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ETÊT AL SNAD

De
196 pages
ETÊT AL SNAD est une œuvre composite constituée de trois parties. Le tout évoque les démêlées de l'auteur avec toutes les idées qui encombrent son cerveau… La première partie est un rassemblement de quelques poésies et de textes de chansons. La seconde partie, ce sont dix nouvelles assez courtes. Elles relèvent aussi bien du fantastique que du fait quotidien… Enfin, la troisième partie est consacrée à diverses pensées, aphorismes, notes de coins de tables…Pensées qui ne valent que ce qu'elles valent… Elles sont présentées sous forme d'une liste non exhaustive, et chacun peut en prendre et en laisser… Un simple conseil cependant… Porter des lunettes fumées, on ne sait jamais.
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Pascal Rollin
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PAS DE GENRE SPECIFIQUE











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












Éditions Le Manuscrit
20, rue des Petits-Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com
 Éditions Le Manuscrit, 2005
ISBN : 2-7481-5657-9 (Fichier numérique)
ISBN : 2-7481-5656-0 (Livre imprimé)






INTRODUCTION




Permettez que je réfléchisse… c’est dans la tête
que ça se passe… Et quand je réfléchis, cela donne…
Etêt al snad!
C’est bien trouvé, cela me plait, je le garde !
Etêt al snad c’est toutes les idées qui me
traversent la tête de temps à autre, presque tout le
temps en fait.
Ma tête c’est ma caverne d’Ali Baba à moi et je
veille à ce que tout y brille suffisamment comme autant
de miroirs, autant de prétextes à réflexion, donc…
Oui c’est prétentieux, mais moi je cherche
toujours ce qu’il y a de mieux pour ma tête, comme on
choisit dans un magasin ce qu’il y a de mieux pour sa
progéniture… Je ne cherche pas pour autant à avoir une
tête bien pleine mais une tête bien approvisionnée, bien
achalandée comme on dit maintenant… J’ai envie que
ma tête me fasse envie à moi-même et qu’elle fasse
envie à tous ceux qui auront l’idée de la visiter.
Pour y entrer c’est simple, pas de clé, pas de
"sésame", il n’y a d’ailleurs pas de porte !
Juste quelques pages à tourner.
Entre, ami lecteur et sers-toi !
Si tu es un peu sensible des yeux porte des
lunettes fumées on ne sait jamais, certaines de mes
réflexions ont jadis regardé le soleil d’un peu trop
près… Je sais…cela aussi est prétentieux…
En contrepartie je t’avoue qu’il te faudra sans
doute disposer d’une forte torche pour percevoir
quelques reflets de quelques miroirs qui ont côtoyé
quelque néant trop longtemps… Aussi sombres soient
ces miroirs, à moi ils me parlent pourtant, ne serait-ce
que du bout de leurs ombres… et je n’arrive pas à me
résigner à les jeter hors de ma caverne…

Maintenant que tu es prévenu voici ce que tu
devrais trouver si tu ne te perds pas…
Tu vas trouver un méli-mélo d’un peu tout ce
que ma tête fabrique à longueur de temps… des
pensées bien sûr, plus ou moins longues et à foison,
sous forme de maximes, d’aphorismes, de "traits"
parfois plus ou moins brûlants, de notes de coin de
bistrot, de préceptes, d’essais, d’envolées…
Tu vas trouver de la prose, du ver, du dialogue,
du discours, de la chanson, quelques nouvelles… Ne
manque plus que la liste des courses au supermarché !
En tous cas tu vas trouver des idées, les miennes.
Puissent-elles t’amuser, te séduire, te mettre en pétard…
Entre et sers-toi… et n’aie crainte, la sortie est
encore plus libre que l’entrée.


***













QUELQUES CHANSONS
ET POESIES SAUVAGES

Il est rare que je n'aie pas une guitare sur les genoux,
même quand j'écris, surtout quand j'écris… ce qui donne qu'il est
rare que j'écrive de la poésie pure et simple, ça tourne presque
toujours à la chanson. Les six premiers textes, c'est simplement
un jour où je n'avais plus de corde à ma guitare…
Les chansons qui suivent, disons que je les ai arrangées
afin qu'elles puissent se lire comme de la poésie. J'ai donc retiré
tous les signes musicaux, les accords, les "bis" etc.
Pour ceux que cela intéresse, j'ai les musiques à disposition...










11 ETÊT AL SNAD



TERREAU MATIN
A ma chute…

Je vais au vent
Désarrimé des patries
Explorer des matins
De l'eau dans les cheveux

Gris les arbres
Et la lune est gitane
Je marche à pied d'œuvre

Humide en mes oreilles
Moite en mes entournures
Encore un peu là
La nuit

Et même le vent m'aime
Et le temps
M'abandonne

La boue cette création
Des dieux du crû
Me flanque une volée
C'est à plein poumon
Que je l'embrasse
(dans l'aube nasale
j'ai dû glisser
sur la banane théorique
de l'espace-vent)
12 PASCAL ROLLIN

Même le cou
Qu'elle m'envahit
La boue
Comme on prend un pays
Elle m'entre en les oreilles
J'avale même un noyau
D'abricot

Dans mon nombril
Fumant encore
Se nichent des crocus bleus
Déjà
Et des racines
Elisant mes boyaux
M'appellent terre

En ce lieu pourrifère
Toutes les Nadia pleurent
Même les banquiers s'engluent
Et les curés
Ferment leurs gueules
Enfin!

