbre par la qualité de ses violons, précisons qu’il était l’époux de la belle Mona (diminutif du prénom féminin français Simone, alias Crémona par simplification de « la crème des Mona » et allusion à leur cité de résidence) une mélomane qui appréciait autant les pizzicati de son mari que le jeu de son archet.

Coïncidence surprenante, Mona était la fille d’émigrés...

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