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Les Poivrots se cachent pour vomir

De
232 pages

Une rombière de la haute est retrouvée découpée en tranches dans un hôtel miteux de la banlieue parisienne. Le commissaire Richard Chambertin accompagné de son inspecteur, Gérard Manssoif, deux poivrots notoires, sont pris dans l'engrenage d'une sombre affaire, qui va mener ce duo de bras cassés de Paris à Moscou, de Mexico à Athènes, Istanbul, etc. La découverte d'un trafic international entre gouvernements et mafias va rendre leur enquête difficile.

Un commissaire tenace à l'humour corrosif, un inspecteur sans expérience et trouillard, quel est leur seul point commun ? Il y a toujours quelque chose à picoler là où ils se trouvent.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-96509-7

 

© Edilivre, 2015

La morte Adèle n’était pas
d’origine italienne !

Le commissaire principal de la brigade criminelle parisienne Richard Chambertin, alcoolique notoire, ne s’attendait pas à un tel carnage en entrant dans cette chambre d’hôtel sordide de la banlieue sud de Paris, accompagné de son jeune inspecteur Gérard Manssoif. Le corps d’une rombière lardée et découpée en morcifs gisait sur une table disposé en quinconce comme sur l’étal d’une charcuterie. A première vue elle n’avait pas été refroidie au calibre mais par un maniaque du couteau, scie ou autres objets tranchants. Sa bobine défigurée était dirigée en direction du mini frigo bar comme si elle indiquait quelque chose. Une mise en scène macabre mais néanmoins précise.

– Je suis admiratif !

Lança le commissaire avec un petit sourire presque jubilatoire à ses hommes écœurés.

– Ce n’est pas à ma belle-doche qu’un truc pareil va arriver ! Dit-il.

Bref ! Chambertin n’avait rien d’un débutant ; trente piges à la maison poulagas, bientôt la retraite mais toujours serein face aux scènes les plus atroces. Physiquement ? Gros, le tif gras, les dents jaunes et les ongles noirs ; Toujours affublé de la même veste en été comme en hiver. Sûrement vacciné au salpêtre en raison de son abus pour la picole. Rien du stéréotype du poulet des séries débiles de la téloche. Là on était dans la vraie réalité du terrain. Les experts de la police scientifique arrivant sur la scène de crime étaient déjà sur les dents (pas celles de la victime). Il ne fallait pas perdre une seconde pour élucider ce crime odieux, bien avant que les journaleux aient le temps de propager cette épouvantable nouvelle. Après avoir numéroté les abattis, l’identification de la victime avait été rapide car sa carte d’identité se trouvait dans le frigo bar, plantée toujours avec une précision méthodique dans une motte de beurre rance comme si l’assassin avait décidé de narguer la police. Madame Adèle Hachis de Parmentier Lesroubignov était le nom du macchabée inconnu des services de police à ce jour. La morte Adèle avait été déloquée et découpée en tranches façon carpaccio, de plus elle était résidente de Houilles non loin d’ici.

– Quel rapport ? Je me comprends ; Elle a dû souffrir !

– Quand on habite Houilles, on souffre, surtout de jeux de mots débiles ! Affirma le Commissaire.

C’était comme ça. Il y avait quelque chose d’étrange là-dedans. En s’approchant de la victime le commissaire s’aperçu rapidement que celle-ci aurait dû d’après ses papiers, porter des lunettes en écaille. Introuvables, détail troublant. Autre fait troublant, les flicards ont trouvé dans le freezer de l’oseille frais en petites coupures. Logique ou pas ? Apparemment, elle n’avait pas été dépouillée pour son pognon et le tueur était plutôt adepte des grosses coupures. Chambertin réfléchis et s’adressa à son lieutenant. Ah oui, je vous présente l’inspecteur Gérard Manssoif tout frais sorti de l’école de police. Enfin, tout frais ! Avec la tronche qu’il a on se demandait comment il avait réussi le concourt d’inspecteur premier degré. En fait une carrière policière en France commençait au premier degré et finissait au 13ème ° comme pour le pinard ! Son patron en était au 13ème voir quelques degrés de plus. On l’aurait plutôt imaginé sautant une classe. Gérard était du genre anxieux, très nerveux avec un brin d’humour (Ça existe). Notre homme vivait seul. Normal il n’avait toujours pas rencontré l’âme sœur en raison de sa timidité maladive et son physique ingrat ! Il prit la parole.

– D’après moi il s’agit soit d’un adultère qui aurait mal tourné ou nous avons affaire à un tueur en série en début de série !

