L'abécé(suici)daire de la ligne 13

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L'abécé(suici)daire de la ligne 13 est le premier livre qui rend hommage aux 610 000 usagers qui empruntent chaque jour le tronçon. Depuis 1911, les voyageurs qui sont amenés à prendre ce métro doivent faire preuve de beaucoup de courage et de patience. Car la réputation du tronçon Châtillon-Montrouge-Asnières-Gennevilliers-Les Courtilles/Saint-Denis-Université n'est plus à faire : c'est la ligne de tous les ennuis et de toutes les galères.

Cet abécédaire évoque tous les éléments qui font la « beauté » de la ligne : ses incidents techniques improbables, son histoire complexe et ses caractéristiques bien particulières. Tous les usagers de la RATP peuvent se retrouver dans cet ouvrage qui prend le parti de rire plutôt que de déprimer...
Publié le : vendredi 26 avril 2013
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EAN13 : 9782332554062
Nombre de pages : 58
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-55404-8

 

© Edilivre, 2013

 

Toute l’histoire de cette ligne mythique du métro parisien qui fait l’unanimité contre elle depuis 1911

 

Avant-propos

Pour ceux et celles qui l’empruntent à Paris, c’est l’eldorado, le must du monde souterrain, le transport qui rend heureux. La ligne 13 du métro parisien jouit d’une grande notoriété et c’est bien mérité. A chaque voyage, l’usager vit une expérience toujours mystérieuse, sans jamais savoir ce qui l’attend.

Contrairement à toutes les autres lignes, les centaines de trajets quotidiens effectués sur le tronçon Châtillon-Montrouge – Asnières-Gennevilliers Les Courtilles – Saint-Denis-Université arrivent toujours à surprendre et à mettre l’usager en retard.

De plus, la ligne 13 sait exalter les cinq sens :

 La vue : c’est beau la foule d’un quai de la 13 qui frétille d’impatience à l’idée de pénétrer dans une voiture aussi remplie qu’un camion au temps de l’exode.

– L’ouïe : le léger grincement des pneus sur les rails apaise autant qu’une chanson de Céline Dion qui passerait tous les matins en boucle dans votre MP3.

– Le goût : l’amertume est la saveur carastéristique de la ligne, un mélange de dépit tranché en fines lamelles et d’aigreur en sauce.

– Le toucher : lorsque la paume de la main se pose sur l’une des barres verticales du wagon, un sentiment de bien-être s’installe instantanément en vous. Mais quelle est cette couche épaisse quienrobe délicatement la barre ? C’est le secret bien gardé de la ligne…

– L’odorat : dans un wagon de la ligne, c’est comme un pot-au-feu. On peut retrouver un succulent mélange de saveurs. Beaucoup d’épices, quelques oignons et des émotions bien mal cachées. Service 7 jours sur 7, 20h sur 24h.

Avec 20 ans d’expérience sur la ligne 13 du métro parisien, je fais partie de cette communauté d’usagers vivant dans l’incertitude la plus joyeuse !

Avant que sa magie se dissipe un peu en 2017 – suite au prolongement de la ligne 14 vers Saint-Ouen qui devrait conduire à une baisse de 25 % de son trafic – la 13 mérite un bel hommage, tout comme les 610 000 usagers quotidiens qui l’aiment en silence.

– Aimer sans savoir à qui s’adresser lorsque le trafic est interrompu parce qu’un chien se balade sur les voies…

– Aimer sans savoir comment demander à un usager un peu bougon de ne pas s’asseoir sur un strapontin car il y a un poil trop de monde dans le wagon…

– Enfin, aimer sans savoir pourquoi des agents de régulation prennent place à certaines heures sur les quais pour soit-disant aider à réguler la descente et la montée des voyageurs…

Cet abécédaire a pour vocation de protéger le lecteur des « accidents graves de voyageur » lorsqu’il prend la ligne. L’occasion est donc parfaite pour énumérer 46 raisons qui font la « beauté » de la 13 : ses incidents techniques improbables, son histoire complexe et ses caractériques particulières…

Bon voyage à bord de cette ligne du métro parisien qui fait l’unanimité contre elle depuis 1911 !

