//img.uscri.be/pth/22b255ebb01280d57320dd2c718aabfaa5fa3ec9
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

La petite aiguille

De
101 pages
Sa chanteuse préférée qui disparaît mystérieusement, la petite aiguille de sa montre qui disparaît également(non, pas sa montre, la petite aiguille !), et voilà Marcel Bourboeuf lancé dans une enquête délirante. Une enquête jalonnée d'embûches et de bons mots, dans laquelle ce brave Marcel cherchera à percer le mystère de sa belle idole. De surprises en déboires, parviendra-t-il à ses fins ? Rien n'est moins sûr. D'autant que... sans cette cette fichue petite aiguille, le temps va peut-être commencer à tourner en rond.
Voir plus Voir moins

La petite aiguille

Didier Villard
La petite aiguille




ROMAN










Le Manuscrit
www.manuscrit.com












© Éditions Le Manuscrit, 2006
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6371-0 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6370-2 (livre imprimé) DIDIER VILLARD








- Ouah, ouah ! grogna le vieux chat pelé - d’os, tant il
était maigre - en secouant sa petite culotte.
La pauvre bête n’appréciait pas que la savate de
Marcel Bourboeuf se fût sournoisement décrottée
contre ses flancs.
- Ouah, ouah ! gémit-elle à nouveau.
- Tais-toi, sale chien, tu vas me faire repérer !
Il faut dire que Marcel avait toujours eu beaucoup de
mal à différencier les animaux à poil, même habillés.
A sa décharge, un chat qui fait « ouah, ouah » n’est
pas à proprement miauler un chat courant. D’ailleurs,
foi de chasseur, un bon chien courant est tout aussi rare.
Mais je m’égare.
Trois gros pipis s’étaient écoulés depuis que Marcel
avait rejoint cet inconfortable fourré aux épines, juste
sous la fenêtre de la chambre 8 de l’hôtel Hôtel. Un bel
hôtel, l’hôtel Hôtel. Et le seul de la charmante bourgade
de Mornacrevais.
Marcel attendait. Plein d’espoirs. On allait peut-être
parler de lui. Pourquoi « peut-être » ? Avec une
interview pareille, bien sûr qu’on allait parler de lui !
Toute la presse allait parler de lui ! Il plaquerait le
journal ringard où il bossait depuis maintenant 3 ans, 7
mois, 12 jours, ? heures, et 25 minutes (s’il ignorait le
nombre d’heures, c’était à cause de cette foutue montre
dont il avait récemment perdu la petite aiguille), et il irait
9 LA PETITE AIGUILLE
monnayer ses talents ailleurs. Parfaitement, il irait
ailleurs !
Mais en attendant, il attendait…
Soudain, une lueur ! Le lampadaire de la chambre 8
de l’hôtel Hôtel venait de s’éclairer, et une silhouette se
dressait devant la fenêtre.
C’était elle, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute.
D’abord parce que dans la nuit les doutes n’ont pas
d’ombres, et ensuite parce que c’est moi qui raconte
l’histoire.
Marcel ne se trompait pas, c’était bien Jeanine
Duflan !

Rappelez-vous, ou alors faites semblant. Bercy, trois
jours plus tôt.
Jeanine Duflan, la célèbre et richissime diva, donnait
un gala de charité au profit des nouveaux pauvres du
16ème, malheureuses victimes de l’ISF. Snif, on en
pleurerait.
Les nombreux admirateurs de la Dudu, cons pressés
devant sa loge dès la fin du récital, et inquiets de ne pas
la voir apparaître dans son traditionnel déshabillé jaune
cystite, avaient alors tout bonnement défoncé la porte.
Pendant que le plus hardi profitait de la confusion
pour défoncer la bonne, les autres découvraient ahuris
un horrible spectacle : la loge dévastée avait - comme la
bonne - subi les derniers outrages et, pire, la Dudu
s’était volatilisée.
Marcel Bourboeuf, qui se trouvait en première ligne,
n’en crut pas ses lunettes noires.
Vous l’avez compris, sinon c’est à n’y rien
comprendre, Marcel était l’un des plus fervents
admirateurs de la belle Jeanine. Il connaissait tout
10