– Vous êtes d’une logique inspecteur ! Répondit Chambertin.

L’inspecteur resta dubitatif mais se permit encore une petite remarque concernant l’identité de la greluche.

– Adèle Hachis de Parmentier Lesroubignov ?

– Une bourge habitante de Houilles à cinquante kilomètres d’ici dans un tel hôtel ? – Un adultère avec la tronche quelle avait ? – Je ne pense pas Commissaire !

Immédiatement les deux policiers décidèrent d’interroger le fondu de la réception afin de connaitre les habitudes de la victime.

– Fréquentations, horaires de passages etc. ?

– Je n’ai rien vu, rien entendu, juste cette morue de temps en temps qui ne parlait pas ou seulement pour dire bonjour avec un fort accent russe et un air supérieur. – De plus elle puait de la gueule ! (Ça sentait le pléonasme) – Au revoir, combien je vous dois ?

– Une Russe avec un air supérieur ? – Ça existe ? Vous êtes sûr qu’elle n’avait pas l’accent portugais la morue ? Demanda Chambertin en souriant.

– Une bonne femme s’appelant Hachis de Parmentier avec une haleine de cheval ça me rappelle une vieille affaire survenue dans le sud-ouest de la France ! dit-il.

– Un macchabé haché menu façon tartare retrouvé au milieu de plats cuisinés destinés aux maisons de croulants !

En effet, l’usine avait arrêté la production après trois mois d’enquêtes. Le taulier s’était aperçu que sa vieille n’était pas partie avec un autre mais tombée malencontreusement dans un hachoir puis mélangée avec soin aux patates, oignons et viande de cheval périmée. De quoi pleurer. Toute une région à l’époque avait ingurgité la pauvre femme en pensant à tort qu’elle trompait son mari, honnête industriel (pléonasme) et ancien rugbyman. A l’époque il fût mis hors de cause par manque de preuves. Il n’était pas dans son usine lors de l’accident ; seuls s’y trouvaient ses deux frères également anciens rugbymans illettrés (pléonasme) responsables de la surgélation rapide. Ils ont tous été relaxés pour les mêmes raisons. Par contre la vieille elle, avait fini malaxée ! L’usine est encore en activité aujourd’hui. La nouvelle gamme de plats cuisinés ayant même été rebaptisée « A ma chair et tendre » par le patron en deuil. Inconsolable, il finit par épouser sa secrétaire plus jeune de vingt-cinq piges après avoir engourdi l’osier des assurances ! Ensuite une réaction en chaine s’était enclenchée et avait provoqué quand même six décès de la maladie de Creutzfeldt Jakob chez les viocs du coin. Viande de cheval ou de la vieille ? Après autopsies des croulants, aucun spécialiste n’avait pu répondre à cette question ! De quoi filer les copeaux à toute une région !

Pour revenir à notre affaire ; le réceptionniste affirma que la victime venait tous les mois dans son hôtel sans raison apparente. Les deux policiers restèrent sceptiques quant aux dires de celui-ci. Normal, le type puait et avait l’air de mentir avec son regard lubrique. Une vraie tronche de pousse-au-crime celui-là.

– Vous n’avez rien constaté ? – Aucune visite ? – Aucun passage ? – RIEN… ?

– NON Monsieur le Commissaire ! Et il ajouta :

– Il faut absolument que je fasse nettoyer la piaule car j’ai un bus de clients ce week-end !

– Des clients dans un tel hôtel ?

La réponse fut brève ; Pffffffffffffffff !

Après autopsie des morceaux de la victime, la confirmation d’une mort accidentelle fut écartée. Aucun viol puisque sa boite à ouvrage se trouvait à deux mètres de la bobine. De plus elle était morte pendant la découpe au vu de son regard effaré, rigidité du corps et nerfs tendus.

– Pourtant elle avait eu un rapport sexuel avant vu son air à moitié satisfait ! Ajouta le légiste en ricanant.

– Rien d’autre docteur ?

Ah oui, voici le docteur Jack Barber, médecin légiste alcoolique et végétarien, diplômé de la faculté des sciences et des coupes franches de Londres ; né de père inconnu et de mère trop connue. Le rosbif aimait les macchabés saignants et là, il était servi. Il n’en revenait pas, un vrai travail de pro de la découpe sans aucune empreinte ni trace d’ADN. Peu d’éléments et une enquête qui s’avèrera difficile. Les deux policiers ne tardèrent pas à se rendre au domaine du comte Geoffroi Hachis de Parmentier, un bourge et riche propriétaire d’un Haras dans un domaine de plus de deux cents hectares à la sortie d’Houilles.