Ça y est
nuit plus Je vois la ne
Matin tu m'as conquis

La feuille au vent
Les couilles en pot
Je suis
Ton territoire
Fertile
Île
13 ETÊT AL SNAD



IRISATION
A toi, soleil…

Pour un jour directif
Le soleil se pencha
Et les fougères gelées
Se doublèrent d’ombres longues

Là au cœur des cristaux à vif
Des couleurs prisonnières
Hurlèrent des rayons
Dans ma direction
Moi l’œil

J’accusais perception
J’ai entendu l’appel
Tenez bon je m’insinue

Je pénétrais
Sous les lycopodes figés
Dans leurs lingeries grises
La pupille avide
Et les cils frémissant

Et je vis qu’elle dansait
Nue comme on est quand on naît
Ses mains nues sur sa taille orangée
Ses pieds nus sur des glaçons rubis
Ses seins nus me comblèrent de bleu
Son nombril émeraude m’a souri
14 PASCAL ROLLIN

La couleur
LA
M’embrassa

M’embraza

Puis le jour barre au Sud
Abandonnant l’oblique
Changement de perfection
J’en eus l’œil en paupière
La rétine en écharpe
Je larmais du néant

Ma couleur adorée
Je pense à toi dans l’ombre
Toute flèche au Nord
J’en bande en arc-en-ciel

Ma douleur colorée
Je bande à toi
La nuit

***
15 ETÊT AL SNAD



RESSAC

En passant par la manif…

Je regarde la colère
Qui dévore le boulevard
Je ne fais que passer
Mais
Je ne fais que m'arrêter
Ben fallait pas

Je m’étonne d’être encore là
Debout sur ce monde de non-horizon
Sans avoir même une heure
Revu la mer se dérouler jusqu’aux pieds des oiseaux
Jusqu’à l’ivresse du vague
Jusqu’aux poumons des soupirs
Des désireux d’oubli
Harassés
D’un jugement toujours remis

Là-bas sur le bord
Le grand phare indolore dans sa carrure oblongue
Lisse ses moustaches d’acier
Des mouettes s’engueulent
Des algues empuantissent
Ici au dedans
Le petit homme fragile
Fait des nœuds de ses doigts
Dans ses poches confidentes
16 PASCAL ROLLIN

Il rêve d’eau trop salée et de bruits sourds
De justice marine

Ça y est je la vois
La mer
Je sors mes mains de confesse
Je prends un galet poli
Que je lance au ressac

Le petit homme si fluet pourtant
A lancé un énorme pavé de granit brutal
A la vague des hommes bleus
Les gardes mobiles
Sont stupéfiés et outrés

Tempête

Une longue matraque noire
Enfoncée dans son cul
Et une autre lui brise le cou
Le tout à genoux
Il est mort

Je revois la mer
Elle était en colère
Vague justice

***
17 ETÊT AL SNAD



CERTITUDE
Quand les halles étaient encore debout…

Quand j'étais gosse, j'aurais voulu être de ces
gens qui semblaient vivre de leurs certitudes: les curés à
calotte, les clochards, les étudiants en médecine et les
artistes peintres crasseux, les chefs de gare et les putains.
Tous ces mobiliers urbains de ma conscience naissante
de gosse perdu dans Paris. Ce Paris qui puait le chou-
fleur et le poisson restés au soleil depuis le matin,
devant les grandes halles vertes en attente de
démantèlement. Et l'encre de tampon encreur maculant
les cartes de familles nombreuses, et le Purodor des
vespasiennes, et la sueur animale des métros de bois et
de tôle émaillée…

J'aurais voulu rapidement être un de ces hommes
qui savent depuis toujours de quoi ils mourront;
pourquoi ils ont vécu; pour quelque chose ou pour rien.
Surtout pour être là.
Quand j'étais gosse, j'aurais voulu très très vite
être très grand. J'aurais tellement voulu ne pas être un
gosse. Et ainsi porter un grand manteau de pluie gris
sombre, et emmener avec moi une putain sous l'orage.
Et boire lentement un café-crème dans un bar de
poutrelles de fer, et descendre les escaliers de granit
pour un dernier métro de nuit. Et revenir le lendemain.
Pour être là. Et en être certain.

***
18 PASCAL ROLLIN




CONNERIE
A une petite cambodgienne…

Tous ses yeux étaient dans son sourire
Mais ses dents si petites
Et si blanches
Pourtant
Arrachaient
Pour toujours
Des oreilles d’assassin
Dans un pays trop mouillé

Et quand doucement elle se levait
Pour prendre une cuiller
On la devinait encore
Lancer au loin
Sa grenade
De haine
Verte

Et quand elle se rasseyait
Sur le tapis de nattes
Dans le silence hurlant

Une lame de glace
Vous brisait les phalanges

Et vous hésitiez longtemps
A saisir votre tasse de thé
Sur le plateau de paille
19