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Le retour du Barbare

De
181 pages
Voici les nouvelles aventures de notre cousin de province. Nous le retrouverons le verbe entre les dents, l’invective au bout du doigt, remontant à l’assaut des déraillements de société qui déglinguent les citoyens les plus fragiles. Bouclier des imbécillités qui rodent Alfred défend ici les libertés fondamentales, le plaisir de vivre à gogo. Et le voilà sous le feu des armées d’interdits qui viennent jusque dans nos bras donner mauvaise conscience aux gros, aux joyeux goûtant le gouleyant du bonheur qui passe, aux amateurs de bonne chère. Entendez-vous dans les campagnes…. L'auteur, journaliste au long cours nous livre ici le deuxième tome des aventures décapantes de ce cher Alfred.
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2 Titre
Le retour du Barbare

3LES CRAYONS




4 Titre
Bernard-Roger Mathieu
Le retour du Barbare
Les nouvelles aventures décapantes
d’Alfred le Wisigoth
Humour
5Éditions Le Manuscrit






















Illustrations : © Pierre Bonnafous

© Éditions Le Manuscrit, 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02790-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304027907 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02791-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304027914 (livre numérique)
6 LES CRAYONS


Du même auteur

Alfred le Wisigoth, Editions le Manuscrit, 2005
Les Essayistes, Editions le Manuscrit, 2007
Aïcha, Alexis, Agathe, Tatiana écrivains à douze ans,
Editions le Manuscrit, 2008

7

A Patrick, hommage particulier d'Alfred.
8 Le retour du Barbare
PREFACE
Tailler les mots comme on taille les crayons
Castelnaudary.
Tout le monde descend.
L’ai-je bien descendu ?
Bienvenu au plaisir de vivre et de lire.
Lire autrement. Lire en dehors des sentiers
battus.
Écrire autrement. Trouver des nouvelles
pistes en suivant les mots.
Regarder autrement pour mieux comprendre.
Quoi ? Tout.
Sortir du trou.
Prendre ce livre comme une posologie face
aux ulcères.
Il était donc une fois un petit pays du
Lauragais niché au cœur de la Cocagne.
Du mythe faisons-là notre simple ouvrage.
Sans savoir nikoinikaisse laissons
travaillader* l’esprit d’humanité (*mot arraché
des lèvres de Johnny vu par l’humoriste Laurent
Gerra).
9 Le retour du Barbare
Plaise au grand architecte, jardinier de
l’humour, qu’il court avec ses gros sabots
boisés, sur l’haricot des tristes et malveillants de
tout poil.
Ainsi naquit Alfred, le « relocalisé ».
Notre cousin de par-là, enraciné en
campagne profonde.
Un ami croustillant comme ces pains bien
craquant en le rompant. La mie légère.
Au pays d’isatis, l’humour y jaillit comme des
odeurs.
Fontaines de jouvence.
Ce cousin book émissaire, des livres et
délivré, s’annonce sous les traits d’un Wisigoth,
barbare écru décoffré brut de décoffrage.
Franc du collier… non pas franc (cela m’a
échappé, excusez c’est à cause de Clovis). Ce
mot ne rend pas la monnaie. Disons droit avec
le sens du Devoir, de la parole donné, de la
fraternité.
Un type non délocalisé à qui on ne la fait pas.
Sous le chapeau germe une denrée aux
racines de nos jours fragilisées : le terroir.
Ce livre donne rendez-vous à l’avenir. Quand
nos technocrates auront tout rasé, il faudra
reconstruire.
Médicament anti-stress voici les nouvelles
aventures d’Alfred le Wisigoth de retour en
10 Préface

campagne. Le crayon espiègle de Pierre
Bonnafous, Wisigoth découvert à Lavaur dans
le Tarn, en banlieue du pays sensible, ajoute au
regard et à l’entendement les moustaches qui
manquaient au Tome Premier.
Cette case du Tome UN remplie, passons à
la suite avec vue côté jardins.
Le Tome Second ainsi moins atone, atomise.
Le roman d’Alfred, sans fil conducteur, fait
passer le courant d’un sujet à l’autre… comme
les cèpes que la main cueille sous la mousse. Le
futé sous la futaie. Laissons germer le plaisir
autodidacte de la découverte. Pour
l’accommodement nous vous laissons le choix
du condiment. Dégustez les à votre
convenance. Il n’y a là dedans ni queue ni tête.
Tout est bon. Cueillez, cueillez, il en restera
toujours quelque chose.

Les rototos débarquent sur les arpèges dans
une musique d’Orage « Temporale » puisée
dans La Ceberentola de Gioacchino Rossini où
nous reprendrons les paroles de Magnifico
Il peut bien faire orage !
Je voudrais même qu’un éclair
Foudroie le valet.

Gloire aux valets du capitalisme… Ils ont
encore de beaux jours devant eux !
Malheureusement.
11 Le retour du Barbare
Ouvrez les portes du plaisir, les voilà, ils
arrivent : les Wisigoth sont dans la plaine (chant
connu).
Si la nature est lente, le Wisigoth est patient.
Et là-bas, chez Alfred, c’est aussi le pays de la
truffe. La plus belle chasse à la truffe se fait à la
mouche.
Sport non violent par nature. Il suffit de
s’asseoir et d’attendre la mouche. A l’ombre. Un
coup à boire à portée de main. Quand la
mouche passe, il ne faut pas la quitter des yeux.
Elle finira par se poser… et là sous un peu de
terre se trouve le diamant noir.
Puissent mes mots vous procurer le même
plaisir.
Des mots qui candelorolent, roulant des
patins à la sémantique joyeuse.
Je les ai modelés pour vous.
12 Les Wisigoths sont dans la plaine