– Votre épouse, Adèle a été retrouvée morte hier matin Monsieur le Comte ! Après avoir entendu une nouvelle pareille, celui-ci resta stoïque et avec froideur répondit :

– Quoi ? – C’est impossible, mon épouse est en vacances à Moscou depuis une semaine en visite dans sa famille !

Encore un coup de théâtre dans une affaire décidément pas comme les autres.

– Moscou ? – La Comtesse était en vacances seule ?

– Euh oui nous n’avons pas les mêmes goûts en ce qui concerne les capitales ! – Elle était native de Moscou, issue d’une famille riche du nom de Lesroubignov.

– Son père, Miroslav Lesroubignov étant le conseiller et bras droit du Président Vladumir Pourasztikov l’homme fort du Kremlin.

– C’est bien sa carte d’identité ! Dit le Comte.

– Et c’est bien la victime ! Répliqua le Commissaire.

– Voici sa photo ! Le Comte tendit une photo d’elle entière.

Une femme apparemment pâle au regard bleu glacial. Le Commissaire tendit à son tour la photo des morceaux de la victime et le comte resta aussi froid qu’un buffet de fin d’année de la police Nationale. Il resta inerte, sans compassion comme si la nouvelle n’en était pas une.

– Apparemment c’est bien ma moitié ! Enfin, ma moitié, heu !!! – Qu’est qu’elle foutait dans ce gourbi Commissaire ?

– Aucune idée, mon enquête ne fait que commencer, nous n’avons aucun indice !

Décidément le froid et la rigidité était de mise dans cette affaire. Immédiatement les deux policiers se rendirent sans attendre dans les locaux de la mairie d’Houilles afin d’y rencontrer Monsieur le Maire et avoir des informations supplémentaires sur les habitudes de ce couple richissime.

– Le Maire d’Houilles ? – Mais, c’est Monsieur Le Comte depuis plus de vingt ans !

Déclara avec stupeur Joséphine Armagnac la secrétaire de mairie en apprenant l’horrible nouvelle. Chambertin s’adressa à Manssoif.

– Bon, ok on rentre !

De retour au commissariat, les deux policiers n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent pour faire évoluer cette enquête. Jack Barber les avait rejoints. Une femme refroidie découpée en rondelles, un mari froid et pas très coopératif, Moscou, Houilles, des chevaux, un nom Hachis de Parmentier Lesroubignov, une carte d’identité plantée dans une motte de beurre et une paire de lunette en écaille introuvable. Gérard Manssoif réfléchit en regardant les photos que le commissaire avait épinglées sur le mur de son bureau et remarqua un détail troublant.

– Vous n’avez rien remarqué Monsieur le Commissaire ?

– Tu ne vas pas m’apprendre mon métier petit, mais dis toujours.

– La victime portait des lentilles vertes alors qu’elle avait les yeux bleus, dit-il. Personne ne s’en est aperçu, même pas vous docteur Barber ?

– Normalement et d’après ses papiers, elle portait des lunettes ! Répliqua-t-il.

– Pour le détail sur les photos nous en reparlerons plus tard, ça n’est vraiment pas le moment !

– Pour les lentilles vertes, dirigez votre enquête chez les pécores en Auvergne !

Gérard et Jack éclatèrent de rires.

– Monsieur Barber, votre humour ne fait rire que les imbéciles ! Déclara le Commissaire.

– Contentez-vous de faire votre boulot sans pinailler ni négliger certains détails !

– Maintenant laissez-moi seul ; Vous aussi inspecteur, je vais réfléchir, je reste au bureau !

Juste une lampe allumée et un litron de rouge sorti après le départ des deux autres. Le commissaire ne tarda pas à s’en envoyer un verre derrière la cravate. Un deuxième, puis un troisième verre pour finir cette journée éprouvante dans un état d’incompréhension totale. Le lendemain matin le lardu fut réveillé par son collègue dont la mine était aussi grise qu’un rat sortant d’une poubelle. Les deux hommes avaient cogité sec pendant la soirée sans réponse concrète. Par contre, chacun de leur côté avaient tutoyé la bouteille et l’ambiance ce matin était plutôt morose ou plutôt gros rouge.

– Nous allons-nous rendre à Moscou interroger la famille de la victime !

– Je pense que ça ne va pas être de la tarte ; le Ruskov n’est pas très coopératif à ce qu’on dit !

