Le petit traité des paradoxes

De
Publié par

Nous vivons dans un monde de paradoxes. Les moyens de communication se multiplient, la vitesse gagne du terrain mais nous continuons à manquer de temps. Le jour de l'an à peine fêté, nous attendons Pâques et surtout les vacances. Chères vacances que nous savourerons d'autant plus après huit heures coincés dans un minuscule espace de classe économique, attendant l'applaudissement final pour nous ruer, avant même l’arrêt complet de l'avion, sur une cigarette tant convoitée. Recensant avec humour les tracas du quotidien, Le petit traité des paradoxes invite au détachement et à la légèreté. De la vie professionnelle aux fêtes annuelles, en passant par les médias, la mode et les cosmétiques, Sandrine Dauchez n’épargne aucun paradoxe et défend avec humour le droit à l’insouciance.
Publié le : mercredi 8 décembre 2010
Lecture(s) : 276
EAN13 : 9782304034325
Nombre de pages : 202
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Le Petit Traité des Paradoxes
2
Le petit traité des paradoxes
Le Petit Traité des Paradoxes
4
Sandrine Dauchez
Le petit traité des paradoxes
Éditions Le Manuscrit Paris
Le Petit Traité des Paradoxes
© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010 ISBN : 978-2-304-03432-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304034325 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03433-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304034332 (livre numérique) 6
Sandrine Dauchez
. VOYAGES Pourquoi ce « s » ? Parce que j’aime à différencier les voyages du voyage. Il y a, dans ce pluriel et cette idée de multitude une connotation de « petits » voyages qui n’existe pas avec le même mot au singulier. Bref, on conçoit que les voyages soient différents et plus fréquents que Le voyage (notez au passage la majuscule). Certains font des voyages plusieurs fois par an, voire plusieurs fois par semaine pour les plus – ou moins ? – chanceux. Ce n’est pas parce que vous entendez votre chère voisine vous répéter toutes les semaines : « Mon époux et moi revenons tout juste de voyage » qu’il faut aussitôt penser qu’ils ont bien de la chance. De nos jours, il suffit d’avoir de la famille dans un département qui n’est pas celui où l’on vit, pour partir très souvent en voyage. Sans compter la rapidité actuelle des
7
Le Petit Traité des Paradoxes
transports qui peuvent nous faire franchir plusieurs « frontières » départementales ou nationales en moins d’une semaine.
Même si vous êtes tenté d’envier tous ces voyageurs à la petite semaine, gardez-vous en bien ! Derrière ces sourires convenus, déchiffrez la fatigue nerveuse et physique – la perte de repères à force de changer d’endroit d’habitation tous les jours et de ne plus pouvoir se « poser » tranquillement chez soi. Ah ! Qu’ils sont hagards tous ces voyageurs ! C’est sans compter ceux qui voyagent pour le commerce. Imaginez que vous soyez à peine revenus de votre déplacement du dimanche avec madame que vous soyez obligé de défaire puis de refaire vos bagages pour une nouvelle destination et un nouveau voyage, celui-ci professionnel ! Alors non, ne vous extasiez pas devant ces voyageurs. Combien tiendront encore le coup longtemps ? Dans quel état seront-ils dans dix ans, privés comme ils le sont souvent de leur temps de sommeil, de leurs repères, de leurs amis – ils n’ont le temps de voir personne, ils ne sont jamais là – fatigués par tant de voyages, des changements d’horaires et des repas déséquilibrés – casse-croûte sur l’autoroute du VRP, sandwich
8
Sandrine Dauchez
dans le train de l’agent co, encas dans l’avion du manager export… ? Comparez votre situation : horaires et amis réguliers, repas équilibrés, sport et vie saine, mais aussi … économies ! J’entends par là, que vous louez un endroit que vous habitez réellement tandis que d’autres payent leur loyer, puis s’en vont par monts et par vaux et ne logent véritablement chez eux que la moitié du mois, et encore ! N’est-ce pas là un moyen évident de jeter l’argent par les fenêtres – mais de quelles fenêtres ? Celles de chez eux ? De la voiture ? De l’hôtel ? Outre les frais de déplacement – lesquels ne sont remboursables que dans le cadre du voyage professionnel – ils se ruinent régulièrement en louant une maison qu’ils n’habitent pas ou qu’ils fréquentent peu. Différent est celui qui revient d’un voyage ou qui s’apprête à partir faire Le voyage. Vous savez immédiatement de quoi il s’agit, et pour cause. Il en parle depuis trois mois : avant, il en a parlé pendant deux mois, après il en parle encore pendant un mois et puis, le travail aidant – merci – les souvenirs s’estompent pour revenir un an après le hanter de nouveau et lui faire dire « ah oui, tu te souviens l’année dernière, quand j’étais à Marrakech… et bla bla bla ».
9
Le Petit Traité des Paradoxes
Si vous faites, vous aussi, partie des privilégiés qui peuvent s’offrir des vacances, tant mieux. Sinon, vous devrez supporter votre voisin de bureau avec ses projets de vacances et ses plans sur la comète, l’organisation de son remplacement pendant son absence et enfin les souvenirs qui viendront s’égrainer de temps à autre, juste assez souvent pour vous rappeler que vous n’avez, hélas, pas pu prendre de vacances. Et encore ! Vous aurez bien de la chance si votre collègue fait partie de l’espèce en voie de disparition des satisfaits. Autrement, vous l’entendrez gémir que l’eau de la mer des Caraïbes n’était pas assez chaude pour lui, celle de la piscine du palace, bien trop chlorée à son goût et la nourriture, ma foi, elle manquait vraiment de tout – alors qu’une prise de poids notoire vient contredire ce qu’il affirme. Reconnaissons toutefois qu’il est des circonstances désolantes où le râleur a raison de râler. Car économiser cent par cent, pendant plusieurs mois, pour s’offrir LE voyage dont on rêve peut-être depuis des années permet de légitimer une certaine exigence quant aux prestations offertes au vacancier. Et, dans ce domaine, reconnaissons que le voyage de rêve peut parfois se muer en véritable cauchemar.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.