CET OUVRAGE EST ENRICHI PAR LES SÉMILLANTES
ILLUSTRATIONS DIDACTIQUES DE :
PIERRE BONNAFOUS
13 Le Prince et le policier

LES WISIGOTHS SONT DANS LA PLAINE
S-G. NETCHAÏEV PENSAIT QU’IL FALLAIT TOUT
DÉTRUIRE POUR MIEUX RECONSTRUIRE
QUELLE SOCIÉTÉ POUR NOS ENFANTS DEMAIN ?
BRÈVES DE COMPTOIR À BOIRE SANS MODÉRATION

– T’entres dans le capital de ta banque ?
Ils t’ont labellisé pays Cathare ?
Tu t’es fait remastériser ?
Je te trouve tout joyeux tout à coup.
Le Wisigoth n’aime pas être pris en défaut.
Coup œil dans un miroir complice ; un reflet
révèle son pire ennemi. Lui ? Non,
l’environnement oint de miasmes antagonistes.
Ces temps derniers, son humeur s’infecte.
Le verbe s’alourdit.
Le sourire qu’il affiche traduit, il le sait bien,
une hypocrisie qui le taraude.
C’est le masque du clesquemòl de Mans de
Breich : dur dehors, mou dedans, comme les
coquillages. Avisant son partenaire Tizote ancré
15 Le retour du Barbare
au zinc comme un Clovis sur son rocher à
Vouillé, Alfred sent tout à coup monter comme
un regain de velléité puisant sa justification dans
l’historicité de ses antécédents.
– Et pourtant je ne devrais pas. Il ne se passe pas une
journée sans qu’une information ne me déboussole
l’Astrolabe, ne me noircisse les rives du dégoût couleur
Erika.
Syndicaliste, militant humaniste, laïque,
pourfendeur d’injustices profondes, défenseur
du droit des femmes à disposer d’elle-même,
même quand elles sont indisposées, ennemi des
communautarismes et autres panurgismes
réducteurs, républicain jusqu’au bout des seins
de « La Liberté guidant le peuple », anti-clérical
prônant la liberté de penser des croyants et non
des croyances (ce n’est pas la même chose),
figure de proue guidant ses assauts le poing
tendu : on ne peut pas dire que dans sa vie il a
chômé.
Du moins le croit-il.
En a-t-il pour autant la conviction ?
Tout petit Alfred-père lui apprit qu’il fallait
toujours garder 5 min. en réserve pour les
consacrer aux autres !
Maintenant que l’âge vient goulûment lui
grignoter incongrûment un capital temps qu’il
sent rétrécir au lavage, il a honte de se retourner
vers le passé. Des reproches lui posent une
indigestion sur la conscience.
16 Les Wisigoths sont dans la plaine

Certes, il ne tient pas à capitaliser sur son
compte mono titulaire - comme dirait son
conseiller financier - tous les manquements, les
ratés, les échecs, les reculs, les blessures faites à
ses grands principes par les tenants de la
réaction. Dans l’intimité de son cœur, la glace
de la réprobation lui tend l’image givrée d’un
inaccompli thésaurisant les déceptions.
– On est dans le ressac. Redresser la barre, voilà
l’impérieuse mission inscrite dans le catalogue des
obligations urgentes. Un Devoir incontinent nous
l’impose.
– Je vois que tu démarres. T’expurges ! Pluie d’horions
sur tes oignons. Le démago met la main aux cartouches
de gros sel. Donc, chagrinent le ciel bleu de ta conscience,
des soucis insupportables. C’est quoi les derniers en
date ?
Alfred dans le barillet qui aliment la diatribe
ordinaire, tient à portée de voix quelques amis.
Des Kamarades de Bistrot, souligne
Eléonore sa femme.
Dans ce panthéon singulier des nouveaux
philosophes, le trait de plume puise parfois ses
inspirations chez Marsile, Giordano, Paracelse
ou encore chez Kuakuvi Magloire, Jean Paul
Dollé, Bourdieu pour son « habitus »…
Trait trempé dans le nectar empoisonné des
bonnes choses qui fâchent.
Les prunelles chrysobéryls d’Alfred, déjà,
dénotent l’outrance exacerbée.
17 Le retour du Barbare
Gonflent !
S’amplifient !
Se montgolfièrisent à l’hélium 3 (3 He) …
Par un effort louable contenu, il choisit de
s’exprimer Allegro Ma non Troppo, tel
Beethoven l’œil sur l’anémomètre. Conforme à
un baromètre impartial annonçant l’intempérie,
il plonge dans des abîmes de réprobations
légitimées. Le wisigoth sous-cutané pousse en
lui à l’affrontement réparateur. Le mot humecté
au curare, l’arme au poing il se lance au service :
– Camarade… je citerai les hôpitaux publics, les sans
papiers, les sans abri, les cent un soucis quotidiens.
J’invoquerai le remboursement à la baize des cures,
instrument de mise en péril des stations thermales.
J’appellerai à la barre l’attaque financière contre les
associations périscolaires pour fragiliser encore plus
l’école publique et républicaine… Si t’en veux, les
références au répertoire des avanies sociétales abondent.
J’en ai marre qu’on me fasse prendre des vessies pour des
lanternes. Ai-je une tête de Guadeloupéen ?
En fond de cours, Tizote prudemment prend
la balle au bond et remet :
– T’avale des couleuvres, toi ? Un Wisigoth pur
sucre !
– Tu ne les vois pas prendre leurs airs de Sainte-
Nitouche ?
– Nous peigner dans le sens du poil.
– Ils me courent sur l’haricot ! Me marchent sur le
ventre !
18