Le commissaire Chambertin et l’inspecteur Manssoif décidèrent de monter à l’étage afin de rendre leurs rapports à leur supérieur hiérarchique le Commandant Alexis Egoïne lui-même d’origine Russe. Un homme à la réussite troublante et aux dents longues, très dur sans aucun sens de l’humour. Celui-là descendait les bouteilles de vodka plus vite que l’escalier pour se rendre chez le Ministre de l’intérieur.

– Messieurs : Il faut élucider cette affaire rapidement, j’ai déjà reçu un coup de fil du Ministre des affaires étranges et du Maire d’Houilles le mari de la victime !

– Ce sont deux amis intimes, et le Comte n’avait pas besoin de cela surtout à six mois des municipales !

– J’ai pris l’avoiné du siècle, alors vous avez carte blanche et crédits illimités, je veux des résultats rapides et discrets.

– Cassez-vous à Moscou dès aujourd’hui et saluez le vieux Miroslav Lesroubignov.

– Vous constaterez qu’il a un tic, il se gratte les couilles en parlant, il doit avoir des ancêtres ritals ou une maladie congénitale !

– Ah ! Rapportez aussi quelques bouteilles de « Standard », je n’en trouve pas à Paris et à la revoyure !

Les deux policiers quittèrent rapidement le bureau du commandant Egoïne ; Ils étaient déjà sur les dents et prêts à en découdre avec cette enquête qui décidément s’annonçait difficile. Par contre, Chambertin et Manssoif furent surpris que leur patron connaisse le conseiller du Président Russe, père de la victime.

– Je passe chercher mon passeport, ma valoche et dire au revoir à ma bergère !

Oui le commissaire était marié. Sa femme ne le voyant que très rarement en raison de son métier, de son penchant pour la bouteille et surtout son contenant. Cette grosse fénéasse affalée sur le canapé devant la télé ne broncha pas quand Chambertin lui annonça son départ le jour même pour Moscou.

– Ferme ta gueule et la lourde, flic de mes deux ; Bon vent !!!

L’ambiance dans le couple s’était dégradée depuis qu’il avait reçu sa promotion de Commissaire il y a dix ans. Pas de moutard, pas le temps, un métier trop prenant. Autrefois le couple s’était connu à la kermesse du village d’origine de la grosse, et après quelques nuits d’ivresse ils s’étaient entiflés sans trop réfléchir. Rencontre de poivrots mais qui se ressemble s’assemble. Pourtant le Commissaire une fois par semaine apportait six roses rouges à sa femme et les prenait systématiquement à travers la gueule pour cause de provocation (Six roses rouges pour une alcoolique, c’était provoquant). Les femmes ne sont pas reconnaissantes, c’est bien connu. L’unique passion de la vieille aujourd’hui ; les émissions de Michel Gruyer en direct sur son plateau malgré ses trous de mémoires de plus en plus fréquents vue son grand âge, et les débilitées américaines (Pléonasme).

– Allo Manssoif ! – Bien ! Rendez-vous à l’aéroport vers vingt heures ! Dit le Commissaire.

– Vous avez les visas ? – Ok c’est parti ! – On s’en jette un avant de monter à bord, j’ai les foies en zinc !

– Moi aussi Chef !

Deux bouteilles plus tard, les deux poulets ronflaient la gueule écrasée contre le hublot. Dans la soirée une hôtesse gaulée comme une DS Palace décapotable réveilla les deux hommes.

– Veuillez attacher votre ceinture messieurs ! – Atterrissage imminent mais tumultueux en raison du brouillard et du crachin à l’Aéroport Youri Gargarisme de Moscou !

– J’en ai envie de gerber rien que de d’y penser ! Dit l’inspecteur.

– Nous voilà la Russie, l’élite de la police Française débarque au pays des soviets ! Putain !

La piste avait été falconnée*(verbe pas très régulier indiquant une action ultra rapide de déneigement) pour un atterrissage facile. Faut dire que les soulots qui s’occupaient des pistes étaient champions du monde de la fonte au lance flamme et nettoyage à sec. Une spécialité Russe qui n’évitait pas systématiquement les accidents. Un homme les attendait dans l’antre de l’aéroport. Il s’agissait du fameux chef de la police privé de Miroslav Lesroubignov, l’inspecteur Anatoli Ondulowski. Un homme à la poigne de fer insensible et cruel. Petit fils et fils de couvreur de kolkhozes en Sibérie orientale. Pendant une vingtaine d’années, ce louf avait été responsable d’un camp de travaux d’intérêt public dans l’extrême nord du pays. Encore un sentimental et autre connaissance de notre commandant aux dents longues, Alexis Egoïne.

