Fin de parcours

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Une vieille actrice oubliée végète aux côtés de da fille et de son gendre, des gens très ordinaires, et rêve d'un rôle à sa mesure. Elle va se servir de sa petite-fille, naïve et boulimique, et d'un jeune comédien qu'elle a connu naguère, pour arriver à ses fins. A mi-chemin de l'étude de moeurs et du roman policier, écrite d'une plume vive et caustique, cette histoire, toujours placée sous le signe de l'ironie, se veut le récit de l'ambition irrésistible d'une femme prête à toutes les compromissions pour assouvir sa passion. L'auteur, admirateur des chefs-d'oeuvre de l'humour britannique, espère contribuer à la prise en compte d'un genre injustement méprisé en France.
Publié le : dimanche 8 juillet 2007
Lecture(s) : 285
EAN13 : 9782748198201
Nombre de pages : 179
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Fin de parcours
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Jean-pascal Lhardy
Fin de parcours
Roman humoristique
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9820-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748198201 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9821-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748198218 (livre numérique)
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– Vous n’êtes pas raisonnable. Vous devriez vous reposer. Le médecin rangeait ses instruments dans sa trousse. C’était un vieux médecin de famille, prompt à l’indulgence. Ses malades étaient un peu ses enfants. Il en avait mis certains au monde et il avait le droit de veiller sur eux. Il n’avait pas mis au monde Marie Meunier. Elle était aussi vieille que lui, soixante-dix ans environ. Ce qui ne l’empêchait pas d’être présentable. Elle avait beau se sentir lasse et connaître le docteur depuis des lustres, elle avait voulu s’apprêter. Yeux peints, visage poudré, cheveux blancs soigneusement peignés. Marie ne se présentait jamais dans son naturel. Elle était actrice. Et les autres étaient toujours son public. Elle était en représentation, même là, sur son lit de malade. Ç’avait toujours été comme ça. Même seule, elle avait l’impression qu’on pouvait l’observer, ne fût-ce que son miroir. Il était sans indulgence, celui-là ; au moins il ne cherchait jamais à la tromper. C’est pour cela qu’il fallait porter beau devant lui. – Qu’est-ce que j’ai eu, docteur ?
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– De la fatigue. Seulement de la fatigue. – Je ne suis pas comme ça, vous le savez bien. – À votre âge, on est souvent comme ça . Marie se renfonça dans ses oreillers, où jouait un maigre rayon de soleil. Elle chercha un peu de chaleur, pour y présenter son visage. L’air du printemps la remettrait sur pieds. Aucune lassitude n’avait jamais résisté à un ciel pur. Ce vieux bonhomme n’y connaissait rien. Elle avait eu autre chose. Si c’était une maladie, il lui faudrait un traitement. Pas des bonnes paroles. Elle irait voir un spécialiste. – Voyons, maman, tu n’as pas à rougir d’être fatiguée. C’était Mathilde qui venait de parler. Sa fille. Drôle de fille, qui ne lui ressemblait pas pour deux sous. Avec sa vieille veste bleue, et ses cheveux tirés. Prêts pour le voile. C’est ça, le couvent. Si elle entrait dans un cloître, elle n’aurait pas non plus besoin de laisser ses produits de beauté au vestiaire. Elle ne se fardait pas, sa fille. Jamais. Elle voulait garder sa peau toute blanche. C’est pour ça qu’elle s’écartait du rayon de soleil. Pour sûr, elle pourrait aller jouer les mortes dans les couvents. – Je ne suis pas fatiguée, c’est tout. – En tous cas, tu as entendu le docteur, tu dois te reposer. – Et vous n’en ferez rien, hein ?
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