A comme…

Agent de régulation : Ils sont jeunes, ils ont un réel besoin de trouver un emploi et ils ont tous le point commun d’être téméraires. Ils forment la nouvelle Brigade du Tigre de la ligne 13, des justiciers qui portent fièrement de très jolis gilets orange. Ils : ce sont les agents (ou assistants) de régulation de la RATP. Ces personnes en Contrat d’Accompagnement vers l’Emploi (CAE) se relaient depuis quelques années grâce à des CDD de 6 mois pour réaliser l’un de leurs rêves. Celui de jouer les G.O (Gentils Organisateurs) pour les G.U (Gentils Usagers) non civilisés sur les quais de la ligne 13 !

Pour être plus précis, ces passionnés de la ligne bleue passent 4 heures par jour (dont 3 debout) à « pousser » les usagers le matin et le soir dans le wagon du métro, tout en leur demandant de « rester à distance de sécurité » et d’attendre que « les usagers sortent avant de monter » (éléments de langage à apprendre au moment de la formation). Ce métier d’un genre nouveau est un eldorado pour la jeunesse, un véritable tremplin vers un avenir idéal : pour 20 heures hebdomadaires de « Madame, attendez s’il vous plaît » et de « Attention, le métro va partir », l’employé gagne la somme de 680 € environ par mois ! Ce qui correspond au SMIC, plus un bonus exceptionnel de 49,55 € brut. C’est sûr, le métier d’agent de régulation a de quoi faire des jaloux…

L’idée de mettre en place des « pousseurs » sur les quais du métro vient de Tokyo. Là-bas, la ligne 13 aurait parfois l’allured’un trafic fluide tellement c’est le bordel. En France, pas besoin de contacter physiquement le client. La mission dirigée par la RATP est d’aider à simplifier la fermeture des portes. C’est vrai, mais le problème, c’est que sur les quais des stations saturées (Saint-Lazare, Place de Clichy ou Invalides par exemple), il y a déjà des portes « anti suicide » qui permettent de fluidifier les montées et descentes. Donc, les agents de régulation doivent, en somme, suivre le mouvement automatique en simulant la fermeture… Question : est-ce le mime Marceau qui assure cette partie de la formation ?

Faire partie des 300 membres de cette confrérie n’est pas rien. Il faut même beaucoup de mérite pour supporter au quotidien l’impatience des 610 000 voyageurs quotidiens de la 13. Il faut peut-être même parfois accepter le comportement présumé déplacé (pour ne pas dire plus) de certains formateurs de la RATP qui se sont retrouvés sous le feu des projecteurs médiatiques en septembre 2011, après la plainte de deux jeunes femmes. Ce qui est sûr, c’est que la ligne 13 fait craquer chaque mois des salariés en CAE (démission ou arrêt maladie). Mais le bruit de la précarité est couvert par l’exaspération des usagers… Agent de régulation : un métier des temps modernes.

Avarie : « En raison d’une avarie matérielle, le trafic est perturbé sur la ligne 13 entre Châtillon-Saint-Denis Université et Asnières-Genevilliers-Les Courtilles. »

Cette phrase, le client la connait bien, très bien même. Avec le temps, il l’a même apprise par cœur. Lue, entendue, vécue. L’avarie matérielle fait partie du prestigieux top 3 des raisons les plus fréquentes invoquées pour expliquer la pagaille qui se déroule sur la ligne. Une fois de temps en temps, le voyageur peut comprendre : une pièce qui se casse, un problème de rails… C’est possible et cela arrive partout. Mais, lorsque le mot avarie devient l’excuse récurrente, le voyageur fulmine et ne pige pas.

Imaginez si, dans d’autres situations quotidiennes, on devait nous aussi invoquer l’avarie matérielle pour justifier un retard ?

– Géraldine (joyeuse) : Allô, Monsieur le Directeur ?...

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