– Je suis au courant pour votre enquête et je ferais le nécessaire afin de vous aider ! – J’ai reçu un coup de fil d’Egoïne, j’ai été scié par votre affaire mais tout est en ordre.

– Quel faux-cul ! Pensa Chambertin.

– Rendez-vous demain matin dans les bureaux du bras droit du chef du Kremlin, Miroslav Lesroubignov !

Le fameux Ondulowski largua les deux poulets surgelés au pied d’un hôtel immense et gris de la banlieue de Moscou.

– On verra demain ! Signifia le Commissaire, et ils entrèrent dans cet immense bâtiment du communisme flamboyant. Une entrée ornée du drapeau National avec un immense portrait de chaque chef du gouvernement depuis la révolution rouge.

– Je me demande lequel a ingurgité le plus de vodka ? Dit l’inspecteur en regardant leurs tronches. – Apparemment ils n’ont jamais été branchés au déconoscope dans ce pays !

Chambre 5001 et 5002 avec ascenseur ressemblant au spoutnik. Une heure plus tard après un arrêt à chaque étage, les deux hommes arrivèrent fatigués à la porte de leurs chambres avec l’impression d’être observé.

– Pas de coup de téléphone, aucun contact, même avec la télé ! Chuchota le Commissaire. – A demain six heures !

Chacun d’eux éclusèrent le mini bar de l’unique boisson Nationale, la vodka Standard afin d’oublier cette journée difficile et éprouvante. Le lendemain matin, une grosse allemande (Pléonasme) avec chauffeur les attendait devant l’hôtel et aussitôt ils se rendirent au bureau de Miroslav Lesroubignov afin d’échanger leurs impressions sur le meurtre d’Adèle Hachis de Parmentier la propre fille de cet homme glacial. Le Commissaire Chambertin réfléchissait et se rendit compte que le vioc était encore en pleine activité contrairement à ce que lui avait dit Alexis Egoïne. Par contre il se grattait bien les couilles en parlant et c’était désagréable. Pourtant il n’avait rien d’un rital.

– Il n’y a pas que les communistes qui adhèrent aux parties dans ce putain de pays ! Dit Gérard à son chef.

Lesroubignov s’exprima ;

– Ma fille devait venir à Moscou pour une semaine et avait quelque chose à me confier concernant son mari, le Comte Hachis de Parmentier. – Je n’en sais pas plus et maintenant la voilà morte Adèle ; Da da da !

– Ensuite ?

– Je sais juste qu’elle avait fréquenté il y a quelques mois un mexicain travaillant à l’ambassade du Mexique à Paris, un nommé José Paldir !

– Il avait également travaillé à celle de Moscou quelques mois avant d’être remercié et muté.

– Si si, vous pouvez le dire ! Lança l’inspecteur Manssoif en ricanant.

– José Paldir était son nom inspecteur ! Répliqua violemment Lesroubignov.

– Je crois également que ma fille ne le voyait plus car il avait disparu de la circulation après qu’elle l’ait fréquenté !

– Elle m’avait juste dit son nom car elle avait peur de quelque chose.

– Bizarre, pourquoi un mexicain ?

Le commissaire ne comprenait rien à cette affaire décidément pas comme les autres.

– Je peux bigophoner d’ici ? Demanda-il.

– Merci. – Allo Commandant Egoïne ; Connaissiez-vous un mexicain nommé José Paldir ayant disparu depuis un mois environ de l’Ambassade du Mexique à Paris ?

– C’est votre ami Popov, « Mirosgratte Lesroubignoles » qui m’a donné cette information !

C’était le point commun avec notre morte Adèle. Egoïne paraissait surprit et gêné par cette question.

– Niet !!! – Affinez vos recherches répliqua-il. – Je veux des résultats rapides même si il faut se rendre dans ce pays de bouffeurs de piments pour dénouer cette enquête ! – J’en ai les valseuses qui me démangent rien que d’y penser !

Avant de raccrocher violement le téléphone, Egoïne annonça également à Chambertin que le fameux juge Courroie s’était saisi de l’affaire un peu tendu. Le commissaire resta sidéré par sa réponse.

– Ouf !!! (Des relents de vodka embaumèrent la pièce pourtant immense).

– Je sens que les événements vont se compliquer, retournons à l’hôtel inspecteur !

– Attendez Monsieur le Commissaire, je vous invite ce soir au repas des anciens généraux de l’armée rouge, des nouveaux riches, des p… enfin une fête russe quoi !!!! – Je vous présenterai notre Chef suprême Vladumir Pourasztikov !

– Oh la vache, j’en ai froid dans le dos mais nous viendrons !

