Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 9,99 €

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Publications similaires

Xman est back en Huronie

de editions-david

Le Bain d'Amélie

de les-editions-quebec-amerique

Vous aimerez aussi

suivant
Dans une grande maison en banlieue de Toronto, notre hôte se présentait comme un comptable. Un bon ami de Peter, donc un ami à nous par le fait même. Bref, la chaîne habituelle, « je suis l’ami de l’ami de l’ami » et puis paf ! On est cinquante au party, tout le monde tout nu ! Mathieu s’approcha :
— Elles ne doivent pas gémir pareil.
— Quoi ?
— Les Anglaises !
— Ah ! bon !
— Moi, j’ai l’impression de redevenir puceau. Il faut que je reparte avec une Anglaise ce soir. Tu comprends ?

— Non.
— Pour retrouver le premier frisson. Tu vois ?
— Oui, bien sûr Mathieu. Ne te prive pas. Elles vont adorer ton anglais.
J’avais toujours rêvé d’arriver dans ce genre de party, assez chic soit dit en passant, avec une belle poupoune à mes bras. Tsé le genre de filles qui faisaient tourner la tête de tous les gars. Tu te promènes avec ta douce parmi les convives question de délimiter ton territoire, car aujourd’hui dans notre société civilisée, délimiter son territoire c’est montrer aux autres gars comment t’avais eu de la chance d’attraper une aussi belle fille. Je ne pissais pas dans les coins comme faisaient les lions ou les chiens. À moins d’être ben soûl.

Mais le problème avec ce genre de stratégie quand on te perçoit comme le plus grand célibataire du coin, c’est que les gens pensent tout de suite que tu as loué les services d’une escorte. Ça devient vite suspect. Si t’arrives avec une fille moche, on dit : « Tout ce temps à attendre pour se ramasser avec ça ! » Bref, il fallait que je fasse comme Mathieu, fallait que je me trouve une Anglaise.
Stéphane vint me voir. Il avait trouvé une bande de filles célibataires dans le salon du haut. J’étais resté non loin de la porte d’entrée, alors l’exploration de cette somptueuse demeure restait à faire. Je le suivis donc.
Au salon du haut, la concentration féminine semblait beaucoup plus grande. Peut-être à cause des hauteurs. Stéphane semblait déjà les connaître et me présenta ces filles l’une après l’autre en se trompant parfois de nom. Ça les faisait rire. C’était son petit côté charmeur. Y’avait un Belge avec nous. Il parlait français. Lui aussi voulait conquérir les Anglaises.
— Hello Stacey.
— Hello Sam.
— What do you doing in your life ? que je lui demande sans trop de préambule.
— You mean, my profession ?
— Yes !
— I’m studying to be a lawyer. During the summer, I work for Thomson and Hucker cabinet. It’s a very interesting job you know, everything is different every day and I acquire a lot of experience. And you ?
Bon, c’était la question à ne pas poser quand on ne voulait pas qu’on nous la pose. Moé, j’avais de la difficulté à répondre en français à cette maudite question, alors imaginez en anglais. Mais je m’en tiendrais qu’à un seul truc question de ne pas m’éparpiller.
— I’m a writer. For cinema.
— You want to be a movie maker ?
— Oui j’pense… heu ! j’veux dire, yes.
— Is it difficult to sell a scenario to a producer ?
— Yes, very difficult.
— How much can you sell a scenario ?
— In Quebec, it’s around 38 000 $.
— Oh my god. And how many scenarios have you sold ?
— Nothing for the moment. I’m still waiting.
Là, un pan complet de son estime venait probablement de s’effondrer. Elle croyait parler à un futur Atom Egoyan et là je venais de passer au statut de pelleteux de nuages. J’aurais dû lui mentir. Elle n’aurait pas enquêté sur ça quand même. Mais c’est une avocate… elle est peut-être habituée à détecter les mensonges.