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Mon gai foutoir

De
423 pages
Ce "gai foutoir" se veut, sans prétention, avec légèreté mais sérieux, une "introduction à la philosophie de comptoir". Cynique et lucide, l'auteur nous livre ici un recueil d'aphorismes à l'inspiration nietzschéenne dans lequel il jette un regard aussi joyeux que désabusé sur nos contemporains. Par-delà les illusions et les croyances, Frédéric Radivif offre aux lecteurs ses réflexions et maximes, à savourer en désordre et à l'envi, comme tous les petits plaisirs de la vie.
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Titre
Mon gai foutoir
3
Titre Frédéric Radivif
Mon gai foutoir
Introduction à la philosophie de comptoir
Essais et documents
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-8832-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748188325 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-8833-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748188332 (livre numérique)
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LIVRE PREMIER
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Mon gai foutoir
NO FUTURE!
Remettre en cause la réalité commune est une démarche mal acceptée par l’espèce humaine : la matière doit être perçue comme une évidence et ses formes appréhendées comme des phénomènes bien établis. Passer outre cette recommandation nécessite de se soustraire à la pression sociale et de partir explorer le monde en deçà de ses apparences. Pour les rares personnes qui ont fait ce choix, l’univers devient un assemblage aléatoire de particules cimenté par le vide. Cet élément central, quasi essentiel, est difficile à définir. Par souci de simplification, il peut être assimilé au sentiment de vacuité éprouvé par un être conscient lors d’un contact approfondi avec son environnement, résultant par exemple d’un exercice de méditation. Le plus important n’est cependant pas tant la nature du phénomène que sa conséquence directe : l’illusion se révèle au cœur même de la réalité.
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Mon gai foutoir
C’est une expérience qu’il est malaisé de partager. Le besoin de s’appuyer sur des certitudes, aussi minimes soient-elles, semble impossible à extirper des êtres humains. Dans leur façon d’envisager le monde, la présence de repères solides, d’éléments intangibles, de faits indiscutables, leur est nécessaire. Le dépouillement les effraie ; il leur faut habiller la vie à leur goût pour réussir à la supporter. L’assurance de détenir une vérité est pourtant un terreau qui favorise le développement de la croyance, ce vice responsable des pires horreurs perpétrées par les hommes, mais cela ne suffit pas à les détourner de ce travers. La mise en valeur culturelle du doute n’est qu’un leurre, dont le véritable objectif est d’affermir les certitudes. En effet, douter sur des détails annexes et pendant un bref instant, comme c’est souvent le cas, permet d’éviter les remises en question trop radicales tout en donnant l’impression d’avoir soumis ses préjugés à la critique. En Europe, seuls les nihilistes ont franchi une étape décisive dans ce domaine. Plutôt que de jauger, avec d’infinies précautions, les valeurs imposées par leurs sociétés d’origine, ils ont préféré les rejeter en bloc. Cet acte fondateur est encore aujourd’hui d’actualité, alors que s’amorce la réhabilitation de la morale judéo-chrétienne.
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