– Tout est prévue ; La bagnole va vous transporter et vous attendra devant l’hôtel ! – Un smoking est déjà dans vos chambres ! – A plus tard camarades Français !

Pour une fois ce vieux con se mit à rire aux éclats et les deux flics évitèrent de lui serrer la pogne.

– J’espère que sa fille n’avait pas le même tic ? Déjà quelle refoulait du goulot !

– Pour ce soir patron ; Bon ou mauvais signe ?

– Nous verrons bien !

Pendant le retour à bord de la grosse limousine noire aussi hermétique que le Klourzk, le Commissaire et l’inspecteur discutaient sur l’âge de la victime ainsi que celui de son père.

– Je trouve que la vieille peau retrouvée mutilée avait pratiquement le même âge que ce vieux con de Miroslav !

– Pourtant d’après ses papiers et les dires du Comte, c’était sa fille !

– Bizarre ! – Avec ce qu’ils picolent dans ce pays depuis des décennies, on ne distingue plus les parents des enfants !

– Attention patron, le chauffeur a les écoutilles grandes ouvertes, méfions-nous ! – Nous sommes en Russie ne l’oubliez pas !

Trop tard nous allons nous apercevoir plus tard que les deux hommes avaient trop parlé.

– Première fois que je porte un smoking et vous inspecteur ?

– Ma fois oui mais je le trouve un peu lourd, si on nous dessoude et balance dans la Volga, on coule à pic et on se casse les dents au fond !

– Pas drôle inspecteur, allez ! On y va !

La soirée va être terriblement éprouvante pour les deux policiers français.

– Rien qu’à viser le comité d’accueil dans la halle de réception, je regrette presque d’avoir été nommé Commissaire ! – J’en ai les dents qui claquent et les poils du cul hérissés comme un paillasson !

– Dobry Zien Messieurs ! – Veuillez prendre place N° 1001 et 1002 à côté de ces charmantes bourgeoises moscovites dont les maris ont été envoyés en séminaire pendant trois ans dans un camp de travail partagé !

– Immersion totale sans jeu de mot ! Dit Gérard.

– Oh la vache, vous avez visé les tableaux commissaires ? – Des vieilles putes, ce sont de vieilles putes !

– Restez calme inspecteur et gardez la tête froide ! – Regardez plutôt de ce côté, cet attroupement aligné de vieux généraux affublés de kilos de médailles portant une casquette du même diamètre qu’un radar anti-nucléaire !

– Avec des gueules pareils, je comprends que le pays soit encore dans cet état !

Après une heure de discours sur les avantages à vivre en Russie (si l’on adhère au parti) ; Voici l’arrivé de Vladumir Pourasztikov, l’homme fort du gouvernement. Deux 4X4 pénétrèrent directement dans la salle à travers la cloison histoire d’impressionner (Inconcevable aujourd’hui sauf dans un navet américain). Entourés de six portes flingues féminins armés jusqu’aux dents. Vladumir serra quelques louches de son entourage et surtout celle de notre contact Miroslav père de la victime mais avec des gants. Prudent Vladumir.

– Regardez inspecteur ! – Voilà celui qui nous a accueillis à l’aéroport puis largués devant l’hôtel comme des va-nu-pieds, Anatoli Ondulowski !

Le Commissaire et l’inspecteur n’en menaient pas large au milieu de cette bande de mafieux quand Miroslav leurs fit signe de s’approcher.

– Monsieur Le Président ! – Je vous présente l’élite de la police Française, le Commissaire Chambertin et l’inspecteur Manssoif !

Il éclata une fois de plus de rire.

– Au moins deux Français qui ne sont pas en grève en ce moment ! Dit Vladumir.

Et il se mit à sourire bêtement ce con. Les deux flics n’ont pas compris ou pas voulu comprendre la subtilité de ses propos. Après avoir raconté les raisons pour lesquelles nous étions à Moscou ; Vladumir nous lança ces paroles claires et nettes.

– Vous n’aurez aucun soutien de mon gouvernement concernant votre enquête et si j’ai un bon conseil à vous donner, ne vous éternisez pas en Russie !

– Profitez de votre soirée pour boire vodka, baiser jolies filles et rentrez chez vous.

– Quand à votre supérieur Alexis Egoïne ce traitre, qu’il aille se faire foutre chez ses amis Grecs !

– Vous direz aussi au Président Mimolette qu’il peut garder ses coques de noix propulseur de suppositoires ; Moi Vladumir, je vais lui couper les robicos de gaz, il ira se chauffer chez les niakoués ! – Da ?

Après ce discours chaleureux à l’encontre de nos deux policiers, Vladumir Pourasztikov tourna les talons. Il s’envoya un demi litre de vodka cul sec, roula une pelle phénoménale à une de ses gardes du corps et colla une baigne à son ministre des affaires étrangères qui ma foi l’avait bien mérité vu son incapacité à gérer le conflit chez le voisin Ukrainien. Il aime bien la provoc ce con (Inconcevable aujourd’hui).

– Bon, je crois que vous avez compris le message messieurs ! Déclara Anatoli.

– Je vous raccompagne directement à l’aéroport ! – Vaudrait mieux roupiller la bas en attendant votre avion.

– Putain, on rentre sans aucun indice, juste le nom d’un mexicain disparu.

– Attendez inspecteur, nous aviserons à l’aéroport, ça n’est pas une poignée de soulots russes (pléonasme) qui va entraver mon enquête !

– Il faut trouver un contact rapidement et faire parler ce vieux con de Lesroubignov, il doit en savoir plus !

Après avoir quitté l’aéroport à pied puis en taxi, les deux policiers n’hésitèrent pas à se rendre à la résidence privé du vieux dans une banlieue sinistre du sud de Moscou ; Le quartier « Boris Elsigne » nom de l’ancien homme fort de la Russie mort de soif après une dernière traversée à quatre pattes de la place rouge en plein hiver. Faut dire qu’il en était au stade terminal celui-là. Il ne s’était jamais remis d’un fou rire devant les caméras du monde entier en compagnie d’un détraqué sexuel américain (Pléonasme). Bref, à leur grand étonnement les deux flics se retrouvèrent devant une grande bâtisse grise et délabrée. Deux énormes molosses aux dents acérées comme des baïonnettes bavaient derrière la grille d’entrée.

– Non de Dieu ! – Il faut détourner ces montres !

– Un de nous entrera et atteindra la porte d’entrée qui bizarrement est restée entrouverte !

– Vous avez vu leurs chicots ? Répondit l’inspecteur.

– Je préfère faire le guet !

– Ah ! – Je croyais que vous étiez hétéro ?

– Oh là, Chef, nous allons tirer à pile ou face !

Ouf l’inspecteur avait gagné, c’est le commissaire qui s’y collait.

– Bon une rasade de vodka et je me lance !

– Attendez commissaire ! – Il y a un interphone, incroyable !

Les deux clébards étaient en furie derrière la grille quand quelqu’un les siffla pour les faire taire. Miracle, assis et langues pendantes ils s’alignèrent sur le côté sans broncher. La grille s’entrouvrait et nos deux policiers pénétrèrent dans la cour la bouteille à la main et le trouillomètre à Z.

– J’ai peur patron !

– Allez courage Manssoif, on parle à Miroslav « pas les couilles » et on fout le camp.

– Ça n’est vraiment pas le moment pour faire de l’humour patron !

Après avoir franchi le seuil de la maison, une étrange voix appela les deux hommes à l’étage.

– On monte !

Ils se retrouvèrent dans un petit bureau à peine éclairé face à une vielle peau complètement décharnée mais avec le même regard bleu glacial que la morte Adèle.

– Asseyez-vous messieurs, je vous attendais ! – Je suis Léva-Sussa Lesroubignov Pêtalez femme de Miroslav, mère d’Adèle et surtout sœur du fameux sombre héros mexicain et ancien trafiquant de drogue Paquito-Ramos Pêtalez !

– Mais Madame, connaissez-vous José Paldir disparu de l’Ambassade du Mexique à Paris ?

– Bien sûr c’était mon………… HEURRRRRRRK !

– Que se passe-t-il Madame ?

Plus aucun son ne sortait de sa bouche et le verre qu’elle venait de poser devant elle avait une drôle de couleur. Elle se mit à gémir et gerber de la mousse rougeâtre sur son bureau. Les deux policiers paniqués se jetèrent sur leur bouteille de vodka et s’envoyèrent chacun une rasade en constatant les dégâts. Des aboiements horribles venaient de la cour et les deux clébards déjà montaient dans les escaliers. Morts de peur et planqués derrière la lourde, les deux flics virent passer les monstres et se jeter sur la vieille pour la démembrer et la bouffer.

– Non de Dieu ! – Cassons nous vite avant que ces deux cons aient finis leur festin.

– Elle va juste servir d’apéro mémé ! Dit Gérard.

Une fois dans la rue, encore une surprise les attendait. Anatoli Ondulowski, le chef de la police.

– Décidément il est partout celui-là !

– Je vous croyais dans votre avion messieurs ? – Cela n’est pas sérieux, surtout que nous venons de retrouver Miroslav Lesroubignov pendu dans son bureau les roubignolles coupées au sécateur et prêt à être envoyé par colis postal à votre supérieur Alexis Egoïne !

Le Commissaire eu un trait rapide d’humour.

– Au moins il ne pourra plus se les gratter, le vieux !

– Mais trêve de plaisanterie ! – Nous venons d’assister à la mise à mort de sa femme ! – Pourquoi nous avoir caché qu’elle était d’origine mexicaine Monsieur Ondulowski ?

– Suivez-moi, je vais vous expliquer en retournant à l’aéroport « Gargarisme » et après, dernier avertissement, vous décanillez direction Paris !!! DA ?

– Mais les deux crimes ?

– Ne vous inquiétez pas, je ferai ma propre enquête et rendrai mon rapport à Vladumir Pourasztikov ! – L’affaire en Russie sera classée sans suite, juste de regrettables accidents ! – Pas de problème ! – Une vieille bouffée par ses clébards, classique, et un vieil inutile qui ne supportait plus les démangeaisons ! – Et voilà messieurs bon vent et vive la démocratie communiste !

Dans ce pays les accidents malencontreux étaient fréquents surtout en ce qui concernait les opposants au régime (Inconcevable aujourd’hui).

Ondulowski expliqua également aux deux policiers que Madame Léva-Sussa Lesroubignov Pêtalez avait été accueillie à l’époque en Russie grâce à ses relations avec l’écrivain dissident Aleksander Solutricine envoyé en vacances forcées en Sibérie pour soigner une dépression soudaine, un manque de vitamine C et surtout pour avoir dénoncé le régime de l’époque. Elle finit par épouser l’homme qui envoya son ami à la fraîche direction le goulag. Chambertin et Manssoif venait de vivre le pire cauchemar de leurs minables carrières. Ils rentrèrent à Paris avec des indices troublants.

On n’avait jamais rencontré
de mecs si cons !

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette affaire commençait à souder les deux hommes. Surtout au niveau de la bouteille. Un duo qui par la suite deviendra mythique. L’enquête avançait doucement.

– Bonjour Commandant ! – Voici une caisse de Standard, la prochaine fois vous irez la chercher vous-même ! Dit Chambertin.

– Nous avons ; Un Mexicain disparu qui apparemment a eu un rapport non protégé, je me comprends, avec les deux victimes de sexe féminin, la mère et la fille, la fille et la mère… Enfin on ne sait plus qui est qui patron !

– On n’a pas vu la similitude entre les deux car elles ont finies toutes deux en pièces détachées avec un même regard tourné vers l’avenir ! Répliqua Gérard.

– Une ressemblance troublante dans les yeux en effet.

– La mère était la frangine d’un ancien révolutionnaire et trafiquant de drogue du cartel de Pêtalez dans la pampa de Mexico !

– Elle connaissait José Paldir mais a calanchée avant de nous dévoiler son lien avec lui !

– Commandant ! – Si vous permettez, je tape mon rapport, ce soir je rentre au bercail et demain à la première heure nous nous remettrons l’inspecteur et moi au boulot !

– Une petite question avant de partir ! – Vladumir Pourasztikov n’a pas l’air de vous porter dans son cœur ? – Pour quelles raisons ?

– Voilà messieurs, bien avant de devenir Commissaire ici à Paris, j’ai bien connu cette tête de con sur les bancs de la faculté « Razroukine » de Saint Petersburg. – Nous avions des amis communs et fréquentions la même étudiante à l’époque, il me semble qu’elle est devenue chercheuse pour le programme spoutnik, je ne l’ai jamais revue !

– Comment s’appelait-elle Commandant ?

– Son prénom était Eva et son nom ???? – A oui Eradikov, fille de l’ancien Général des armées Yvan Eradikov bras armée de l’ancien Président Russe Boris Elsigne et fille de Anna Purna une femme volcanique, première spationaute mise sur orbite à bord du dernier programme Spoutnik après Gargarisme !

– Belle comme un cœur, intelligente elle me préférait à l’autre schizophrène !

– Il m’en a toujours voulu et de mon côté je n’ai rien tenté pour la… – Bon, bref, à demain Messieurs, profitez de votre soirée je pense que vous allez vous rendre au Mexique prochainement ! – Encore une fois je veux des résultats rapides !

– Commandant, le maire d’Houilles sait quelque chose, nous reprendrons notre enquête chez lui !

Gérard demanda à Richard qui était Razroukine.

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